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août 2008

La carpe et le lapin se sont pacsés à La Rochelle

Reconst_2 Je ne suis pas allé à La Rochelle aux universités d'été du PS, et je ne le regrette pas.

En lisant le récit de ce qui s'est déroulé au sein de ce qui est encore ma sensibilité à savoir Socialisme et Démocratie, j'avoue être un peu stupéfait par l'annonce de l'alliance baroque des reconstructeurs.

Ainsi, les amis de Fabius, d'Aubry, de Montebourg, de Hamon et Emmanuelli (non mais je rêve) se sont associés à Cambadélis, Huchon et Le Guen, ... Tout ça pour isoler Moscovici et imposer une candidature Aubry.

J'aurais pu souscrire à cette dernière mais pas avec la gauche du PS ni avec Fabius et Bartolone. Et le NON à l'Europe, et les primaires socialistes ? C'était pour rire ? Fabius qui explique qu'on ne va pas refaire la guerre de 1870 se moque du monde. Il est tellement ravi que le courant Socialisme et Démocratie explose que c'en est indécent. Il a descendu Rocard en flèche pendant tellement longtemps, que je ne vois pas s'il se rend compte de ce qu'il ose dire.

Déçu par Martine Aubry pour l'heure qui semble se prêter à ce jeu où il s'agit de trouver "une alternative au libéralisme" rien que ça. On régresse à vive allure.

Je ne sais ce que pèsera cette alliance contre nature au Congrès mais je n'en serai pas. Je salue le courage de Pierre Moscovici qui a décidé d'aller présenter une motion au Congrès avec les barons locaux, Collomb et Guerini. Je trouve le comportement de ce qui reste de l'état major de SD absolument pitoyable. Au lieu de soutenir Mosco ils ont rallié Aubry et surtout une coalition improbable à la vitesse grand V.

Ces manoeuvres m'écoeurent quelque peu et je doute qu'elles grandissent le PS dans l'opinion.


Les socialistes gaulois

Petitsocialisteillustr_2 Je viens de lire le bouquin de Jean-Michel Normand intitulé " Le petit socialiste illustré par l'exemple". L'auteur est le journaliste attitré du "Monde" en charge du suivi de la gauche et du PS en particulier.

Un livre qui se lit très vite (172 pages) écrit avec un style agréable, alerte.  Normand manie l'humour et la distance nécessaires à ce genre de littérature qu'on déguste comme on lisait le Libération des meilleurs jours - celui de Serge July - en prenant son café le matin.

Les petits secrets du PS ne me sont pas tous inconnus et je n'ai pas découvert de révélations fracassantes mais j'ai néanmoins apprécié les petites phrases et les dessous que je ne connaissais pas des coulisses de Solférino. Comme ces surnoms : Bébert roi du monde, la dame aux caméras, Mère tape-dur, Dark Vador, le spectre, Dominique Strausski, ...

Il y a aussi, je ne le cache pas, dans cet exercice nombriliste, l'espoir de découvrir que certains des beaux esprits qui gouvernent le parti socialiste savent vraiment ce qu'ils font et qu'ils nous méneront un jour ou l'autre à la victoire.

Malheureusement rien de tel, il s'agit bien - et le titre l'évoque fort bien - de petites choses, d'un théâtre de carton pâte, de pantomimes plus ou moins bien éxécutées par des artistes qui commencent tous à vieillir sous le harnais.

C'est bien ce qui m'inquiète. Le Parti socialiste est ou était le parti le plus apprécié des français mais les acteurs actuels font tout ou presque pour les décevoir. L'exposé permanent des divisions et des vacheries entre petits chefs est exaspérant.Combats

Pour contrer celà, les socialistes ont imaginé tout un jargon, une façon de se payer de mots, dont cette tarte à la crème de "l'union" par exemple qui m'horripile. Delanoë l'emploie sans modération, Hollande n'a que ce mot à la bouche, Royal s'en régale. Je suis pour l'unité des socialistes, mais faut-il qu'on soit éloignés les uns des autres pour réclamer à toutes les sauces : l'union dans la clarté, adoptons la synthèse, aimons nous les uns les autres, ...  Tout ça me fatigue.

Je n'ai jamais aimé les incantations, les moulins à prière, la communion solennelle. Bref toutes ces grand-messes destinées à faire bloc me font l'effet inverse.

Et si tout simplement, arrêtant toute forme d'hypocrisie, nous acceptions d'être ensemble tout en étant différents. Nous sommes ainsi à l'image des français, de vrais gaulois. Pour l'heure César Sarkozy nous observe en rigolant.


Le RSA financé par une taxe sur l'épargne et le capital : une bonne mesure

Hirsch_et_sarkozy En apprenant que le RSA défendu par Martin Hirsch faisait l'objet d'un financement basé sur une taxe sur l'épargne, j'ai été à la fois agréablement surpris et suis resté perplexe.

Agréablement surpris, car qui pourrait dire que le RSA n'est pas une bonne mesure ? Il faut être de la plus mauvaise foi pour dire qu'en procédant ainsi, on transforme "les pauvres en travailleurs pauvres", comme le dit le PCF. Avec 150 ou 200 euros par mois en plus, on est toujours pauvre certes mais on vit mieux. On peut toujours critiquer la modestie de la mesure mais celà n'empêche pas de la juger équitable et allant dans le bon sens. Surtout dans sa dimension d'intégration car elle incite le retour à l'emploi. Sans compter que les collectivités locales, notamment les départements seront libres d'accompagner le dispositif. Il faudrait par exemple, aider la prise en charge de la garde des enfants en cas de reprise d'emploi. Non je suis agréablement surpris, je l'avoue et je ne voudrais pas que par maximalisme le PS tombe dans l'opposition stérile.

Pour autant je reste perplexe concernant le coup politique que celà représente pour Nicolas Sarkozy. Ayant largement favorisé sa clientèle avec le paquet fiscal, il reprend - modestement - d'une main, ce qu'il vient de lui donner. Il y a donc de sa part un calcul et une conviction. Le calcul d'ores et déjà réussi, c'est celui d'embarrasser la gauche qui va osciller on le voit déjà entre soutien et surenchère. L'autre élément du calcul, c'est que la droite parlementaire va se servir du débat à l'assemblée pour restaurer des modalités plus conformes à l'intérêt électoral de son camp et noyer une part du financement dans le déficit budgétaire. C'est ainsi que la mesure passera, comme l'a été la loi constitutionnelle. Je trouve cette opération très habile. Enfin la conviction sarkozyste c'est qu'il vaut mieux donner un peu à la gauche pour obtenir beaucoup dans l'opinion. Avec cette approche soi-disante ni de gauche, ni de droite, mais totalement opportuniste, nul doute que la remontée de la côte de popularité du président dans les sondages - déjà amorcée - va s'affirmer.

S'il y a un domaine où on peut saluer l'expertise retrouvée de Nicolas Sarkozy, c'est celle du sens politique, et par contraste, la confusion de ses adversaires de droite comme de gauche. Au passage, chapeau à Martin Hirsch d'avoir réussi à faire passer une mesure de gauche par un gouvernement de droite.  Le RSA est à mettre à son crédit. Il peut quitter ce gouvernement la tête haute, quand il veut désormais. Ce n'est pas le cas de tous les autres ministres dits d'ouverture.


Besoin de gauche Newsletter n°1

bandeau accueil Besoin de Gauche


Newsletter n°1 du 27 août 2008

1/ Découvrez les vidéos de présentation de la contribution
- Pierre Moscovici
- Arnaud Montebourg
- Jean-Christophe Cambadelis "des primaires pour toute la gauche"
- Daniele Hoffman-Rispal "les conventions thématiques"
- Jacques Salvatore : l'ambition réformiste
- Jean-Marie Le Guen

2/ Participez à l'Assemblée Générale de la contribution qui aura lieu le vendredi 29 aout à 19h à la Salle Emile Combes (Rue de la Pépinière à la Rochelle)

3/ Téléchargez les argumentaires de la contribution
- reconstruire le Parti Socialiste
- L'Europe est notre avenir

4/ Retrouvez les dernières interventions de Pierre Moscovici
- Reims ou le congrès de la dernière chance, tribune publiée dans le Monde du 27 août
- Discours de Frangy en Bresse

5/ Vous souhaitez qu'un responsable national de la contribution vienne présenter le texte dans votre section ? Contactez l'équipe de Besoin de Gauche par courrier électronique.

6/ Faites signer la contribution à vos amis directement sur le site internet besoindegauche.net

A bientôt sur besoindegauche.net


Afghanistan : morts pour la France

L'armée française piégée en Afghanistan : 10 morts.

Cette photo du président devisant l'air détendu et les mains dans les poches avec des soldats visiblement émus me met mal à l'aise. Je ne sais quelle est la réaction adaptée en de telles circonstances mais ce n'est pas celle là.

Une photo prise sur le vif ne nous met pas toujours en valeur. C'est le cas de celle ci. Le président s'est très vite rendu sur les lieux, c'est bien. Si seulement en plus, il pouvait avoir la bonne attitude et les mots justes. Quand on entend le ministre Morin et l'état-major parler d'un "incident" pour ce qui est un vrai drame, on reste interloqué. Sarkozy a demandé aux soldats de "relever la tête" ... Encore une maladresse : il a vu trop de films américains. Qu'il laisse donc un peu les gens exprimer leur peine.

Tout va trop vite en ce monde, entre les JO, la crise en Géorgie, ces morts là bas et en Espagne. Les petits bonheurs alternent avec les drames dont certains étaient évitables. C'est le sentiment qui domine quand je pense à ces jeunes soldats : parce qu'elle était évitable, leur mort est un immense gâchis.

EDIT 22/08 : comme me le signale Mazures, le président sans doute mal inspiré a plaisanté de façon incongrue pendant la cérémonie aux Invalides.


Une guerre dérisoire

Une mini-guerre a éclaté dans le Caucase entre la Géorgie et la Russie pour des raisons assez obscures pour l'européen moyen. Une république séparatiste (l'Ossetie du Sud) a été envahie par le pouvoir central à savoir la Géorgie et aussitôt défendue par le géant russe avec des moyens démesurés. Pour faire bonne mesure, une autre république séparatiste l'Abkhazie s'est aussi invitée à la guerre flairant l'opportunité d'une reconnaissance internationale.

Je n'ai guère compris tous les tenants et les aboutissants de cette guerre (avec des morts et des blessés en nombre indéterminé) car je me suis arrêté à un chiffre : l'Ossetie du Sud est peuplée de 70 000 habitants. Une république de 70 000 habitants, on croit rêver. Même pas la population de Versailles, à peine 3,5 fois celle d'Achères. Pas l'ombre d'un intérêt stratégique.

Que les russes emploient un marteau-pilon pour protéger une micro-"république" qui dépend en théorie de la souveraineté géorgienne en dit long sur leurs méthodes.

Passons sur la propagande russe qui parle de 2 000 victimes et de nettoyage ethnique pour justifier la réplique. Cela est invérifiable à ce stade et reste à prouver.

Passons sur les communiqués militaires de part et d'autre qui se vantent d'avions abattus et chars détruits. C'est tout aussi invérifiable.

Passons enfin sur la rhétorique anti-américaine, anti-russe et anti-juive que certains emploient pour justifier la continuation des combats. C'est insoutenable.

A l'heure où l'Europe cherche à se construire, à se fédérer, où des blocs de pays continents se font une concurrence mondiale, certains pensent qu'il vaut mieux être les maîtres de quelques km2 de rochers et de montagnes. C'est dérisoire. Ce qui inquiète c'est que cette toute petite région d'un petit pays pourrait être l'étincelle d'une plus grande déflagration si on n'y prend pas garde.

Je n'ai franchement aucune sympathie pour les dirigeants de toutes ces "républiques" de l'ancien empire soviétique. Ils sacrifient la vie de nombre de leurs concitoyens au nom d'intérêts domestiques. Ces baronnets veulent que les "grands" s'en mêlent afin d'arbitrer leurs minuscules différends. Et certains s'y sont laissés prendre.

Sincèrement qu'est ce que la Russie vient faire dans un cas pareil avec ses moyens disproportionnés ? Montrer que l'Europe n'existe pas militairement ? Montrer que les autres pays qui l'entourent ne peuvent pas compter sur l'Occident ? Mais si l'Europe était aussi virulente que la Russie, ou si les Etats-Unis prenaient un coup de sang, le monde s'embraserait.

Plus on est grand, plus on doit se montrer responsable. Face à un enjeu dérisoire, il faut raison garder. J'espère que c'est le message que va porter la diplomatie française et européenne à Moscou demain.