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juillet 2007

Le blog DSK est propre comme un sou neuf !

Je suis positivement ravi. Le blog de DSK est nettoyé de tous les commentaires (plus de 2 800 sur la dernière note avant effacement) dont beaucoup provenait d'un trollage sans intérêt. Malgré quelques nouveaux contributeurs de talent et par la faute de quelques illuminés, ce n'était plus sérieux et présentable depuis un moment. Les notes précédentes aussi ont été supprimées. Voilà je trouve une excellente chose de faite.

Les commentaires ont été désactivés ce qui va permettre une petite cure de désintoxication et de vacances forcées pour ceux qui le squattaient à longueur de temps

Merci Dominique, et surtout merci à nos amis de la Planche et d'à côté.

Dans l'attente, pas de souci pour se replier sur les blogs et forums amis et sur les autres navires de la social-démocratie visibles ou invisibles. Ca me permettra de bosser sereinement aux travaux de rentrée.


La refondation du PS passe t-elle par son organisation interne ou par son leader ?

Le débat sur les institutions est le péché mignon des socialistes. Tout ce qui a trait à la cuisine interne plonge le parti dans le délice des discussions et des argumentations sans fin dont les militants socialistes sont friands.

On se souvient des polémiques frénétiques sur le TCE qui avaient déchiré le PS, mais aussi plongé le pays dans une vraie confrontation politique riche et démocratique. Il serait donc exagéré de considérer ces questions comme de pure forme et sans intérêt pour le progrès des idées.

Une nouvelle question institutionnelle voit le jour ces derniers temps au PS. Doit-il changer son organisation interne pour s'adapter à la nouvelle donne politique introduite par le quinquennat et la présidentialisation de fait du régime. Nous sommes toujours sous la Vème République mais beaucoup d'observateurs jugent que l'UMP a plus vite que le PS pris la mesure des conséquences du changement. Rappelons que la réforme introduite par Giscard a été validée par Jacques Chirac, qui a organisé le référendum qui l'a institutionnalisée. Mais c'est bien Lionel Jospin qui a décidé de l'inversion du calendrier. Aujourd'hui la présidentielle commande tout l'édifice puisqu'elle précède les législatives, avec les conséquences que tout le monde observe aujourd'hui.

Cette nouvelle donne impose une réflexion sur l'organisation des machines de guerre que représentent les partis de gouvernement. L'UMP a dès 2003 changé ses statuts, imposé la désignation d'un président doté d'une vraie autorité impulsant une ligne claire. Nous désignons depuis Epinay un premier secrétaire animateur et producteur de consensus, qui s'impose (Mitterrand, Jospin) ou non (Hollande) comme le leader de la gauche gouvernementale. Loin de moi l'idée qu'il faille renoncer au processus démocratique de désignation du premier secrétaire par les militants, mais il faut adapter notre organisation à ce fonctionnement nouveau. En un mot : présidentialiser le PS.

Que le premier secrétaire devienne "président" est pour moi moins important que le changement de fonctionnement de nos instances nationales. Il semble venu le temps de désigner à nouveau clairement une majorité et une opposition au sein même du parti. Laisser la possibilité à la synthèse - dont je ne trouve paradoxalement pas de trace dans nos statuts - est une notion batarde productrice d'immobilisme. Que l'on cherche en permanence le plus petit dénominateur commun est de mon point de vue, une régression des idées et un abaissement du débat. Edulcorer nos projets jusqu'à les rendre illisibles aux yeux des citoyens  est une erreur qui produit des extrêmes forts. Instruit par l'expérience, j'avoue avoir évolué sur ces questions. La droite a assumé ses valeurs et proposé une ligne claire. Elle a réduit le FN à la portion congrue. Si nous voulons réduire nos gauchistes à cette même juste proportion - celle que l'on constate dans les autres pays européens - c'est en assumant nos différences, pas en les niant. Certains me feront remarquer que celà peut supposer un virage plus à gauche du parti, comme Sarkozy l'a assumé à droite. Je pense que le jeu en vaut la chandelle. Le clivage doit exister, le choix doit être clair, il y a bien deux visions de l'Homme qui s'affrontent. Et au sein du PS, différentes sensibilités de gauche peuvent s'incarner et s'exprimer. Voilà pourquoi selon moi, une fois acquise cette nouvelle organisation de nos rapports de force interne, en priorité il s'agit de trouver une personnalité fédératrice, forte dans ses convictions, charismatique et énergique. Un chef. Pourquoi est ce que la gauche a t-elle toujours peur d'avoir un vrai chef ?

Je suis donc persuadé que le débat sur notre organisation interne n'est pas si inutile que celà pour nous permettre de rebâtir la maison du renouveau.

Il ne faudrait pas néanmoins que ces discussions prennent trop de place au détrimens de la vraie réflexion idéologique. Les questions sont nombreuses, elles se recoupent, elles s'entremêment.

- qu'est ce qu'être de gauche en 2007 ?
- qu'avons nous dire aux français concernant leur vie quotidienne et celle de leurs enfants ?
- qu'est ce qui nous différencie de la droite, quelles sont nos valeurs, en quoi leur promettent t-elles une vie meilleure ?
- y a t-il une notion d'intérêt général de droite et un intérêt général de gauche ? Notons au passage que les français qui ont répondu non à cette question, ont permis à Bayrou d'occuper cet espace avec succès.

Renforcer le parti est une chose. Les questions d'alliances et de redéfinition de l'union de la gauche sont l'autre facette dans la perspective de la reconquête et son prérequis : l'unité.

La difficulté de l'union à gauche constitue selon moi l'essentiel de l'explication de nos passages trop courts au pouvoir. Que ce soit en 1936, en 1981, en 1997, la division a toujours permis à la droite de revenir quelques années après. Mais aujourd'hui à gauche, seul subsiste en tant que force constituée le parti socialiste. Cette solitude est un atout tant qu'elle ne se transforme pas en force hégémonique : sa seule force doit lui permettre de s'imposer sans combattre, par le respect qu'elle inspire. Il fallait un maître manoeuvrier comme Mitterrand pour piloter une flotte puissante mais hétéroclite. Aujourd'hui, il nous faut imposer le respect pas la pitié et encore moins la crainte.

Aujourd'hui il nous manque un capitaine pour diriger ce navire amiral. Il nous manque un architecte pour imaginer une nouvelle gauche pluraliste (pas de caporalisme) où le pôle du réformisme ne se fasse pas canonner à vue par le pôle de gauche radicale, et où celui ci ne se sent pas contraint à la surenchère pour exister. Cette crise de leadership prend un caractère préoccupant car depuis trop longtemps - au moins 2002 -, nous ne jouons pas à égalité. Ceci pour dire que ceux qui nous racontent l'histoire d'une "élection imperdable" ont tort selon moi. Nous avons sous-estimé nos handicaps.

A droite Sarkozy essaye d'occuper tout l'espace y compris celui de l'opposition. Il est LE leader à droite. A nous de rattraper notre retard en commencant par le plus simple - notre organisation - afin de ré-occuper le territoire abandonné à l'adversaire, en passant par le moins évident - notre leader - pour enfin rejouer à armes égales. Une fois repositionnés et dotés d'un leader possédant les qualités exceptionnelles indispensables, nous serons en mesure de faire face.

La réponse à la question de cette note est donc simple : les deux mon capitaine.


L'argent n'a pas d'odeur en Libye comme ailleurs

Qui ne se souvient des polémiques virulentes lancées lors de la campagne présidentielle (y compris dans la phase des primaires socialistes) sur l'accès au nucléaire civil par l'Iran ?

C'était un facteur de différenciation entre les candidats socialistes. Chacun y allait de son interprétation du traité de l'AEIEA sur le nucléaire pour démontrer qui l'ignorance de l'une (Royal), qui l'irresponsabilité des autres (DSK et Fabius).

La vérité est plus simple si on en croit Sarkozy. A partir du moment où un pays fait un pas pour revenir dans le concert des nations, la communauté internationale se hâte de lui tendre les bras ... et le porte-monnaie.

La Real-Politik vient de nous rattraper subitement avec cette affaire des infirmières bulgares libérées par l'opération du Saint Nicolas et de Mère Cécilia. On comprend qu'au delà de l'affaire compassionnelle qui a fait bien pleurer dans les chaumières, il y a aussi une affaire de gros sous.

La Libye est un pays riche de pétrole, un pays dont les infrastructures sont en friche et dont le développement a été gelé par des années d'embargo international. En bref, la Libye a de l'argent, des pétro-dollars mais pas de possibilité de les dépenser. On serait tenté de dire, qu'elle ne peut les blanchir si on se souvient que ces fonds ont aussi servi à financer des opérations terroristes comme l'attentat de Lockerbie.

On apprend donc que la Libye va lancer des appels d'offres internationaux pour se procurer des équipements et des services lui permettant de rénover ou créer des infrastructures civiles. Par exemple une usine de désalinisation à énérgie nucléaire pour fournir de l'eau potable à sa population. Les citoyens occidentaux qui apprennent celà aujourd'hui par les médias et les organes de communication des gouvernements ne peuvent que réagir positivement à toute la séquence : "drame humanitaire - infirmières - enfants malades du sida - libération - soins aux enfants - besoin d'eau potable - souffrances de la population libyenne - fin de la menace terroriste libyenne - nouveaux marchés pour les européens - emplois."

Voilà sur quoi s'appuient nos décideurs pour faire passer la pilule, et il y a toutes les raisons pour qu'elle passe. Surtout qu'on prend le soin de préciser que les américains, ces nouveaux croisés de la lutte anti-terroriste internationale ont eux repris le chemin de Tripoli depuis belle lurette pour s'accaparer quelques marchés juteux que la morale ne réprouve plus au delà de l'Atlantique.

L'Union Européenne a payé 461 millions de dollars pour libérer cinq infirmières et un médecin palestinien. Mais elle essaie de récupérer une partie de son "investissement" en tentant d'accéder aux marchés libyens renaissants. Du donnant-donnant. Je n'ose dire du "gagnant-gagnant" car je ne suis pas sûr que les malheureux occupants des avions explosés y aient gagné quelque chose à part une place dans les manuels d'histoire du terrorisme d'Etat.

Nicolas Sarkozy fait donc maintenant feu de tout bois pour convaincre l'opinion du bien fondé d'une réhabilitation des Etats du moyen orient, une nouvelle politique d'ouverture en quelque sorte mais en ligne avec la traditionnelle politique pro-arabe de la France. Habile. Cependant, l'Iran doit jubiler de voir la ligne de front européenne céder une nouvelle fois devant la quête de succès à court terme que cherche à s'octroyer le président Sarkozy. Celui ci a beau jeu de dire qu'avant lui, les problèmes subsistaient, perduraient, s'enlisaient. Sarkozy a utilisé les règles du marché pour faire signer un contrat qui de fait dénoue la crise. La gauche et les contempteurs de la politique sarkozyste sont bien en peine de trouver une réplique juste à partir du moment où la communauté internationale voit que quelqu'un est allé au bout du job. Je suis bien placé pour le savoir : dans un contrat comme dans toute négociation, le plus difficile c'est de conclure. Etait-on au point de conclure ? Seuls les acteurs pourraient le dire, et bien sûr le trio Sarkozy -Guéant - Cécilia (on ignore où sont passés Fillon et Kouchner) affirme le contraire. Ce même Guéant soit dit en passant a été pris en flagrant délit de mensonge télévisuel avant hier quand il déclarait que le nucléaire ne faisait pas partie de la négociation libyenne. Pour conclure il est un fait qu'en Afrique et au Moyen Orient, dans une négociation, le temps si cher aux occidentaux est une notion qui n'existe pas. Les négociateurs français ont gagné la bataille du temps. Et le temps c'est ... vous aurez compris.

Ont-ils bien fait au final ? A ce stade, il est trop tôt pour savoir si le remède est pire que le mal. Mais on sait qu'avec Sarkozy le règne de l'argent roi, d'un certain type de contrat est bien de retour. A nouveau c'est l'argent qui fait tourner le monde, cyniquement et sans complexes. Il faudra vraiment beaucoup d'imagination et de talent à ceux qui souhaitent une politique alternative pour créer un nouvel ordre mondial qui ne soit pas basé sur les règles du marché ou en tout cas pas seulement.

Il y a contrat et contrat. Comme on le sait, le diable se niche dans les détails et on ignore le détail des contrats passés. Le soupçon de dessous de table ou de clauses secrètes est déjà présent. Malheureusement comme pour le Tour de France, s'il y a des tricheurs, on ne le saura peut-être que bien plus tard, quand les acteurs se seront retirés.

Question aiglonnesque aux lecteurs : Nicolas est-il dopé selon vous ? A quoi marche t-il ?


Politique.net : un site à découvrir

En surfant, je suis tombé par hasard sur un site politique intéressant que je ne connaissais pas. Au départ je suis tombé sur des brèves qui m'ont donné envie d'en savoir plus ...

Politique.net Logopolitiquenet

Ce qui m'a plu ensuite ? La simplicité et la sobriété. Le sens de la pédagogie très directe avec notamment ces quelques devoirs de vacances qui sont d'utiles rappels de nos fondamentaux :

Quels sont les fondements de la république française ?

Quelle est la différence entre république et démocratie ?

L'histoire des présidents de la Vème République française

Il y a aussi une rétrospective bien faite des dernières élections en France dont l'analyse me paraît pertinente à défaut d'être totalement originale.

Un de mes coups de coeur sur le web qui devrait se retrouver prochainement dans une de mes listes de liens favoris !


Manuel Valls dynamiteur du PS ?

Selon Libération, le député-maire d'Evry "veut faire imploser le PS", rien de moins ...

Valls fait preuve d'un activisme soutenu depuis nos défaites électorales des mois de mai et juin. On se souvient de son refus marqué de soutenir lors du dernier Conseil National, le calendrier de la rénovation proposé par François Hollande. On se souvient de l'appel des quadras du 7 juillet dont il avait implicitement pris la tête de file avec Montebourg et Gorce. On se souvient enfin qu'il a organisé dans sa ville tout dernièrement une réunion de ces quadras pour entamer le chantier de la rénovation. Vaste chantier dont tout le monde parle comme après chaque défaite, mais dont personne ne s'accorde sur le contenu et la signification. La remise en cause collective est difficile et prendra du temps.

Malgré celà, les initiatives de Valls me semblent aller dans le bon sens, et j'aimerais y voir l'émergence d'une de ces têtes chercheuses dont le PS a besoin pour enclencher une nouvelle dynamique politique.

Je connais les qualités et les défauts de notre camarade et notamment son surnom de Manuel Valse à cause de ses positions en forme de girouette par exemple sur le TCE. Personnellement, je vois plutôt le côté positif de la chose : le pragmatisme, la quête de soi et le loyalisme affichés. Certains dénoncent l'absence de convictions et l'opportunisme. Certes, mais nos leaders y compris le plus célèbre d'entre eux, Tonton, n'ont-ils pas à diverses occasions démontré leurs capacités à changer d'opinion sur des sujets lourds. Les anathèmes lancés par François Mitterrand contre les institutions de la Vème République n'ont pas résisté aux réalités une fois arrivé au pouvoir. Etait-il sincère ? Je l'ignore. Révolutionnaire au dehors, conservateur à l'intérieur. Un classique chez les socialistes. A droite que dire de Chirac ? Bref, Valls ne serait pas le premier à avoir évolué dans ses convictions. A son âge, on peut y voir si on veut vraiment être positif une forme de maturation. Tout simplement, il y a là une marque d'intelligence, d'humanisme et de capacité à progresser en reconnaîssant la supériorité des arguments d'autrui en certaines occasions. Les plus grands esprits savent celà.

En résumé, je surveillerai avec attention et un brin de sympathie le parcours de Manuel Valls bien qu'il ne se soit pas révélé social-démocrate pur sucre, et qu'il ait eu des positions qui frisent le communautarisme. Il a par contre les pieds bien ancrés dans la réalité des villes sensibles, notamment en ce qui concerne la sécurité. Surtout il n'est pas adepte du consensus mou dont tous les socialistes disent aujourd'hui qu'il a conduit à rendre le PS comparable à la SFIO juste avant le congrès d'Epinay de 1971. Comme la SFIO sclérosée, le PS est actuellement un parti de conseillers municipaux, départementaux ou régionaux, donc des notables et des élus que beaucoup accusent d'être attachés à leurs mandats plus qu'à leurs valeurs et la protection des plus défavorisés.

Visant moi même ce type de responsabilités, je ne vais pas jeter le bébé avec l'eau du bain : il est important d'avoir un réseau d'élus connaissant les dossiers locaux. Rien ne se fait en dehors du système. A cet égard, je relis avec intérêt le livre de Rocard "si la gauche savait" où on voit bien que l'histoire ne fait que se répéter. La fin du cycle d'Epinay dont nous parlent les éditorialistes est bien une réalité. Il est temps de fonder un nouveau parti socialiste. Un nouveau nouveau PS si l'on veut. En fait ce qui doit changer, ce sont les têtes et les esprits : les leaders et les idées.

L'enjeu national mérite que l'on prépare l'alternance au sarkozysme avec l'énergie de jeunes dirigeants à notre tête plutôt qu'avec des générations qui ont échoué et qui se contenteraient du socialisme municipal ou de missions lointaines. Mais il serait vain aussi de croire qu'on pourrait se passer de l'expérience et des talents de nos anciens qui n'ont pas "juridiquement tort parce qu'ils sont minoritaires" pour reprendre le mot d'André Laignel. Etant au coeur de mes préoccupations, je sais que la préparation des projets municipaux démontre qu'on ne saurait réussir sans l'expertise et la sagacité de nos anciens.

Il est au final amusant de voir à quel point nous pouvons répliquer localement ce qui se passe au niveau national. Les enthousiasmes de débutant voisinent avec les soupirs désabusés des anciens. Mais la remise en cause est collective et tant qu'on réussira à s'indigner et à vouloir transformer la réalité sociale, l'espoir nous est permis.


Enfin une victoire aux élections ...

J'ai été habitué à perdre souvent des élections depuis fin 2006 : les primaires socialistes avec DSK, la présidentielle avec Ségolène Royal, la législative sur notre 6ème circonscription des Yvelines avec Patrick Abisseror, les législatives 2007 avec le PS.

Il n'était que temps de rompre avec cette spirale infernale de l'échec qui commencait à me miner le moral.

C'est fait depuis hier : j'ai été élu au Comité d'Entreprise de ma boite dans le collège cadres en tête de liste de l'UGICT-CGT pour la première fois. Pour faire bonne mesure j'ai aussi été réélu délégué du personnel au siège de l'entreprise où je travaille, toujours bien sûr sur une liste UGICT-CGT. Et bien réélu puisque nous progressons aux dépens de la CFDT qui reste majoritaire mais de peu. J'ai participé à cette campagne activement et je dois dire que nous avons gagné nos sièges de haute lutte, dans une entreprise de technologie où les cadres ne sont pas très favorables à l'image de syndicat de combat que porte la CGT. Il faut dire que j'ai voulu une ligne basée sur la concertation et le dialogue social dans cette campagne qui je pense nous a permis de marquer des points. Une ligne réformiste pour un syndicat actif et combatif mais pas dans l'opposition systématique.

Voilà deux mandats de trois ans qui commencent. Je vais combiner beaucoup d'activités politiques, syndicales et peut-être municipales en plus de mon travail qui est déjà très prenant. J'espère que je pourrais tout mener de front avec la même énergie et le même engagement. Il faudra sans doute arbitrer entre tout celà car les journées n'ont que 24 heures. En outre j'en ai eu la preuve par l'exemple d'autrui : passer du temps à sa vie personnelle est nécessaire pour son propre équilibre mental et physique, qui reste pour moi la priorité numéro .1 Finalement c'est aussi le gage de l'efficacité de ce qu'on cherche à réaliser.

Mais pour le coup, je suis très content de ces résultats électoraux qui marquent je le souhaite le début d'une nouvelle dynamique. Le futur proche ce sont les municipales de mars 2008 et là aussi nous (mes camarades socialistes d'Achères et moi) nourrissons des espérances collectives (et individuelles) dont je reparlerai le moment venu.


DSK au FMI

Que d'éloges pour DSK maintenant qu'il est quasiment sur la route de Washington pour le FMI ...

Les 27 pays européens qui l'ont désigné comme candidat européen à ce poste prestigieux ne se doutaient pas qu'ils allaient hâter la recomposition du paysage politique à gauche. En fait tout semble se passer sous la houlette de Nicolas Sarkozy prompt à saisir une nouvelle occasion d'embarrasser le PS.

On a néanmoins appris que c'est d'abord Jean Claude Juncker, le premier ministre luxembourgeois, qui a proposé la candidature au FMI au leader de la social démocratie française.

Finalement peu importe, le processus de désignation est en route dans un consensus et avec une rapidité étonnante. Belle reconnaissance du talent de la personne.

Personnellement je me félicite de cette issue pour de nombreuses raisons.

1. DSK n'avait manifestement plus envie de participer aux petits jeux internes du PS. Il venait de confier à Jean Christophe Cambadélis la présidence de Socialisme et Démocratie et de se retirer du bureau national.

2. DSK a mal vécu le résultat des primaires et se voyait mal servir à nouveau de lièvre à Ségolène Royal dans une course médiatique où l'image et les sondages auraient de nouveau pesé lourd. Or on sait que les français à tort ou à raison préfèrent désormais les personnalités jeunes, dynamiques et glamour. Le combat n'est pas égal dans le contexte actuel. En outre politiquement un congrès anticipé aurait sans doute conduit à porter Royal à la tête du PS. L'espace de DSK est sans doute de plus en plus étroit.

3. En 2012, DSK aura 62 ou 63 ans. Trop vieux pour beaucoup de français désormais. La rupture générationnelle est une donnée nouvelle de cette élection qui semble convaincre les français. Elle disqualifie (sauf pour les postes de "sage") tous les profils et les physiques à la Raffarin, Hollande, Juppé ... Trop ronds, trop froids, trop fripés, pas assez télégéniques. Cinq ans de plus ca compte. Pour Royal aussi ca comptera d'ailleurs. Injuste sans doute mais c'est un fait.

4. DSK compte de nombreux supporters à gauche (et aussi à droite) qui regrettent son départ au FMI. Je les rencontre partout sur le net mais finalement, les préoccupations sont somme toutes égoïstes. Qui va assumer le travail de rénovation au PS maintenant qu'il quitte la France se demande t-on ?

Eh bien tous ceux qui restent. Les jeunes, les lionceaux et les pachydermes. Qu'ils assument tous ceux qui voulaient le départ des éléphants. Comme cet étrange Montebourg qui n'a rien trouvé de plus intelligent à dire que DSK refusait l'effort de travail collectif. Comme ce trop sourcilleux 'Emmanuelli qui n' a rien trouvé de mieux à dire qu'il ne voyait pas un socialiste s'épanouir au FMI. Comme Mélenchon, Dray, Hamon ... Bref cette bande de personnages qui donne des leçons de socialisme m'écoeure un peu. Ils n'ont pas arrété de taper sur DSK et maintenant ils critiquent son départ ... Ca suffit. Personnellement je suggère à DSK : laisse tomber ce cloaque et fonce à Washington ! Mais il n'a guère besoin de moi pour savoir que c'est le bon choix.

5. Plus positif, la rénovation va devoir se faire avec de nouvelles têtes et de nouvelles idées, maintenant que le poids des éléphants s'amenuise. Kouchner, Lang, DSK, Fabius sont tous hors course. Place aux jeunes. Place aux quadras et aux trentenaires. Si ca se passe, même Royal a du souci à se faire.

En l'état actuel des choses, je ne vois pas le parti se relever rapidement sans parler de 2012. Mais je peux me tromper. Les débuts de Sarkozy sont impressionnants. Aujourd'hui je suis beaucoup moins persuadé qu'il va commettre de graves erreurs d'appréciation et perdre son sang froid. Ce type est passionné mais il est intelligent et c'est un bateleur hors pair qui réussit à mettre dans sa poche la plupart de ceux qu'il approche. Oh je sais que sa politique fiscale et sociale va privilégier les riches et les puissants, mais je ne pense pas que les soucis viendront très vite. Il évitera les écueils car il sait tenir compte de l'opinion. Il la sent. Les français le jugeront aux résultats, comme d'ailleurs on jugera l'action de DSK aux résultats. Et en prime il paraît que Sarkozy a d'ores et déjà prévu de mauvaises municipales pour la droite. Souhaitons qu'il ait raison ... mais j'ai un doute.

Le PS vit sa crise la plus sérieuse depuis longtemps. La défaite et Sarkozy l'ont considérablement affaibli. Cette épreuve de vérité est néanmoins formidable car c'est l'occasion d'un rebond et d'un renouveau. D'un côté je suis heureux que DSK trouve un poste où il pourra donner sa pleine mesure, et de l'autre je suis impatient que de nouveaux talents, une nouvelle génération puissent s'exprimer fortement au sein du PS. C'est à eux de saisir leur chance.

J'en viendrais presque à remercier Sarkozy de forcer le PS à se recomposer. Quoiqu'il arrive, bon vent Dominique. Le courant social démocrate va poursuivre sa route sans toi à sa tête mais ses idées - tes idées - forment toujours son âme, son coeur, son corps de doctrine. Et puis tu n'es pas totalement parti.

La vie de SD continue (il parait qu'on pourrait changer de nom) et je compte sur les talents de Moscovici, Cambadélis, Le Guen et les jeunes Borgel, Baumel, Urvoas pour impulser une nouvelle dynamique à notre mouvement.