Le PS s'est abstenu hier soir lors du vote du projet de loi qui autorise l'Etat à garantir et financer 360 milliards d'euros de crédits bancaires. Je ne comprends pas ce vote.
Face à une crise financière sans précédent, le PS a préféré un choix politicien à un choix de courage et de clarté. Les explications de vote que j'ai écoutées hier soir sur le site de l'assemblée nationale ne m'ont pas convaincu. C'est tellement facile de dire qu'il n'y a pas tout dans ce plan d'urgence, mais peut-il en être autrement, qu'il est évident que nous allons rester encore une fois inaudibles. Si nos critiques portent sur l'ensemble de la politique économique du gouvernement, il faut déposer une motion de censure. Il ne faut pas voter contre un projet de loi dont nous aurions repris l'essentiel si nous étions au pouvoir, sinon c'est de l'hypocrisie totale.
Franchement, devant un incendie qu'est ce qu'on fait ? On laisse les pompiers faire tout seul leur travail ou on donne un coup de main ? Même si ces pompiers ont un peu mis le feu à la maison, on laisse la maison brûler ? Cette position est indéfendable. Alors oui, on me dira que la droite n'a pas besoin du vote de la gauche pour faire passer son texte, mais c'est un mauvais argument.
Nos actes et nos votes nous engagent exactement comme si nous étions décideurs, comme si la droite n'était pas là. Un vote de responsabilité c'est un vote positif. Je ne crois pas à cette idée d'abstention positive, elle manque absolument de courage et je le répète de clarté.
L'image d'immobilisme qu'entraîne l'abstention est déplorable. Je n'aime pas ce que fait mon parti à l'heure actuelle. Cela en dit long sur l'état de délabrement de nos structures de décision et l'urgence qu'il y a à sortir de ce congrès qui pourrit toute notre réflexion.
