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mai 2008

Match Delanoë - Royal : pourquoi tant de haine ?

Toute l'actualité politique récente aurait mérité des commentaires tant la gestion de la droite me paraît teintée d'amateurisme et d'opportunisme à tous les étages. Finalement je me suis abstenu un peu en raison de petits soucis de santé mais surtout parce que les drames permanents comme le Darfour, ou ceux récents survenus en Birmanie et en Chine relativisent beaucoup nos gueguerres franco-françaises qui n'intéressent que nous. En outre beaucoup de lectures ici ou là m'ont convaincu que les choses étaient déjà exprimées.

Celà dit on ne peut que s'interroger sur le sens de la bataille interne qui agite le PS depuis ce week-end. L'annonce de la candidature de Ségolène Royal ouvre semble-t-il les hostilités. Cambadélis parle de pétaudière, Hollande trouve que c'est trop tôt, Aubry pense que Royal ne fait pas de la politique avec des valeurs, Moscovici craint un débat délétère, Dray juge qu'il est fait pour le job, et Delanoë  crée un buzz autour de son image avec un plan média très calculé.

Pour faire bonne mesure, DSK fait savoir qu'il est "assez déterminé pour 2012", tout étant dans le "assez" qui personnellement me fait penser que le compte d'enthousiasme et de foi nécessaires n'y est pas. Cette formule anéantit selon moi toute chance que DSK revienne avec des chances raisonnables de succès dans la course.

Alors comment s'y retrouver à six mois d'un congrès que certains annoncent meurtrier ? Pour ma part je ne m'y retrouve pas. Les petites phrases et les agressions de toutes sortes qui accompagnent l'annonce de Royal me mettent mal à l'aise. Quelles que soient les préventions que j'ai pu avoir sur Royal par le passé et que j'ai encore sur certains points, le TSS finit par me lasser.

Il y a des gens qui parlent de respecter les rythmes et le calendrier du parti : il faudrait clarifier une ligne politique et un projet avant que de désigner un candidat. Je ne vois pas en quoi ceci serait incompatible avec la désignation d'un présidentiable à notre tête en novembre. Ce matin sur RTL, Royal a dit qu'elle présenterait une ligne politique (une motion) et que si celle ci est majoritaire, elle en prendrait la responsabilité. Quoi de scandaleux là dedans ? Je ne vois pas.

Personne n'a commenté autrement qu'en termes polis ou indifférents (ce qui est pire) les pré-candidatures de Dray, Moscovici, Bartolone, ... dont on sait que certains n'iront pas à terme. Quasiment des non-évènements. L'opinion s'en moque et elle a bien raison.

La question centrale devient : faut-il qu'un présidentiable soit à la tête du PS dès 2008 ou peut-on attendre 2011 ? Pour ma part j'incline à penser que le plus tôt sera le mieux. Plutôt que d'entendre encore pendant 3 ou 4 ans des voix discordantes et concurrentes décrédibilisant la gauche dans l'opinion, plutôt que rien ne se passe dans l'attente du match de 2011, il vaut mieux que la compétition ait lieu maintenant. La conséquence c'est la présidentialisation du parti, ce que certains refusent. Mais c'est l'aboutissement inévitable de la logique de la Vème république.

Delanoë ou Royal, je n'ai pas fait mon choix mais je crois fermement une chose : la crise de leadership au sein du PS ne se règlera qu'avec la désignation de l'un de ces deux là. Crise de leadership, crise de projet, crise d'identité, ... et si le PS sortait de l'état de crise permanente ?