Comme le remarque JM Aphatie dans son blog, seuls deux instituts de sondage IPSOS et Sofres ont bien appréhendé le rapport de forces du premier tour. En deuxième ligne on peut mettre BVA et l'IFOP, et en queue de peloton CSA qui à force de vouloir être en avance de l'opinion, a fini par se prendre les pieds dans le tapis.
D'où l'intérêt qu'il y a à examiner les sondages de deuxième tour issus des deux premiers de la classe en 2007 (en 2002, c'est BVA qui avait le moins mal analysé la montée de Le Pen).
Et là, aucun doute : les sondages du deuxième tour réalisés le soir du premier tour, donnent une avance de huit points à Nicolas Sarkozy, donc un score de 54 à 46 en faveur de Sarkozy.
Pierre Giacometti, le directeur d'IPSOS a rappelé hier soir dans une émission sur france 5 que jamais les sondages de 2nd tour ne se sont trompés sur le vainqueur lors des précédentes présidentielles. Donc Nicolas Sarkozy, sauf énorme surprise, sera le prochain président de la République française. Le président Sarkozy, rien que de le dire, ça me fait mal pour mon pays.
La gauche est électoralement basse en France depuis des mois maintenant. Autour de 36,5% dont 26% pour le seul PS. Tout s'est passé comme si la campagne qui vient de se dérouler n'avait absolument pas fait bouger les lignes pour la gauche. Elle est restée à ce niveau historiquement faible sans autre résultat que de produire du vote utile pour Ségolène Royal, laminant tous les autres candidats.
Si le but était de se qualifier à tout prix, c'est réussi, mais si le but était de gagner l'élection en 2007, c'est perdu. Le devoir de victoire s'est transformé en devoir de qualification pour le deuxième tour. Royal a obtenu un bon score améliorant de deux points le score de Jospin + Taubira + Chevènement en 2002.
J'appelais de mes voeux hier un changement de stratégie pour donner un signal fort aux électeurs bayrouistes. Il y eut donc ce coup de fil hier que j'imagine ainsi : "Salut François (tu sais que tu as un beau prénom !), dis moi ce serait sympa de se voir depuis tout ce temps. Tiens et si on se faisait un chat sur internet ? Juste toi et moi et quelques un de nos amis. On pourrait parler de mon pacte. Tu es d'accord ? Allez je t'embrasse ".
Improbable ? Non mais alors pourquoi Marielle de Sarnez a-t-elle pouffé de rire dit-on, quand elle a entendu le message, le vrai. Un signe fort qui entraîne une forte envie de rire, ce n'est pas un bon signe.
Trop tard semble-t-il. Rocard, Kouchner et très proche d'eux DSK ont subi les foudres des ayatollahs socialistes quand ils ont osé évoquer des discussions avec Bayrou. Mais maintenant c'est différent. Ces chers centristes, ont avec nous des points de convergence, des sensibilités humanistes, des incompatibilités communes avec le clan Sarkozy. C'est donc celà la nouvelle façon de faire de la politique ? Qui va croire qu'on change la donne ? Parce que Jean-Louis Bianco, la main sur le coeur, le certifie sur France 2, opposé à François Fillon hier soir, tous deux présentés comme de futurs premiers ministrables ? Et DSK, il ne pouvait pas dire la même chose en mieux, en plus crédible ? D'ailleurs pourquoi ne l'a t-il pas dit lui même ?
Non, depuis dimanche soir je vois les choses simplement (et tristement je dois le dire) :
1er coup : le rapport de forces est établi en faveur de Sarkozy. Il lui suffit de ne rien dire ou presque. Juste un peu de sécurité économique et sociale pour le principe. La dynamique est de son côté.
2ème coup : non décidémment non, Ségolène Royal ne fera pas appel à DSK en tant que premier ministre. Elle préfère rencontrer Jacques Delors, faire monter au front Lang et Bianco, les quadras Montebourg et Peillon. Les voix bayrouistes iront s'égayer ailleurs comme elles ont déjà quitté notre camp. Un seul coup était possible pour faire le pont avec Bayrou : jouer la pièce la plus forte de son jeu DSK. D comme Dame.
J'en ai assez. Quitte à être taxé de défaitiste, je ne suivrais pas DSK cette fois ci quand il dit "la victoire est possible". Non Dominique, j'en ai assez fait. J'ai été loyal et toi aussi, jusqu'à la nausée. Là quelque chose s'est cassé. Cette campagne est perdue. Nous sommes échec et mat en deux coups, et je ne vois pas comment Sarkozy pourrait ne pas le voir. Encore un débat, une ou deux discussions, un dernier bulletin de vote pour Royal et passons à autre chose.
PS : pour ceux qui cherchent la solution au problème ci-dessus, c'est : 1. Ff2, 1. ..Rb4, 2. Dd6.
On l'aura compris, c'est la DAME qui donne le mat, mais il faut d'abord jouer un coup de FOU.
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