Je reviens cet après-midi de courtes vacances dans le sud. Un break bienvenu dans cette longue période politique.
Pas encore eu le temps de vraiment faire le tour du web et de l'actualité française.
Ah si j'ai entendu que Raymond Barre est mort ce matin à 83 ans. Un personnage hors du commun qu'on aurait dit tout droit sorti des années 60 avec son style pontifiant, sa voix de fausset aux lenteurs étudiées, son physique de notable replet. C'était aussi un homme intelligent, aux facultés supérieures dont j'ai péniblement étudié l'oeuvre économique pendant mes années de faculté à moi. On lisait "le Barre" à cette époque comme s'il s'agissait de la bible. Académique et ennuyeux à souhait mais l'économie est souvent ennuyeuse pour ceux que la théorie et les chiffres rebutent. Je préférais Paul Samuelson à l'époque mais peu importe. Sinon, il vaudra mieux oublier les dernières prises de parole douteuses contre un certain lobby juif et ne retenir que les années fastes et l'homme politique de l'ouverture à Lyon. Adieu Raymond.
Un autre Raymond a tenu la vedette cette semaine. Raymond Domenech, le sélectionneur de l'équipe de France de foot qui a battu la Slovaquie ce mercredi. Des propos détonants, un style abrupt, des "vérités" pas évidentes ... sans nul doute les choix de ce Raymond là passionneront davantage le grand public. Panem et circenses. Du pain et des jeux. Le lot commun.
Qu'est ce qui oblige les économistes à être ennuyeux au fait ? Barre passe encore, il était du siècle dernier mais aujourd'hui ? Pas besoin de se mettre en survêtement ou en shorts mais franchement l'aventure humaine de l'entreprise et de l'économie mériterait une meilleure pédagogie, une communication moderne et des efforts de vulgarisation pour que les français s'y intéressent vraiment. Surtout si on explique par là le vrai clivage gauche-droite du XXIème siècle. J'ai lu la moitié d'un bon bouquin sur le sujet pendant mes vacances rédigé par le cercle des Economistes, instructif mais ça ne vaut pas un bon thriller au soleil, je l'avoue. J'ai commencé trop de bons livres d'experts que je ne finis pas toujours ... Sont-ils si bons finalement ? C'est peut-être moi qui fatigue aussi.
Et puis enfin deux ou trois nouvelles glanées au hasard : Ségolène Royal fait sa rentrée à Melle. Il paraît qu'elle appelle le PS à jouer collectif. J'en connais que cela va faire sourire. C'est sans doute pour cela qu'elle se dit "une femme neuve". Sarkozy avait dit le 14 janvier, au début de son envolée sondagière : "j'ai changé". S'il suffit de dire "j'ai changé" pour que les gens le croient, alors Ségolène Royal a raison. Souhaitons lui la même réussite et de trouver enfin le ton juste, même si pour l'instant les sondages ne vont plus tellement dans son sens. DSK qui s'éloigne de la scène nationale a une popularité grandissante et la dépasse. Trop tard sans doute et de toute façon sans intérêt pour le PS qui est cruellement en manque de leadership et de projet. Les français ne s'intéressent pas aux socialistes pour l'instant donc tout ce qu'on lit ici ou là n'a guère de sens. L'échec est toujours dans les têtes. Tout ce que font les socialistes se transforme en plomb et tout ce que touche Sarkozy se transforme en or. Ca ne durera pas mais c'est ainsi.
Le bâton de maréchal de DSK sera probablement ce poste de directeur du FMI que lui dispute désormais un ancien banquier central tchèque soutenu par la Russie. A vaincre sans péril on triomphe sans gloire, dit-on. Nul doute que DSK habitué à la concurrence et aux joutes de pouvoir, saura triompher dans cette ultime compétition avec l'énergie qu'on lui connaît. Même si les russes semblent décidés à jouer les trublions y compris en racontant n'importe quoi.
