Socialiste et libéral : bof bof
Damned : the irish said "NO" !

L'Irlande nous ballade ...

J'aime beaucoup l'Irlande, ses paysages, sa bière rousse, ses pubs, son équipe de rugby rugueuse et entêtée,  les vagues qui explosent sur des côtes de bout du monde, ...

Mais là, j'avoue que les irlandais m'agacent. Quand on apprend que le vote NON au référendum sur le mini-traité a de fortes probabilités de l'emporter, on se demande si les habitants de la verte Irlande n'ont pas abusé des pintes que l'Union Européenne leur a permis d'absorber. Ce qui m'agace c'est qu'ils ont des raisons sérieuses à côté d'égoïsmes "rationnels" et de peurs irrationnelles.

Un excellent article de RUE89 exprime très bien le défi démocratique que l'Europe affronte à nouveau.

La conclusion me paraît fort juste : l'Europe vue comme un terrain de chasse aux subventions ne suffit plus à enflammer les imaginations, face à certains carcans administratifs réels ou supposés. Sur un fond de questions complexes et parallèles, il suffit d'ajouter une dose de mauvaise foi et de populisme, pour rassembler facilement une coalition de mécontents qui ont en France abouti à refuser le TCE. Ce mélange de bonnes et mauvaises raisons ne fait qu'embrouiller le débat et le rendre inextricable pour les partisans du OUI.

Voter NON est très facile car si on cherche une raison de voter NON, on la trouve à coup sûr. Mais refuser de se livrer à un référendum offre des objections faciles aux détracteurs d'une Europe peu démocratique et élitiste. C'est le piège démocratique. Quand on veut poser 1 000 questions à la fois, c'est à dire autant de questions que d'articles dans le traité, on s'expose à autant d'occasions de dire NON.

Autant dire que la méthode référendaire pays par pays n'est pas la bonne puisque il y a un piège congénital dans cette construction. L'Europe n'a pas d'institutions démocratiques et pas d'existence juridique forte : elle n'existe que par des traités. Commencons par lui en donner avant que de les faire approuver par autant de minorités que de pays. Il faut absolument sortir de ce piège de l'unanimité à 27 ou 30. Ce traité le permet. Tous ceux qui veulent garder le contrôle de leur souveraineté ne veulent pas de l'Europe, voilà la vérité toute simple.

Faute d'un grand et lumineux pédagogue à la tête de l''Europe, l'Irlande risque de ballader l'Europe à son tour et de la laisser à quai. L'Europe manque de cette vision et de ce leader charismatique et prophétique qui pourraient dessiner un futur collectif. Les actuels dirigeants européens (Barroso, Juncker) n'ont pas le profil nécessaire. Quant aux chefs d'Etat et de gouvernement, aucun n'a l'envergure et l'ascendant pour séduire d'autres peuples que le sien. Pourtant dans ce rôle quasi évangélique, à la recherche d'une nouvelle frontière, il n'y a qu'à voir comment Barack Obama réussit dans ce rôle au delà de son pays, comment il transcende les foules et les clivages ... Je ne sais pas ce que décidera l'Amérique, mais le monde vote Obama.

Paradoxalement, celui qui aurait pu tenir ce rôle à mes yeux - Tony Blair - est issu d'un des pays les plus eurosceptiques. Et sa politique atlantiste pro-Bush n'aide pas non plus sa cause. Mais qui d'autre ? Angela Merkel ? Sarkozy ? Berlusconi  ... Rien d'enthousiasmant.

Voilà pourtant un job en or pour qui veut entrer dans l'Histoire. Europe en panne cherche grand homme (ou femme) politique qui la fasse rêver !

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