Je viens de lire le bouquin de Jean-Michel Normand intitulé " Le petit socialiste illustré par l'exemple". L'auteur est le journaliste attitré du "Monde" en charge du suivi de la gauche et du PS en particulier.
Un livre qui se lit très vite (172 pages) écrit avec un style agréable, alerte. Normand manie l'humour et la distance nécessaires à ce genre de littérature qu'on déguste comme on lisait le Libération des meilleurs jours - celui de Serge July - en prenant son café le matin.
Les petits secrets du PS ne me sont pas tous inconnus et je n'ai pas découvert de révélations fracassantes mais j'ai néanmoins apprécié les petites phrases et les dessous que je ne connaissais pas des coulisses de Solférino. Comme ces surnoms : Bébert roi du monde, la dame aux caméras, Mère tape-dur, Dark Vador, le spectre, Dominique Strausski, ...
Il y a aussi, je ne le cache pas, dans cet exercice nombriliste, l'espoir de découvrir que certains des beaux esprits qui gouvernent le parti socialiste savent vraiment ce qu'ils font et qu'ils nous méneront un jour ou l'autre à la victoire.
Malheureusement rien de tel, il s'agit bien - et le titre l'évoque fort bien - de petites choses, d'un théâtre de carton pâte, de pantomimes plus ou moins bien éxécutées par des artistes qui commencent tous à vieillir sous le harnais.
C'est bien ce qui m'inquiète. Le Parti socialiste est ou était le parti le plus apprécié des français mais les acteurs actuels font tout ou presque pour les décevoir. L'exposé permanent des divisions et des vacheries entre petits chefs est exaspérant.
Pour contrer celà, les socialistes ont imaginé tout un jargon, une façon de se payer de mots, dont cette tarte à la crème de "l'union" par exemple qui m'horripile. Delanoë l'emploie sans modération, Hollande n'a que ce mot à la bouche, Royal s'en régale. Je suis pour l'unité des socialistes, mais faut-il qu'on soit éloignés les uns des autres pour réclamer à toutes les sauces : l'union dans la clarté, adoptons la synthèse, aimons nous les uns les autres, ... Tout ça me fatigue.
Je n'ai jamais aimé les incantations, les moulins à prière, la communion solennelle. Bref toutes ces grand-messes destinées à faire bloc me font l'effet inverse.
Et si tout simplement, arrêtant toute forme d'hypocrisie, nous acceptions d'être ensemble tout en étant différents. Nous sommes ainsi à l'image des français, de vrais gaulois. Pour l'heure César Sarkozy nous observe en rigolant.
