J'y ai passé des heures, mais après avoir lu et relu les 4 contributions que j'étais susceptible de signer, j'en arrive à la conclusion de devoir signer celle de BESOIN DE GAUCHE dont le premier signataire est Pierre Moscovici.
Je dis "devoir signer" car je crois qu'un militant ou un élu doit s'engager comme je le faisais remarquer à Jean-Jacques URVOAS sur son blog.
Rester frileusement en dehors du débat, je ne trouve pas celà bien. On a le droit d'hésiter, de réfléchir, ou même de s'abstenir mais stériliser ainsi son "droit de vote" c'est compter sur les autres pour faire le travail. Un élu doit prendre position, il ne doit pas attendre l'avis de la majorité pour se prononcer. C'est le reproche que je fais à Ségolène Royal dans sa vision de la démocratie participative, donc il s'agit d'être cohérent. Mais sur un autre plan, je dois dire que sa description d'un Etat-préventif est prometteuse.
Ceci dit, me direz-vous, pourquoi choisir le texte de Moscovici plutôt que celui d'Aubry dont je chantais les louanges pas plus tard qu'hier ? Eh bien, je n'ai pas changé d'avis. Le texte d'Aubry est le meilleur. Mais au delà du texte dont les lignes ne sont pas si éloignées, je me place dans l'hypothèse de la suite du Congrès. Je ne crois pas qu'Aubry soit présidentiable, pas plus que Moscovici mais ce dernier a lui clairement dit qu'il n'était pas dans la course. Aubry laisse planer trop d'arrières-pensées.
Il s'agit dés lors de savoir ce que l'on veut : désigner le futur candidat de 2012 ou celui qui préparera cette désignation sans "hollandisme", c'est à dire sans volonté cachée de se présenter soi-même, d'éradication de la concurrence, d'anesthésie du débat.
Il m'apparaît qu'il n'y aura aucun consensus pour qu'un présidentiable prenne le parti, donc qu'on le veuille ou non, ce congrès ne devrait pas permettre de désigner le futur candidat de 2012. Même si c'était le cas, les battus rêveront de revenir plus tard si la victoire n'est pas assez nette. Il faut donc un troisième homme (ou femme).
Qui en dehors de Moscovici peut remplir ce rôle ? Je ne vois pas. L'organisation des conventions nationales qu'il propose me paraît la bonne méthode. Reste pour moi une inconnue : Aubry et Delanoë pourraient clarifier leur position.
Je regrette qu'aucun des présidentiables ne s'affirme vraiment. J'aurais préféré voir un mouvement d'adhésion envers l'un ou l'autre aussi écrasant que l'ont été les primaires de 2006, mais force est de constater qu'il ne s'est pas produit. A ce stade, la décantation n'est pas venue, ce qui explique le non-choix de nombreux militants et sympathisants et l'émergence d'une Martine Aubry, comme une sorte de nostalgie (ou de remords) des années Jospin.
Dans ce contexte, je "dois" signer la contribution de Pierre Moscovici. Un choix partiellement par défaut, mais un choix de raison. Un choix d'étape qui ne préjuge en rien de la suite.
Trop d'egos et trop d'égaux au PS, la crise de leadership s'éternise.
