Vincent Peillon fait état dans Libération d'un possible contrat de gouvernement avec le président du MoDem dans le futur.
Il est certain que la question des alliances ne saurait rester taboue lors du prochain congrès de Reims. Ayant assisté mercredi soir à une présentation départementale des contributions dans mon département des Yvelines - en présence de Pierre Moscovici - j'ai pu constater que de nombreux intervenants et à la tribune et dans la salle, privilégiaient une ligne de rassemblement à gauche et rien qu'à gauche. Parfois même de manière très virulente et marquée pour les plus radicaux d'entre nous (les partisans de Hamon, et les MJS notamment). Il est vrai que ma propre expérience d'un rapprochement avec le MoDem m'a laissé dubitatif question efficacité électorale.
En outre, quand je vois la difficulté à nous rassembler entre socialistes, je conçois mal un élargissement au centre sans violents remous.
Mais c'est là que surgit la tentation de l'éclatement. Selon le Canard Enchaîné, il paraît que Royal dont les chances dans les sondages font de plus en plus pâle figure, pourraît être tentée de se concentrer sur Désirs d'Avenir (DA) et s'éloigner du PS. Ouf diront certains, mais ce serait une difficulté énorme pour le PS, voire une catastrophe selon Hollande et consorts. Peut-être mais n'y aurait-il pas une logique dans cette évolution ?
Les perspectives politiques seraient nettes pour cette configuration pentapolaire : FN, UMP, MoDem-DA, PS-PC-Verts, NPA et extrême gauche. Dans un passé pas si lointain, Jean-Marie Le Pen fustigeait "la bande des quatre" quand il parlait du RPR, de l'UDF, du PS et du PC. Ce ne serait donc qu'un nouveau cycle de l'histoire politique qui nous ramènerait au schéma des années 1970.
Du point de vue du rapport de forces, le poids de chaque pôle est difficile à établir mais on pourrait attribuer 10 à 15% pour chaque extrême et 20 à 30% pour chaque pôle intermédiaire. Le gagnant serait celui qui atteindrait 30%. Aujourd'hui je ne vois que l'UMP pour rassembler ce score faisant de lui le centre d'attraction de l'univers politique français. Si on doit mettre un bémol, admettons que la construction est séduisante mais reste du domaine de l'échafaudage intellectuel.
Pour l'instant, le système linéaire bipartisan et le clivage gauche-droite ont encore de beaux restes, structurant la pensée manichéenne de nombre de nos concitoyens et des médias. Comme pour notre congrès de Reims, il faudra donc que chacun détermine quel pôle il veut rejoindre et avec quel(s) autre(s) s'allier en priorité.
PS : l'image est tirée de la théorie chinoise des cinq éléments qui tente d'expliquer l'ensemble des phénomènes de l'univers.
