La réunion de la contribution Besoin de gauche a été empreinte d'une forme de tristesse et de frustration collectives car aucune décision n'en est formellement sortie tant les points de vue exprimés ont été divergents.
Pierre Moscovici très digne a fait part de sa déception et de sa tristesse car il lui apparaît difficile dans ces conditions d'aller à la motion, alors que nous aurions - en étant unis - pû le gagner ce congrès.
Il s'est interrogé : pourquoi diable avoir créé un présidentiable en la personne de Martine Aubry, lui donner une "deuxième chance" puis introduire Fabius alors que ce n'était absolument pas ce que nous voulions au départ pour le parti ? Le refus de la présidentialisation c'était la marque de fabrique de Besoin de Gauche, différente de la logique des reconstructeurs qui se voulait simplement fédératrice. Que ce soit Fabius ou Martine Aubry, les passagers clandestins sont arrivés sans que cela soit acté collectivement. Le drame était noué dès que ces deux logiques se sont mises à co-exister.
L'erreur de laisser dériver les choses, Socialisme et Démocratie l'a payé cash. S&D n'existe plus, le courant a explosé, dispersé au sein de tout le parti socialiste.
Au final, Pierre sans l'avouer hier soir, va rejoindre Bertrand Delanoë. Il attend de voir demain matin la confirmation de l'absence de soutien des poids lourds du courant à la motion autonôme pour annoncer son alliance avec le maire de Paris. C'était mon deuxième choix donc je ne suis pas déçu outre mesure, mais il reste quand même un sentiment d'inachevé. L'idée de défendre ses convictions jusqu'au bout est quand même l'essence du politique. Certains cadres trop frileux ou trop tordus et certaines pesanteurs propres au PS ne l'auront pas permis. Une autre phase commence demain.
Pierre a appelé à poursuivre Besoin de gauche sous sa houlette tous ceux qui voulaient le suivre. Ce que je retiens c'est qu'il a gagné ce soir ses galons de chef de courant. DSK ne voulait pas de successeur, juste des gardiens de sa boutique. Je crois que la boutique a brûlé corps et bien et que les gardiens ont désormais délaissé leur maître l'un pour créer la sienne de boutique, l'autre pour se faire embaucher dans une taverne obscure.
