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juillet 2008

Un beau pack socialiste en mouvement

Moscoaubrylebranchu Voilà un regroupement qui me plait beaucoup ! J'avais déjà dit que la contribution de Martine Aubry me paraissait la meilleure, aussi j'applaudis des deux mains ce rapprochement. Avec les barons locaux (Collomb et Guerini), c'était un mouvement plus tactique de mon point de vue, mais là je comprends bien mieux les proximités en termes de projet !

Je n'avais pas encore lu la contribution de Marilyse Lebranchu, mais je ne doute pas que l'excellente ministre qu'elle était n'est pas loin des options que nous partageons.

Si la cohérence et la complémentarité s'enrichissent encore par la suite - car il y aura d'autres rapprochements, je n'en doute pas-  on a là le fer de lance d'une possible majorité au Congrès !

Connaîssant quelque peu les qualités de ses membres, je suis persuadé que cette équipe là peut donner envie à toute la gauche de travailler ensemble !


Jouer collectif, est ce possible ? Oui avec un nouveau chef.

Haro sur Lang ! Voilà ce que la direction du PS a trouvé comme réponse à la victoire de Sarkozy sur la réforme des institutions. C'est bien peu à la hauteur de l'enjeu, et je ne m'y associerai pas.

Certes je regrette que Jack Lang se sente pour ainsi dire exempté de la discipline de parti au nom de convictions certes légitimes mais semble t-il minoritaires. D'autres tout aussi estimables à droite ont mis un mouchoir sur leurs frustrations pour ne pas faire perdre le président et leur camp. On mesure l'importance d'une telle décision personnelle à l'aune du résultat final.

Mais faire perdre Sarkozy, était-ce si important ? Etait-ce le seul enjeu de ce vote ? Non mais c'était clairement l'enjeu essentiel si ce n'est unique de la direction du PS (Hollande, Dray, Rebsamen, Le Roux, Ayrault, ...) à laquelle on peut adjoindre Ségolène Royal et l'aile gauche du parti. Une majorité de "nonistes" de combat, face à une minorité de "nonistes" par défaut.

Comme le disait Pierre Moscovici, le vote NON a été exprimé à regret mais sans états d'âme. J'ai l'impression que certains chez nous se trompent d'enjeux. Si seulement on pouvait dépasser les questions de personnes (Lang, Sarkozy) et en rester au fond, aux idées.

Le point clé c'est que la droite avait à elle seule la majorité pour faire passer ce texte, donc il était inutile de l'aider si on considérait - et Jack Lang le pensait aussi - que la réforme n'allait pas assez loin. Logiquement Lang aurait dû s'abstenir, et il se serait déjà singularisé ce faisant.

Le piège pour lui, c'est d'avoir accepté d'être associé quasi individuellement à la réforme en participant à la commission Balladur. Il n'aurait pas dû accepter que le président fasse son marché parmi les socialistes "raisonnables" (*). C'est ce manque de sens politique qu'on peut lui reprocher, pas de s'être pris au jeu du compromis bi-partisan.

Pour une fois je vais faire un compliment à Sarkozy. Il l'a montré, il est capable de gérer une majorité diverse et turbulente en se permettant d'avoir des contradicteurs internes. Quand nous aurons retrouvé la capacité à jouer collectif, tout simplement dire NOUS,  sans d'ailleurs forcément parler d'une même voix, nous serons de nouveau une force politique crédible et audible.

Cette défaite fait mal parce qu'elle était évitable. Le semblant d'unité a volé en éclats. Même le PRG nous a fait un bras d'honneur. Dans ce marasme, ce qui m'a étonné par parenthèse c'est le silence relatif de Delanoë et Aubry comparé à la réaction immédiate et violente de Royal. Il faut vraiment que la crise de leadership trouve une issue. Le congrès devient urgent et nécessaire. Il nous faut un chef incontesté, enfin disons au moins un chef. La priorité si on veut jouer collectif, c'est que quelqu'un dirige la manoeuvre. Le pouvoir finissant de la direction Hollande n'en finit plus de se décomposer.

(*) Ca me rappelle la façon dont le maire d'Achères a voulu choisir parmi nous ...


Résultats de la réforme des institutions : une voix pour le OUI

La réforme des institutions passe grâce à une voix d'écart ... Stupéfiant.

539 OUI pour 538 requis.

Ce n'était pas ce qu'on nous annoncait. La victoire aurait dû être bien plus large. Mais c'est fait.

Maintenant on peut se livrer au petit jeu du "et si ..." ? En visant le président de l'assemblée Accoyer qui par tradition ne votait pas, Jack Lang le seul député socialiste qui aurait voté Oui (le pauvre), les sénateurs de droite (comme M. Lambert) qui ont crié tout le mal qu'ils pensaient de cette réforme pour voter Oui au final ... Mais tout cela restera presque anecdotique au vu du résultat.

NB : en fait on parle maintenant d'une victoire par deux voix car 538 auraient suffi vient de dire le président de l'assemblée nationale.

NB2 : qui a voté quoi : la liste du scrutin nominatif

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Réforme des institutions : une odeur de cassoulet

En lisant la presse ces derniers jours, vous aurez constaté comme moi que la réforme des institutions prend un tour politique. A défaut de passionner les français, le débat s'est radicalisé et se cristallise autour d'un choix "pour" ou "contre" la politique de Nicolas Sarkozy.

Sur le fond, les mesures proposées sont largement insuffisantes au vu des demandes de la gauche. Pire elles pourraient même selon l'estimé Robert Badinter nous conduire à une "monocratie" républicaine (le pouvoir aux mains d'un seul).

Sur la forme, on peut estimer qu'un tel débat aurait dû être tranché par référendum au lieu de l'être par le parlement.

Mais la vérité est ailleurs. Dans la cuisine de ce congrès, s'opèrent des marchandages, des manoeuvres, des arrangements, dignes de la IVème république. Le sort réservé aux centristes et au petit PRG rappelle les périodes les moins glorieuses des années 50. A cette époque des partis charnières comme les radicaux faisaient la pluie et le beau temps. Ces partis rassemblaient des notables âgés et plutôt lourds, amateurs de banquets républicains grivois, de cognacs et de cigares : une ambiance de repas au cassoulet ...fréquente ches les radicaux socialistes. L'exemple de ce type de parlementaire, c'est Michel Charasse ex-député socialiste ! Celui qui négocie son entrée au conseil constitutionnel avec Nicolas Sarkozy. Et pourquoi ne pas citer l'ineffable Jean-Michel Baylet, patron du PRG, où sévit encore Bernard Tapie.

Dans cette ambiance de maquignonnage, il n'est pas exclus que certaines petites surprises surviennent demain lors du vote à Versailles. Pour l'heure, les bruits et les rumeurs annoncent une courte victoire du OUI. Toutes les ficelles auront été employées dans ce but, loin du classique affrontement droite-gauche.

Pour l'anecdote, j'ai été confronté à ce type de situation lors des dernières municipales où le PRG est allé se vendre au plus offrant (en l'occurrence le maire communiste sortant) en reniant sa parole de participer à notre liste au dernier moment. Pas glorieux mais chacun lutte avec ses moyens. Quand on connaît l'opinion privée du maire sur ces alliances, cela fait sourire a posteriori, mais c'est ainsi : faute de grives socialistes, on prend des merles radicaux.

En conclusion, le projet de réforme constitutionnelle fait l'objet de marchandages qui ont lieu encore au moment où je rédige ces lignes. Estimant que le Parlement ne retrouvera pas ses prérogatives, s'il est adopté, ce projet reste insuffisant donc je ne le voterais pas si j'y étais invité. Mais s'il est adopté, je n'en concevrais pas non plus du dépit sauf à penser qu'il renforcera le bilan de fausses réformes de Nicolas Sarkozy. Dans un pays globalement conservateur, ce serait un résultat normal. Cette réformette sera un succès ou un échec pour le seul président. Voilà pourquoi le décompte des votes démontrera qui incarne vraiment l'opposition au président.


L'arrogance insupportable de Sarkozy

Normalement on lit ce genre de propos dans les "mares" du Canard Enchaîné mais là c'est public, affiché, décomplexé.

Le président Nicolas Sarkozy a affirmé mardi 15 juillet qu'il "s'opposerait à un plan de rigueur" et qu'il préférait poursuivre sur la voie des "réformes", ont indiqué des participants à la réunion des députés UMP à l'Elysée.
"Je m'opposerai à un plan de rigueur. Barre a fait un plan de rigueur et ça n'a pas empêché les déficits d'augmenter", a-t-il déclaré lors de ce buffet organisé à l'Elysée.


"Cycle économique mauvais pour les socialistes"


Sur le quinquennat, "le cycle économique est bon pour nous et très mauvais pour les socialistes", a-t-il encore affirmé, selon des participants.
"La seule chose qu'il faut faire, ce sont les réformes", a souligné le chef de l'Etat en citant plusieurs exemples : "En un an, on aura obligé les chômeurs à prendre un emploi, on aura mis fin aux 35 heures et il y a plus de service minimum". "Ce sont des changements colossaux dans le pays", a-t-il terminé.

L'arrogance de ce bonhomme me révulse. Il est persuadé que le cycle va se retourner à temps pour que l'économie aille bien juste à temps pour les prochaines échéances électorales. Entretemps il sera toujours président. Après ses propos sur les grèves et les syndicats, je ne le supporte plus. En affichant ce mépris et cette prétention, il ne fait qu'inspirer de l'hostilité. Pire il nuit à sa fonction qui devrait le conduire à rester au dessus des débats partisans. Comment veut-il qu'on le respecte ?

Une telle radicalité idéologique n' a qu'un équivalent ailleurs :  Berlusconi.


Les dérives de l'intercommunalité

Quand je me suis présenté aux élections municipales à Achères, j'ai fait de l'intercommunalité un de mes chevaux de bataille. Je suis favorable au développement des structures intercommunales à l'échelon local ou départemental tant il me semble pertinent de partager les ressources et les compétences pour bâtir des projets communs ambitieux.

Par contre je note avec déplaisir que certaines structures sont détournées de leur objectif par certains élus soucieux d'avantages personnels loin des besoins des habitants.

C'est un article du Monde de ce jour qui pointe du doigt la dérive. Une communauté d'agglomération de Metz (ma région natale) a vu la désignation de son exécutif invalidée par un tribunal administratif en raison d'un vice de procédure sur lequel je ne m'étendrais pas si ce n'est qu'une assemblée doit respecter son règlement intérieur à la lettre.

Le vrai problème vient du nombre de vice-présidences attribuées à cette occasion : 48 sur 170 élus. Avec une indemnité mensuelle de 1 700 euros plus frais à la clé par personne, on touche à la gabegie. On pourrait presque parler d'emplois fictifs, s'il s'agissait d'emplois. Les délégations semblent parfois ubuesques.

Je trouve dommage que les élus trouvent là une voie détournée pour augmenter les indemnités locales de leur mandat municipal ou départemental. Bien sûr les indemnités de maire, d'adjoint ou de conseiller général sont relativement faibles et plafonnées et je plaide pour leur augmentation. Je précise qu'un simple conseiller municipal comme moi ne touche rien. Le dévouement et l'engagement local méritent mieux que ce que la collectivité offre. Perversité du système: la difficulté de la tâche et la relative précarité des situations incitent certains à franchir les lignes jaunes. C'est inadmissible et condamnable. Pourtant il faut combattre une idée reçue : "l'élu a une bonne place" : en fait la modicité des indemnités écarte du mandat public trop de citoyens qualifiés. Il écarte aussi de fait les citoyens défavorisés.

Mais faut-il en venir à ces moyens peu glorieux pour que le service du public trouve des serviteurs s'estimant convenablement indemnisés ? J'en doute, d'autant que les dérives du système sont encouragées par le système lui même. Le cumul des mandats et la quête des délégations ou présidences en tous genres viennent de là.

Au final, ceci donne une très mauvaise image de l'élu uniquement préoccupé de sa ré-élection et des avantages qu'il en tire. Alors qu'un vrai statut de l'élu pourrait corriger le système, notamment pour ceux venant du privé et qu'aucun filet de sécurité ne protège en cas d'échec électoral. Pour éviter le "tous pourris" si facile et le poujadisme de comptoir, il faut de nouvelles règles acceptées et les justifier. En ces temps difficiles pour la population, il n'est sans doute pas urgent de donner des protections à une catégorie déjà favorisée, mais ce serait pourtant le moyen de limiter ou d'éliminer les abus constatés.

PS : un autre article du Monde indique que le secrétaire d'Etat aux collectivités locales, Alain Marleix, a annoncé qu'il déposerait, au premier semestre 2009, un projet de loi sur la démocratie locale, pour conforter le statut des élus et réformer le mode de désignation et de fonctionnement des intercommunalités.

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Quelle mouche pique Libé pour se payer Royal à ce point ?

Je viens de parcourir Libération et j'ai été estomaqué de voir comment le journal de gauche de référence enfonce l'ancienne candidate du PS.

Que ce soit l'éditorial de Joffrin, ou un article hallucinant d'Antoine Guiral sur la candidate préférée de l'UMP, ou la critique de la séquence Betancourt, c'est haro sur Royal.

A se demander ce qu'ils visent à Libé. Provoquer une crise au PS ? "Tuer" l'ex-candidate ? Ridiculiser la gauche ?

Je ne suis pas un fan de Royal mais quand même, on ne tire pas contre son camp et avec un tel acharnement. Quelle honte ! Tous les arguments des snipers de l'UMP sont repris et développés. Ce n'est pas demain que je vais racheter Libé. Autant lire Le Figaro, ils sont plus tendres avec la gauche que le torchon que j'ai lu aujourd'hui.


Sarkozy viole la constitution

La réforme des institutions est en discussion au parlement, et va bientôt passer en deuxième lecture.

On constate depuis que Nicolas Sarkozy a été élu, que  ni l'esprit, ni la lettre de la constitution ne sont respectés concernant le partage des pouvoirs entre le président et le premier ministre.

Sarkozy est à la fois premier ministre et président de fait. Or les articles 5, 20 et 21 de la constitution répartissent très clairement les pouvoirs. Etrangement la réforme en cours ne dit rien à ce sujet. Ces articles ne seraient pas modifiés.

Art. 5. - Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'Etat.

Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités.

Art. 20. - Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation.

Il dispose de l'administration et de la force armée.

Il est responsable devant le Parlement dans les conditions et suivant les procédures prévues aux articles 49 et 50.

Art. 21. - Le Premier Ministre dirige l'action du Gouvernement. Il est responsable de la Défense Nationale. Il assure l'exécution des lois. Sous réserve des dispositions de l'article 13, il exerce le pouvoir réglementaire et nomme aux emplois civils et militaires.

Il peut déléguer certains de ses pouvoirs aux ministres.

Il supplée, le cas échéant, le Président de la République dans la présidence des conseils et comités prévus à l'article 15.

Il peut, à titre exceptionnel, le suppléer pour la présidence d'un Conseil des Ministres en vertu d'une délégation expresse et pour un ordre du jour déterminé.

Qui peut croire que Sarkozy se contente aujourd'hui d'être le gardien des institutions ? Seul l'effacement volontaire du premier ministre lui permet d'accaparer les prérogatives de ce dernier, du fait du lien de subordination qui les unit. Mais pourquoi Sarkozy ne lève t-il pas l'ambiguîté en modifiant ces articles pour officialiser un vrai régime présidentiel ? Lui qui dénonce l'hypocrisie du rôle du CSA et veut s'attribuer le pouvoir de nomination du président de la télé publique, devrait aller au bout de cette logique. Si le vrai pouvoir est en réalité entre ses mains, à quoi bon entretenir l'illusion d'un filtre protecteur ? La vérité, c'est que même des affidés peuvent encore se rebeller, en cas d'abus manifeste, que les alternances peuvent changer la donne. Le pouvoir personnel fait partie du passé monarchique que personne ne songe à réhabiliter. Voilà pourquoi, soucieuse d'équilibre, la commission Balladur n'a pas proposé une modification substantielle de ces articles qui aurait dû conduire à la disparition du poste de premier ministre.

Au delà d'une pratique discutable, il faudrait que Sarkozy comprenne enfin qu'il est président de la république et pas roi de France pour 5 ans, cumulant sans légitimité tous les pouvoirs.


La droite thatcherienne

Sarkozy devant le conseil national de l'UMP : "désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit"[...] On peut réformer profondément les 35 heures, désormais on peut faire la politique pour laquelle on a été élu", a-t-il insisté.

Il croit donc avoir maté les syndicats et au delà il pense que tous les français sont matés, éduqués par la grâce de la réforme. Il s'en vante comme un adolescent ... A croire qu'il veut imiter Thatcher qui a cassé les mineurs et tous les mouvements sociaux dans un pays en crise.

Je ne sais pas pour vous mais ca me donne furieusement envie d'aller à la prochaine manifestation quelle qu'elle soit et de faire rentrer son sourire niaiseux dans la gorge au président de l'UMP en criant haut et fort : "eh Sarko, on est là, tu t'en aperçois ?!"

Il est censé être le président de tous les français, non ?

En fait c'est une provocation politique volontaire. En premier lieu, il fait plaisir à son camp en exacerbant le clivage gauche-droite. En second lieu il aiguillonne Besancenot et la gauche mouvementiste qui vont se poser en opposant frontaux. En troisième lieu, il veut pousser le PS à la surenchère ce qui doit le mener à la confusion et à l'éclatement.

Non mais c'est hallucinant : ce type va finir par mettre le feu à la France ! Vite on a besoin d'une gauche lucide et réactive qui parle d'une seule voix ! Il faut remettre la question sociale au coeur des débats ! Les termes de l'échange sont clairs pour Sarkozy, la rupture c'est cela : renoncez à vos acquis sociaux et vous aurez la prospérité.

Mais aujourd'hui les français voient ce à quoi ils renoncent sans voir de résultats économiques, d'où le pessimisme général. Le pari de Sarkozy maintenant que le "choc de confiance" du paquet fiscal ne s'est pas produit, c'est que le ciel finira par se dégager. La promesse Thatcherienne était la même. On connait la suite : la victoire d'un centre gauche moderne et l'avènement de Tony Blair. Nous savons ce qu'il nous reste à faire.