On ne peut qu'être sidéré : 42 voix, voilà l'avance de Martine Aubry sur Ségolène Royal ...
De quoi alimenter toutes les contestations et toutes les suspicions, dans les deux camps d'ailleurs, et par delà entretenir la crise au sein du Parti socialiste.
Formellement, il y a bien sûr le décompte des voix qui rappelle d'autres scrutins serrés, mais pour ce que j'en ai vu dans mon coin, il a été fait correctement. Ailleurs on parle d'irrégularités comme à chaque fois dans chaque élection. Comme on dit la loi c'est la loi et un vote est un vote, et c'est vrai. C'est parfois dur mais c'est ainsi. Il y a un ordre à respecter ("Un ordre juste" diront les royalistes).
D'un autre point de vue on glosera à l'infini sur la légitimité de celle qui sortira vainqueur quelle qu'elle soit. Soyons certains que les soutiens de Martine Aubry auraient contesté de la même manière en cas de situation inversée. Du côté de Royal la machine à victimiser fonctionne à fond depuis ce matin. On parle d'injustice. Pour ma part je trouve déjà extraordinaire que Royal soit revenue à ce niveau de 50% depuis 29%. On comprend qu'elle souhaite encore un vote et encore, et encore, au nom de la dynamique électorale (en suscitant à nouveau un flot de ré-adhésions ?). Jusqu'à ce qu'elle gagne.
Notre processus démocratique dont j'espérais au lendemain du congrès de Reims qu'il donnerait au PS un leader et une ligne a lui aussi débouché sur une impasse. C'est la catastrophe ultime.
François Hollande a appelé la réunion d'un Conseil National (le parlement du parti) pour trancher. Oui mais voilà, le CN est composé suite au vote du 6 novembre de 71% d'opposants à Ségolène Royal. Autant dire que même cet arbitrage sera contesté s'il ne débouche pas sur un nouveau vote. Mais ce nouveau vote, s'il donne à nouveau un 50/50 que fait-on ? Une belle panade. Le PS est parti en dérapage incontrôlé ...
