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juin 2007

Les éléphants sont fatigués

Que faut-il comprendre en voyant DSK et Fabius se retirer du bureau national du PS ?

La relève générationnelle est-elle à l'oeuvre ou est ce une manoeuvre pour revenir plus tard par une autre porte ?

Difficile de répondre, mais je pense que les analyses de nos leaders sont différentes. DSK a toujours eu une réputation de dillettante, pas totalement assoiffé de pouvoir, plutôt poussé par ses amis que par une ambition dévorante. S'il prend du recul c'est peut-être aussi pour envisager d'autres sources de plaisir terrestres différentes de la conquête du pouvoir ou de la célébrité. Après tout quinze ans ou vingt ans de caméras, de journalistes, de meetings, d'interviews, ca peut user, lasser. Surtout si on peut vivre confortablement et autrement. Mais c'est aussi le sentiment d'avoir été trop séchement battu en novembre dernier qui peut le tarauder.

Je crois que DSK se met réellement en réserve de la république. Et qu'il va commencer par recharger ses accus avec d'autres objectifs que 2012. Il n'abandonne pas le champ politique mais il abandonne le premier plan. Au moins un certain temps. Et peut-être définitivement si la foi n'y est plus. Juste une intuition.

Chez Fabius qui est un animal politique hors pair, un excellent tacticien, avec du flair mais malheureusement une popularité toujours en berne, je crois que c'est plus compliqué. Il voudra probablement saisir toute opportunité de revenir, mais je ne pense pas qu'il ait perçu à sa juste mesure la lassitude et jusqu'à un certain point le rejet que sa personnalité engendre. C'est injuste mais c'est comme ça. Pour Juppé aussi c'est la fin d'un parcours de plus de vingt ans.

La nouveauté c'est toujours Royal ? Non elle n'est plus neuve. Mais aux yeux de nombreux militants elle reste la seule planche de salut. La période d'absence de leadership continue. Jamais elle ne s'est réellement refermée depuis le départ de Jospin.

Les années Sarkozy commencent. Les éléphants se retirent. La vie continuera autrement. D'ailleurs la vie trouve toujours son chemin.

PS : j'ai changé de photo sur mo blog. Je ne la trouve pas meilleure, mais j'avais besoin de changer. Pour moi aussi les années passent. Je vais essayer de bronzer pendant ces vacances pour faire meilleure figure ... et pour me reposer. Les aiglons aussi sont fatigués. Bonnes vacances à tous.


Sarkozy pris en tenailles sur le dossier européen

Les négociations actuellement en cours avec les pays membres de l'Union Européenne sont difficiles. Nicolas Sarkozy tente de faire passer son "mini-traité" notamment à quatre pays qui n'ont pas vraiment envie de le suivre dans sa démarche : la Pologne, la République Tchèque, les Pays-Bas et bien sûr le Royaume Uni.

Angela Merkel la chancelière allemande n'est pas la dernière à essayer de trouver une solution face aux coriaces polonais. Je prends le pari que ce sont les anglais qui seront les plus difficiles à convaincre et uniquement s'ils sont isolés. Ce front extérieur est délicat à manoeuvrer, mais Sarkozy a des alliés puissants avec les allemands, les italiens et les espagnols qui veulent avancer.

Par contre, en cas de succès de ces négociations, il restera encore à faire valider par le parlement français ce nouveau traité simplifié puisque Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il ne ferait pas de nouveau référendum.

Et c'est là que le résultat du deuxième tour des législatives prend tout son sens. Le fait que la révision constitutionnelle ne peut se faire que par une majorité des 2/3, obligera le président à tenir compte de l'avis de l'opposition.

Ce dossier crucial montre à quel point il était important de ré-équilibrer les pouvoirs en donnant un maximum de voix aux socialistes et aux autres partis de gauche. L'opinion de 47% des français (et même 54% si on se souvient du résultat du référendum) ne passera pas par pertes et profits.

Le front intérieur sera donc une deuxième phase du combat pour l'Europe. Sarkozy pourra peut-être compter sur une division de l'opposition sur ce sujet qui avait déjà déchiré la gauche en son temps et sur un appui populaire qui avait manqué à Jacques Chirac en 2005.

Pas de répit pour le nouveau président. Certains parlent déjà de la fin de l'état de grâce. Mais comme on a l'impression que Sarkozy aime ça, ces défis et ces combats permanents, on ne le plaindra pas. En tout cas on observera attentivement la façon dont il se sortira ou non de toutes ces négociations. Il aurait été intéressant de voir ce qu'aurait fait Ségolène Royal si elle avait été élue, mais on ne le saura pas. On peut néanmoins légitimement se demander si elle croyait à ce que proposait le programme socialiste en la matière. Sa critique des 35 heures généralisées et du SMIC à 1 500 euros après la défaite n'est pas très habile pour réhabiliter la parole socialiste et pour démontrer une façon "différente" de faire de la politique. Si elle se sentait corsetée par le projet, que n'a t-elle pris sa liberté comme elle l'avait fait lors de l'investiture ? Mais je me détourne du sujet principal.

Le challenge est surtout pour la gauche de passer d'une stratégie d'opposition frontale - pour tout dire à front de taureau, stupidement manichéenne - à une opposition constructive et maitrisée sur fond de bataille de leadership interne. Tous les acteurs ou presque (au revoir Juppé) sont à leur place pour que la politique soit ce qu'elle doit être avant tout : un espace de débat d'idées et de projets avec pouvoir et contre-pouvoir. Notre démocratie fonctionne mieux quand elle est équilibrée. C'est l'intelligence des français que d'avoir permis finalement cet exercice contrôlé du pouvoir. Après tant de déceptions pour la gauche, on se consolera avec ce sentiment que la France ne s'est pas abandonnée à Bonaparte.


DSK et l'envie partagée de se mettre au vert.

Sondage: DSK favori à la tête du PS

Dominique Strauss-Kahn serait le meilleur Premier secrétaire du Parti socialiste pour 62% des Français, devançant ainsi Bertrand Delanoë (49%) et Ségolène Royal (34%), selon un sondage Opinion Way pour Le Figaro et LCI rendu public jeudi. Parmi les électeurs ayant voté pour la candidate socialiste lors du premier tour de la présidentielle, la tendance s'inverse: elle arrive en tête (66%), devant "DSK" (60%) et le maire de Paris (53%). Le sondage a été réalisé les 20 et 21 juin par internet auprès d'un échantillon de 908 personnes.

Et le Figaro en remet une couche :

La conquête du PS par Ségolène Royal ne sera pas une promenade de santé. Du moins si les militants socialistes qui désigneront en 2008 le successeur de François Hollande se fient à l’avis des Français, interrogés par OpinionWay pour Le Figaro et LCI.

Selon cette enquête, seuls 34% des Français estiment que l’ex-candidate socialiste «ferait une bonne première secrétaire» du PS. Elle n’arrive qu’en troisième position, derrière Dominique Strauss-Kahn, plébiscité par 62% des sondés, et Bertrand Delanoë (49%).

DSK plébiscité par les électeurs de droite En tête de notre sondage, Dominique Strauss-Kahn obtient ses meilleurs scores auprès des Français ayant voté François Bayrou (66%), Nicolas Sarkozy (71%) et Jean-Marie Le Pen (72%). Les électeurs de Ségolène Royal au premier tour préfèrent leur championne (66% contre 60%). En revanche, ceux qui ont voté pour la candidate socialiste au second choisissent tout de même DSK (56% contre 54%).

Autre question posée aux sondés, l’impact de l’annonce de la rupture entre Royal et Hollande sur leur opinion des deux personnalités. Le verdict est unanime : les Français se désintéressent des questions de vie privée, qui ne changent pas leur opinion de Ségolène Royal (77%) ni de François Hollande (84%). 16% seulement ont «une moins bonne opinion» de l’ex-candidate, 12% de son ex-compagnon.

Enfin, les nouveaux ministres du second gouvernement Fillon sont diversement appréciés des Français. La nomination de Jean-Louis Borloo à l’écologie est plutôt «une bonne chose» (65%), tandis que le socialiste Jean-Marie Bockel, nommé secrétaire d’Etat à la Coopération et la Francophonie, ne reçoit que 39% d’opinions favorables.

D'autres news ...

DSK démissionnera du bureau du PS à la rentrée L'ExpresS

DSK veut faire “la place aux jeunes” Metro France

J'espère que DSK ne va pas prendre du recul mais bien de la hauteur. Au vu des coups de massue que lui ont infligé certains "camarades" tous ces derniers temps, j'ai peur qu'il en ait plus que marre des joutes internes. La dernière réunion interne SD l'a démontré mardi.

La tentation de laisser passer un peu de temps est grande. Et moi aussi j'en ai un peu assez comme il l'a dit de ces réunions, "où on passe deux heures à déplacer une virgule, sur un communiqué que personne ne lira". J'en ai fait récemment l'expérience. Ca va un moment les discussions où on se regarde le nombril, où on n'avance pas d'un pouce parce que certains jugent urgent de ne rien faire, parce que les seuls projets proposés ne leur plaisent pas ou ne viennent pas d'eux ou pour je ne sais quelle raison de procédure.

Comme dans toutes les mauvaises organisations, les archaïques et les conservateurs se protègent avec des règles internes désuètes ou interprétées à l'extrême. En d'autres occasions ils ne se privent de bafouer les règles quand ca les arrange (je pense aux fabiusiens). Tout semble fait pour que rien ne bouge dans cette boutique. Et surtout que pas une tête ne dépasse. Quel pataquès pour simplement rédiger et signer un article ! Je crois que le syndrome des Verts a frappé le PS.

Il semble que d'autres l'ont compris avant moi, comme le sénateur maire Bockel qui vient de rejoindre le gouvernement.

Tiens, j'ai bien envie moi aussi prendre un peu de recul, de me mettre au vert. D'ailleurs c'est bientôt les vacances. Après tout on a cinq ans de grand bleu devant nous ...


Une scission en dernier ressort ?

Voilà la meilleure nouvelle de la journée et elle m'avait complètement échappée.

Mélenchon pense à divorcer du PS.

Bravo ! Qu'il aille au bout de son idée. Qu'il emmène avec lui ceux qui ont une vision étatiste de la gauche, ceux qui pensent qu'il faut interdire les licenciements, qu'il faut nationaliser les entreprises en faillite, qu'il faut dire non à l'Europe forcément "ultra-libérale", en résumé qu'il faut dépasser la social-démocratie.

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Offrez vous quelques roses pour éviter d'avoir trop de bleus

Colporteur Dimanche, c'est la fête des pères. C'est surtout le dernier tour de scrutin en 2007. Sachez le bien, les cinq ans à venir en dépendent.

Je sais que tout le monde est saturé de politique, de discours, de tracts, de slogans, ... mais là il est question d'avenir. De notre avenir.

Alors s'il vous plait : prenez le temps dimanche de voter une dernière fois. Faites un petit effort. Et votez pour ne rien regretter.

Messieurs offrez des roses rouges, blanches, vertes, oranges, roses. Peu importe mais évitez les fleurs bleues, elles fânent très vite.

Mesdames offrez vous un bouquet. Faites vous plaisir. Puis envoyez la facture 10, rue de Solferino, Paris 7ème aux bons soins d'Aiglon militant du parti socialiste à Achères (78) ... ;-)

Vous éviterez sûrement quelques bleus à l'âme et la transformation de nos dernières roses en couronnes mortuaires avec la mention "regrets éternels".

PS : surtout ne croyez plus aux sondages qui vous disent que tout est plié, la preuve en novembre 2006 souvenez vous ...

Aavote   


Un vote de coeur et de raison

CoeurraisonDemain, tout le monde le sait, c'est le premier tour des élections législatives. A quoi bon disent certains, eh bien si il faut aller voter et en masse. Pour les candidats du Parti Socialiste au premier tour, pour les démocrates et les progressistes qui seront présents au second tour.

Il faut aller voter pour faire son devoir civique certes mais aussi pour dire que la gauche n'a pas perdu son coeur et sa raison dans cette troisième bataille présidentielle de suite que gagne la droite.

Son coeur ? Parce que ceux qui y ont crû jusqu'au bout et y ont mis du coeur justement méritent qu'on les encourage jusqu'à la dernière minute. C'est ce que nous avons fait localement jusqu'au dernier instant à coups de tracts, d'affiches, de rencontres avec des français. Il ne sera pas dit que nous n'aurons pas fait notre travail militant en manquant à nos engagements. Ceci dit c'est vrai que certains militants de bazar y ont manqué gravement. Et j'y inclue aussi bien des néo militants qui sont venus désigner une candidate populaire pour disparaitre ensuite, en somme des amateurs que des militants chevronnés mais perdus dans des calculs ou des critiques insultantes et déplacées, quasiment pathologiques.

Sa raison ? Difficile d'en trouver dans ce trop long combat de plus de six mois. La raison a fait gravement défaut au sein du parti lorsqu'il s'est agi de choisir un programme puis un candidat, puis une stratégie de campagne. On a marché en dépit du bon sens, perdant une bataille imperdable par aveuglement et déraison. J'en veux énormément à ceux qui dirigent le parti socialiste pour ce combat d'amateurs qu'ils nous ont fait mener. Je déteste l'amateurisme et par dessus tout l'échec. Surtout quand ils sont évitables et cette catastrophe l'était largement. Mais la raison commande de refonder la gauche sur des bases nouvelles aussi bien théoriques que pratiques. A commencer par restaurer une culture de la victoire, car il n' y a rien de pire que de perdre à répétition, on s'y habitue. On met parfois vingt ans à s'en relever.

Demain pour éviter que la défaite se transforme en Bérézina, je demande à tout le monde d'aller voter pour donner les moyens à la gauche de se remettre au travail et se rénover sans tarder. Je ne crois pas aux défaites prometteuses mais je crois qu'il y a des défaites qui écrasent : 2002 nous a brisé le coeur, 2007 a défié la raison. Pour rompre cette spirale de l'échec, il ne faut pas faire plaisir aux malfaisants et opportunistes de tous bords en leur laissant la place : la vie continue et donc le combat politique aussi.