En regardant cette photo je me suis demandé 1. S'il y avait un pilote dans l'avion. 2. Si j'avais confiance dans ces personnalités pour sauver l'UE de la crise financière. 3. Si nous pouvions en tirer un enseignement pour l'avenir.
DSK en tant que président du FMI a appelé les européens à une réponse collective. Je parle donc en le paraphrasant, d'une confiance globale qu'appelle une crise globale. Comment la mesurer ? Ces quatre dirigeants sont en proie à des situations contrastées dans leur propre pays.
Tous sont en place depuis moins de trois ans mais ce sont tous des politiques d'expérience.
Malgré tout ce qu'on pense de lui et à juste raison, Silvio Berlusconi, fraîchement réélu est au sommet de sa popularité à 60 %. Gordon Brown en difficultés dans les urnes, cherche à rebondir. Dans ces temps troublés il bénéficie de sa position de leader expérimenté dans l'opinion anglaise : 43% des anglais préférent l'avoir aux commandes plutôt que son concurrent conservateur (33%). Angela Merkel enfin, considérée internationalement comme la femme la plus puissante du monde est un leader populaire reconnu dans son pays.
Par contraste, notre président hyperactif et débordant d'initiatives culmine à 36 % de popularité après un peu plus d'un an d'exercice du pouvoir.
Je remarque une chose : ce n'est pas en promettant des lendemains meilleurs, mais au contraire des lendemains difficiles, et même beaucoup d'efforts à venir que ceux qui sont aujourd'hui les plus populaires le sont devenus. En temps de crise, les citoyens apprécient un langage de vérité, de responsabilité, de lucidité sans agressivité excessive et recherche de boucs émissaires.
Il faut croire qu'en promettant "de travailler plus pour gagner plus", notre monsieur 'toujours plus" s'est tiré une balle dans le pied. A l'instar d'un Mc Cain qui estimait que "les fondamentaux de l'économie américaine sont bons" à la veille de la débacle financière, il n'est jamais bon de se voir rattrapé par la réalité.
Alors pour répondre à ma propre question, oui j'ai confiance globalement dans la capacité de l'UE à dépasser cette crise, mais pas en celle de notre président pour y parvenir. J'ai été interpellé par le fait qu'il veuille rencontrer DSK avant le mini sommet des 4, comme s'il n'avait pas confiance dans l'avis de ses propres experts au gouvernement. Ne serait ce son incommensurable bagout populiste et son orgueil démesuré, je ne sais pas comment il peut regarder son bilan sans mesurer l'écart entre les attentes et les réalisations. En fait je pense qu'il le mesure mais qu'il estime être pénalisé par une poisse qui ne durera pas.
Compte tenu de la nature des compétences nécessaires aujourd'hui pour diriger le pays, j'aurais franchement aimé que DSK soit candidat socialiste et élu en 2007. J'ai sincèrement l'impression que nous n'en serions pas là aujourd'hui.Avec Ségolène Royal, j'ignore où nous en serions, mais sans doute aurait-elle eu l'intelligence de prendre à ses côtés des gens qualifiés. Malheureusement on ne refait pas l'histoire et ce sont avec des Lagarde et des Woerth qu'il faut gérer la crise.
En tant qu'enseignement pour l'avenir, je pense à notre affaire interne de Congrès socialiste de Reims. Il m'apparaît qu'une personnalité d'expérience et populaire est nécessaire pour redonner confiance d'abord à notre camp, puis aux français. Sur le seul critère de la popularité, c'est bien sûr l'occasion de désigner Bertrand Delanoë comme le meilleur d'entre nous. Sur le plan de la compétence, je n'en vois pas d'autre que DSK, mais lui n'est pas candidat en novembre 2008 si tant est qu'il le soit à nouveau. En ces temps de crise bien qu'ils aient la reconnaissance de l'opinion, Bertrand reste un pari, et DSK demeure un chef virtuel.
