Un sénat à gauche en 2011 ? On peut maintenant y rêver.
Malgré les vicissitudes de la période actuelle de pré-congrès socialiste, il faut saluer les résultats inattendus des élections sénatoriales d'hier dimanche. Ils permettent à la gauche de gagner 23 sièges. Insuffisant pour changer fondamentalement la donne, le sénat restant en majorité à droite mais il y a un espoir pour 2011 si la tendance se confirme.
La gauche emporte toutes les élections intermédiaires depuis juin 2007 : municipales, cantonales, sénatoriales. Relativisons : il faut y voir à mon avis davantage un vote sanction qu'un vote d'adhésion à nos thèses. Les élus locaux s'inquiètent du retrait de l'Etat et des services publics en cours (casernes, tribunaux, éducation ...) ou annoncés (La Poste, hôpitaux, ...). Ils viennent de donner un avertissement. Et certains pensent peut-être que la majorité d'aujourd'hui ne sera pas celle de demain. Cela montre que le changement proposé par Sarkozy ne convainc pas ... les conservateurs de son camp.
Il faut d'ailleurs noter que la réforme constitutionnelle ne serait pas passée avec la nouvelle configuration du parlement. Rappelons que le texte a été adopté à deux voix près, juste à temps.
Le président vibrionnant de la première année va devoir maintenant gérer sa majorité autrement que par sa seule légitimité. Beaucoup d'élus de droite ont perdu des plumes sous l'impact de la politique de Nicolas Sarkozy. Le vote de dimanche entraînera sans doute davantage de circonspection avant l'adoption de toute nouvelle réforme. "Le sens politique" de l'éxécutif va être mis à contribution plus que jamais. De là à dire que Sarkozy va se chiraquiser, il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas encore. Le poids de la majorité parlementaire va paradoxalement se renforcer au moment où elle recule dans l'hémicycle. Faute de marges de manoeuvre, un certain conservatisme devrait revenir en force à droite contrarier les offensives présidentielles.
Si c'est le cas, il faudra saisir notre chance pour incarner le renouveau et le progrès qui ne passe pas par un recul de l'Etat mais par son adaptation. La rédéfinition des missions de service public et le rôle des territoires sont au coeur du débat comme au temps des lois de décentralisation initiées par Defferre puis Rocard.
Voilà un beau thème de réflexion pour un PS qui ne va pas bien, mais qui gagne -presque - les élections. Allez, au travail, encore un effort pour bâtir un beau projet et les gagner vraiment !

