On avait dit de Ségolène Royal qu'elle était une erreur de casting pour la gauche. Quelles que soient mes préférences affichées, je ne partageais pas ce point de vue car je crois que la dame a vraiment une autorité naturelle. Par contre je suis maintenant convaincu que les français ont commis une erreur magistrale en mai dernier.
Le président Sarkozy aurait prononcé la phrase suivante en conseil des ministres :
«Ça fait cinq fois que je le dis. Il n’y en aura pas de sixième»
Alors Sarkozy "faux dur" ou "vrai sentimental", on hésite. A force de reculer l'heure des sanctions et des actes, c'est bien l'autorité du chef de l'Etat qui en pâtit. Sarkozy dictateur, omniprésident avec concentration des pouvoirs, c'est une vaste blague ... En fait le président s'occupe de tout mais mal car il exerce son pouvoir sans priorité et sans hiérarchie claire des orientations. Nous avons affaire à un vélléitaire, un homme qui ne dirige pas vraiment le pays, qui ne prend pas de décisions avec un projet en bandoulière mais un sondage dans chaque poche.
L'exercice du pouvoir sarkozyste est plus que jamais tourné vers l'opinion, vers la dictature de l'opinion. L'oeil braqué sur les sondages, Sarkozy a réussi dans sa quête du pouvoir, usant et abusant de stratagèmes et de prises de positions ou de postures populaires à la limite du populisme.
Ce souci de plaire et surtout de ne pas déplaire, est devenue la caractéristique du sarkozysme. Cette manie de s'enthousiasmer sur tous les rapports qu'on lui présente (Camdessus, Attali, Larcher, ...) et de vouloir "tout" appliquer est stupéfiant. L'homme ne manque pas d'idées et d'énergie mais il manque singulièrement de lucidité sur le sens de sa fonction qui consiste à arbitrer et définir une cohérence d'ensemble, une ligne générale, une direction pour le pays.
Ce manque de profondeur de la réflexion et une forme d'immaturité étonnante, voilà bien ce qui surprend le plus dans la personnalité de Nicolas Sarkozy.
Cette absence de vision combinée à l'autoritarisme de façade est un vrai souci pour le pays qui avait cru qu'au contraire, le projet Sarkozy était fort et cohérent : quelle énorme méprise et quelle surprise pour les français !