Previous month:
septembre 2008
Next month:
novembre 2008

octobre 2008

DSK épicurien invétéré mais pardonné

Je n'avais pas pris le clavier pour écrire sur l'affaire DSK même si l'envie ne m'en manquait pas. Je connaissais comme beaucoup le goût immodéré de Dominique pour les femmes et les plaisirs de la vie. D'ailleurs la presse s'en était faite largement l'écho, notamment le journaliste Jean Quatremer de Libération.

Bonne nouvelle, DSK a été pardonné hier soir par le FMI qui a accepté ses excuses.

Il aura donc échappé aux griffes de ses ennemis à Washington par une communication habile, une repentance affichée et le soutien de son épouse Anne Sinclair. Tant mieux pour lui.

Qui peut dire qu'il s'agira du dernier épisode de ce feuilleton pour DSK ? Personne. Il est capable de récidive malgré sa grande intelligence et il aura beaucoup à faire pour regagner toute la confiance de ses pairs. D'ailleurs pas tant dans sa mission où son travail est reconnu que dans sa capacité à ne pas "commettre d'erreurs de jugement" à la vue d'une jolie femme. D'une certaine façon et grâce à la presse, la chose était connue avant son entrée en fonction, ce qui peut expliquer la mansuétude du FMI pour cette fois.

Même si j'ai des doutes, je voudrais bien désormais qu'on l'entende davantage dans la reconstruction d'un nouvel ordre financier mondial plutôt que dans cet étalage de sa vie privée. Il y a un boulot énorme à faire. Qu'il soit discret, qu'il se mette au travail et qu'on soit fier de lui comme avant !

 


Une abstention qui en dit long

Le PS s'est abstenu hier soir lors du vote du projet de loi qui autorise l'Etat à garantir et financer 360 milliards d'euros de crédits bancaires. Je ne comprends pas ce vote.

Face à une crise financière sans précédent, le PS a préféré un choix politicien à un choix de courage et de clarté. Les explications de vote que j'ai écoutées hier soir sur le site de l'assemblée nationale ne m'ont pas convaincu. C'est tellement facile de dire qu'il n'y a pas tout dans ce plan d'urgence, mais peut-il en être autrement, qu'il est évident que nous allons rester encore une fois inaudibles. Si nos critiques portent sur l'ensemble de la politique économique du gouvernement, il faut déposer une motion de censure. Il ne faut pas voter contre un projet de loi dont nous aurions repris l'essentiel si nous étions au pouvoir, sinon c'est de l'hypocrisie totale.

Franchement, devant un incendie qu'est ce qu'on fait ? On laisse les pompiers faire tout seul leur travail ou on donne un coup de main ? Même si ces pompiers ont un peu mis le feu à la maison, on laisse la maison brûler ? Cette position est indéfendable. Alors oui, on me dira que la droite n'a pas besoin du vote de la gauche pour faire passer son texte, mais c'est un mauvais argument.

Nos actes et nos votes nous engagent exactement comme si nous étions décideurs, comme si la droite n'était pas là. Un vote de responsabilité c'est un vote positif. Je ne crois pas à cette idée d'abstention positive, elle manque absolument de courage et je le répète de clarté.

L'image d'immobilisme qu'entraîne l'abstention est déplorable. Je n'aime pas ce que fait mon parti à l'heure actuelle. Cela en dit long sur l'état de délabrement de nos structures de décision et l'urgence qu'il y a à sortir de ce congrès qui pourrit toute notre réflexion.


"N'ayez pas peur, ce n'est pas un arabe" ...

Voilà comment parle John Mc Cain. Il a même ajouté : "Non, c'est un père de famille, c'est un homme honnête". La presse généraliste n'a même pas relevé le racisme ahurissant de cette phrase prise dans la même séquence, car elle était censée rendre hommage au sénateur de l'Illinois.

Ces phrases sont bien plus graves que la dernière gaffe qui l'a amené à dire qu'il "fouetterait dans ce que vous savez" Obama dans leur dernier débat. Un candidat à la présidence américaine qui ne contrôle pas sa parole à ce point, c'est inquiétant.

Je sais que notre hyper-président a eu aussi ses dérapages verbaux, mais l'insulte chez lui n'est jamais allée jusqu'à remuer des odeurs aussi nauséabondes. Ces gaffes révélatrices rappellent plutôt le facho-Chirac des "bruits et des odeurs". Mc Cain n'a même pas l'excuse de l'inexpérience. Il paraît de plus en plus dépassé par cette campagne et ce n'est pas Sarah Palin qui va relever le niveau. Ensemble ils injectent un poison dans le coeur des américains : celui de la division et de la haine.

Prononcé par des leaders d'opinion, ce poison verbal est le plus pernicieux. La politique est faite de mots et de concepts qui peuvent tuer. Quand ceux qui en usent perdent la mesure, le pire n'est pas loin. J'espère que Barack Obama est bien protégé.


Le flou Royal

Pourquoi est ce si dur à Ségolène Royal de dire qui sera candidat au poste de premier secrétaire si sa motion l'emporte ? Je l'écoutais sur Europe 1 ce matin entre 10 et 11 heures (en fait elle a été suppléée par Vincent Peillon - brillamment - la première demie heure) et je suis resté sur ma faim.

Elle ne répond pas clairement. Autant j'apprécie sa façon de diagnostiquer la crise financière, son pragmatisme et sa pugnacité autant je ne la sens pas à l'aise dans les jeux internes du PS. Elle ne m'a pas l'air préparée à être premier secrétaire personnellement, car elle parle beaucoup de collectif et d'équipe alors que le parti manque cruellement de leadership. Bref elle noie le poisson.

Autre info elle ne souhaite pas le report du congrès comme certains de ses soutiens le souhaitaient. Et concernant un éventuel débat avec les autres candidats, elle a proposé une forme de débat collectif regroupant de multiples intervenants pour chaque motion, bref un truc impraticable. Quelque chose qui laisse à penser qu'elle n'a pas envie d'une confrontation directe (un souvenir des primaires de 2006).

En fait son problème semble de ne pas savoir anticiper le résultat du vote des militants. Si quelqu'un a la réponse ...

Au moins avec Bertrand Delanoë c'est clair. Il est candidat et il ira au bout sans laisser ses responsabilités à personne.


Les mots du G7

G7finances Il y en a exactement 277. Deux cent soixante dix sept mots forment le court communiqué du G7 finances pour tenter d'enrayer la crise boursière. Autant dire que chaque mot compte.

Une communication minimaliste pour un plan en 5 points que je résume en deux mots : ça urge !

Le plan d'actions ne propose pas de mesures concrètes, mais il pose en principe que toutes les banques seront soutenues désormais. Le cas Lehman Brothers ne se répètera donc pas.

Quelques mots méritent néanmoins d'être relevés :

  • "reform" : l'action va toucher le système, il ne va pas en changer la nature.
  • "IMF" : le mot anglais pour FMI. Il sera à la manoeuvre pour éteindre l'incendie et conduire la réforme.
  • "public and private": la nécessité d'une économie mixte.
  • "macroeconomic policy tools" : l'usage de l'arme budgétaire et de l'arme monétaire annonce un desserrement du corset financier (cf dans l'UE les règles de Maastricht).

Tout celà sonne comme la fin de la dérégulation et de la retraite de l'Etat, un retour de balancier. Peut-être va t-on voir, après que les pompiers auront fait leur travail, émerger une nouvelle agence internationale qui aura comme rôle étendu la supervision du système financier mondial et celui de prêteur en dernier ressort. Ce serait un FMI Puissance 10. Il faudrait pour celà que les pays abandonnent une part de leur souveraineté. Ce n'est pas gagné.

Il y a aussi des mots qui manquent. Principalement le mot "social": si ce communiqué évoque la protection des "taxpayers" (les contribuables), il omet de parler de ceux qui vont souffrir de la crise économique qui s'annonce. DSK l'avait souligné à de multiples reprises pour sa part.

Sur la photo, un symbole, DSK actuel directeur du FMI est - comme Jean-Claude Trichet - sur le côté. Les Etats-Unis en la personne d'Henry Paulson, secrétaire au Trésor (au moins pour quelques mois) et Ben Bernanke, patron de la Fed, restent au centre du jeu. La question demeure : le problème n'est-il que financier ?


On gagne ensemble, on perd ensemble

La crise financière atteint un paroxysme. A la clôture ce soir la bourse de Paris aura perdu près d'un quart de sa valeur en une semaine ! Environ 160 milliards d'euros partis en fumée.

Quand on se souvient des comptes d'apothicaire, du lobbying des bénéficiaires du bouclier fiscal, des grimaces de la droite qui avaient conduit au financement du RSA pour environ 1,5 milliard d'euros, on est saisi de vertige.

J'ai déjà assisté au même phénomène lors de la bulle internet en 2000, mais le panurgisme qui mène à l'emballement suivi de la déroute boursière m'étonne encore et toujours. La cupidité et la peur sont les moteurs de ces mouvements qui défient toute rationalité. On n'a jamais raison tout seul dans ces circonstances, il est inutile de croire qu'on peut renverser une tendance même si la raison vous hurle que vous faites une bétise en participant à l'euphorie ou à la panique générales.

Le plus simple est de ne rien faire. C'est ce que je fais, j'observe à peu près tétanisé l'évolution de cette crise. Il apparaît que le monde change sous nos yeux en profondeur. Saurons nous prendre la mesure de ce qui est en train de se produire ou allons nous simplement faire le dos rond jusqu'à la prochaine crise encore plus violente ?

Nous sommes en fin d'un cycle, que je situe pour ma part au début des années 1980, les années Mitterrand certes mais surtout les années Reagan au Etats-Unis où la déréglementation a commencé son oeuvre. Les produits et concepts financiers toxiques (CDS, subprimes, titrisation) qui tuent les banques aujourd'hui sont nés de cette idéologie néo-libérale qui a conduit à empêcher tout contrôle digne de ce nom. Le règne du court-termisme, l'apologie de l'argent roi, la domination du financier sur l'industriel. Quand j'entends à la radio Jacques Delpla, l'économiste du CAE parler de "socialisme financier" pour expliquer les racines cette crise, en disant que l'Etat est trop intervenu aux Etats-Unis, je me dis qu'il y a des claques qui se perdent et des ultra-libéraux indécrottables.

Un mot devrait émerger de ces décombres, la solidarité. Mais ce n'est qu'un voeu pieux. A l'heure où j'écris ces lignes, on a malheureusement l'impression d'un sauve-qui-peut général, d'un chacun pour soi. Chaque pays, chaque banque, chaque investisseur tente de s'en sortir en poussant les autres comme sur le Titanic ce qui ne présage rien de bon au final. Pour l'instant sauf quelques rares exceptions, on a décidé de perdre ensemble ... .


Une histoire de chefs

4dirigeantsEn regardant cette photo je me suis demandé 1. S'il y avait un pilote dans l'avion. 2. Si j'avais confiance dans ces personnalités pour sauver l'UE de la crise financière. 3. Si nous pouvions en tirer un enseignement pour l'avenir.

DSK en tant que président du FMI a appelé les européens à une réponse collective. Je parle donc en le paraphrasant, d'une confiance globale qu'appelle une crise globale. Comment la mesurer ? Ces quatre dirigeants sont en proie à des situations contrastées dans leur propre pays.

Tous sont en place depuis moins de trois ans mais ce sont tous des politiques d'expérience.

Malgré tout ce qu'on pense de lui et à juste raison, Silvio Berlusconi, fraîchement réélu est au sommet de sa popularité à 60 %. Gordon Brown en difficultés dans les urnes, cherche à rebondir. Dans ces temps troublés il bénéficie de sa position de leader expérimenté dans l'opinion anglaise : 43% des anglais préférent l'avoir aux commandes plutôt que son concurrent conservateur (33%). Angela Merkel enfin, considérée internationalement comme la femme la plus puissante du monde est un leader populaire reconnu dans son pays.

Par contraste, notre président hyperactif et débordant d'initiatives culmine à 36 % de popularité après un peu plus d'un an d'exercice du pouvoir.

Je remarque une chose : ce n'est pas en promettant des lendemains meilleurs, mais au contraire des lendemains difficiles, et même beaucoup d'efforts à venir que ceux qui sont aujourd'hui les plus populaires le sont devenus. En temps de crise, les citoyens apprécient un langage de vérité, de responsabilité, de lucidité sans agressivité excessive et recherche de boucs émissaires.

Il faut croire qu'en promettant "de travailler plus pour gagner plus", notre monsieur 'toujours plus" s'est tiré une balle dans le pied. A l'instar d'un Mc Cain qui estimait que "les fondamentaux de l'économie américaine sont bons" à la veille de la débacle financière, il n'est jamais bon de se voir rattrapé par la réalité.

Alors pour répondre à ma propre question, oui j'ai confiance globalement dans la capacité de l'UE à dépasser cette crise, mais pas en celle de notre président pour y parvenir. J'ai été interpellé par le fait qu'il veuille rencontrer DSK avant le mini sommet des 4, comme s'il n'avait pas confiance dans l'avis de ses propres experts au gouvernement. Ne serait ce son incommensurable bagout populiste et son orgueil démesuré, je ne sais pas comment il peut regarder son bilan sans mesurer l'écart entre les attentes et les réalisations. En fait je pense qu'il le mesure mais qu'il estime être pénalisé par une poisse qui ne durera pas.

Compte tenu de la nature des compétences nécessaires aujourd'hui pour diriger le pays, j'aurais franchement aimé que DSK soit candidat socialiste et élu en 2007. J'ai sincèrement l'impression que nous n'en serions pas là aujourd'hui.Avec Ségolène Royal, j'ignore où nous en serions, mais sans doute aurait-elle eu l'intelligence de prendre à ses côtés des gens qualifiés.  Malheureusement on ne refait pas l'histoire et ce sont avec des Lagarde et des Woerth qu'il faut gérer la crise.

En tant qu'enseignement pour l'avenir, je pense à notre affaire interne de Congrès socialiste de Reims. Il m'apparaît qu'une personnalité d'expérience et populaire est nécessaire pour redonner confiance d'abord à notre camp, puis aux français. Sur le seul critère de la popularité, c'est bien sûr l'occasion de désigner Bertrand Delanoë comme le meilleur d'entre nous. Sur le plan de la compétence, je n'en vois pas d'autre que DSK, mais lui n'est pas candidat en novembre 2008 si tant est qu'il le soit à nouveau. En ces temps de crise bien qu'ils aient la reconnaissance de l'opinion, Bertrand reste un pari, et DSK demeure un chef virtuel.


L'avance d'Obama semble décisive

Usapoll_2

Pour la présidentielle américaine, le site RealClearPolitics donne quotidiennement l'évolution des sondages Etat par Etat. On voit bien que les démocrates tiennent les côtes Nord-Est et Ouest du pays, et les républicains le centre et le Sud.

On croit déceler une forme d'équilibre mais la géographie est trompeuse. En raison de la démographie, les Etats qui donnent le plus de grands électeurs sont sur les côtes et au Nord-Est. Mc Cain devrait emporter quasiment tous les "swing states" (états en balance)  pour être élu, or Obama dipose d'une avance plus ou moins forte dans la plupart. D'ailleurs, Mc Cain vient d'abandonner l'un d'entre eux, le Michigan, c'est à dire qu'il n'y fera plus campagne désormais, le considérant comme perdu.

Les français - s'ils pouvaient voter - plébisciteraient à 80% Obama, ce qui fait d'eux les plus grands supporters du sénateur de l'Illinois au monde paraît-il. Moi aussi, je vote par procuration pour lui. Le rejet des républicains et de Bush est tellement fort qu'on a envie de voter avec les américains. Nous sommes beaucoup à espérer qu'Obama aille au bout de son rêve : être le premier président noir des Etats-Unis d'Amérique. Un président noir celà compte symboliquement mais malgré le flou qui entoure son programme, avant tout je suis heureux qu'il soit démocrate et progressiste.


Une analyse des motions A, D et E

J'ai trouvé par hasard sur le site d'Alain Lambert - qui explique son retrait de sa candidature à la présidence du Sénat - une analyse intéressante des motions Delanoë, Aubry et Royal. Elle résume assez objectivement les différences et les convergences que tout militant peut observer.

Comme les vélléités de ce sénateur UMP m'intéressent finalement assez peu, je copie ci-après cette analyse publiée par le Bulletin Quotidien.

Lire la suite "Une analyse des motions A, D et E" »