Avec les échauffourées de la Gare du Nord, la campagne se retrouve aimantée par un nouveau thème, celui de la sécurité ! A croire que 2002 ne nous a pas suffi. Voilà toute la France médiatico-politique plongée de nouveau dans les affres du danger "jeunes délinquants". Un hasard de la campagne j'imagine, ou du moins c'est ce que je préfère imaginer.
Il est toujours difficile de prendre du recul dans ces questions qui mèlent peurs irrationnelles et véritables craintes d'agressions de toutes natures. Mais il faut savoir la société que l'on souhaite.
Pour ma part, je suis pour la fermeté proportionnée à la gravité des actes commis. Un simple fraudeur de transports en commun n'aurait jamais dû entrainer un tel déploiement de forces de l'ordre. La police a débordé de son rôle et un pétage de plombs général en a découlé. Cependant, je suis toujours effaré par les bonnes âmes qui trouvent de bonnes excuses aux délinquants soi-disantes victimes du système. Le Pen est le seul à en tirer partie. Les pleureuses de gauche m'ont toujours exaspéré tant elles ne se rendent pas compte du rejet de ces justifications dans la population. Tu casses, tu payes, c'est le simple bon sens populaire. Cette gauche de la gauche nous cause un tort invraisemblable.
La question de la sécurité préoccupe les français, moins qu'en 2002 mais elle est présente dans les quatre sujets principaux. Posons un principe : quand on souhaite traiter un problème à la racine, il faut éviter de réagir à chaud. Facile à dire, la campagne électorale étant dans toutes les têtes, cet évitement s'avère impossible. Aussi bien chez Sarkozy que chez Royal et les autres, les équipes de campagne se sont emparées de ce fait divers pour marquer les oppositions.
Je n'ai pas aimé les réactions du PS et notamment de Julien Dray sur ces questions. J'aurais préféré qu'on n'instrumentalise pas la question d'une émeute comme s'il s'agissait de dénoncer un état policier. La tentation de pointer un échec de Sarkozy a été trop forte, mais attention danger maximal, on s'avance sur le terrain de l'adversaire et de nos propres échecs. Royal a eu raison de rester dans le registre minimum. Bayrou n'a quasiment pas évoqué la question. Pour la suite de la campagne, restons sur le terrain social, avancons nos propositions économiques. C'est là et uniquement là que nous pourrons gagner.
