Je dis ce que je fais, je fais ce que je dis.
Cette phrase est attribuée généralement à Lionel Jospin. On s'est beaucoup moqué du même Jospin qui au soir de la défaite du 21 avril avait dit qu'il abandonnait la politique, mais se réservait un droit de parole.
Il a tenu parole Lionel. Jamais il ne s'est représenté aux suffrages des militants et de nos concitoyens, même si la tentation et les appels ont été nombreux. Pourquoi ne pas parodier les militants ségolistes venus l'autre jour au dernier Conseil National avec une banderole où il était marqué 'Gloire à nos dirigeants qui font bloc avec Ségolène !". Puisque le PS ne craint plus le ridicule, avec "des méthodes à mi-chemin entre le "parti communiste chinois et le Pentecôtisme", (cf Razzye Hammadi), alors moi je dis : "Gloire à Lionel Jospin !".
Cette gloire je suis néanmoins tenté de ne pas l'attribuer tout de suite à Ségolène Royal qui disait dans Libération ce qu'elle ferait :
Et dans les faits, la réponse qui s'en est suivie une semaine après la défaite - pardon la non victoire - toujours dans Libération :
"Il faut que le candidat ou la candidate soit désigné beaucoup plus tôt, qu'il ne soit pas épuisé dans des querelles et conflits internes", a plaidé la candidate malheureuse à la présidentielle, moins d'une semaine après sa défaite face à Nicolas Sarkozy.
"Les fondamentaux de la société française telle que je l'avais comprise depuis longtemps ont été contestés même à l'intérieur du PS donc ça a déséquilibré la campagne", a-t-elle affirmé, soulignant : "J'ai toujours eu, subi des critiques si ce n'est des trahisons".
Donc si on comprend bien Ségolène Royal, le parti était rassemblé en ordre de marche, mais finalement ce n'était pas le cas. Elle avait toujours un socialiste dans le dos et dans le collimateur. Conclusion : si défaite il y a, c'est bien à cause de celà, encore et toujours la faute des éléphants.
Est ce vraiment ainsi qu'on assume ses responsabilités ? A priori oui. Il suffit d'avoir le culot nécessaire et l'approbation de l'opinion. La remise en cause personnelle est devenue superflue. Simple comme un coup de fil qu'elle n'a jamais passé le lendemain du 16 novembre 2006.
L'éditorial de Laurent Joffrin toujours dans Libération résume parfaitement mon sentiment actuel dans son introduction "le cauchemar des éléphants est sans fin" et dans sa conclusion "il y a un moment où les batailles d'ego doivent passer au second plan."
Pour terminer sur une pointe d'humour, une petite pique. Une gentille piquette comme celle qu'on boit les soirs de déprime. J'ai lu dans les commentaires dans Libé cette phrase qui m'a fait sourire : Après 2002, si le Parti Socialiste en 2007 avait désigné une mule, j'aurais voté pour une mule.
Mule ? Amusant. Ca m'a fait penser non pas à l'animal - trop désobligeant - mais aux mules, aux pantoufles, donc aux charentaises. Ahh c'est ça ... Et alors me direz vous, quel rapport ? Eh bien savez vous comment on traduit mules en espagnol ? Ca se dit "zapatilla" !
En 2007, certains ont voté pour la "zapaterra" et d'autres pour la "zapatilla". Et en 2012, je prends le pari : on recommence avec la charentaise lumineuse ! Humour vous dis je. Juste un peu d'humour ... Je peux bien (me) faire la tête de Zapatilla de temps en temps ;-)
