Que d'éloges pour DSK maintenant qu'il est quasiment sur la route de Washington pour le FMI ...
Les 27 pays européens qui l'ont désigné comme candidat européen à ce poste prestigieux ne se doutaient pas qu'ils allaient hâter la recomposition du paysage politique à gauche. En fait tout semble se passer sous la houlette de Nicolas Sarkozy prompt à saisir une nouvelle occasion d'embarrasser le PS.
On a néanmoins appris que c'est d'abord Jean Claude Juncker, le premier ministre luxembourgeois, qui a proposé la candidature au FMI au leader de la social démocratie française.
Finalement peu importe, le processus de désignation est en route dans un consensus et avec une rapidité étonnante. Belle reconnaissance du talent de la personne.
Personnellement je me félicite de cette issue pour de nombreuses raisons.
1. DSK n'avait manifestement plus envie de participer aux petits jeux internes du PS. Il venait de confier à Jean Christophe Cambadélis la présidence de Socialisme et Démocratie et de se retirer du bureau national.
2. DSK a mal vécu le résultat des primaires et se voyait mal servir à nouveau de lièvre à Ségolène Royal dans une course médiatique où l'image et les sondages auraient de nouveau pesé lourd. Or on sait que les français à tort ou à raison préfèrent désormais les personnalités jeunes, dynamiques et glamour. Le combat n'est pas égal dans le contexte actuel. En outre politiquement un congrès anticipé aurait sans doute conduit à porter Royal à la tête du PS. L'espace de DSK est sans doute de plus en plus étroit.
3. En 2012, DSK aura 62 ou 63 ans. Trop vieux pour beaucoup de français désormais. La rupture générationnelle est une donnée nouvelle de cette élection qui semble convaincre les français. Elle disqualifie (sauf pour les postes de "sage") tous les profils et les physiques à la Raffarin, Hollande, Juppé ... Trop ronds, trop froids, trop fripés, pas assez télégéniques. Cinq ans de plus ca compte. Pour Royal aussi ca comptera d'ailleurs. Injuste sans doute mais c'est un fait.
4. DSK compte de nombreux supporters à gauche (et aussi à droite) qui regrettent son départ au FMI. Je les rencontre partout sur le net mais finalement, les préoccupations sont somme toutes égoïstes. Qui va assumer le travail de rénovation au PS maintenant qu'il quitte la France se demande t-on ?
Eh bien tous ceux qui restent. Les jeunes, les lionceaux et les pachydermes. Qu'ils assument tous ceux qui voulaient le départ des éléphants. Comme cet étrange Montebourg qui n'a rien trouvé de plus intelligent à dire que DSK refusait l'effort de travail collectif. Comme ce trop sourcilleux 'Emmanuelli qui n' a rien trouvé de mieux à dire qu'il ne voyait pas un socialiste s'épanouir au FMI. Comme Mélenchon, Dray, Hamon ... Bref cette bande de personnages qui donne des leçons de socialisme m'écoeure un peu. Ils n'ont pas arrété de taper sur DSK et maintenant ils critiquent son départ ... Ca suffit. Personnellement je suggère à DSK : laisse tomber ce cloaque et fonce à Washington ! Mais il n'a guère besoin de moi pour savoir que c'est le bon choix.
5. Plus positif, la rénovation va devoir se faire avec de nouvelles têtes et de nouvelles idées, maintenant que le poids des éléphants s'amenuise. Kouchner, Lang, DSK, Fabius sont tous hors course. Place aux jeunes. Place aux quadras et aux trentenaires. Si ca se passe, même Royal a du souci à se faire.
En l'état actuel des choses, je ne vois pas le parti se relever rapidement sans parler de 2012. Mais je peux me tromper. Les débuts de Sarkozy sont impressionnants. Aujourd'hui je suis beaucoup moins persuadé qu'il va commettre de graves erreurs d'appréciation et perdre son sang froid. Ce type est passionné mais il est intelligent et c'est un bateleur hors pair qui réussit à mettre dans sa poche la plupart de ceux qu'il approche. Oh je sais que sa politique fiscale et sociale va privilégier les riches et les puissants, mais je ne pense pas que les soucis viendront très vite. Il évitera les écueils car il sait tenir compte de l'opinion. Il la sent. Les français le jugeront aux résultats, comme d'ailleurs on jugera l'action de DSK aux résultats. Et en prime il paraît que Sarkozy a d'ores et déjà prévu de mauvaises municipales pour la droite. Souhaitons qu'il ait raison ... mais j'ai un doute.
Le PS vit sa crise la plus sérieuse depuis longtemps. La défaite et Sarkozy l'ont considérablement affaibli. Cette épreuve de vérité est néanmoins formidable car c'est l'occasion d'un rebond et d'un renouveau. D'un côté je suis heureux que DSK trouve un poste où il pourra donner sa pleine mesure, et de l'autre je suis impatient que de nouveaux talents, une nouvelle génération puissent s'exprimer fortement au sein du PS. C'est à eux de saisir leur chance.
J'en viendrais presque à remercier Sarkozy de forcer le PS à se recomposer. Quoiqu'il arrive, bon vent Dominique. Le courant social démocrate va poursuivre sa route sans toi à sa tête mais ses idées - tes idées - forment toujours son âme, son coeur, son corps de doctrine. Et puis tu n'es pas totalement parti.
La vie de SD continue (il parait qu'on pourrait changer de nom) et je compte sur les talents de Moscovici, Cambadélis, Le Guen et les jeunes Borgel, Baumel, Urvoas pour impulser une nouvelle dynamique à notre mouvement.
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