Les Gracques ont tenu leur université d'été ce week-end 26 août. Peu de documents ou d'articles relatent véritablement le contenu des débats donc il faut se contenter de quelques extraits d'interventions des personnalités présentes dont Michel Rocard, Peter Mandelson, François Chérèque.
Je ne sais pas vraiment ce que recouvre cette notion de "gauche post-social démocrate" qu'ils appellent de leurs voeux. Tout cela manque pour l'heure de contenu concret à mes yeux.
J'en suis réduit à l'exégèse autour du seul article produit à l'issue des élections par les Gracques et qui s'intitule "moderniser la gauche" paru dans Le Monde le 23 juin dernier.
Une lecture rapide de cet article permet d'entrevoir les pistes envisagées. En premier lieu, il y a l'affirmation du credo social démocrate traditionnel : le PS doit devenir le fer de lance d'une gauche rénovée, capable de proposer au pays une méthode crédible pour réconcilier développement économique et justice sociale.
Chaque mot compte dans cette phrase : "méthode, crédible, réconcilier, économique, social, ..."
Il y a ensuite la question du positionnement politique. Les Gracques soulignent le risque en cas d'immobilisme de voir le PS perdre le leadership de la gauche par le centre. En gros le PS des années 2000 deviendrait le PC des années 1980, un parti en déclin constant. C'est d'ailleurs la stratégie de Bayrou. Voulons nous nous laisser faire ? Je crois que non, que le réflexe de survie va jouer à temps pour revivifier un nouveau PS, comme cela a été le cas pour le New Labour.
Il y a enfin une lutte contre le "populisme" qui menace : populisme étatique ou anti-européen. Je n'aime guère cette appellation de populisme pour ma part. Je préfère celle de conservatisme quand il s'agit de qualifier des comportements opposés au progressisme, quand il s'agit de défendre des situations acquises ou des rentes au dépens d'autres catégories de la population. Le conservatisme n'est pas qu'une tare de droite.
Pour celà les Gracques appellent à la rédaction d'un manifeste démocrate (DSK a déjà eu la même approche) et à l'élaboration d'une réflexion collective décomplexée et indépendante des structures de parti traditionnel.
La démarche n'est donc pas totalement originale mais elle attire la curiosité et jusqu'à un certain point ma sympathie, jusqu'à un point seulement tant il est vrai que toute action de rénovation s'avère stérile si elle n'offre aucun débouché politique. Ce qui signifie qu'à un stade du processus, l'appropriation de cette production doctrinale par un catalyseur (leader + parti) est nécessaire pour passer de la théorie aux actes. Ce n'est pas le plus mince des défis.
Comme je l'écrivais hier, la découverte de la bonne formule n'est pas qu'un exercice de laboratoire, de recherche fondamentale mais bien surtout une question opérationnelle d'application des fruits de la recherche et surtout de qualité d'éxécution. Ce qu'on exige au plus haut niveau en entreprise si on veut tenter un parallèle. J'en reviens à ma "théorie" personnelle : le PS doit se professionnaliser, se doter de moyens de production d'intelligence collective, accepter et favoriser l'émergence d'un leader sans lequel rien de tout cela n'a de chance de réussite. C'est la combinaison de tous ces facteurs qui est nécessaire à la reconquête.
