En lisant la presse ces derniers jours, vous aurez constaté comme moi que la réforme des institutions prend un tour politique. A défaut de passionner les français, le débat s'est radicalisé et se cristallise autour d'un choix "pour" ou "contre" la politique de Nicolas Sarkozy.
Sur le fond, les mesures proposées sont largement insuffisantes au vu des demandes de la gauche. Pire elles pourraient même selon l'estimé Robert Badinter nous conduire à une "monocratie" républicaine (le pouvoir aux mains d'un seul).
Sur la forme, on peut estimer qu'un tel débat aurait dû être tranché par référendum au lieu de l'être par le parlement.
Mais la vérité est ailleurs. Dans la cuisine de ce congrès, s'opèrent des marchandages, des manoeuvres, des arrangements, dignes de la IVème république. Le sort réservé aux centristes et au petit PRG rappelle les périodes les moins glorieuses des années 50. A cette époque des partis charnières comme les radicaux faisaient la pluie et le beau temps. Ces partis rassemblaient des notables âgés et plutôt lourds, amateurs de banquets républicains grivois, de cognacs et de cigares : une ambiance de repas au cassoulet ...fréquente ches les radicaux socialistes. L'exemple de ce type de parlementaire, c'est Michel Charasse ex-député socialiste ! Celui qui négocie son entrée au conseil constitutionnel avec Nicolas Sarkozy. Et pourquoi ne pas citer l'ineffable Jean-Michel Baylet, patron du PRG, où sévit encore Bernard Tapie.
Dans cette ambiance de maquignonnage, il n'est pas exclus que certaines petites surprises surviennent demain lors du vote à Versailles. Pour l'heure, les bruits et les rumeurs annoncent une courte victoire du OUI. Toutes les ficelles auront été employées dans ce but, loin du classique affrontement droite-gauche.
Pour l'anecdote, j'ai été confronté à ce type de situation lors des dernières municipales où le PRG est allé se vendre au plus offrant (en l'occurrence le maire communiste sortant) en reniant sa parole de participer à notre liste au dernier moment. Pas glorieux mais chacun lutte avec ses moyens. Quand on connaît l'opinion privée du maire sur ces alliances, cela fait sourire a posteriori, mais c'est ainsi : faute de grives socialistes, on prend des merles radicaux.
En conclusion, le projet de réforme constitutionnelle fait l'objet de marchandages qui ont lieu encore au moment où je rédige ces lignes. Estimant que le Parlement ne retrouvera pas ses prérogatives, s'il est adopté, ce projet reste insuffisant donc je ne le voterais pas si j'y étais invité. Mais s'il est adopté, je n'en concevrais pas non plus du dépit sauf à penser qu'il renforcera le bilan de fausses réformes de Nicolas Sarkozy. Dans un pays globalement conservateur, ce serait un résultat normal. Cette réformette sera un succès ou un échec pour le seul président. Voilà pourquoi le décompte des votes démontrera qui incarne vraiment l'opposition au président.
