J'apprends avec un plaisir non dissimulé que les députés qui ont lâché François Bayrou entre les deux tours de la présidentielle pour créer ensuite le Nouveau Centre (et se faire réélire avec des voix UMP), n'auront pas droit au financement public des partis politiques.
Cet article de Challenges s'en fait l'écho.
A la fin de cet article, François Sauvadet leur président de groupe, s'interroge : "comment un parti qui a un groupe à l'Assemblée pourrait-il ne pas avoir de financement public?"
Je vais répondre à Monsieur Sauvadet : "parce qu'un groupe d'amateurs et de félons n'a pas le droit d'usurper l'argent de la république".
Ces députés sont des amateurs car ils ont essayé de présenter des chauffeurs, des domestiques, des parents, des inconnus pour réunir le nombre requis de candidats. Les électeurs ne les ont pas suivi et ce n'est que justice. Pire, ces amateurs qui mangent à tous les rateliers se sont présentés sous des étiquettes disparates pour rassembler des voix qui ne leur étaient pas destinées. Le député Maurice Leroy, ancien militant communiste (!), disait à l'époque que c'était normal de jouer à ce jeu là. Des amateurs cyniques.
Le terme de félon n'a pas besoin d'être expliqué longuement. Je n'ai aucun respect pour des élus que je tenais pourtant pour des gens courageux. La façon dont ils ont flingué François Bayrou puis le zèle immodéré qu'ils ont manifesté pour assassiner Ségolène Royal en preuve de "loyauté" à Sarkozy me font les regarder avec un profond mépris. Ces gens font un tort invraisemblable aux vrais centristes dont on ne pourra pas regarder la main tendue sans méfiance.
Que la république ne leur paye pas plus que les trente deniers de leurs mandats me convient parfaitement. Qu'ils payent donc de leurs propres deniers, les affiches, les meetings et les permanents qu'un parti digne de ce nom se doit d'avoir.
Je trouve qu'il y a une sorte de justice immanente à cette affaire.
J'attends de voir si Sarkozy va demander à Alliot-Marie de revoir la loi sur le financement public des partis pour sauver la mise aux vingt judas. La danse du Nouveau Centre va se transformer en Nouvelle danse du Ventre. Quand on n'a pas de honte, on peut sans choquer mendier a nouveau les faveurs du prince, n'est ce pas Monsieur Sauvadet ?
