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octobre 2007

Quelle est la juste rémunération d'un élu du peuple ?

A l'issue des élections de mai juin 2007, l’opinion souhaitait que le gouvernement s’occupe en priorité du chômage, de la pauvreté et du pouvoir d’achat. Très présent dans le discours du nouvel exécutif ce dernier thème est celui dont le score dans l’opinion avait le plus progressé (+ 4 points).

Nicolas Sarkozy a tenu sa promesse en se l'appliquant à lui même. Il a obtenu une augmentation personnelle de 140%, lui permettant enfin de travailler plus pour gagner plus ! L'adage se vérifie donc : si vous travaillez comme trois, vous pouvez gagner comme trois. Le président peut affirmer qu'il ne fait qu'appliquer son programme ! Sauf que ce faisant Nicolas Sarkozy ne gagne "que" 20 000 euros par mois, c'est à dire autant qu'un Premier Ministre qu'il a qualifié de "collaborateur". Si on suit le raisonnement ce n'est donc pas suffisant comme augmentation !

Quand on regarde les salaires des N°1 dans les grandes entreprises privées, le PDG gagne en général 2 ou 3 fois le salaire de son directeur général. Il y a donc encore une injustice flagrante dans cette république ... Sarkozy ne gagne pas assez, vraiment pas ...

Les français ne sont ni radins ni mesquins. Souligner que le président n'a pas de dépenses car il est logé, nourri, blanchi aux frais de la république, ne traduirait pas la réalité. La preuve : Sarkozy était même obligé d'emprunter à son premier ministre la résidence de La Lanterne pour y passer certains week-ends après un dur labeur. Il n'allait pas se rendre au Fort de Brégançon tous les samedis matin ; vous voyez les frais d'essence, d'avion et de police, sans compter les émanations de CO2. Alors ?

Alors trêve de plaisanterie, je pense qu'on se moque du monde et du petit peuple. C'est sans doute trop facile de critiquer quelqu'un qui ne gagnera guère plus qu'un cadre supérieur d'entreprise privée, pour une fonction ô combien plus éprouvante et exigeante sur le plan des résultats. Mais cette comparaison ne tient pas longtemps. On n'élit pas le dirigeant d'une grande entreprise, on le recrute. On ne renvoie pas un patron par le vote des salariés de l'entreprise, on le vire. Un patron n'a pas à confondre l'intérêt général et l'intérêt particulier d'un groupe d'actionnaires. Un chef d'entreprise n'a pas le pouvoir exorbitant de changer la vie des gens contre leur gré ou de les envoyer à la mort. Il ne fixe pas lui même son revenu et la règle du jeu (qui peut croire que ce sont les fonctionnaires de l'Elysée qui se sont émus tout seuls du salaire du président ?).

Non le président n'est pas un patron au service d'une communauté d'intérêts privés. L'Etat n'est pas une entreprise. En tout cas il ne devrait pas fonctionner ainsi pour les élus et les règles doivent être différentes : l'élu n'a en aucune manière à être payé à l'heure supplémentaire, au mérite ou à la productivité. Pourquoi pas une prime de résultats tant qu'on y est ? Heureusement c'est illégal et cela porte un nom : la prise illégale d'intérêts.

Il est vrai que si on compare les plus de 300 SMIC mensuels d'un patron du CAC 40 et les 20 SMIC du président, il y a encore de la marge. Les libéraux ont l'habitude de justifier les salaires des super-pédégés en citant un prix de marché et des comparaisons internationales ou en faisant un rapprochement avec les salaires des stars du sport ou du show business. C'est ce qu'on entend aussi pour Sarkozy, puisqu'on le compare à la chancelière allemande ou au président américain.

Allez dire cela à un smicard ou à un rmiste. Toutes ces explications passent au dessus de la tête des gens. Ils savent comme nous, que la rémunération d'un président n'est pas faite que d'un salaire. Si on veut être transparent, il faut tout mettre sur la table, tous les avantages, incluant les frais de bouche et de représentation qui ont coûté quelques millions d'euros aux français (souvenons nous des 4 000 francs journaliers de nourriture du couple Chirac). Ca fait dire à certains que le salaire du président est de l'argent de poche.

N'oublions pas que le salaire des patrons des grandes entreprises est souvent indécent car il n'est soumis à aucun vrai contrôle, procède de logiques purement mercantiles et n'a parfois rien à voir avec les résultats obtenus. La déconnexion avec la réalité est flagrante. Le patron de Merrill Lynch qui part avec 300 millions de dollars après avoir échoué est le dernier exemple en date. Pourquoi faudrait-il que la sphère publique imite ce monde de prédateurs et de seigneurs de la finance mondiale ? Quelle exemplarité y a t-il dans cette cupidité des maîtres du monde, des "big guys" et des "big pockets" ? Je n'en vois aucune. Les américains peuvent trouver cela fascinant et naturel cette loi de la jungle, pas moi. Fort heureusement, personne n'a proposé d'aligner le salaire de Sarkozy sur celui des grands patrons du privé.

Evidemment il est légitime d'obtenir un salaire correct et des garanties en contrepartie de l'engagement électif. Il est vrai qu'un élu doit pouvoir retourner à la vie civile dans des conditions dignes, au bout de quelques mandats ou en cas d'échec. Toute la difficulté de notre système public est de mesurer le juste prix des services rendus par les politiques et de contrôler les dépenses des élus. L'évaluation des rémunérations dans le privé est soumise à un comité indépendant. Personne ne contrôle vraiment les dépenses. Quel est ce comité au sein de l'Etat ? La Cour des Comptes pourrait sans doute être chargée de cette double mission.

En fait c'est le pouvoir le vrai carburant des hommes politiques. Certains sont prêts à se passer de tout enrichissement personnel à la hauteur de leur "prix de marché" à condition d'avoir le pouvoir. Le pouvoir au service de convictions. Pour nombre de citoyens, les élus devraient être honorés de pouvoir servir et n'avoir que des indemnités minimes. La question est taboue mais attire-t-on vraiment ainsi les vocations sans parler des talents ? Se dévouer pour presque rien comme pour un sacerdoce ? En bon pragmatique, je doute du résultat. Bien sûr les convictions doivent passer avant l'appât du gain. Il ne faudrait pas de toute façon confondre le travail d'élu et celui de fonctionnaire ou de chef d'entreprise. Mais alors ou est le point d'équilibre ?

Gagner de l'argent pour subsister à ses besoins et représenter dignement la nation c'est normal. S'enrichir dans une fonction élective, là non, ce n'est pas tolérable. Voilà le point d'équilibre. Sinon c'est contraire au sens de l'engagement public. Mais on est riche à partir de combien par mois me direz vous ? Question très délicate. Un grand patron du privé (ou un DSK !) qui viendrait occuper un poste de ministre y perdrait beaucoup au passage. Il est sûr cependant que 20 000 euros par mois vous classe parmi les riches si on interroge la population. Voilà pourquoi le signal envoyé aux français qui ont du mal à s'en sortir et à qui on demande des efforts est déplorable. Les français n'ont pas envoyé Sarkozy à l'Elysée pour qu'il s'enrichisse même s'il travaille comme quatre. Ce rapport décomplexé à l'argent dans la sphère publique est malvenu, inapproprié, malsain. Encore une fois faire cela, maintenant, dans ces conditions, c'est choquant et va réactiver le "tous pourris".

Sarkozy véhicule une idéologie à lui tout seul. Il incarne une forme de revanche culturelle de la droite attirée par le pouvoir et par l'argent, et tous les privilèges qui en découlent. Il veut tout, tout de suite, et ne s'en cache guère avec les meilleurs arguments (de droite) du monde.

Au premier abord, les ravages dans l'opinion devraient être spectaculaires. Mais les frasques et les valises de billets d'un Chirac n'avaient pas coûté à celui ci sa réélection. Alors erreur ou non de Sarkozy ? Non, cette affaire est volontaire, tant l'omni président se pense dans son bon droit. Et plus grave, je crois que l'équilibriste va de nouveau s'en sortir. Je suis certain que le camelot va venir nous vendre l'affaire de façon très convaincante prochainement à une heure de grande écoute. Il a déjà les phrases toutes faites dans sa bouche, avec sa tactique habituelle : prendre les français à témoin "Trouvez vous normal que le président de tous les français gagne moins que ...", "je suis l'exemple de ce que je veux pour les français" "Savez vous combien j'ai rapporté à l'Etat français dans l'affaire Alstom sans gagner un euro de plus ? Des milliards ... " "Tout est fait en toute transparence " "Les français jugeront aux résultats "... et le tour est joué. D'ailleurs l'affaire ne fait pas grande polémique, car elle a été présentée à la sauvette la veille d'un grand week-end. Encore une habileté de celui qui sait choisir son moment pour communiquer sur son divorce ou sur son augmentation de salaire. Dans une semaine tout le monde aura oublié, comme on a oublié l'augmentation de salaires des ministres en 1997. Voilà une affaire vendue !

On paie très cher les bons vendeurs. Je suis bien placé pour le savoir.


La représentation nationale ou européenne en question

L'actualité politique tourne autour de deux petits pavés, l'un sur l'Europe, l'autre sur nos institutions. Les deux documents font environ 150 pages chacun et leur lecture est assez difficile pour le français moyen dans les deux cas. Ceci dit ils ont un point commun : l'importance de la représentation nationale dans leur adoption, car le peuple n'est pas appelé à voter.

Pour ceux qui veulent les consulter on peut les trouver sur le net ici :

- le traité européen simplifié

- le rapport du comité Balladur sur les institutions de la Vème république

Chaque texte nécessiterait une analyse approfondie et séparée mais je me dis que s'il y avait une priorité à établir entre les deux documents, je l'accorderai au traité européen simplifié. Pourquoi ? Simplement parce que c'est celui qui a le plus de portée symbolique pour le futur, j'en suis persuadé.

Au delà du règlement intérieur de l'Europe qu'il organise, je vois dans ce traité les premiers pas d'une Europe plus efficace en raison de l'extension des votes à la majorité qualifiée, d'une Europe mieux incarnée par un président stable (deux ans et demi renouvelables) et un ministre des affaires étrangères européen, d'une Europe plus sociale par le caractère contraignant de la charte des droits fondamentaux (sauf au Royaume Uni). Les parlementaires ne devraient y voir que des progrès mais je ne suis pas sûr que les français soient tous aussi sensibles que moi à ces avancées.

En tout cas, ce sont les principales mesures que je retiens, même si les commentateurs se concentrent sur d'autres considérations.

Par exemple ce débat sur la nécessité de trancher par un nouveau référendum la ratification de ce traité. Il est évident qu'à nouveau les français ne répondraient pas à la question qui leur serait posée, mais se prononceraient en faveur ou non de la politique de Nicolas Sarkozy, sur l'illisibilité (réelle) de ce texte, sur l'absence (normale, ce n'est pas le sujet) de réponse à la mondialisation, etc. Bref on prendrait un risque énorme en posant à nouveau une question binaire aux français sur un sujet aussi complexe auquel il est tellement tentant de répondre à côté du sujet ou par un "je vous em...".

Néanmoins la question de l'Europe des peuples reste posée. Comment faire en sorte que les citoyens adhèrent de nouveau au projet européen si on ne les consulte pas. Si on ne les fait pas participer à l'aventure autrement qu'en passagers d'un train dont on ne leur dit ni la destination, ni le prix du voyage , pourquoi voudraient-ils aller plus loin ?

Ces reproches sont justifiés, mais il y a un gros défaut actuellement dans la construction européenne fondée sur l'unanimité : elle permet à une minorité de bloquer tout le processus. Que ce soit les français ou les hollandais ou pourquoi pas les 300 000 luxembourgeois, ce n'est pas normal qu'un seul pays ait le pouvoir d'empêcher la mise en oeuvre d'une nouvelle politique pour 200 millions d'européens.

La seule solution si on veut un vote des peuples serait un scrutin au suffrage universel dans toute l'Europe. A quoi bon sinon se tendre des pièges à soi même ? A quoi bon s'imposer des contraintes impossibles à satisfaire ? Veut-on à tout prix donner des arguments à ceux qui ne veulent pas de l'Europe ? Faute d'accord sur cette idée de scrutin généralisé, la solution de compromis passe par la ratification parlementaire, si imparfaite soit-elle.

Voilà en quoi les deux sujets se rejoignent car le comité Balladur affiche comme objectif principal de renforcer le parlement. Il ouvre à la participation populaire cependant les grands sujets d'intérêt général, réunissant 20% des députés et 10% des inscrits, en créant un droit d'initiative populaire. Toutes les autres questions seraient traitées par le parlement ou l'éxécutif. Personnellement, bien que je sois favorable à la démocratie participative, je persiste à préférer la démocratie représentative comme instrument d'expression de la volonté populaire et donc je souscris à nombre des mesures proposées.

Là où je critiquerai les travaux du comité Balladur, c'est sur l'absence de mesures qui permettraient à nos parlementaires de représenter correctement la population dans ses origines professionnelle, sociologique, ethnique etc ... Par exemple, pourquoi ne pas proposer des obligations de parité plus sévères pour les partis, un accès plus facile pour les salariés du privé, un statut de l'élu, une forme de discrimination positive pour les personnes issues de la diversité ?

Nos représentants devraient ressembler aux français. Ce n'est manifestement pas le cas. Tant que ce hiatus ne sera pas corrigé, les français et au delà les européens pourront à bon droit se dire que leurs gouvernants ne sont pas du même monde qu'eux et que leur décision de ratifier ou non un texte européen quel qu'il soit n'est pas totalement légitime.


Etre modéré en tout y compris en modération

Le titre de ce post est une devise que j'aurai pu mettre en tête de mon blog, que j'ai lu il y a fort longtemps dans un livre de Gilbert Cesbron qui citait un anonyme.
En un mot il s'agit de relativiser. Idée simple non ? Pas si évident.
Pour illustrer ce propos, j'ai noté cette info dans le Monde :

"Pour le prix de moins de 40 jours passés en Irak, nous pourrions donner une couverture santé à 10 millions d'enfants pour une année entière"
C'est ce qu'a déclaré Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, aux Etats-Unis, face à la demande du président Bush au Congrès d'accorder 42,3 mds de $ supplémentaires pour les opérations militaires en Irak et en Afghanistan en 2008. Cette somme s'ajoute à une rallonge de 147 mds pour l'année fiscale 2008, commencée le 1er octobre. Le prix de la guerre atteindrait ainsi plus de 757 mds de $ depuis 2001. "Le coût colossal de cette guerre croît chaque jour davantage, en vies perdues, en $ dépensés et en crédit que nous avons autour du monde (...). Nous devons mettre fin à cette guerre", a ajouté Mme Pelosi.

C'est en lisant cette déclaration que je me suis rappelé des paroles imprudentes de notre ministre des Affaires Etrangères entendues à la radio, il y a quelques semaines.
Bernard Kouchner devrait réfléchir à ce que vient de déclarer Nancy Pelosi avant de jouer les matamores de salon lorsqu'il a parlé de préparatifs de guerre à propos de l'Iran.
Il a bien sûr démenti ses propos guerriers après les avoir prononcé, ayant compris qu'il ne parlait pas à un petit cercle d'initiés mondains qu'on peut faire frissonner à peu de frais mais à toute la population française que la guerre en Irak ou ailleurs a toujours révulsé. Kouchner a oublié un instant l'horreur de la guerre. Nancy Pelosi lui rappelle aujourd'hui la balance des paiements des souffrances si je peux oser cette analogie.

Maisje me suis quand même posé la question : a t-on le droit de mettre en regard les souffrances d'une population défavorisée dans un pays riche comme les USA et les souffrances d'un peuple d'abord opprimé par un dictateur, puis dévasté par une guerre civile aux horreurs quotidiennes presque banales à force de répétition ? Qui doit on privilégier, selon quelle échelle des valeurs ?

Je pense que oui, on peut tout relativiser, tout mettre en perspective, prendre du recul à condition de savoir gérer les priorités et savoir quelle action il est possible de mener ou pas et au bon niveau. Sans pour autant être taxé d'égoïsme ou d'indifférence.

Je me rappelle d'une parole de Marek Halter il y a fort longtemps à qui on reprochait de ne pas s'indigner pour je ne sais plus quelle population touchée par la famine alors qu'il manifestait pour un autre drame au Soudan ou ailleurs. Il répondait au journaliste quelque chose comme : "voyez vous, nous avons tous notre contingent d'indignation et de révolte. On ne peut pas être sur tous les fronts à la fois. Ce que vous me dites à propos du Soudan [de mémoire] est horrible, mais ma capacité de mobilisation n'est pas sans limites. Il faut s'occuper sérieusement des problèmes un par un. Personne n'a la capacité à traiter tout à la fois".

Je n'ai pas oublié cette réponse de simple bon sens, qu'un Nicolas Sarkozy devrait méditer. A force de zapper entre toutes les catastrophes de la planète, qui nous sont balancées en temps réel sur nos écrans et dans nos journaux, l'individu lambda - moi - ne sait plus gérer les informations et les priorités et pour se protéger il risque de s'enfermer sur ses propres difficultés et schémas de pensée étriqués.

Entre le Darfour, RESF, le réchauffement climatique, les crises palestiniennes et iraniennes, la guerre en Irak, ... on ne sait plus quoi mettre en perspective, on se replie sur soi et on finit par baisser les bras. Chacun d'entre nous a t-il le poids de la misère du monde sur ses épaules ? Ce n'est pas supportable. Il faut arrêter de condamner et de culpabiliser tout un chacun à tout instant.

Car la conséquence est là : ce poids du monde, voilà ce qui nourrit et alimente l'individualisme ambiant. Le besoin de cocooning qui guette chacun d'entre nous. Ce n'est pas nouveau mais le mécanisme s'auto-entretient dans notre société.

En outre, la misère n'est pas qu'au bout du monde, dans les campagnes chinoises, les dunes sub-sahariennes, les déserts africains ou la plaine indienne. Quand on connait à côté de chez nous la détresse de nombre de nos concitoyens qui ont tellement de mal à joindre les deux bouts, à se loger, à se déplacer, à vivre tout simplement, on finit par avoir du mal à faire preuve d'empathie, à comprendre et "arbitrer" entre toutes ces priorités. Comment peut-on hiérarchiser l'action publique pour remédier à toutes ces souffrances  sans paraître inhumain ? La solution de Sarkozy : je m'occupe de tout, je peux tout, je suis partout. Que de déceptions potentielles à la clé !
C'est le lot des politiques paraît-il. Il faut se blinder dit-on si on veut résister et c'est bien ce que je crois pour ma part. Pour tous ceux qui s'interrogent sur l'absence de compassion apparente que cela révélerait de la part de ceux qui ont "le pouvoir", je leur demanderai simplement :  savez vous ou est le vrai pouvoir ? Qu'est ce que le pouvoir ? Et autre question sans doute délicate :  que faites vous à votre niveau, que proposez vous, que faites vous à titre bénévole ?

La réponse peut paraître simple : citoyens, prenez le pouvoir, prenez les choses en main ! Mais est ce que les citoyens s'emparent de leur avenir ? Pas facile quand on est au pied du mur de dire ce qu'il faut faire. Tellement plus facile de s'en remettre à - ou de dénoncer - ceux qui ont le pouvoir, les capacités, l'instruction, les moyens de faire changer les choses. Ces fameux "ils" qui abreuvent les conversations de comptoir. "Ils" vont encore augmenter les impôts. "Ils" s'enrichissent sur notre dos. "Ils" sont tous obsédés par le pouvoir, l'argent, la notabilité. "Ils" ne s'occupent pas de nous.

Je n'ai que cette réponse de Halter à opposer : traitons les problèmes un par un au bon niveau. Personne n'a le pouvoir sur toutes les choses. Faire à sa mesure. Par petites touches, progressivement et d'abord dans son environnement immédiat, là où on touche du doigt les vraies questions. C'est celà être modéré en tout. Modéré et modeste.

Mais ne jamais renoncer à l'utopie, voilà ce qui est contenu dans la fin de la formule : "y compris en modération". Ne pas renoncer à notre part de rêve, voilà notre surmoi "gauchiste" qui reste en chacun de nous hommes et femmes de gauche, y compris chez les plus intégrés dans le monde d'aujourd'hui.
Cette volonté utopique de changer le monde, c'est ce qui nous différencie de la droite gestionnaire de la société.  Les vrais agents de transformation de la réalité sociale ce sont les socialistes et plus spécifiquement les sociaux-démocrates. Une tranformation à petites touches. De type impressionniste. A l'image du portrait de Jaurès qui figure en haut de ce blog. Tel est mon credo.

Victoire de l'opposition en Pologne

C'est un parti de centre droit qui l'emporte en Pologne mais c'est une bonne nouvelle car c'est face aux europhobes frères Kaczynski. Je me réjouis de voir que les populistes finissent par payer le prix de leur démagogie et surtout de leur inefficacité au pouvoir. Cette clique de politiciens mal embouchés et réactionnaires s'était querellée avec toute l'Europe. Il était temps qu'ils passent la main démocratiquement.

VARSOVIE (Reuters) - Le Premier ministre conservateur polonais, Jaroslaw Kaczynski, a reconnu la défaite de son camp aux législatives anticipées de dimanche, remportées par la Plate-forme civique (PO), parti d'opposition de centre droit.

La droite libérale de la Plate-forme civique (PO), qui a remporté les législatives anticipées de dimanche en Pologne, compte nommer Premier ministre son président Donald Tusk, déclare un responsable du parti.

Zbigniew Chlebowski a également dit que la Pologne pourrait adopter l'euro en 2012-2013 au plus tôt. "2012-2013 représente la date la plus proche possible. Ce n'est peut-être pas la question la plus importante, mais c'est l'une de nos priorités", a-t-il dit à Reuters.

Chlebowski a déclaré par ailleurs que le budget 2008 du pays devrait être révisé et qu'un "expert indépendant" devrait diriger le ministère des Finances.


1 minute pour la terre

J'ai reçu un mail ce matin qui m'invite à relayer une action citoyenne en direction du Grenelle de l'environnement.

Je vous fais suivre un lien permettant d’informer WWF et ECOFORUM du problème écologique majeur de votre département. Cela ne prend qu’une minute pour répondre !
« 1 minute pour répondre, c’est 1 minute pour notre Terre. »
Leur objectif est de réaliser un "inventaire citoyen" des urgences environnementales de chaque département en France.

Agora-grenelle.fr  est un site d’information, d’échange et de suivi mis en place par 6 associations sur le Grenelle de l’environnement, afin de promouvoir la participation citoyenne pour l’élaboration de mesures politiques de développement durable dans le cadre des négociations, et au-delà.

Pour la première fois se tiennent en France des négociations sur l’environnement, qui réunissent l’Etat, les collectivités locales, les ONG environnementales, les employeurs et les organisations syndicales.

Les travaux ont débuté en juillet, pour des négociations qui se tiendront au mois d’octobre 2007. L’objectif affiché par l’Etat est de définir une feuille de route en faveur de l’écologie, du développement et de l’aménagement durables, à travers l’adoption d’une vingtaine de mesures.

Dans ce contexte, 6 associations décident de la création d’un site Internet ouvert, afin que chacun ait accès aux éléments du débat du Grenelle de l’environnement : l’Association 4D (Dossiers et Débats pour le Développement Durable), l’ODP (Observatoire de la Décision Publique ), l’ADELS (Association pour la Démocratie et l’Education Locale et Sociale), ADOME (Association de Développement des Outils Multimédias pour l’Environnement), ACIDD (Association Communication et Information pour le Développement Durable) et Villes Internet .

S’appuyant sur le principe de transparence affirmé lors du lancement du processus du Grenelle, ce site se donne pour objectif de :

  • favoriser le débat démocratique et la contribution des citoyens ;
  • favoriser les échanges d’arguments entre l’ensemble des parties prenantes du Grenelle ;
  • mettre en ligne et analyser les propositions qui seront faites puis retenues (d’un point de vue environnemental mais aussi économique et social) ;
  • capitaliser les options qui seront mises de côté, en vue de la poursuite du débat.

Ce site permettra surtout à chaque acteur, chaque citoyen de contribuer et réagir sur les propositions, de mettre en ligne des avis, des documents, etc. C’est grâce à ces contributions que le site trouvera toute son utilité et sa richesse.

Pour plus d'informations

Adresse du site : www.agora-grenelle.fr


Honnête, vous avez dit honnête ?

ArgentA force d'utiliser des sigles barbares UIMM, DGS, EADS, AMF, CDC ... on finit par rendre compliquées des affaires à dessein. Surtout on dégoute les français d'essayer d'y voir plus clair comme dans l'affaire Clearstream si mal nommée, tant rien n'est "clear" là dedans.

Qu'est ce que le français moyen comprend à ces affaires où l'argent va de main en main ? Pas grand chose surtout lorsque chacune des personnes mises en cause multiplie les déclarations contradictoires et repousse la responsabilité vers quelqu'un d'autre comme une patate chaude.

Pour EADS, ces derniers jours ce fut le cas de Thierry Breton, Christine Lagarde, Arnaud Lagardère, Dominique de Villepin, le patron de la Caisse des Dépots (Augustin de Romanet) déclarant chacun la main sur le coeur (et le portefeuille) qu'ils ne sont coupables de rien.

Pour l'UIMM, c'est Yvon Jacob, Denis Gautier Sauvagnac lui même, et tous les chefs syndicalistes la main sur le coeur (et le portefeuille) qui jurent que personne n'y est pour rien, en tout cas pas eux.

Pas vu, pas pris, telle semble la devise de ces beaux messieurs et de ces belles dames. A croire qu'il n'y a rien de mal. Tout ce qu'on entend n'est qu'une légende venant d'esprits mal intentionnMafiaés.

Ces affaires hérissent le poil du citoyen lambda dont moi, au plus haut point. Cette délinquance en col blanc a ceci de répugnant qu'elle s'accompagne de réflexes de protection dignes de la mafia : omerta, boucs émissaires, proclamations de bonne foi indignées, appel à la (légitime) présomption d'innocence, juridisme pointilleux derrière des textes de loi obsolètes (comme la loi de 1884 sur les syndicats patronaux).

Il y a pourtant des gens qui ont perdu de l'argent, beaucoup d'argent et d'autres qui ont en bénéficié de manière indues. Il n'y a pas mort d'homme, mais les principes moraux de base dans une société développée en prennent un sérieux coup.

Pour EADS, c'est vous et moi au travers de l'argent de l'Etat et de son bras financier la CDC, qui avons perdu 200 millions d'euros. Une paille vous me direz quand on connait nos déficits, mais aucune raison de tolérer qu'on s'asseoit dessus, pendant que quelques actionnaires privés se gobergent.

Pour l'UIMM, ces 20 millions d'euros appartenaient aux patrons ou plutôt aux entreprises qui financaient le syndicat patronal. Ils avaient le droit de faire ce qu'ils voulaient de leur argent ? Eh bien non, le financement des partis politiques en petites coupures ou l'achat des permanents des syndicats de salariés n'est pas dans l'objet social d'un syndicat professionnel. C'est même purement et simplement interdit. Syndicaliste CGT, je serais scandalisé si on m'apprenait que les juristes ou les administratifs de la porte de Montreuil voyaient leurs fiches de paie agrémentées de subsides patronaux. Il est vrai que c'est plutôt FO qui est en ligne de mire, mais c'est la même chose.

Zeusencolere Sur le blog de JM Aphatie, le journaliste s'étrangle en apprenant de la bouche de l'ancien patron des RG Yves Bertrand que tout ceci est un secret de polichinelle. Les patrons ont toujours financé les partis, même après les lois sur le financement public ... On reste sans voix. Est ce que tout le monde trouve celà normal ? La droite qui a un rapport décomplexé avec l'argent ne doit y voir qu'une logique "business" des rapports dans notre société. Mais à gauche, où la morale n'a pas toujours été respectée (cf les années 1990 avec à la clé une claque mémorable en 1993), on ne peut donc rien dire de plus fort, de plus audible, de plus outragé ? Ou sont nos ténors ? Ouhouh il y a quelqu'un à Solférino ? On a peur d'ouvrir un peu trop la boite de Pandore ?

Alors moi modeste militant de base, simple citoyen qui paye ses impôts jusqu'au dernier centime d'euro, qui fait de la politique pour pas un rond, ou plutôt à qui ca coûte de s'investir ... j'ai envie de hurler à nos "élites" : OU VA  L'ARGENT ? A QUI PROFITE LE CRIME ?

Nom de Zeus ! Il n'y a donc personne d'honnête et responsable dans ce panier de crabes capable de comprendre tout le mal que quelques individus véreux font courir à tout notre système démocratique ?!


La boite de Pandore

Depuis l'affaire Clearstream on a le sentiment tous les jours que la boite de Pandore s'est ouverte. Une impression diffuse qu'une certaine droite affairiste et conservatrice a voulu reprendre la main. Mais elle s'est heurtée à une autre droite incarnée par l'actuel président en charge de défendre d'autres clans aussi peu portés sur l'intérêt général que les premiers.

Le style fait l'homme dit-on. Le goût du pouvoir et de l'argent chez Nicolas Sarkozy est une chose établie. Depuis les débuts "luxueux" du quinquennat au Fouquet's, on en a eu la preuve à maintes reprises. Notre république monarchique est en train de prendre des couleurs de plus en plus glauques, d'exhaler des odeurs nauséabondes. Sans l'avoir voulu, nous entrons dans un étrange marais. Mais ce n'est pas la république qui est en cause, ce sont les hommes.

"L'argent corrompt tout. Il pourrit tout. Il n'y a plus de morale. Tous pourris. Ils se servent en premier. C'est chacun pour soi. On se moque de nous".

Voilà ce qu'on entend de plus en plus dans les conversations au bureau, au café ou dans la rue.

L'histoire bégaie. Les "affaires" reprennent. La droite est de nouveau au pouvoir pour cinq ans, et les dossiers sortent presque en rafale. Ce que je crois : les droites - qu'on croyait réunies par Sarkozy - s'affrontent, car elles se croient tout permis devant la faiblesse de la gauche. Ce qu'on vit localement là où la droite est sociologiquement majoritaire, on l'observe au niveau national. L'ouverture n'est qu'un avatar de cette lutte entre les droites. Faute d'avoir des alliés sûrs dans son propre camp, Sarkozy s'en est inventé de nouveaux à gauche.

Pourtant entre les délits d'initiés caractérisés, les mensonges manifestes des anciens ministres  (Villepin, Breton), ou leurs cumuls honteux (Copé) l'arrogance hallucinante des nouveaux ministres (Lagarde, Bertrand, ...), la consanguinité décomplexée avec certains grands patrons (Bouygues, Lagardère) les français commencent à ouvrir les yeux.

Comment pourrait-on s'étonner que le moral des français soit de nouveau en berne après une courte euphorie post électorale ? Le nouveau style de Sarkozy avait pourtant séduit les français, lassés jusqu'à la corde des années Chirac, son phrasé ampoulé, pompeux, ennuyeux, ses mensonges et ses valises de billets. Supermenteur avait été réélu ce qui en dit long sur la tolérance des français par rapport à la morale. Mais il y avait une condition à cette tolérance des français : le sentiment que l'élu ne ferait pas trop de dégâts pour leur propre vie.

On le sent : la nouveauté et la liberté de ton de l'ère Sarkozy plaisent encore mais elles commencent à agacer certains français, même parmi ses amis. Le feuilleton présidentiel surprend désagréablement par le sentiment de délitement, d'effritement, d'anxiété qui se dégage. Cela se manifeste au niveau du vocabulaire des acteurs publics qui se lâchent, (à commencer par le fameux "racaille", suivi de "salope", plus récemment "petit con","dégueulasse"), et maintenant la nième rumeur sur la fragilité et les zones d'ombre du couple présidentiel.

Il y a l'image : le capitaine tient la barre d'une main ferme, il fait à lui tout seul avancer le char de l'Etat. Pourtant personne n'a demandé au président de prendre ces responsabilités gigantesques à lui seul, de décider de tout mais il ne sait travailler que comme cela. Son orgueil le lui commande. Qu'en est-il de son état psychologique, de son équilibre personnel, de sa capacité à surmonter les épreuves ? Nul ne sait. L'homme est dur au mal, pense t-on, mais il est humain. Va t-il tenir ? Va t-il aller au bout des réformes ? On finit par ne plus savoir si le scénario a été écrit pour susciter la sympathie devant l'image d'un homme chaleureux confronté à tant de difficultés, ou si, ne maitrisant rien, l'homme lui même est surpris par son propre destin. Calcul ou chance, Sarkozy est au centre du jeu. Il est le jeu.

Il faut reprendre le contrôle des affaires de l'Etat minées par un ego démesuré. Les français n'ont pas voulu d'un roi omnipotent, omniprésent. Ils disent vouloir le changement mais ils se méfient du changement qui les concerne. Comprend-il cela Nicolas ? Qu'il se calme avant d'exploser en plein vol sous les coups de boutoir de ses propres amis ... Sincèrement beaucoup estiment qu'il ne va pas tenir cinq ans comme cela. A gauche manifestement, nous ne sommes pas prêts à reprendre le flambeau. L'autre droite, dans l'ombre, en joue et attend sa revanche.

"Il n'y a de richesses que d'hommes", disait Adam Smith, le premier économiste libéral. Il serait temps qu'on revienne à une conception plus démocratique et moins monarchique du pouvoir, où le parlement pourrait suppléer à l'exécutif en cas de défaillance de son chef. Devant cette nouvelle organisation présidentelle, le premier ministre pourrait-il prendre la main ? Peut-être à condition que le président soit suffisamment lucide pour lui laisser les rênes et que le nouvel homme fort ne soit pas un simple clone. Je n'ai jamais cru aux bienfaits d'un régime présidentiel qui ferait disparaître le premier ministre. La commission Balladur a t-elle pris en compte cette question ?

Aujourd'hui qui succèderait à Sarkozy en cas de défaillance ? Le président du Sénat : l'inénarrable Christian Poncelet. On en tremble d'avance. Un vieillard au bord de la sénilité pour remplacer un déprimé hyperactif. Politique fiction certes, mais la question est bien celle là : comment va réagir le capitaine devant toutes les tempêtes ? Je suis de moins en moins rassuré par un homme aussi mal entouré et par des institutions aussi peu prévoyantes. Et vous ?


Le réseau Voltaire porte bien mal son nom

Voltaire doit se retourner dans sa tombe de voir son nom associé à un réseau apôtre de la théorie du complot.

Je voudrais dire quelques mots sur un brulot que l'on peut lire sous la plume de Thierry Meyssan intitulé : "DSK l'homme de "Condi" au FMI".

Un texte qui a l'air d'un article d'investigation, qui multiplie les références souvent à ses propres sources (!), mais qui manipule en mélangeant allègrement le vrai et le faux. Au final un enchaînement d'affirmations gratuites et de dénonciations calomnieuses, sous couvert de propos censés lutter contre l'intoxication des médias.

Il serait vraiment trop long d'énumérer la liste des contre-vérités qui émaillent cet article. Il suffit d'y voir relayée l'accusation contre le FMI "d’avoir provoqué, par l’oppression et la famine, des centaines de millions de morts en un demi-siècle". Mazette, le FMI plus grand massacreur de l'humanité devant Hitler, Mao et Staline ? Quelle révélation en effet. DSK futur directeur d'une bande d'assassins planétaires, rien que ça ?

Concernant DSK lui même, le portrait alterne habilement le vrai et le faux de façon à ce qu'on ne puisse déméler l'un de l'autre. Du côté des faux manifestes, on apprend ainsi avec stupéfaction la participation active de DSK à la création du CRAN, les liens supposés avec Condoleeza Rice, les manipulations de la CIA en Ukraine en faveur de la révolution Orange, ... Tout y passe.

Je ne vais pas m'étendre davantage sur ce tissu d'inepties, mais je voudrais citer Voltaire à monsieur Meyssan : "Il faut toujours que ce qui est grand soit attaqué par les petits esprits.

Voltaire parlait de Louis XIV. DSK n'est pas le roi soleil, mais Thierry Meyssan est incontestablement un "petit esprit". Lui faire de la publicité en relayant ses propos outranciers c'est encore lui faire encore trop d'honneur. Mais pour moi la chose est établie : si vous entendez parler désormais du réseau Voltaire, ne croyez pas à un cercle d'intellectuels adepte de la philosophie des Lumières, mais bien à une assemblée de mythomanes en quête de publicité lucrative pour leurs bouquins à sensations.


Taser pour les polices municipales

En lisant le Nouvel Obs aujourd'hui, je tombe sur cette information : la ministre de l'Intérieur va autoriser les Taser pour les polices municipales.

Comme il semble que le contexte social s'assombrisse de plus en plus, que les frasques de certains patrons soient de plus en plus hallucinantes (EADS, UIMM), que la précarité ne recule pas et que les violences urbaines s'attisent, l'approche du mois de novembre semble donner des idées sécuritaires à notre gouvernement. Le souvenir des émeutes de 2005 est encore vif dans les mémoires. Mais il faut se garder des jugements manichéens.

N'étant pas pour ma part partisan de l'angélisme gauchiste en terme de sécurité, je suis néanmoins réservé sur l'emploi aléatoire de ces armes douloureuses quand il s'agit de missions de police municipale, y compris évidemment sur l'emploi d'armes mortelles dites létales. Ces dernières sont des armes de dissuasion massive qui ne dissuadent en rien les malfaiteurs car ils savent qu'elles ne seront pas utilisées contre eux lorsqu'il s'agit de simples délits (et non de crimes). D'où l'idée de fournir des armes "utilisables", un permis de se défendre mais aussi de neutraliser en quelque sorte en dernière extrêmité.

Il faut que l'Etat fasse un choix : soit il donne à ses policiers des moyens d'être présents et efficaces sur les lieux des infractions et des délits qui pourrissent la vie de nos concitoyens, soit il confie aux polices municipales le soin de remplacer les polices de proximité que la gauche avait instaurées.

En définissant clairement un périmètre et des missions précises à cette police, on doit pouvoir en contenir les dérives. Entre ne rien faire, et laisser faire, il y a place pour une solution intermédiaire qui porte un nom : la mise en place d'une police de quartier. Elle intégrerait des agents officiels assermentés en charge essentiellement du renseignement. La répression devrait se limiter à l'administration d'amendes et à l'exercice d'une activité de service d'ordre qui n'a en rien à se substituer au bras armé de l'Etat.

En l'absence de l'Etat, je suis pour ma part, favorable à la fourniture de taser aux policiers municipaux en encadrant strictement les conditions d'usage mais en contrepartie en leur interdisant les armes à feu.

Et vous, qu'en pensez vous ?


Non aux Sarkozystes de gauche

Confusion_of_tongues_2Autant j'avais salué l'expression des Gracques dans leur manifeste, autant je réprouve l'annonce de la création d'un parti intitulé "Gauche moderne" par Jean-Marie Bockel, ancien membre du parti socialiste et maire de Mulhouse, secrétaire d'Etat à la Coopération de surcroît.

Tour de Babel ?

J'en ai assez des manœuvres grossières de Nicolas Sarkozy pour détruire le parti socialiste.

Jean-Marie Bockel l’ancien leader du minuscule courant social-libéral au PS veut créer un nouveau parti dont le but est évidemment de disloquer le PS en tentant de capter l’aile progressiste et réformiste sous couvert d’ouverture.

Après le Nouveau Centre, avatar de l’UDF, censé représenter le centre droit, il y aurait une nouvelle petite étoile dans la galaxie sarkozyste incarnée par le maire de Mulhouse. Naturellement, les socialistes doivent dénoncer avec la plus grande énergie, ces opérations qui entraînent la confusion la plus totale. Qui peut croire qu’on peut réunir dans un même mouvement des souverainistes de droite, des libéraux convaincus, des gaullistes sociaux, des démocrates chrétiens et enfin des sociaux-libéraux.

Sarkozy veut créer une grande coalition à la française, mais au sein d’un seul mouvement entièrement dévoué à sa gloire et à ses ordres. La manipulation crève les yeux. Pourtant certains semblent trouver bien des attraits au pouvoir si on en croit les gazettes. Il faut résister à cette politique pyramidale tant le danger d’anéantissement de toute opposition modérée en France est à la clé. Ce serait extrêmement dangereux pour la démocratie car quel autre recours pour les plus faibles si ce n'est les extrêmes.

La respiration démocratique du pays est en jeu. A qui Sarkozy veut-il faire croire qu'on peut être à la fois de gauche et de droite ? Ca n'existe nulle part ailleurs dans le monde. Il n'y a nulle exception française en la matière.

Je prédis un échec cuisant dans les urnes de cette politique de confusion dans les mois à venir. En mars 2008 par exemple, au hasard.  Oui mars 2008, ce serait parfait.