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août 2007

Le quadrant magique du PS en 2007

La refondation que chacun appelle de ses voeux depuis la défaite aux dernières élections recouvre des propositions bien diverses au sein du PS.

Un éditorial récent du Monde pointait du doigt la triple crise qui agite notre parti : une crise de leadership, une crise de stratégie et une crise de projet. Bref une crise globale de notre système. N'en jetez plus la cour est pleine. Pourtant certains rajoutent une autre crise comme François Hollande sur la nécessaire ré-organisation de l'appareil, pure question de boutique s'il en est. Ces questions que je juge périphériques sont importantes mais non prioritaires dans le processus de refondation. Ne les oublions pas mais n'en faisons pas l'enjeu de nos débats d'aujourd'hui. Il sera toujours temps de savoir si les primaires socialistes étaient une bonne idée à renouveler ou non.

Revenons à ce que je juge essentiel. Depuis quelque temps, je lis et j'écoute les uns et les autres et je tente d'y voir clair pour déceler les différentes stratégies possibles qu'énoncent nos têtes pensantes de façon plus ou moins chargée en contenu.

D'abord un point de consensus, il n'y a pas d'alternative à la refondation. Ou plus précisément, personne ne propose d'en rester à un replatrage de façade.

Je vais donc essayer de me livrer à un exercice de classification des courants selon un double axe : intensité de la refondation envisagée et capacité à réaliser la refondation. C'est en fait un exercice de consultant classique que certains cabinets mènent pour identifier sur un "marché" les leaders et les challengers ainsi que les tendances prévisibles. Cette approche marketing, certains me la reprocheront sans doute mais elle a le mérite de clarifier les idées pour les militants nouveaux et aussi peut-être les anciens qui cherchent un peu de lumière dans la nébuleuse qu'est devenue notre galaxie.

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Démission collective ?

Jack Lang avait demandé une démission collective de la direction du PS en juillet dernier.

A l'arrivée, on se demande si ce qui se passe ne lui donne pas raison.

Tous les principaux leaders ou presque se retirent des affaires directes du PS, et ceux qui restent (Royal, Hollande, Delanoé, Ayrault, ...) sont largement affaiblis ou ont la tête ailleurs  essentiellement tournée vers les municipales).

Tout se passe comme si DSK, Fabius, Lang, avaient décidé de démissionner des instances dirigeantes du PS. Un sentiment conforté par les défections ou ralliements provoqués par la politique d'ouverture de Sarkozy. Les cadres supérieurs du PS sont démobilisés. Ils ne se rendront pas pour la plupart à La Rochelle pour les Universités d'Eté.

Une telle hémorragie laisse évidemment perplexe les militants sur l'avenir du PS. Quel est ce parti que ses chefs désertent ? Les lieutenants semblent incapables de prendre la relève. Pourtant les jeunes quadras sont dans un état d'excitation intense à la perspective des places qui se libèrent. Mais à tel point et en ordre tellement dispersé qu'on ne voit pas lequel pourrait s'affirmer vraiment. Le problème c'est qu'ils miment les attitudes des anciens et se marquent à la culotte. Personne ne veut reconnaître l'éventuelle supériorité d'un autre que lui même. Et si l'un d'entre eux s'avisait de prendre une initiative, les autres se ligueraient aussitôt pour le faire rentrer dans le rang, un peu à l'image de ce qui s'était produit entre 2002 et 2007. Mêmes causes, mêmes effets.

Le PS est toujours déboussolé et celà devrait durer un moment.


Refondation : un trait de lumière

Je vous invite à lire une remarquable analyse de l'élection présidentielle réalisée par un collectif de personnalités issues de la mouvance Jospin. Ce genre de lecture aussi critique et sévère soit-elle pour notre ego est nécessaire pour la reconquête. Il participe de l'exercice de deuil et d'introspection que nous sommes en train de mener. Je ne partage pas toutes les analyses et les conclusions mais les bases du débat sont extrêmement bien posées.

A lire et relire pour réfléchir au travail qui nous attend. C'est une tâche enthousiasmante si nous acceptons d'affronter courageusement de face tous les problèmes sans exception.

J'en suis de plus en plus persuadé : le meilleur est à venir.


DSK au FMI : perfide Albion

Les anglais n'aiment pas les français dit-on. En tout cas, le Financial Times n'aime pas DSK.

Dans un éditorial au vitriol, le journal de la City dit PAS STRAUSS-KAHN. De manière hallucinante, il adhère aux théses du directeur exécutif pour la Russie du FMI Aleksei Mozhin, qui déclare tout bonnement que DSK n'a pas les compétences requises pour le poste, au motif qu'il ne serait pas un pur économiste ! On croit rêver devant tant de mauvaise foi. Mais plus c'est gros, plus ca peut passer. D'ailleurs le Figaro et le Monde s'en émeuvent en évoquant la possibilité de recherche d'une solution de consensus non-européenne.

Plus encore, le FT dit que DSK ne possède pas de légitimité du fait du processus de sa désignation. Les européens et les américains ne seraient pas fondés à nommer l'un des leurs quand il s'agit de gérer des fonds et l'institution dont ils sont pourtant les principaux bailleurs et actionnaires. C'est bien la première fois que le FT fait preuve d'autant d'indépendance d'esprit par rapport aux règles anglo-saxonnes qui régissent la finance mondiale. Il fait peu de cas des droits des actionnaires au profit des clients des institutions financières.  On aimerait voir ce qu'il dirait de la nomination d'un russe ou d'un indien à la tête de la Barclays ou du London Stock Exchange, sous prétexte que ces banques ou organismes de contrôle traiteraient en partie des opérations avec des clients de ces pays. Et si le candidat avait été anglo-saxon ? Que deviendraient les accusations de néo-colonialisme qu'ils répandent aujourd'hui contre les européens et les américains ?

On voit bien le caractère surréaliste de ces critiques. D'autant que DSK a fait sienne la thèse du renforcement du pouvoir des pays émergents au sein du FMI et veut travailler à la réduction de l'écart entre les pays riches et les pays pauvres. Il faudrait être cohérent messieurs les anglais : est ce que ce sont des questions d'équité et de compétences d'un socialiste qui vous inquiète ou est ce que vous pestez pour avoir été pris de vitesse par les français dans cette nomination ?

A propos, pourquoi les anglais ne disent-ils mot du candidat tchèque soutenu par la Russie ? Cet ancien banquier membre repenti du Parti communiste est-il un bon candidat selon eux ? Ou est ce la candidature d'un économiste social-démocrate français qui les rebute ?

Décision dans les semaines à venir dans ce qui ressemble de plus en plus à un bras de fer Est-Ouest alors qu'on se serait attendu à un possible conflit Nord-Sud.


Les Gracques appellent à un PS "post-social démocrate"

Les Gracques ont tenu leur université d'été ce week-end 26 août. Peu de documents ou d'articles relatent véritablement le contenu des débats donc il faut se contenter de quelques extraits d'interventions des personnalités présentes dont Michel Rocard, Peter Mandelson, François Chérèque.

Je ne sais pas vraiment ce que recouvre cette notion de "gauche post-social démocrate" qu'ils appellent de leurs voeux. Tout cela manque pour l'heure de contenu concret à mes yeux.

J'en suis réduit à l'exégèse autour du seul article produit à l'issue des élections par les Gracques et qui s'intitule "moderniser la gauche" paru dans Le Monde le 23 juin dernier.

Une lecture rapide de cet article permet d'entrevoir les pistes envisagées. En premier lieu, il y a l'affirmation du credo social démocrate traditionnel : le PS doit devenir le fer de lance d'une gauche rénovée, capable de proposer au pays une méthode crédible pour réconcilier développement économique et justice sociale.

Chaque mot compte dans cette phrase : "méthode, crédible, réconcilier, économique, social, ..."

Il y a ensuite la question du positionnement politique. Les Gracques soulignent le risque en cas d'immobilisme de voir le PS perdre le leadership de la gauche par le centre. En gros le PS des années 2000 deviendrait le PC des années 1980, un parti en déclin constant. C'est d'ailleurs la stratégie de Bayrou. Voulons nous nous laisser faire ? Je crois que non, que le réflexe de survie va jouer à temps pour revivifier un nouveau PS, comme cela a été le cas pour le New Labour.

Il y a enfin une lutte contre le "populisme" qui menace : populisme étatique ou anti-européen. Je n'aime guère cette appellation de populisme pour ma part. Je préfère celle de conservatisme quand il s'agit de qualifier des comportements opposés au progressisme, quand il s'agit de défendre des situations acquises ou des rentes au dépens d'autres catégories de la population. Le conservatisme n'est pas qu'une tare de droite.

Pour celà les Gracques appellent à la rédaction d'un manifeste démocrate (DSK a déjà eu la même approche) et à l'élaboration d'une réflexion collective décomplexée et indépendante des structures de parti traditionnel.

La démarche n'est donc pas totalement originale mais elle attire la curiosité et jusqu'à un certain point ma sympathie, jusqu'à un point seulement tant il est vrai que toute action de rénovation s'avère stérile si elle n'offre aucun débouché politique. Ce qui signifie qu'à un stade du processus, l'appropriation de cette production doctrinale par un catalyseur (leader + parti) est nécessaire pour passer de la théorie aux actes. Ce n'est pas le plus mince des défis.

Comme je l'écrivais hier, la découverte de la bonne formule n'est pas qu'un exercice de laboratoire, de recherche fondamentale mais bien surtout une question opérationnelle d'application des fruits de la recherche et surtout de qualité d'éxécution. Ce qu'on exige au plus haut niveau en entreprise si on veut tenter un parallèle. J'en reviens à ma "théorie" personnelle : le PS doit se professionnaliser, se doter de moyens de production d'intelligence collective, accepter et favoriser l'émergence d'un leader sans lequel rien de tout cela n'a de chance de réussite. C'est la combinaison de tous ces facteurs qui est nécessaire à la reconquête.


Catalyse et énergie

Je cherche depuis un moment ce qui manque à la gauche pour être majoritaire dans le pays.

Certes les grands courants de la pensée dominante ne nous sont pas favorables. L'opinion reste ou est devenue majoritairement favorable à des thématiques de réussite individuelle, de valeurs familiales, de respect, d'ordre et de sécurité. Il y a aussi un certain désenchantement par rapport aux politiques, à l'absence de crédibilité des solutions proposées, au manque d'innovation et d'imagination des experts et des gouvernants. Tout cela a déjà été diagnostiqué depuis longtemps, mais finalement on reste dans le constat.

Le sondage qu'a produit cette semaine le Nouvel Observateur en liaison avec le groupe des Gracques qui se réunit ce week-end pourrait mettre le PS en état de cataleptie tant il est catastrophique et révélateur de notre profond divorce avec l'opinion. Ce divorce vient de loin. Il n'a pas pour cause ou explication le traumatisme de 2002, mais incontestablement l'incompréhension date des années Jospin. L'alchimie attendue ne s'était pas produite, mais bien au contraire un phénomène de rejet organique très net a éclaté.

En 2006, la gauche a cru trouver la pierre philosophale en désignant une candidate dans l'air du temps, en phase avec l'opinion, sans tabou par rapport à l'idéologie à demie libérale, honteuse culpabilisante et à poussées de fièvre radicales qui nous sert de vade mecum doctrinal.

Ravis, nous avions enfin notre Sarkozy de gauche dans un parti de notables et d'élus en crainte perpétuelle de perdre ou gaspiller la rente électorale.

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Retour de vacances

Je reviens cet après-midi de courtes vacances dans le sud. Un break bienvenu dans cette longue période politique.

Pas encore eu le temps de vraiment faire le tour du web et de l'actualité française.

Ah si j'ai entendu que Raymond Barre est mort ce matin à 83 ans. Un personnage hors du commun qu'on aurait dit tout droit sorti des années 60 avec son style pontifiant, sa voix de fausset aux lenteurs étudiées, son physique de notable replet. C'était aussi un homme intelligent, aux facultés supérieures dont j'ai péniblement étudié l'oeuvre économique pendant mes années de faculté à moi. On lisait "le Barre" à cette époque comme s'il s'agissait de la bible. Académique et ennuyeux à souhait mais l'économie est souvent ennuyeuse pour ceux que la théorie et les chiffres rebutent. Je préférais Paul Samuelson à l'époque mais peu importe. Sinon, il vaudra mieux oublier les dernières prises de parole douteuses contre un certain lobby juif et ne retenir que les années fastes et l'homme politique de l'ouverture à Lyon. Adieu Raymond.

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Vacances

C'est là bas que ca se passera, je pars quelques jours. Le blog reste ouvert mais ce sera la torpeur estivale. Bonnes vacances ou bon courage à ceux qui bossent.

Portugal

   


Juste, moderne et ... solidaire.

Hier après-midi j'ai regardé par hasard la Cinq. Et j'ai vu le deuxième épisode d'une série de quatre émissions sur Jacques Chirac, une oeuvre écrite par Patrick Rotman. Bien fichu, vraiment. Et je ne suis pas le seul à le penser, David Abiker du BBB l'écrivait lui aussi. Ce Chirac était vraiment quelqu'un d'exceptionnel dans son genre.

On y voit un animal politique hors concours, un type capable de serrer des milliers de mains, de faire 500 réunions publiques en trois mois (cinq par jour !), invraisemblable mais terriblement efficace. Les moyens modernes de communication ont peut-être remplacé tout cela mais je n'en suis vraiment pas sûr. Rien ne vaut le contact direct. Les gens aiment voir, sentir, toucher les candidats.

Mais ce n'est pas le sujet de ma note ! Je digresse encore. Argghh je sens les lecteurs s'enfuir ... Je sais que je délivre mes idées d'une façon parfois décousue et déroutante mais c'est parce que j'écris en réfléchissant, ou que je réfléchis en écrivant comme on veut, juste pour le plaisir de dérouler un raisonnement. A vous de décider si vous voulez lire la suite.

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Un parti en quête de professionnalisme

En cette période de vacances, je lis.  Par exemple j'ai acheté à la FNAC de Cergy, le livre de Jean-Christophe Cambadélis, Parti Pris.

Ce livre raconte la vie interne du parti socialiste depuis 2002, les luttes de pouvoir, les manœuvres de François Hollande, l'ascension de Ségolène Royal, les conditions de la campagne présidentielle et l'issue fatale pour la gauche.

Je n'ai lu qu'une centaine de pages de ce livre pour l'instant donc je ne donnerai pas ici toutes mes impressions, mais je le trouve littéralement passionnant. Un acteur éminent de la classe politique (je sais qu'il n'aime pas cette expression) nous délivre sa part de vérité sur ce qui est souvent réservé à quelques initiés des soirées parisiennes.

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