La campagne prend une nouvelle tournure avec les appels de Michel Rocard et Bernard Kouchner à une alliance PS - UDF. Voilà qui complique un peu plus la donne de cette élection dont vraiment personne ne peut prédire l'issue.
DSK interrogé sur cette question a souligné qu'il faudrait bien réunir un front anti-Sarkozy ... au deuxième tour.Il a raison. Si on en croit les derniers sondages, c'est le duel attendu Ségo-Sarko qui se profile, et il faut quoiqu'il arrive, se préoccuper de savoir ce que l'on va dire le soir du 22 avril. Il semble que Ségolène Royal voulait attendre cette date pour se prononcer.
Ces questions sont des questions "politiciennes" d'alliances dont notre candidate voudrait bien s'extirper comme elle a voulu se dégager des contraintes du parti socialiste. Après la vraie fausse nouvelle du sondage des RG d'hier, cette dernière semaine de campagne se place loin des questions de fond qui intéressent les français, notamment le pouvoir d'achat et l'emploi.
Ce matin, avec quelques camarades nous sommes allés tracter sur le marché d'Achères. Les communistes - qui gèrent la ville - étaient déjà là. Quand ils nous ont vu arriver, ils nous ont interpellé comme des sociaux-traitres prêts à rompre les alliances. Naturellement, ils auraient tout à perdre d'une telle recomposition du paysage politique. Au bout d'un moment, le plus virulent a fini par dire qu'il faudrait que la direction du PS se prononce radicalement contre ces propos et Rocard en a pris pour son grade, dans une dernière bordée de vitupérations. Passons.
Dans les échanges avec les gens, ce sujet n'est jamais venu sur le tapis. Naturellement ce sont bien les préoccupations quotidiennes qui revenaient fréquemment. Ce que j'ai entendu ce matin, c'est une forme d'indignation répétée contre l'assistanat. Beaucoup de gens simples et modestes sont indignés par les "avantages" proposés aux rmistes, aux malheureux de notre société, qui se satisfont parfaitement de leur sort de leur point de vue. Trop de gens profitent du système sans avoir besoin de travailler. Combien de fois n'ai je entendu ca ce matin ? Dans une ville de gauche ? Et pourtant pour connaitre des gens dans le besoin, je peux certifier qu'on ne vit pas "bien" avec le RMI. On survit. On se contente de peu mais on n'a pas envie d'y rester. Certes il peut y avoir des cas particuliers, des gens qui se sentent trop cassés par la vie pour avoir envie de rebondir, de refaire des efforts. Ces personnes découragées et brisées que doit on en faire ? Les abandonner à leur sort ? Non bien sûr. Et le but est bien de faire en sorte que les gens ne restent pas en situation de dépendance et d'assistance. C'est bien ce que propose Ségolène Royal en remettant les gens au travail. Elle parle d'une société de droits et de devoirs, de donnant-donnant. J'ai eu l'impression que ces arguments simples ont fait réfléchir les gens à qui je m'adressais, car ces personnes de gauche qui se disaient indécises et ne voulaient pas voter Royal, atténuaient progressivement leurs reproches. Retournées ? Je ne sais pas, mais au moins dans l'isoloir le vote Royal ne sera pas exclus d'office.
Une dernière remarque qui m'a fait plaisir. Sans que je lui en parle une dame de 78 ans m'a dit que le PS aurait du désigner DSK comme candidat, et ce pour une raison qui m'a paru simple comme bonjour. Aucun candidat n'a dit selon elle, comment il comptait tenir ses promesses. Le pourquoi des promesses est clair mais le comment ne l'est pas, surtout le financement. Cette charmante dame m'a dit qu'avec DSK comme premier ministre elle serait rassurée, car lui saurait comment s'y prendre. Elle m'a même demandé de le faire savoir en haut lieu !
Cette anecdote véridique me conduit à conclure cette note par mon appel personnel : Ségolène, si tu me lis, et si tu veux être élue, pense à DSK dans ton futur gouvernement !
