Il y en a exactement 277. Deux cent soixante dix sept mots forment le court communiqué du G7 finances pour tenter d'enrayer la crise boursière. Autant dire que chaque mot compte.
Une communication minimaliste pour un plan en 5 points que je résume en deux mots : ça urge !
Le plan d'actions ne propose pas de mesures concrètes, mais il pose en principe que toutes les banques seront soutenues désormais. Le cas Lehman Brothers ne se répètera donc pas.
Quelques mots méritent néanmoins d'être relevés :
- "reform" : l'action va toucher le système, il ne va pas en changer la nature.
- "IMF" : le mot anglais pour FMI. Il sera à la manoeuvre pour éteindre l'incendie et conduire la réforme.
- "public and private": la nécessité d'une économie mixte.
- "macroeconomic policy tools" : l'usage de l'arme budgétaire et de l'arme monétaire annonce un desserrement du corset financier (cf dans l'UE les règles de Maastricht).
Tout celà sonne comme la fin de la dérégulation et de la retraite de l'Etat, un retour de balancier. Peut-être va t-on voir, après que les pompiers auront fait leur travail, émerger une nouvelle agence internationale qui aura comme rôle étendu la supervision du système financier mondial et celui de prêteur en dernier ressort. Ce serait un FMI Puissance 10. Il faudrait pour celà que les pays abandonnent une part de leur souveraineté. Ce n'est pas gagné.
Il y a aussi des mots qui manquent. Principalement le mot "social": si ce communiqué évoque la protection des "taxpayers" (les contribuables), il omet de parler de ceux qui vont souffrir de la crise économique qui s'annonce. DSK l'avait souligné à de multiples reprises pour sa part.
Sur la photo, un symbole, DSK actuel directeur du FMI est - comme Jean-Claude Trichet - sur le côté. Les Etats-Unis en la personne d'Henry Paulson, secrétaire au Trésor (au moins pour quelques mois) et Ben Bernanke, patron de la Fed, restent au centre du jeu. La question demeure : le problème n'est-il que financier ?
