J'entends une petite musique de fond qui s'installe à peine déposées les motions.
Certains commentateurs jugent déjà qu'un rapprochement Delanoë - Aubry pourrait intervenir à l'issue du vote du 6 novembre. On tire des conclusions - que pour ma part je juge un peu hâtives - sur un début de débat consensuel hier au CN qui n'a vu personne agresser trop fortement l'autre.
Comme le maire de Paris ne semble renoncer en rien à ses ambitions, je me demande si en filigrane on ne veut pas suggérer à destination des français une équipe aux allures de "1997 - 2002 la bande à Jospin Episode 2".
La nouveauté ? C'est Delanoë lui même. Son discours qui martèle un mot "EFFICACITE" est assez frappant. Associé au discours très social de Martine Aubry, il y a sans conteste une complémentarité.
Mais j'arrête de reproduire ici cette hypothèse qui j'en suis sûr va faire fureur dans les médias. Elle permettrait de réactiver un autre clivage, qui est celui de 2006 entre les partisans de l'ancien parti que symbolisent Hollande - Ayrault face à la jeune garde royaliste, dans un "2008 Ségolène le retour de la chasseuse d'éléphants". Rien de tel qu'un bon duel pour faire vendre du papier.
Nul doute que l'axe de la campagne est tout trouvé : le changement face au classicisme. Un remake des primaires sauf que la situation paraît plus équilibrée qu'en 2006.
Ne tombons pas dans le piège tendu par les médias. Les calculs sur les alliances entre blocs font le miel des journalistes, on ne pourra pas les éviter. Si nous voulons encore échapper au duel de présidentiables, c'est le moment de dire que l'enjeu est ailleurs.
En contrepoint, il faut noter que Hollande fait du Hollande. Il a d'ores et déjà dit qu'il soutiendrait la motion arrivée en tête. Une façon de dire que les clivages sont peu importants et que les journalistes ont raison de ne s'intéresser qu'aux enjeux de pouvoir. C'est sans doute vrai si on considère que le PS est à 80% réformiste tendance social-démocrate. L'avantage immédiat c'est que le spectre de Rennes semble pour un temps s'éloigner.
Par contre je ne veux pas oublier qu'il existe une motion - celle de Hamon - qui se démarque réellement sur le fond. Elle semble incapable de réunir une majorité sauf à imaginer l'improbable : une alliance Aubry - Hamon. Une raison de plus pour ne pas avoir choisi la motion Aubry. Il faut toujours observer les voisins de nos voisins.
