Sur Libération et ailleurs, certains se sont penchés sur le RSA pour en faire la critique. Alors que la droite notamment à l'UMP faisait surtout la critique du mode de financement sans juger mauvais le principe de fonctionnement, c'est ce dernier qui est mis en cause aujourd'hui.
C'est l'analyse de Thomas Piketty dans Libé qui me paraît la plus aboutie mais celle de Malakine est très convaincante elle aussi. Elles consistent pour ce que j'en ai retenu à voir dans le dispositif un subventionnement massif du temps partiel au bénéfice des employeurs.
Pour faire simple, un patron (par exemple un directeur de supermarché) serait incité à proposer trois emplois de caissière à tiers temps, plutôt qu'un seul emploi à temps complet, car l'emploi à tiers temps serait agrémenté du RSA. Un effet d'aubaine dont les employeurs en quête de flexibilité ne se priveraient pas.
Autre effet pervers, l'emploi à temps partiel mieux rémunéré n'inciterait pas les salariés à passer en temps plein. Les heures "supplémentaires" nécessaires pour atteindre un temps complet sont de facto moins bien payées que les heures de base car le RSA est dégressif.
En résumé s'il est indéniable que la reprise d'emploi est encouragée par le RSA, il pourrait aboutir à la multiplication des petits boulots.
Le texte doit passer devant l'assemblée à la rentrée parlementaire. Il serait bon que les experts de gauche s'approprient ce débat en étudiant de près ces remarques de façon à atténuer ou au moins limiter les effets pervers.
Finalement ce débat rappelle la discussion sur l'effet des 35 heures. La flexibilité introduite par ce dispositif pour les métiers peu qualifiés n'avait eu d'autre contrepartie que du temps libre sans augmentation de salaires. Dans le cas du RSA, les revenus augmenteraient mais la charge serait entièrement supportée par l'Etat. Par contre l'offre globale de travail ne serait pas accrue par le RSA alors que les 35 heures avaient créé entre 300 000 et 500 000 emplois.
