Pierre Moscovici nous a convoqué ce soir à une réunion de la contribution pour décider de la position des signataires : présenter une motion ou se rallier à une des trois coalitions (Royal - Aubry - Delanoë). L'annonce est dans la suite de cette note.
Afin de préparer cette réunion, j'étudie les options.
Il y a au moins 3 inconvénients à présenter une motion Besoin de gauche identitaire :
1. La division.
La multiplication des motions est un signe de division que ce soit en interne ou pour les français il faut le reconnaître. Ce n'est pas bon pour le parti.
2. L'alliance tôt ou tard.
Normalement ceux qui ont le moins de chances de l'emporter devraient se fondre dans une coalition plus importante en négociant une prise en compte de leurs idées. Objectivement, nous avons moins de chances de l'emporter que les autres car les médias vont exacerber les questions de personnes.
3. Le risque d'une marginalisation.
Ne pas atteindre le seuil de 5% nous empêcherait d'exister nationalement. Même alliés à l'un ou l'autre dans la synthèse, nous ne pourrions pas peser dans les décisions de la motion majoritaire car nous serions des alliés de second tour.
Malgré tous ces écueils, je persiste à penser que la motion identitaire est la seule qui nous permette de nous faire entendre.
Qui va plaider pour la non présidentialisation du parti si nous laissons le champ libre aux autres ? Personne. Ce sera un sujet annexe.
Qui va plaider pour des primaires ouvertes ? Royal car elle y trouve un intérêt personnel. Et nous parce que nous croyons à la force d'un vote populaire. Personne d'autre.
Qui va plaider pour la méthode de travail des conventions thématiques ? Larrouturou, Dray, quelques autres pour la forme, mais la méthode actuelle fera que comme à La Rochelle, les travaux des conventions pendant 3 ans ne feront qu'ennuyer les médias. Ils attendront la pique d'un présidentiable sur l'autre concernant une position un peu clivante. Comme Martine Aubry sait si bien le faire contre Royal. On sait qu'ils se détestent, pas la peine d'insister.
Sur le fond qu'est ce qui sépare les blocs réformistes ? Un peu l'Europe, un peu le rôle de l'Etat. Mais il y a surtout la fonction du parti (supporters ou militants), la question des alliances (gauche ou centre), et il y a enfin le rapport au libéralisme qui me parait clivant.
Sur ces trois derniers points, je suis opposé à Ségolène Royal sur la question du parti de supporters qu'elle propose et je serais plus prudent qu'elle sur l'alliance avec le MoDem qui me paraît tout bénéfice pour Bayrou. Par contre je suis favorable à son approche dynamique de l'entreprise et de la société.
Concernant Bertrand Delanoë, j'approuve son approche classique d'un parti de militants hormis la question des primaires ouvertes. Je comprends ses préventions par rapport au MoDem et je partage son approche pragmatique du libéralisme.
Enfin Martine me paraît proche dans la conception du parti, ancrée à gauche dans les alliances ce qui me convient tant qu'on n'en fait pas un dogme. Par contre son discours de congrès contre le libéralisme me paraît incantatoire, dénué de portée pratique. Ceci dit il est certainement mobilisateur à gauche et a de quoi reconquérir l'électorat populaire.
En résumé, je ne vois que ces deux possibilités : nous battre pour nos idées en présentant une motion et ensuite rejoindre une coalition (qui peut inclure les trois blocs mais j'en doute). Ou rejoindre d'emblée Delanoë avec qui je partage le plus d'idées mais dont je doute qu'il obtienne une majorité absolue et dont je me demande s'il pourra dire : "ce que j'ai fait pour Paris, je le ferai pour Guéret dans la Creuse, donc je le ferai pour la France". Des vélib' partout ? Heureusement ce n'est pas la question essentielle de ce congrès.
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