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mars 2007

Un virage social-démocrate

Segolne3_3Ségolène Royal a tenu un discours économique à cent lieues des canons socialistes devant le magazine Challenges.

J'ai relevé cette phrase extraordinaire : « Je dis aux entreprises : faites des profits, il n’y a pas de honte à faire des bénéfices. Il faut sortir de cette idéologie ­punitive du profit. Mais à deux conditions : que l’argent soit honnêtement gagné, et qu’il soit correctement redistribué. Je vous dis à vous patrons : faites autant de bénéfices que vous voulez, mais garantissez-nous en contrepartie un dialogue social de qualité. »

Voilà qui démontre que Ségolène Royal a compris que ce sont les "bobos", les sympathisants appartenant aux classes moyennes et supérieures qu'il fallait reconquérir. Ceux qui de fait allaient le plus vers François Bayrou, ceux qui voulaient et veulent encore soutenir le béarnais pour "éviter de faire réac".

La question est cruciale : sommes nous en face d'une habileté tactique ou d'un virage stratégique ?

S'agit-il de donner des signes ponctuels à un électorat troublé par le manque d'attention aux classes moyennes ou est ce une vraie conviction ? J'ai envie de croire à l'émergence d'une vraie modernité et pour m'en convaincre totalement j'attends le relais de ce message par l'équipe de campagne. J'apprécierais que DSK lui même souligne publiquement ce changement. Pour marquer le coup et éviter qu'on dise comme le relèvent certains commentateurs, que le discours semble parfois contradictoire.

Je souhaite ardemment que ce tournant soit affiché et assumé, notamment qu'il trouve une traduction dans l'annonce d'un futur gouvernement de gauche sociale-démocrate. Pour moi si elle se confirme c'est une véritable bombe silencieuse qui vient d'éclater au sein de cette campagne. Dans le même esprit l'affichage avec DSK et Kouchner au premier rang du dernier grand jury RTL me fait espérer un réel vent de rénovation.

En tout cas, les sondages montrent une stabilité de Royal, une baisse de Bayrou et une légère montée de Besancenot. Exactement le scénario de ré-équilibrage que j'espérais il y a quelque temps : les vases communicants dans ce sens là ne me gênent pas avec un total gauche au premier tour qui se rapproche des 40%. Encore trois points à gagner pour gravir la montagne ! Mais en persistant dans ce sens, Royal déjouerait le piège qui menace toujours les socialistes : tenir un discours radical dans l'opposition et avoir une pratique gestionnaire au pouvoir. La bonne surprise serait que le discours rejoigne enfin la pratique.


L'insécurité de retour

Avec les échauffourées de la Gare du Nord, la campagne se retrouve aimantée par un nouveau thème, celui de la sécurité ! A croire que 2002 ne nous a pas suffi. Voilà toute la France médiatico-politique plongée de nouveau dans les affres du danger "jeunes délinquants". Un hasard de la campagne j'imagine, ou du moins c'est ce que je préfère imaginer.

Il est toujours difficile de prendre du recul dans ces questions qui mèlent peurs irrationnelles et véritables craintes d'agressions de toutes natures. Mais il faut savoir la société que l'on souhaite.

Pour ma part, je suis pour la fermeté proportionnée à la gravité des actes commis. Un simple fraudeur de transports en commun n'aurait jamais dû entrainer un tel déploiement de forces de l'ordre. La police a débordé de son rôle et un pétage de plombs général en a découlé. Cependant, je suis toujours effaré par les bonnes âmes qui trouvent de bonnes excuses aux délinquants soi-disantes victimes du système. Le Pen est le seul à en tirer partie. Les pleureuses de gauche m'ont toujours exaspéré tant elles ne se rendent pas compte du rejet de ces justifications dans la population. Tu casses, tu payes, c'est le simple bon sens populaire. Cette gauche de la gauche nous cause un tort invraisemblable.

La question de la sécurité préoccupe les français, moins qu'en 2002 mais elle est présente dans les quatre sujets principaux. Posons un principe : quand on souhaite traiter un problème à la racine, il faut éviter de réagir à chaud. Facile à dire, la campagne électorale étant dans toutes les têtes, cet évitement s'avère impossible. Aussi bien chez Sarkozy que chez Royal et les autres, les équipes de campagne se sont emparées de ce fait divers pour marquer les oppositions.

Je n'ai pas aimé les réactions du PS et notamment de Julien Dray sur ces questions. J'aurais préféré qu'on n'instrumentalise pas la question d'une émeute comme s'il s'agissait de dénoncer un état policier. La tentation de pointer un échec de Sarkozy a été trop forte, mais attention danger maximal, on s'avance sur le terrain de l'adversaire et de nos propres échecs. Royal a eu raison de rester dans le registre minimum. Bayrou n'a quasiment pas évoqué la question. Pour la suite de la campagne, restons sur le terrain social, avancons nos propositions économiques. C'est là et uniquement là que nous pourrons gagner.


Royal l'africaine

Segoleneroyalaecopole3Tout le monde sait que Ségolène Royal, fille de militaire est née en Afrique, à Dakar au Sénégal.

Est ce la raison qui pousse les français d'origine africaine à la plébisciter dans un sondage paru dans le Monde ? Peut-être mais on peut aussi penser que les français d'origine Maghrebine ou sub-saharienne ne se laissent pas influencer comme nombre de bourgeois bohêmes ou gauchistes patentés par l'image catholique et réactionnaire qu'on attribue à la dame.

Ces français faisant partie des plus pauvres, des plus discriminés et des plus ghettoïsés ne se posent pas de question quand ils choisissent à 57% (!) au premier tour, la candidate socialiste.

Loin des débats ésotériques sur le "plus rouge que moi tu meurs" des Fabiusiens, ou le "plus social-démocrate que moi tu meurs" des Bayrouistes, ces français là accordent massivement leur confiance à celle qui présente un projet qui combat les inégalités et l'injustice.

Je suis assez curieux de connaître l'explication de cet engouement populaire par nos camarades et sympathisants de gauche si prompts à faire la moue devant la moindre déclaration et posture de notre candidate. J'imagine bien les réponses emplies de condescendance pour ces pauvres français d'origine africaine, si naïfs et peu éduqués, incapables de discerner le bon grain de l'ivraie socialiste.

Cette question pourrait paraître dérisoire s'il ne s'agissait de trouver des solutions pour ces catégories de français en souffrance. Est ce la meilleure candidate pour les trouver ? C'est en tout cas ce que semblent dire les premiers intéressés, loin devant les Sarkozy, Bayrou, Voynet et toute la smala des candidats de la gauche de la gauche.


L'Union Européenne a 50 ans

Drapeau_europeen 25 mars : anniversaire des cinquante ans du Traité de Rome qui a construit ce qui est devenu l'Union Européenne.

1957 c'est aussi mon année de naissance.

Le climat est morose selon les dépêches qui relatent les cérémonies en cours à Berlin. Le texte de la Déclaration a été signé par Angela Merkel avec les présidents de la Commission et du Parlement européens, José Manuel Barroso et Hans-Gert Pöttering.

Plus gênante selon moi est l'absence de l'Europe dans le débat présidentiel en cours en France. Un week-end politique où on a davantage évoqué la marseillaise, le drapeau national et le droit du sol que l'état d'avancement de l'Europe. Il s'agit là d'un repli identitaire qui inquiète certains commentateurs qui y voient un risque de montée des idées nationalistes et plus précisément du vote Le Pen.

Sale temps pour l'Europe, son message de paix et de progrès partagé.


Arrêtez le !

Sarkozy1bu8Maintenant, la police arrête des personnes au sein même de l'école de la république, une maternelle qui plus est. Et on met des enseignants en garde à vue ...

Mais dans quel pays vit-on ?

Il est temps que cette mascarade cesse. Faire des clins d'oeil à la droite extrême est devenu l'exercice préféré du futur-ex Ministre de l'Intérieur. En période électorale, tout est bon pour mettre les thèmes qui vous sont propices au coeur de la campagne. L'immigration, le droit du sol, l'identité nationale, la sécurité autant de questions qui méritent mieux que l'instrumentalisation qu'en fait la droite à chaque campagne.

Le but est de diviser le pays avec cette traque opportuniste contre les sans-papier.

Il faut en appeler à Jacques Chirac garant de l'unité nationale.

Le Chef de l'Etat doit agir. Il doit demander que cessent immédiatement ces interpellations à grand spectacle.


L'art du politique transformé

Quelques réflexions me sont venues en parcourant la presse que je livre ici sans trop les structurer.

61% des français ne croient plus au clivage gauche-droite selon le Cevipof, ou pour être plus précis, ne font pas confiance à l'UMP et au PS pour gouverner. Le côté "naturel" de la distinction gauche droite semble de moins en moins évident aux français. Ils peuvent se sentir de gauche ou de droite suivant les circonstances et zapper sans se sentir incohérents.

C'est le scepticisme croissant qui nourrit le vote protestataire et qui fait aujourd'hui le lit de François Bayrou. Voilà le constat partagé qui m'a fait "pondre" cette note.

Pourquoi ce phénomène n'affecte t-il pas les autres démocraties européennes ? Pourquoi n'y voit-on pas comme chez nous trois trotskystes, un syndicaliste paysan, un chasseur, deux représentants de la droite dure se présenter à l'élection suprême ? C'est le charme et la faiblesse de notre démocratie que de permettre autant de diversité. Et pourtant cette abondance d'expression politique ne se traduit pas dans une adhésion dans les urnes, mais par un rejet de toutes les majorités en place depuis 1981.

Les conséquences sont connues : l'ingouvernabilité du pays sous notre régime majoritaire. Depuis 1981, il a en effet toujours suffi que le parti majoritaire soit en tête des votes pour disposer d'une majorité écrasante au parlement par la suite : en général, 35% des voix garantissent au moins 60% des sièges avec notre mode de scrutin actuel. L'introduction d'une dose de proportionnelle corrigerait cette anomalie démocratique. Notons que seule la gauche et le centre y sont favorables.

Ce n'est pas tant que les politiques décidées par les gouvernements successifs ne soient pas légitimes. Pour l'essentiel elles sont appliquées mais il subsiste le sentiment diffus qu'elles ne sont pas efficaces et ne traitent pas les problèmes à la racine. Notre pays a depuis trop longtemps refusé de choisir, et les politiques adoptées n'en sont que le reflet. A la décharge des citoyens, il est vrai qu'à chaque fois, les politiques ont reculé devant les contraintes des marchés ou la résistance sociale, que ce soit en 1983, en 1995, ou en 2005. La gauche et la droite sont renvoyées dos à dos par leur électorat respectif.

Ces reculades ont convaincu beaucoup de français de l'impuissance de la politique et surtout de l'absence de différences culturelles de fond des équipes en quête de pouvoir.

D'où cette irruption sur la scène de personnalités "nouvelles", formant le trio de tête actuel des sondages. Leur caractéristique commune est le pragmatisme et l'absence de convictions marquées idéologiquement.

Pourtant il subsiste des différences importantes, sur le plan des personnalités, sur le plan des dosages en matière de politique économique et fiscale, sur le plan du rapport à l'étranger, sur le plan des sécurités à apporter aux citoyens, et bien d'autres choses.

Le journal Le Monde s'est essayé à les répertorier dans un article fort instructif. On y lira notamment que sous les mêmes vocables, peuvent figurer des interprétations très différentes, comme par exemple la signification de la "valeur travail" dans chaque camp. Celà démontre bien que la société dans son ensemble est traversée de conflits d'intérêts source de différences de perceptions des réalités qui nous entourent. Et que la loi "normale" dite de Gauss, s'applique aussi en politique. Mais je m'éloigne de mon propos.

Pour dépasser ces conflits, il paraît séduisant de privilégier le "gouvernement des meilleurs". C'est oublier trop vite que pour travailler au bien commun, la pertinence des analyses est la condition première de la conception de solutions non seulement consensuelles mais surtout efficaces, ce qui est l'attente première de nos concitoyens. Nulle part aucun gouvernement d'experts n'a à ce jour démontré une vision supérieure de l'intérêt général et cette culture du résultat. Toujours c'est la vision politique originelle qui a permis l'anticipation source d'adhésion puis de succès. Pour celà il faut un charisme hors du commun.

Rassembler, convaincre, entraîner, ... tel est aujourd'hui l'attribut critique nécessaire aux leaders de gauche comme de droite ou du centre. Si on ne croit plus au clivage gauche droite comme 3 français sur 5, on ne jugera pas tant les candidats sur leur présidentiabilité - leur stature, leur compétence - que sur leur énergie personnelle, leur capacité à faire travailler des équipes. Il est moins question d'incarner le changement que de l'impulser. C'est ce qu'on appelle le leadership. L'ascendance d'un Mitterrand ou d'un De Gaulle n'est plus de mise de nos jours où les réseaux ont remplacé les hiérarchies.

Un François Bayrou n'a pas réussi à ce jour à rassembler autour de lui le moindre dissident de poids. Même si ni l'un, ni l'autre n'ont le profil du sauveur, et indépendamment de toute préférence partisance, seules Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy correspondent à ce portrait du candidat préféré des français en 2007. Incidemment ils sont le produit des deux partis à vocation majoritaire, ce qui tend à réactiver le clivage gauche droite que les électeurs jugent pourtant inopérant. "La nature trouve toujours son chemin."


Le vrai bilan de compétences de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy et la dette publique

CE QUE NICOLAS SARKOZY A DÉCLARÉ…
« Il n’y a pas de fatalité à la progression de la dette publique. [Elle] atteint aujourd’hui 1 000 milliards d'euros (…) Il faut d’abord la stabiliser. (…) C’est mon objectif pour 2006 (…). Je prouverai dans les mois qui viennent que ces objectifs n’ont rien d’utopique. »
Intervention de Nicolas Sarkozy, ministre d’État, ministre de l’Économie, des finances et de l’industrie. Conférence de presse à Bercy - 4 mai 2004

… ET LE RÉSULTAT TROIS ANS PLUS TARD…
« En 2002, la dette publique s’élevait à 901,8 milliards d’euros. Elle s’élève à 1 151,8 milliards d’euros en septembre 2006, soit une hausse de 250 milliards en quatre ans. Elle est estimée à 1180 en 2007. »
Source Insee

« Vu l’état des finances publiques françaises, la campagne présidentielle pourrait, plus que les précédentes, se jouer sur le terrain de la dette et de son poids excessif. A la fin 2005, la dette publique se montait à 1 138,4 milliards d’euros, soit 17 800 euros pour chaque Français. »
Publié par RFI - 19 février 2007

Nicolas Sarkozy et l'économie

CE QUE NICOLAS SARKOZY DÉCLARE…
« [Le smic], c’est le salaire de la moitié, ce n’est pas rien, c’est le salaire de la moitié des Français ».
Nicolas Sarkozy sur TF1 - 5 février 2007

ET LA RÉALITÉ…
« Selon Eurostat, en France, 15,6 % des salariés à temps complet perçoivent [le smic]. »
Paru dans Le Monde - 28 février 2007

CE QUE NICOLAS SARKOZY DÉCLARE…
« Lorsque j’étais ministre des Finances, le Brent était à 42 dollars le baril, c’est monté jusqu’à 90, c’est redescendu ».
Nicolas Sarkozy sur TF1 - 5 février 2007

ET LA RÉALITÉ…
« Le record historique du cours du baril de Brent s’établit à 77,25 dollars, le 13 juillet 2006. »
Paru dans Le Monde - 28 février 2007

CE QUE NICOLAS SARKOZY DÉCLARE…
« Il y a 40 ans, on empruntait à 18 % et il y avait une inflation à 24, le différentiel en vérité, je ne fais pas l’apologie de l’inflation, mais c’est l’inflation qui remboursait. »
Nicolas Sarkozy sur TF1 - 5 février 2007

ET LA RÉALITÉ…
« En 1967, l’inflation était de 2,7 %. Le record s’établit à 13,7 %, en 1974. »
Paru dans Le Monde - 28 février 2007

Nicolas Sarkozy et les délocalisations

CE QUE NICOLAS SARKOZY DÉCLARE…
« Nous allons engager une stratégie de lutte contre les délocalisations. Tous les pays européens sont concernés par ce problème. Je prendrai l’initiative d’une réflexion commune sur ce sujet à l’échelon communautaire. Nous devons trouver des solutions. »
Intervention de Nicolas Sarkozy, ministre d’État, ministre de l’Économie, des finances et de l’industrie, à Bercy - 4 mai 2004

… N’EMPÊCHE PAS LA MULTIPLICATION DES DÉLOCALISATIONS…
« En 2004, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie, avait présenté des mesures anti-délocalisations », a rappelé Jean-Louis Jutan, un ex-Moulinex, « mais depuis il ne s'est rien passé ».
Dépêche AFP - 16 février 2007

… ET TOUJOURS DE NOUVELLES PROMESSES DE NICOLAS SARKOZY…
[À Charleville-Mézières], Nicolas Sarkozy s'en prend à Thomé-Genot, un équipementier automobile du département qui vient de fermer dans des conditions douteuses, laissant 300 salariés sur le carreau. Il tonne : « Notre pays doit s'organiser pour détecter et empêcher d'agir des actionnaires qui, comme chez Thomé-Genot ou chez Metaleurop dans le Nord, ne sont pas des entrepreneurs mais des voyous. »
Publié dans Le Figaro - 19 décembre 2006
Nicolas Sarkozy et les logements sociaux

CE QUE NICOLAS SARKOZY DÉCLARE…
« D’abord s’agissant du logement social et de la rénovation urbaine. 90 000 nouveaux logements sociaux devraient voir le jour en 2005, un niveau de construction qu’on n’avait pas vu depuis les années 80. »
Intervention de Nicolas Sarkozy, ministre d’État, ministre de l’Économie, des finances et de l’industrie lors de la présentation du projet de loi de finances pour 2005 - 19 octobre 2004

… ET CE QUE NICOLAS SARKOZY RÉALISE.
« Entre janvier et juin 2005, seuls 8 % des 90 000 logements sociaux prévus pour l’ensemble de l’année avaient reçu un agrément : l’objectif ne sera donc pas atteint. »
Publié dans Alternatives économiques. Hors série n°66 - 4e trimestre 2005

Nicolas Sarkozy et l'extrême droite

CE QUE NICOLAS SARKOZY DÉCLARE…
« Quand des gens osent dire que je défends des idées de Le Pen, je suis profondément blessé. Je mets au défi qui que ce soit de trouver une seule idée que j’ai défendue qui soit conforme à ce que pense monsieur Le Pen, y compris sur l’immigration choisie. »
Nicolas Sarkozy dans Le Parisien - 20 octobre 2006

… ET CE QUE NICOLAS SARKOZY PRATIQUE.
« Chacun crie au plagiat. Invité, dimanche 21 mai, de Radio J, Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF), a accusé le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, de le copier. Le 22 avril, devant des nouveaux adhérents de l'UMP à Paris, le ministre de l'Intérieur avait déclaré : « S'il y en a que cela gêne d'être en France, qu'ils ne se gênent pas pour quitter un pays qu'ils n'aiment pas. » Une formule qui ressemble au slogan répété par M. de Villiers depuis quelques mois : « La France, tu l'aimes ou tu la quittes. » A son tour Jean-Marie Le Pen réclame des droits d'auteur. »
Paru dans Le Monde - 24 Mai 2006

Patrick Devedjian, proche du numéro 2 du gouvernement [déclare à propos de la sécurité]: « Les électeurs du FN seront obligés de reconnaître que leurs préoccupations ont été prises en compte. On ne peut plus nous faire le reproche du laxisme. »
Publié dans Libération - 6 décembre 2006

Nicolas Sarkozy et la séparation des pouvoirs

CE QUE NICOLAS SARKOZY DÉCLARE…
« Je veux dire aux juges que je veux une justice respectée. (…) Je veux leur dire que je serai toujours à leurs côtés pour défendre l’indépendance de la justice et l’accroissement de ses moyens. »
Déclaration de Nicolas Sarkozy à Périgueux - 12 octobre 2006, publiée sur www.u-m-p.org

… ET CE QUE NICOLAS SARKOZY PRATIQUE AVEC LES MAGISTRATS…
« L'intervention de Sarkozy constitue une atteinte scandaleuse au principe de la séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire, à l'indépendance de l'autorité judiciaire et aux fondements même de notre démocratie », a pour sa part estimé le Syndicat de la Magistrature [à propos du juge Alain Hahn au sujet duquel Nicolas Sarkozy avait déclaré qu’il « devait payer » pour l’affaire Nelly Crémel]. »
Paru dans le Nouvel Observateur - 23 juin 2005


Réunion de section à Achères

Une fois n'est pas coutume, je vais parler "local".

Nous avons tenu, lundi soir une réunion de section à Achères à la fois instructive et sympathique.

Soucieux de mobiliser les militants dans la dernière ligne droite, il a paru important au bureau de la section (nous sommes huit) de proposer une rencontre et des débats centrés sur l’élection présidentielle. Pour une fois, Patrick, notre secrétaire de section et candidat aux législatives, était excusé pour raisons professionnelles. Ce sont donc nos camarades Gérard C. et Cécile qui ont animé la réunion. Gérard prit la parole en premier pour résumer la situation de la campagne et la nécessité de se battre jusqu’au dernier instant, les jeux n’étant pas faits. Cécile en organisatrice plus pratique, expliqua à chacun la façon dont la section avait prévu de couvrir la campagne localement et les besoins de « main d’œuvre » associés.


En fait, nous voulions surtout prendre le pouls de la campagne en écoutant ce que nos camarades avaient à dire sur la façon dont se déroulent les choses vues de leur fenêtre.

Sans vouloir dévoiler le secret des dieux, il m’apparaît utile d’indiquer l’état d’esprit ambiant « du terrain » que traduit ce genre de réunion.

Avec quelques uns de mes camarades de bureau, nous avons constaté avec satisfaction que l’ensemble des participants n’avait aucun d’état d’âme concernant le but à atteindre. Tous veulent gagner et battre la droite. Loin des aigris et des défaitistes qu’on peut croiser ici ou là, personne n’a exprimé chez nous autre chose qu’une forte volonté de battre Sarkozy et Bayrou. Bien sûr les sondages ne sont pas enthousiasmants et la bataille s’annonce rude et indécise aux yeux de tous, mais la détermination des militants présents, récents ou anciens, faisait plaisir à voir.

Un de nos camarades, Bernard, insista sur le risque Bayrou et la nécessité de marquer à chaque prise de parole de nos dirigeants, la volonté de ne pas participer à un gouvernement PS-UDF.

Une autre, Marie, expliqua, toujours sur Bayrou, le succès qu’il rencontrait parmi ses connaissances, avec l’argument du « sérieux » du personnage, comparé à une image « dépensière » collée aux socialistes.

Un troisième, Sylvain, un peu bavard, développa longuement l’idée selon laquelle les budgets publics ne devaient pas être considérés comme des dépenses mais des investissements.

Je ne peux reprendre chacune des contributions très intéressantes mais j’ai senti chez tous une grande volonté d’exprimer ses satisfactions et ses indignations, chose que nous n’avions pas totalement réussi à obtenir dans les précédentes réunions. La parole se libère, et je trouve ça très bien. J’avais prévu de répondre au cas où certains auraient mis en doute l’engagement de DSK dans la campagne, mais ce ne fut pas nécessaire.

Néanmoins, je ne suis pas sûr d'avoir correctement expliqué l'analyse de DSK sur la question du positionnement par rapport à Bayrou. Il s'agit certes de refuser une union factice gauche-droite, mais de ne pas fermer la porte au centre qui constitue aujourd'hui une force indépendante de la droite dure. C'est cette indépendance qui me fait parler des trois droites et du centre comme de forces distinctes. S'il est hors de question de chercher l'union nationale chère à Bayrou, il peut être envisagé de chercher les conditions d'une majorité nouvelle. Les électeurs de gauche qui rallient Bayrou doivent être convaincus que c'est la victoire de Royal qui permettra le changement. Mais aucun des deux, ni Bayrou, ni Royal ne peut gagner sans les voix de l'autre. Diaboliser Bayrou, c'est jeter ses électeurs dans les bras de Sarkozy. Exercice délicat et subtil j'en conviens. J'y reviendrai plus tard dans la campagne, car il faut d'abord gagner la bataille du premier tour.

Bref, ce qui m’a frappé dans l’ensemble, c’est la volonté de trouver des arguments pour convaincre, et l’envie de participer à la bataille politique. Nous ne manquons pas de troupes volontaires et c’est plutôt rassurant pour l’avenir. Gérard C. a signalé par exemple que nous étions en passe de pouvoir tenir l’ensemble des bureaux de la ville au niveau des assesseurs, ce qui ne s’était jamais produit par le passé.
Je perçois aussi la différence entre la « vraie vie » que représente une telle réunion de section, et les échanges acerbes que l’on peut échanger sur le net avec des adversaires la plupart du temps anonymes, bornés et sectaires, de droite comme de gauche. Dernière indication, la participation à notre réunion fût correcte.

En résumé, malgré les difficultés de la campagne, ce fût une belle réunion vivante, animée, faite d’échanges sérieux et courtois. Surtout j’ai retenu un bel engagement collectif et une image d’unité qui pourrait servir d’exemple en d’autres lieux.


Ou on reparle des débats ...

Ségolène Royal a proposé à ses adversaires et concurrents de l’élection présidentielle d’organiser des débats contradictoires. Judicieuse proposition qui me surprend tant j’étais persuadé jusqu’à ce jour, que notre candidate était réfractaire à l’exercice. Les objections et les freins n’avaient pas manqué de sa part contre la tenue de ces mêmes débats lors des primaires socialistes. Elle avait même affirmé que ces débats n’avaient été organisés que « pour l’éprouver ». J’avais moi-même à l’époque contribué avec quelques camarades à pousser à l’organisation de ces débats internes.

Mais en réfléchissant quelque peu, on trouve une explication relativement simple à ce changement d’avis.


Certains pourront remarquer que notre candidate propose des débats alors qu’elle est en situation difficile dans les sondages. Celà avait été aussi le cas de ses challengers malheureux, DSK et Laurent Fabius, soucieux de démontrer leur supériorité et leur envergure face à ce que beaucoup estimaient n’être que le produit d’une bulle médiatique et sondagière.

Peut-on dire qu’on demande des débats lorsqu’on se sent en position de faiblesse dans l’opinion ? Possible, mais pour positiver, bornons nous à considérer ceci comme de l’habileté tactique, sachant que haut placée dans les sondages, notre candidate aurait certainement eu la tentation – comme Nicolas Sarkozy - de ne pas s’exposer. Plus pervers serait le raisonnement selon lequel, Ségolène Royal ne prendrait pas un grand risque sachant que Sarkozy n'allait pas accepter. En fait je pense sincèrement que la dame du Poitou ne manque ni de courage, ni d'habileté.


Parlant justement de Nicolas Sarkozy, il est évident que celui-ci n’a guère intérêt à accepter la confrontation à ce stade. Il figure en tête des enquêtes d’opinion, et est donné régulièrement vainqueur de Ségolène Royal au deuxième tour depuis le début de l’année. Pourtant il est meilleur orateur et tribun que notre candidate, davantage habitué par sa formation d’avocat à manier les arguments de bon sens populaire et les évidences simplificatrices qui font sa force.

Mais outre le fait d’être en tête, Sarkozy n’a pas intérêt à se jeter dans la mêlée des douze candidats au risque d’être la cible de toutes les attaques. Voilà pourquoi il a rejeté la proposition naturellement.

Pourtant avec ce refus de débattre, et son incapacité à retourner dans les banlieues sans provoquer une émeute, Nicolas Sarkozy court un autre risque tout aussi important : celui de prêter le flanc à la critique largement développée par François Bayrou entre autres, critique portant sur son impuissance à faire correspondre ses paroles et ses actes. Son courage virtuel et ses renoncements.

Le réquisitoire prononcé avec vigueur hier soir sur France 2 par Bayrou était terrible : le bilan personnel du ministre d’Etat était taillé en pièces, haché menu, découpé en rondelles avec une précision chirurgicale. Tolérance zéro, fin des zones de non-droit, nettoyage au Karcher des racailles… autant d’expressions verbales fortes qui n’ont débouché sur aucune solution. Les banlieues sont toujours en voie de ghettoïsation, les violences faites aux personnes ont augmenté, et on parle de rétablir la police de quartier, supprimée par le même Nicolas Sarkozy …



Un débat sur ces questions avec des adversaires remontés comme des pendules, ne serait pas forcément à l’avantage du leader des sondages. Devant la fuite de Nicolas Sarkozy, le débat du deuxième tour n’en sera que plus passionnant à suivre.




Le sociétal fourre-tout à la sauce Bayrou

Hommeorchestre Un grand ministère sociétal, voilà la dernière trouvaille de François Bayrou si on en croit la Tribune.

Au sein de ce ministère, on "pourrait avoir un département pour la jeunesse et les sports, un département pour les personnes âgées, un pour les associations, un pour internet", a-t-il détaillé. Il faut "un ministère qui assume cette prospective dont on a besoin, cette réflexion à long terme", a insisté M. Bayrou. En réponse à une question, il a estimé que l'immigration pourrait y être rattachée.

Je crois qu'on atteint le comble du n'importe quoi dans cette campagne. Je sais que l'époque se prête bien aux gadgets et aux paillettes, mais là quand même on atteint des sommets.

Comme dirait le Canard Enchaîné, on a franchi le mur du çon ... et à haute vitesse !

Sarkozy accole "identité nationale et immigration" pour racoler à sa droite. Voilà que Bayrou invente un nouveau machin improbable regroupant les vieux, les jeunes, les nouvelles technologies ... et l'immigration ! Pour racoler on ne sait qui, lui même non plus j'imagine ne sachant pas bien ce qu'il raconte. Pourquoi pas ajouter les Anciens combattants et la Culture tant qu'on est dans le grotesque !Cat1hommeorchestregrand_2

Stop Monsieur Bayrou, appuyez sur pause. Vous étiez au salon de l'Etudiant pas au salon du concours Lépine pour l'invention du ministère le plus farfelu. Je n'ose imaginer le nom du futur titulaire : Rémy Bricka ?

Que n'aurait-on dit si Ségolène Royal avait présenté une telle "trouvaille" ...