Excellente intervention de DSK sur LCI face à Christophe Barbier.
DSK a raison de dire qu'il ne se sent pas concerné par le reproche - que je trouve personnellement un peu maladroit - fait par Ségolène Royal aux dirigeants du PS qui ne l'ont pas soutenu en bloc dès l'investiture.
Il a rappelé s'être mis à disposition de notre candidate dès le 16 novembre, avoir rédigé un rapport sur la fiscalité, et participe aujourd'hui à des meetings en commun avec elle. Il a même affirmé ne pas être un éléphant n'ayant jamais occupé une place de direction dans le parti. On le suivra ou non dans cette assertion, mais pour une fois qu'il la joue modeste, on ne relèvera pas trop. Ce qui est vrai c'est que "sa petite entreprise" comme il qualifie son courant, a plus de voix que de poids dans le parti. Quoique ... ca se discute aussi.
Par ailleurs, ce que je retiens de cette interview, c'est la façon dont DSK réussit à énoncer clairement l'avantage comparatif qu'a Ségolène Royal sur tous les autres candidats : sa différence de sexe bien sûr gâge de nouveauté, mais surtout la cohérence des mesures décrites dans le pacte présidentiel. Son plaidoyer pour une "nouvelle gauche" m'a beaucoup intéressé. Allant au delà de la réduction des inégalités, il y incorpore des éléments de contrat de gouvernement qui peuvent attirer les électeurs centristes : la relance de la croissance économique et la réduction de la dette. Le fait est que Bayrou obligé de rester dans le flou pour ménager la chèvre et le chou; ne va pas au bout de la logique de son discours, qui serait de rompre avec le sortant : Nicolas Sarkozy.
Question politicienne récurrente, il a trouvé agaçante la n-ième évocation d'un ticket Royal-DSK, mais n'a pas ajouté cette fois qu'il la rejetait à coup sûr. Il s'est contenté de dire comme Hollande, que la question était prématurée.
En l'écoutant, je me suis dit que les ingrédients se mettaient en place pour redresser la barre au moins au premier tour. Il inspire confiance, il dynamise, il donne de la voix. J'espère que Ségolène Royal va lui donner encore plus de place pour déployer un discours social-démocrate de haute tenue capable de dissiper l'illusion Bayrou.
