Haro sur Lang ! Voilà ce que la direction du PS a trouvé comme réponse à la victoire de Sarkozy sur la réforme des institutions. C'est bien peu à la hauteur de l'enjeu, et je ne m'y associerai pas.
Certes je regrette que Jack Lang se sente pour ainsi dire exempté de la discipline de parti au nom de convictions certes légitimes mais semble t-il minoritaires. D'autres tout aussi estimables à droite ont mis un mouchoir sur leurs frustrations pour ne pas faire perdre le président et leur camp. On mesure l'importance d'une telle décision personnelle à l'aune du résultat final.
Mais faire perdre Sarkozy, était-ce si important ? Etait-ce le seul enjeu de ce vote ? Non mais c'était clairement l'enjeu essentiel si ce n'est unique de la direction du PS (Hollande, Dray, Rebsamen, Le Roux, Ayrault, ...) à laquelle on peut adjoindre Ségolène Royal et l'aile gauche du parti. Une majorité de "nonistes" de combat, face à une minorité de "nonistes" par défaut.
Comme le disait Pierre Moscovici, le vote NON a été exprimé à regret mais sans états d'âme. J'ai l'impression que certains chez nous se trompent d'enjeux. Si seulement on pouvait dépasser les questions de personnes (Lang, Sarkozy) et en rester au fond, aux idées.
Le point clé c'est que la droite avait à elle seule la majorité pour faire passer ce texte, donc il était inutile de l'aider si on considérait - et Jack Lang le pensait aussi - que la réforme n'allait pas assez loin. Logiquement Lang aurait dû s'abstenir, et il se serait déjà singularisé ce faisant.
Le piège pour lui, c'est d'avoir accepté d'être associé quasi individuellement à la réforme en participant à la commission Balladur. Il n'aurait pas dû accepter que le président fasse son marché parmi les socialistes "raisonnables" (*). C'est ce manque de sens politique qu'on peut lui reprocher, pas de s'être pris au jeu du compromis bi-partisan.
Pour une fois je vais faire un compliment à Sarkozy. Il l'a montré, il est capable de gérer une majorité diverse et turbulente en se permettant d'avoir des contradicteurs internes. Quand nous aurons retrouvé la capacité à jouer collectif, tout simplement dire NOUS, sans d'ailleurs forcément parler d'une même voix, nous serons de nouveau une force politique crédible et audible.
Cette défaite fait mal parce qu'elle était évitable. Le semblant d'unité a volé en éclats. Même le PRG nous a fait un bras d'honneur. Dans ce marasme, ce qui m'a étonné par parenthèse c'est le silence relatif de Delanoë et Aubry comparé à la réaction immédiate et violente de Royal. Il faut vraiment que la crise de leadership trouve une issue. Le congrès devient urgent et nécessaire. Il nous faut un chef incontesté, enfin disons au moins un chef. La priorité si on veut jouer collectif, c'est que quelqu'un dirige la manoeuvre. Le pouvoir finissant de la direction Hollande n'en finit plus de se décomposer.
(*) Ca me rappelle la façon dont le maire d'Achères a voulu choisir parmi nous ...
