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septembre 2007

DSK nommé directeur du FMI

Dskfmi2 La nouvelle qu'on attendait !

Le candidat français de l'Union européenne, le socialiste Dominique Strauss-Kahn, a été nommé, vendredi 28 septembre, directeur général du Fonds monétaire international. (AFP)

Je suis particulièrement heureux pour Dominique que son talent puisse s'exprimer à ce très haut niveau de responsabilités.Socdem_4

Une époque se termine au Parti Socialiste. Une nouvelle phase commence. Bravo et bon vent DSK.

Les sociaux-démocrates sont fiers de toi. Et tes proches aussi.
Vidéo de l'annonce du résultat.

Place à une nouvelle génération sociale-démocrate en France ...


Premier des Socialistes d'Achères

C'est une grande satisfaction je l'avoue. Je viens d'être désigné Premier des Socialistes d'Achères par mes camarades ce soir.

Dans ce contexte c'est d'abord Daniel Safon mon concurrent et néanmoins ami que je veux saluer et féliciter pour sa campagne. Il a fait preuve de beaucoup de fair-play ce soir. Je sais que c'est un moment difficile à passer. Mais tout ce qu'il a fait est utile pour la suite, et il a toute sa place dans l'équipe.

Confirmant ce que j'avais indiqué, je lui ai dit qu'on aurait besoin de lui dans la campagne municipale, car son aide sera précieuse pour l'emporter. Voilà pourquoi je lui demande de prendre un peu de temps et ne rien décider hâtivement. La campagne a été digne, loyale, courtoise. On peut vraiment s'en féliciter car nous avons évité les blessures et les divisions inutiles.

Pour finir, je remercie chaleureusement mes camarades qui m'ont témoigné leur confiance. Je ferai en sorte de ne pas les décevoir. C'est l'engagement que je prends ce soir : je serai leur fidèle porte-parole. Nous partons en campagne pour gagner en mars 2008. Dès ce soir je leur demande de se rassembler pour le combat qui s'annonce contre la droite.


Du sens du mot rigueur

Une petite recherche sur Google sur "plan de rigueur" dans l'actualité et voilà le résultat : près de 200 articles évoquent la possibilité, la probabilité, l'éventualité ... d'un plan de rigueur. (1)

Il est vrai que la succession des mots "guerre, faillite, menace nucléaire, crise boursière, croissance anémique, déficits publics abyssaux, trou de la sécu ..." commence à faire froid dans le dos. Tout est catastrophique sauf le trou de la sécu qu'on supporte parce qu'on y est peu ou prou habitué depuis des lustres.

Y aura-t-il un plan de rigueur ? Je n'en sais rien. Mais on fait tout pour nous y préparer. La seule question est de savoir si ce sera un vrai grand plan de rigueur avec gel des salaires, baisse des budgets publics, contrôle des dépenses, fiscalité aggravée, etc ... ou un plan d'accompagnement du ralentissement économique. Je ne crois pas que Sarkozy ait le courage ou la lucidité d'un vrai plan de rigueur, car ce serait reconnaître que son paquet fiscal de 15 milliards était une aberration.

J'en suis venu à me demander depuis quand un plan de rigueur n'a plus été appliqué en France. Et j'ai trouvé ! Si on excepte les mesures du plan Juppé de 1995, que celui ci a fini par retirer partiellement, le dernier plan d'austérité en bonne et dûe forme date de 1983 ... et ce sont les socialistes qui l'ont mis en oeuvre. Le tournant de la rigueur ... la parenthèse jamais refermée. Ce fut le passage à l'ère social-démocrate jamais assumée au parti socialiste, mais qu'un Emmanuelli par exemple a cité comme étant le jour où le PS a définitivement reconnu l'économie de marché.

Alors faut-il penser que notre aggiornamento est déjà réalisé ? Que tous nos travaux de refondation sont d'ores et déjà achevés ? Que nous parlons nous les socialistes, le "capitalisme" comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir ? Je crois que c'est un leurre.

Il est significatif que ceux qui nient le besoin de rénovation du PS sont ceux mêmes qui ont contesté l'opportunité d'un plan de rigueur en 1983. Les Mauroy, Emmanuelli, Chevènement, même Fabius et toute la Mitterrandie ne se sont rendus que tardivement aux réalités de la crise économique.

Il s'en est fallu de peu que ce tournant ne se soit pas produit si on en croit Jacques Attali. Mitterrand a changé d'avis au tout dernier moment à la suite de la réunion de la dernière chance avec le gouverneur de la Banque de France, à qui il demandait : "Monsieur le Gouverneur, combien de temps le franc va t-il tenir quand nous aurons annoncé que nous sortons du serpent monétaire européen ?" "Oh quelques heures, monsieur le Président". Mitterrand que personne n'a jamais vraiment pu déstabiliser, en est resté sans voix. Il était ignare en économie, mais il n'ignorait pas les conséquences financières pour le pays de la sortie massive des capitaux.

Et c'est comme celà que la France socialiste a connu son Bad Godesberg économique... sans jamais le reconnaître. Mais sur le plan social, qui est l'essence même de notre parti, a t-on remis en cause nos dogmes étatistes ? Non. La mise en oeuvre autoritaire des 35 heures en est l'exemple le plus criant. Ne laissons donc pas croire que la rénovation n'est qu'une aimable plaisanterie de salon pour sociaux-démocrates ou sociaux-libéraux échevelés.

Les mots ont un sens. N'employons pas les mots au hasard, pour choquer, pour exister ou pour le plaisir de faire un "bon mot". Certains n'y résistent pas, comme Kouchner ou Fillon, et c'est dommage.

A ce sujet, et pour finir sur une note plaisante, j'ai découvert sur le blog de JM Aphatie, trois blagues de Laurent Fabius (!) que je ne connaissais pas sous ce jour :

Petit déjeuner. Trois blagues de Laurent Fabius, très détendu et catastrophé par l'état du débat au PS. Des colloques pour la rénovation, pfff… a-t-il pouffé.

Première blague, c'est Laurent Fabius qui parle. Hier, Nicolas Sarkozy m'a fait penser à ce cow boy qui s'arrête à la porte du saloon et qui dit d'une grosse voix: il y a quelqu'un qui veut la bagarre ici? Non? Bon, alors je rentre.

Deuxième blague, toujours Fabius qui parle. J'ai lu dans un journal un échange imaginaire qui décrit parfaitement la méthode de François Hollande. Un socialiste dit: il est six heures du matin. Un autre dit: il est six heures du soir. Et François Hollande conclut: nous sommes tous d'accord, il est six heures.

Troisième blague. On nous dit toujours que nous devrions faire notre Bad Godesberg (allusion à un congrès du SPD allemand, en 1959, où il abandonne son vieux programme marxiste et accepte l'économie de marché). Ce serait mieux de faire un Good Godesberg.

Pourquoi n'a-t-il pas fait ces blagues au micro? A mon avis, il aurait dû.

Amusant non ?

(1) A lire : les articles d'actualité de Google sur "le plan de rigueur" ...

Lire la suite "Du sens du mot rigueur " »


Jospin : les mots pour le dire

Il est toujours bon d'entendre tous les sons de cloche avant d'émettre un avis.

J'avais comme (presque) tout le monde réagi assez négativement à la publication des extraits du dernier livre de Lionel Jospin (que je n'ai pas lu, grave erreur) : "L'impasse". Au premier abord, les attaques contre Ségolène Royal me paraissaient assez mal venues de la part de quelqu'un qui symbolise l'échec électoral le plus tragique de la gauche depuis le score de Defferre en 1965.

En fait c'est Libération qui avait donné le ton en publiant lundi dernier des propos de Jospin exclusivement à charge contre Ségolène Royal. Toute la gauche parlementaire s'en était émue.

La torpille de Lionel Jospin semble avoir atteint son but. Les supporters de Ségolène Royal ont paru étrangement désorganisés face à une attaque dont la virulence aurait normalement dû créer un front de soutien massif autour de l'ex-candidate. Il s'est bien produit mais finalement avec une forme de retenue et beaucoup de soupirs de résignation face à un vieil oncle grincheux qu'on n'écoute qu'à moitié. En fait c'est la faiblesse et l'incongruité de la défense qui m'ont étonné plus que la virulence de l'attaque. Les accusations de sexisme et de racisme, appuyées par des références à Jeanne d'Arc et à la Bible m'ont rappelé de mauvaises répliques entendues lors des primaires de 2006. On aurait pu espérer quelque chose de plus distant ou de plus digne. Un renvoi de Jospin à ses propres responsabilités dans nos échecs ou alors un silence méprisant comme réponse. Elle n'a pas trouvé les mots justes.

Hier sur France 2, et encore ce soir, Jospin au grand jury RTL a défendu son livre d'une façon qui m'a semblé rétablir davantage de mesure. Il a demandé qu'on ne lise pas que les parties les plus polémiques de son ouvrage mais aussi celles où il trouve des qualités à Royal et surtout où il pose des questions politiques de fond sur "le leadership du PS, de ses alliances et de son identité, c'est à dire ses propositions et ses idées". Des questions que moi même je mets sur la table à mon modeste niveau local de militant.

Je suis persuadé qu'on ne peut faire l'économie de ce débat, aussi dur et pénible soit-il. Et j'estime que tout doit s'exprimer tant qu'on reste sur le plan des idées. Sur ce point je ne suis pas sûr que Jospin ait respecté la ligne jaune. Lui non plus n'a pas eu les mots justes.

La politique est avant tout une affaire de mots, de débats, de bruits et de fureur comme disait Jaurès. Un Nicolas Sarkozy a ce talent avec les mots qui font que 76% des français l'ont trouvé convaincant l'autre soir. Quel socialiste d'envergure nationale a ce talent ? Je n'en vois guère. Voilà une des (multiples) raisons de nos défaites : le défaut dans la communication. Sur ce point, on ne peut affirmer que Ségolène Royal avait la maitrise absolue de sa parole, pas plus d'ailleurs que Jospin et ses allusions à l'âge de Chirac. Le dernier magicien de la parole socialiste reste bien Mitterrand.

Pourtant Jospin ce soir a donné une raison d'espérer : il s'est demandé si le volontarisme verbal de Sarkozy ("j'irai chercher la croissance") ne se fracassera pas à un moment donné sur les réalités de la crise. Le verbe haut du capitaine par temps calme va t-il résister aux prochaines tempêtes ? Bonne question,  même si à ce jour, l'ancien avocat d'affaires a toujours réussi à faire porter les échecs sur d'autres que lui, et à s'attribuer toutes les réussites. Les français peuvent finir par se lasser d'un discours dont la mécanique est désormais rôdée : indignation, prise à témoin de l'opinion, désignation des coupables. Les français qui se disent aujourd'hui devant leur télé : "il a raison", ne se feront plus emberlificoter par ces démonstrations populistes en l'absence de résultats.

A une condition : qu'ils aient l'impression qu'en face, quelqu'un parle juste. Une question de justesse et non de justice comme l'a souligné avec beaucoup d'à propos ... Lionel Jospin.


Un débat serein

Comme le rapporte Daniel Safon sur son blog, nous avons tranquillement confronté hier soir nos points de vue concernant le futur premier des socialistes d'Achères devant les militants de notre section .

Le débat a été courtois, sans éclats de voix, sans échange de noms d'oiseau (!). Il n'y avait pas franchement de raison d'ailleurs. Ce n'est pas parce qu'on n'est pas d'accord sur tout qu'on doit s'envoyer la vaisselle à la figure. Ce n'est pas parce que ce sera lui ou moi, que la réunion devait se transformer en pugilat. D'ailleurs ce ne sera pas lui ou moi. On se retrouvera après comme d'habitude, en ayant gardé nos convictions, mais avec la répartition des rôles que les militants auront décidé.

Daniel comme moi le savons, l'adversaire principal est ailleurs et il porte un nom : l'UMP. Nous ne sommes pas entièrement d'accord sur la position à tenir vis à vis de la Place du Colonel Fabien, mais ça c'est une autre histoire.

Au delà des qualités de chacun des candidats, on verra bien quel signal la section d'Achères va vouloir adresser aux forces politiques locales le mercredi 26 septembre, jour du vote. A suivre.


Un mail des Gracques

Quelle n'a pas été ma surprise de recevoir ce jour un mail signé "les Gracques".

Je vous le recopie :

L'article de votre blog sur notre manifeste est fort interessant et votre analyse sur le contenu et les absences du texte très juste. Notre ambition est avant tout de lancer et struturer les débats pour une gauche moderne en se détachant des contingences de courant et d'écurie présidentielle. Nous allons poursuivre notre travail sur des bases programmatiques et thématiques sans autre ambition que de contribuer à la rénovation de la gauche.
N'hésitez pas à mentionner l'adresse de notre site www.lesgracques.fr sur votre blog ! Vous pouvez aussi le signer si vous le souhaitez !
Cordialement,

La teneur générale du message et la conclusion en forme d'invitation à signer le manifeste me laissent penser que quelqu'un chez les Gracques a vraiment lu mon article.

Alors est ce que je vais mentionner l'adresse du site des Gracques sur mon blog ? Oui bien sûr. Est ce que je vais le signer et donc adhérer à l'association, qui se veut apolitique je le rappelle ? J'y pense sérieusement.
Est ce que mon ego étant trop développé, je me fais trop facilement le complice d'une action de buzz internet au profit des Gracques ? Oui c'est possible. Je l'assume. Pourquoi ? Simplement parce que contribuer à la rénovation de la gauche, c'est bien la tâche d'un militant socialiste (et démocrate), blogueur de surcroit.
Mais c'est d'abord et avant tout parce que le texte  et la démarche des Gracques me conviennent pour l'essentiel. Et ça aussi je l'assume.

Municipales 2008 : un appel au dialogue

La ligne de la direction nationale du PCF se dessine : privilégier des listes communes partout où des municipalités sortantes communistes ou socialistes sont en place. Il est naturel de faire le lien avec la campagne des municipales qui va s'ouvrir ici dans ma ville. Je le précise d'emblée : tout ce que j'indique ici n'engage que moi.

L'invitation de la section PCF d'Achères à la section du PS de se rencontrer pour discuter d'une liste commune procède de cette logique. L'invitation date du 25 août dernier, mais nous ne pourrons donner suite qu'après la procédure de désignation en cours.

La réalité des chiffres électoraux les plus récents sur notre ville (c'est à dire le premier tour des législatives de 2007) indique un rapport de forces équilibré autour de 50/50. En 2001, le rapport de forces s'établissait à 70/30 au premier tour des municipales avec deux listes de gauche et une liste de droite. L'évolution est sensible, même si comparaison n'est pas raison entre deux scrutins aux enjeux et au contexte différents.

Que faut-il en déduire ? En fait, chacun peut voir midi à sa porte.

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Identité de la nouvelle gauche : justice, vérité, action

Les Gracques viennent de publier leur manifeste pour une gauche moderne.

Ce document est riche d'enseignements et de réflexions. Il m'a fallu le lire plusieurs fois pour m'en imprégner et j'avoue qu'il a remué en moi certaines vérités premières. Visiblement le fruit d'un travail collectif, il offre - davantage que le manifeste social-démocrate j'ai un peu de peine à le dire -une hiérarchisation des priorités absolument nécessaire pour entamer notre démarche de refondation.

C'est d'abord l'affirmation des fondamentaux de gauche : le besoin de justice, le devoir de vérité et la nécessité de l'action. Cette combinaison forme l'identité de ce que devrait être une gauche moderne. Elle répond au "qui sommes nous, que voulons nous, ou allons nous", en d'autres termes elle fonde les soubassements de l'action politique d'un grand parti progressiste rénové qui pourrait s'appeler le Parti Socialiste.

Au delà, il permet de distinguer plus nettement le clivage entre la gauche qu'ils (les Gracques) qualifient de "moderne" et l'autre qu'ils qualifient de "conservatrice". Par une proximité de pensée involontaire, j'ai moi même ici utilisé ce terme de "conservateurs de gauche" (1) non pas pour stigmatiser telle ou telle force de gauche, mais bien pour caractériser les activistes de la gauche de la gauche qui refusent de cautionner les axiomes énoncés par les Gracques.

Quels sont ces axiomes ?

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Dans la famille socialiste, je demande ...

La famille libérale-autoritaire, voilà une catégorie que je découvre en lisant Libération dans un article intitulé on ne peut plus clairement "la gauche vire t-elle à droite ?".

Je m'étais essayé il y a peu à définir au sein d'un quadrant magique les principaux courants de pensée au sein du PS et leurs chances de succès dans la rénovation. Il s'agissait d'introspection alors que dans le cas précis, on interroge tous ceux qui votent à gauche, pas seulement les militants engagés, ce qui est bien plus utile si l'on souhaite vraiment retrouver les faveurs de l'opinion.

L'étude de LH2 et de Libération est ciblée sur les sympathisants socialistes où l'on apprend qu'au jeu des familles, sort vainqueur en nombre ladite famille des libéraux-autoritaires.

Qui fait partie de ce groupe ?
"En majorité des ouvriers, des employés, des salariés du secteur privé, qui estiment pour la plupart (67%) que leur «situation au sein de la société s’est détériorée» ou que notre «société va de plus en plus mal» (90%). Economiquement, ils acceptent le système libéral, sont favorables aux baisses d’impôts et à la réduction des dépenses publiques (87%). Ils sont sensibles à la productivité dans les administrations (73%) et aux questions comme la sécurité et l’immigration. Mais se disent «plutôt à gauche» pour 51% d’entre d’eux. Au premier tour de la présidentielle, ils ont privilégié le vote Royal (à 56%), mais ont aussi voté Bayrou (10%), Sarkozy (7%), ou Besancenot (6%).

Combien sont-ils ? 35% des sympathisants.
Autant dire tout de suite que je ne me reconnais pas dans ce groupe : je ne suis ni pour la baisse des impôts ni pour la baisse des dépenses publiques "par principe". En fait, je considère qu'on peut concilier un haut niveau de prélèvements et un haut degré de qualité des services publics comme dans les pays scandinaves. Le souci c'est qu'aujourd'hui les citoyens ne pensent pas en "avoir pour leur argent", car nous sommes globalement dans un modèle contestable cumulant forts prélèvements et efficacité médiocre des services par endroits.

Bref, j'ai été conforté en lisant la suite de l'article qui nous apprend que les autres groupes sont la famille sociale-libérale (26%), étatiste (24%) ou antilibérale (15%).
J'ai un peu tiqué en lisant que les cadres et les straus-kahniens formaient l'essentiel de la famille dite "sociale-libérale", tant est associée une odeur de souffre au seul nom de libéral pour la population de gauche. Acceptons la classification pour ce qu'elle est : un exercice de différenciation. Et puis après tout, j'assume être et un cadre, et un strauss-kahnien.

Il est assez tentant de faire coller ma géographie interne du PS (orthodoxes, conservateurs, visionnaires, rénovateurs, ...) à ces catégories en disant sommairement que les rénovateurs (royalistes) ce sont les libéraux autoritaires, les visionnaires (strauss-kahniens) ce sont les socio-libéraux, les orthodoxes (fabiusiens, emmanuellistes) ce sont les étatistes, et les conservateurs (mélenchonnistes) ce sont les antilibéraux. Il manque intuitivement une catégorie flottante centrale qui regrouperait les jospinistes et les hollandais, mais j'aurais tendance à penser qu'ils iront dans le sens de la majorité. Pour le reste je sens que ma théorie peut en faire tousser plus d'un, notamment ma dernière assertion assimilant les plus radicaux aux conservateurs.

Pourtant je crois qu'il y a un fond de vérité dans cette qualification : les antilibéraux sont les conservateurs de gauche. Ils ne souhaitent que "résister", "défendre les avantages acquis", "s'opposer à la mondialisation", et le moins possible prendre des responsabilités. J'en connais qui l'avouent en privé aussi bien au niveau syndical qu'au niveau politique : la position protestataire est bien trop confortable pour s'en affranchir facilement, et c'est valable pour tous les extrêmes.

Pour conclure sur le fond de cette étude, j'avais écrit quelques lignes sur le descenseur social qui recoupe bien finalement la réalité sociologique décrite ici. Il serait trop facile de décrier la droitisation supposée d'une bonne part de notre électorat sans se poser la question de la pertinence des problèmes que la population exprime.

La tentative de Ségolène Royal de ramener à nous ces couches populaires a failli réussir. Elle a créé une dynamique positive qu'il serait sans doute dommage de laisser retomber comme un soufflé. Ses fulgurances et ses intuitions manquaient peut-être de corps et de cohérence d'ensemble mais admettons qu'il y avait du sens. Il est dommage qu'elle ait renié ensuite une part importante de nos propositions. En semblant se désolidariser, elle a considérablement brouillé son image et son message. En femme courageuse et atypique, elle aurait dû prendre des positions tranchées d'emblée. Le mécanisme de l'élection ne le lui a pas permis, car il lui fallait rassembler la famille. Trop de contraintes contradictoires à tenir en main ? C'est là que le manque d'expérience a joué.

Pourtant en disant que l'opinion des gens compte, elle n'avait pas commis un crime. Ca porte même un nom : la démocratie.

Dépôt de candidature à l'investiture socialiste

Après une réflexion approfondie, je viens d'annoncer officiellement ma candidature à l'investiture du PS pour les municipales à Achères. Le processus est décrit ici.

Je rejoins en celà mon camarade Daniel Safon qui s'est présenté dès le 3 septembre sur son site, créé spécialement pour la circonstance. Daniel est un militant imaginatif et enthousiaste qui a du talent pour réaliser des blogs de qualité dont j'apprécie aussi bien le design que le ton des articles dans un style bien à lui, mariant humour et caractère. Nous sommes tous les deux blogueurs mais nos parcours et nos personnalités sont bien différentes.

Evidemment je souhaite m'engager dans cette compétition car je suis persuadé d'avoir les qualités pour la fonction, mais il faut convaincre. Pour cela il y a un préalable : une présentation de ma démarche et de mes atouts devant les militants qui voteront à la fin du mois. Une épreuve de vérité que nous affronterons dans la dignité et le respect mutuel, j'en suis persuadé.

Je reproduis ici le passage essentiel de la lettre que j'ai adressée à notre secrétaire de section et à notre premier secrétaire fédéral pour motiver ma candidature :

Ma démarche s’inscrit dans le processus de rénovation démarré à l’occasion des Universités d’Eté de la Rochelle, et prendra comme axes de campagne :

1.       Le rassemblement des socialistes, sans différencier les jeunes et les anciens adhérents, sans esprit de chapelle entre courants, en mobilisant les énergies afin de faire du PS une force politique incontournable sur notre ville

2.       La mise en avant d’un projet fédérateur, juste et responsable, nous permettant de nous différencier clairement de la droite et d’apporter un avantage décisif pour le maintien d’Achères à gauche.

3.       L’engagement d’un dialogue multiple avec nos partenaires de gauche, dans une relation constructive, franche et directe avec le PCF et notre maire Alain Outreman, mais aussi avec les forces de progrès, et les réseaux de la société civile dans un large esprit d’ouverture et de coopération.

Ceci nous permettra d’aller à la rencontre des achérois et des achéroises, sur de nouvelles bases politiques et un message de long terme permettant aux habitants de croire à nouveau à la gauche, de vivre bien, de pouvoir travailler, se loger et de se sentir en sécurité dans notre ville-village. Voilà les perspectives que nous souhaitons tracer pour Achères.

Je travaillerai à ce que nous restions fermes sur les valeurs socialistes et démocrates, convaincus d’être la principale force d’avenir, tournés vers le progrès sans tabou et sans préjugés. L’équipe qui sera désignée au final devra représenter à l’image de notre ville, la diversité des origines, des expériences et des personnalités. C’est l’engagement que je prends à titre personnel. Nous nous battrons pour créer un nouveau souffle et bâtir une nouvelle image des socialistes d’Achères et c’est ainsi que nous gagnerons ensemble.

Nous sommes donc deux sur la ligne de départ dans cette course à la désignation du premier des socialistes pour notre ville. Que le meilleur gagne ! L'autre se mettra à son service sans se poser de questions à l'issue du vote pour porter le projet et les valeurs socialistes.

P29acheres