Le gouvernement Fillon a une curieuse manie : il invente de nouvelles taxes chaque mois ou presque. La dernière en date : une taxe pique-nique !
Après avoir déclaré que l'Etat était en faillite, que les caisses sont vides, que l'équilibre budgétaire serait atteint en 2012, il est assez logique que le gouvernement finance ses nouvelles mesures par de nouvelles recettes. La taxe sur le capital (non encore votée) pour financer le RSA participe de cette logique.
Il est quand même étonnant qu'on ne puisse pas déplacer une ligne budgétaire pour financer de nouveaux projets sur les 1 000 milliards d'euros de prélèvements obligatoires annuels.
En procédant à l'invention fiscale chaque mois, on irrite les citoyens, on ne leur donne pas confiance en l'avenir, on ne fait pas la pédagogie de l'impôt.
Nicolas Sarkozy qui se veut l'homme des ruptures et des réformes n'a pas touché un iota au millefeuille que représente la fiscalité en France. Il a procédé par touches, favorisant principalement la détaxation des successions et des heures supplémentaires sans que l'on voit bien comment ces mesures pourraient favoriser directement la croissance et l'emploi.
Réhabiliter l'impôt productif, c'est à dire tourné vers l'avenir, la formation et la recherche, voilà qui justifierait aux yeux des français un haut niveau de prélèvements obligatoires. Sans compter avec la promesse démagogique de réduire ces derniers de quatre points de PIB : 68 milliards d'€ ... une paille. Chirac avait tenu partiellement sa promesse de baisse d'impôts sur le revenu. Il reste un peu moins de 4 ans à Sarkozy pour commencer à tenir les siennes.
