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Socialiste et libéral : bof bof

Je viens de lire ou plutôt de parcourir le livre de Delanoë. Bof, bof. Je n'ai toujours pas de vision claire de ce que pense cet homme sur les grands sujets. Et pourtant on dit qu'il est présidentiable, qu'il sera un homme clé de 2012. Oui sûrement, mais bon comment faire pour accrocher un rêve présidentiel sur cet homme ? Un rêve de gauche s'entend. Je n'y arrive pas.

Le pseudo-débat "libéral et socialiste" me fait bailler. Il y a longtemps que j'ai adhéré à la pensée social-démocrate sans avoir besoin d'y accrocher le mot libéralisme. Nous acceptons tous l'économie de marché, même qualifiée d'écologique et de sociale.

Ce n'est pas un gros mot libéralisme, mais quand même ce n'est pas un des marqueurs de gauche. On s'est fait piquer l'idée par la droite, peut-être, mais est ce une raison pour changer notre discours ou en avoir honte ?

La gauche a gagné sur le plan des idées. Le fait est incontestable et mal perçu par les commentateurs qui disent que la droite l'a emporté sur le plan de la refondation de la doctrine qui nous préoccupe tant : oui la gauche a gagné idéologiquement - et depuis longtemps - avec ses valeurs d'humanisme fondées sur les principes républicains de liberté et d'égalité !

Certes, la tentation réactionnaire existe encore ici ou là sur le plan sociétal, mais c'est ailleurs que le clivage gauche droite doit s'interpréter et se mesurer : c'est sur le terrain de la réalité économique et sociale.

Un seul exemple : le débat sur les 35 heures. La droite a fait mine de réhabiliter le dialogue social en France en appliquant une théorie social-démocrate bien connue : privilégier le contrat par rapport à la loi. Laissons les partenaires discuter et s'entendre entre eux plutôt que de légiférer. Oui sauf que si les conclusions des discussions ne conviennent pas au petit Bonaparte, celui ci reprend ses mauvaises habitudes jacobines et dicte de nouvelles conditions aux protagonistes en leur signifiant : discutez autant que vous voulez mais à la fin c'est moi qui décide.

C'est bien là un cas significatif et très concret pour les français - plus attachés aux 35 heures et aux RTT  que les politiques et les experts - d'atteinte à leurs acquis sociaux. Est ce une réforme progressiste que celle qui consiste à déplafonner les heures supplémentaires dans les entreprises ? Non évidemment non. Travailler jusqu'au plafond légal de 48 heures hebdomadaires ne passera jamais aux yeux des salariés comme un progrès social au XXIème siècle.

Travailler oui, mais pas jusqu'à en perdre le sens de la vie et parfois de la dignité. Voilà une différence majeure avec la droite. La valeur travail dans l'idéologie libérale correspond bien plus à une sublimation douloureuse et quasi religieuse de l'effort indispensable pour vivre sur notre terre qu'à l'analyse scientifique des termes de l'échange entre le capital et le travail ... dont la gauche réformiste conteste l'équité et la gauche marxiste la légitimité, jusqu'à la propriété.

Mais voilà que je m'égare à nouveau. Socialiste et libéral disais je ... Bof, bof. Social-démocrate, c'est largement suffisant pour nous identifier.

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