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février 2007

Saturé du blogging

Voilà une bonne chose de faite, j'ai décidé ce soir de ne plus blogguer sur le blog de DSK.

Le blogging prend beaucoup de temps, beaucoup trop par rapport à ce qu'on en retire de satisfaction personnelle. Si les entreprises surveillaient le temps passé par ceux qui surfent, elles seraient étonnées. Néanmoins des contrôles existent, je le sais, ce qui limite malgré tout les abus.

Par ailleurs, avec un peu de recul, on peut constater que les débats sur le net sont très rarement d'un niveau impressionnant. En fait en circulant sur le net, il y a peu de blogs dont la qualité des billets et des commentaires associés, m'aient vraiment laissé admiratifs, à part le mien bien sûr ! Ok je plaisante. Ou plutôt soyons justes, les billets peuvent être très bons comme chez Aphatie, Dupin, Veronis, ou Schneidermann, simplement piquants comme chez Versac, Maître Eolas, Jules, Publius ... mais aussi carrément ennuyeux comme chez Bilger, Devedjan, Juppé et même DSK. Par contre les commentaires sont rarement des modèles d'intelligence.

Les blogs d'hommes politiques ne sont plus aussi passionnants qu'ils l'étaient, car la parole y est contrôlée, ligotée, contrainte. La langue de bois y est de plus en plus fréquente, période électorale oblige. Quand en plus, les acteurs sont en première ligne, comme le duo Sarkozy-Royal, la communication devient vraiment indigente et artificielle.

Du côté des blogs militants, on trouve de bonnes choses - rarement - et beaucoup de moins bonnes. Naturellement, la préférence partisane guide mes choix, mais j'apprécie l'originalité et la qualité de l'argumentation quand elle existe. Fraise des Bois est un de ceux là, bien connu, même si sa dérive ronchonneuse me fait le lire de moins en moins souvent. Je n'aime guère les esprits chagrins.

Mais que dire des commentaires ! J'ai observé sur ces mêmes blogs, une montée progressive de l'intolérance, de l'agressivité, de l'irrespect d'autrui, à un point insoupçonné. La politique en période électorale rend beaucoup de gens stupides, péremptoires, bêtement partisans. Protégés par l'anonymat du net, on trouve aussi beaucoup de calomnies, de théories fumeuses, de dénonciations en tous genres. Le contraire de la raison et du respect.

Se risquer trop longtemps sur le net ne vous rend pas meilleur. J'ai ressenti moi même au contact de brutes épaisses, ou de personnes de mauvaise foi la tentation de "claquer" les malotrus, les hypocrites et les prétentieux. Et parfois la tentation a été trop grande. Bref, pour mon équilibre personnel et pour me retrouver, c'est le moment de faire une pause du blogging. Et je commence par laisser tomber celui de DSK qui est devenu totalement sans intérêt depuis que l'hôte des lieux l'a laissé à peu près à l'abandon depuis sa défaite des primaires L'absence de modération l'a livré aux mains de quelques illuminés, surtout l'un d'entre eux de plus en plus perturbé mentalement, qui calomnie, insulte, délire et agresse tout ce qui ressemble à un soutien de Royal à qui mieux mieux, impunément. J'ai passé l'âge des gamineries de ce genre.

Une petite respiration d'air frais me fera du bien. La vérité est ailleurs.


Bayrou : un nouvel avatar étriqué de la 3ème voie

A la lecture ci-dessous des prises de position de François Bayrou et de l’UDF lors de la dernière législature, il est possible d'analyser la situation politique factuellement et d'en tirer un certain nombre d'enseignement politiques sur la dimension du projet centriste.

Analyse :

1. L’UDF a été un allié pratiquement sans faille de l’UMP pendant les trois premières années du quinquennat.


2. L’UDF s’est divisée et a commencé à critiquer le gouvernement à partir de l’arrivée de D. de Villepin au poste de premier ministre. L’échec du référendum aurait du selon F. Bayrou être l’occasion d’une recomposition du paysage politique que J. Chirac n’a pas voulu. Voilà la genèse de la "rupture" bayrouiste.


3. Les députés UDF et les sénateurs UDF ne sont pas faits de la même eau. Les sénateurs ont besoin du vote des élus de droite pour rester en place, alors que les députés font preuve de plus d’indépendance pour une grosse moitié d’entre eux. Notons cependant que l’indépendance ne fait pas courir grand risque à la droite puisque l’UMP est majoritaire à elle toute seule à l’Assemblée nationale, ce qui n’est pas le cas au Sénat. Les troupes ne suivent pas le chef comme un seul homme.


4. Le sujet d’achoppement avec l’UMP est principalement lié aux finances publiques, les déficits budgétaires, sociaux et la dette qui sont devenus le cheval de bataille de l’UDF. L'idéologie centriste s'avère avant tout gestionnaire, davantage basée sur ce que les anglo-saxons appellent le "cost-killing", la maitrise des coûts que sur le développement et la croissance.


Conclusions :


Cette thématique a servi de levier à une stratégie ni gauche ni droite, l’UMP et le PS étant accusés de refuser la mise en place de mesures contraignantes par électoralisme. Cette stratégie vise essentiellement les classes moyennes et supérieures qui financent l’essentiel du modèle social sans bénéficier en retour de tous les dispositifs mis en place. L’écho rencontré au centre gauche vient tout autant d’une moindre acceptation dans la société toute entière de la solidarité collective que d’une prise de conscience du délabrement de la gestion de la dépense publique. Voilà pourquoi, paradoxalement F. Bayrou d’une part ne souhaite pas revenir sur les baisses d’impôt accordées aux classes moyennes (proposé par le PS), et d’autre part, pointe du doigt les contradictions et l’absence de financement du programme de l’UMP. Il souhaite tout simplement réduire la voilure.

Un programme a minima pour moins d’Etat, moins de protections et moins de redistribution, sans dynamisme économique et sans dimension environnementale voilà qui ne peut pas plaire aux socialistes. Un programme sans recettes de croissance et sans nouvelles libertés entrepreneuriales, voilà qui ne peut pas plaire aux libéraux. Pour autant les mesures économiques envisagées ne sont guère différentes de celles de Nicolas Sarkozy. Elles tempèrent tout au plus d'un vernis social, le fond libéral.

La social économie de Bayrou n’est ni plus ni moins que du social-libéralisme, cette chose étrange que l'on machouille un certain temps avant de la rejeter faute de goût. Le ni-ni n'a jamais fait une politique. L'absence de dimension et d'ambition du projet centriste ressort clairement de l'analyse, bien loin du changement majeur attendu par nos concitoyens.


Les votes de l'UDF depuis 2002 (source : Lemonde.fr)

Chômage et emploi

La plupart des réformes du gouvernement Raffarin ont été approuvées par les élus centristes.

2002 : Pour. François Bayrou soutient la loi Fillon sur les salaires et le temps de travail qui prévoit des exonérations de cotisations patronales.

2003 : Pour. Le groupe UDF vote pour la loi sur la réforme des retraites, tout en la jugeant "insuffisante". Le groupe UDF ne vote pas la motion de censure déposée par la gauche sur la politique sociale du gouvernement.

2004 : Pour. L'UDF vote la suppression du lundi de Pentecôte comme jour férié dans le cadre de la loi sur le handicap.

2006 : Ni pour, ni contre. Le groupe UDF s'oppose au contrat première embauche (CPE) et propose que la période d'essai, d'une durée de deux ans, soit ramenée à six mois. Le parti centriste dénonce l'utilisation de l'article 49-3 par Dominique de Villepin, affirmant qu'il aurait voté la loi sur l'égalité des chances si le CPE en avait été retiré. L'UDF ne vote pas la motion de censure déposée par le Parti socialiste... ni la confiance au gouvernement.

Finances publiques

C'est sur la question du budget que François Bayrou et ses proches ont, à grand renfort médiatique, tenu à marquer leur différence.

2002 : Pour. Les députés UDF approuvent en bloc, avec l'UMP, le budget 2003.

2003-2004 : Plutôt pour. Une majorité de députés UDF, dont M. Bayrou, s'abstient sur le volet recettes des budgets 2004 et 2005, tout en approuvant l'ensemble du budget.

2005-2006 : Plutôt contre. Une courte majorité de députés centristes vote contre la loi de finances 2006 et 2007, alors que le reste du groupe s'abstient.

Santé

2002-2004 : Pour. Le groupe UDF se prononce pour le budget de la sécurité sociale jusqu'en 2004.

2005-2006 : Plutôt contre. Une majorité de députés UDF vote contre le projet de financement de la sécurité sociale.

Education

2004 : Ni pour, ni contre. Le groupe centriste à l'Assemblée nationale se divise sur la loi sur les signes religieux à l'école. Douze députés UDF sur vingt-neuf s'abstiennent (dont François Bayrou et le président du groupe, Hervé Morin), quatre votent contre, treize votent pour.

Immigration

2006 : Plutôt pour. La loi Sarkozy sur l'immigration et l'intégration sème le trouble chez les élus centristes. Une moitié des députés UDF vote pour, une autre moitié s'abstient. Une majorité des sénateurs UDF vote pour.

Sécurité

2003 : Pour. François Bayrou et le groupe UDF approuvent la loi sur la sécurité intérieure (LSI) présentée par Nicolas Sarkozy.

2005 : Pour. En novembre, pendant la révolte des banlieues, le parti centriste soutient l'application de la loi du 3 avril 1955 qui instaure l'état d'urgence.

2006 : Contre. Vingt-deux députés UDF votent contre la loi sur la prévention de la délinquance.

Confiance au gouvernement

2002 : Pour. Les députés UDF approuvent la déclaration de politique générale de Jean-Pierre Raffarin.

2006 : Plutôt contre. Alors que l'affaire Clearstream bat son plein, François Bayrou et dix autres députés UDF votent la motion de censure déposée par le Parti socialiste contre le gouvernement Villepin. La position de M. Bayrou reste minoritaire au sein de son groupe parlementaire.


Citations sur la "conviction"

Le meilleur moyen pour amener autrui à «partager» votre conviction, n'est pas toujours de proclamer celle-ci.
[ Journal 1889-1939, 2 octobre 1927 ]
André Gide

Reconnaissons à la base de tout travail scientifique d'une certaine envergure, une conviction bien comparable au sentiment religieux, puisqu'elle accepte un monde fondé en raison, un monde intelligible!
[ Comment je vois le monde (1934) ]
Albert Einstein

Ne sacrifiez jamais vos convictions politiques pour être dans l'air du temps.
[ ]
John Fitzgerald Kennedy

Au fur et à mesure que je parlais, je m'étonnais - et m'épouvantais un peu - d'être ainsi capable de défendre avec tant de fougue et de conviction une opinion qui n'est pas tout à fait la mienne.
[ Un Juif pas très catholique (1980) ]
Alexandre Minkowski

Les convictions sont des ennemies de la vérité plus dangereuses que les mensonges.
[ Humain, trop humain (1878-1879) ]
Friedrich Wilhelm Nietzsche

En politique, il n'y a pas de convictions, il n'y a que des circonstances.
[ ]
Charles Maurice, prince de Talleyrand-Périgord

Les sots croient que plaisanter, c'est ne pas être sérieux, et qu'un jeu de mots n'est pas une réponse. - Pourquoi cette conviction chez eux? - C'est qu'il est de leur intérêt qu'il en soit ainsi. C'est raison d'Etat, il y va de leur existence.
[ Tel Quel (1941) ]
Paul Valéry

On ne peut réellement convaincre, sans être convaincu soi-même; car la conviction réelle est la suite de l'évidence.
[ Mélanges littéraires ]
Jean le Rond d' Alembert

Toutes ces citations, dont je partage l'idée, sont extraites de www.dicocitations.com


Un soutien critique mais loyal : Nakata

La lecture du blog d'un camarade Fabiusien, Nakata, rencontré par hasard sur le forum socialiste m'a donné un éclairage nouveau sur le "soutien critique" et légitime que certains camarades apportent à notre candidate.

La note d'introduction m'a interpellé car elle m'a rappelé mon propre parcours militant quand j'étais bien plus jeune. Nakata comme il se surnomme, n'a connu que Chirac à l'Elysée depuis qu'il est en âge de voter, et tout part de là. Moi aussi à 24 ans, en 1981 date de mes premiers émois en politique, je n'avais connu que des présidents de droite.

La révolte, l'envie de se battre, l'engagement lucide de Nakata, n'ont rien à voir avec la loghorrée stupide, l'exigeance auto-destructrice, les diatribes violemment anti-Royal qu'on rencontre parfois sur les blogs politiques ou dans les forums. Cette révolte maîtrisée est une énergie positive pour moi. Chacun dans notre style et dans notre parcours (lui pour Fabius, moi pour DSK) avons fait la preuve qu'on pouvait soutenir un projet différent au sein du même parti et se retrouver unis autour d'un autre projet porteur lui aussi d'une société dominée par les valeurs de gauche .

Le soutien critique pour lui, le soutien par loyauté pour moi : les deux facettes d'un militantisme actif, positif, responsable au service d'une cause commune. Parfois le parti socialiste me désespère, mais il y a des jours où je suis fier d'appartenir au parti socialiste. Des jours, où j'ai du plaisir à "rencontrer" de tels camarades. Aujourd'hui je suis fier de mon parti.


La famille socialiste est réunie

FabiusroyalLaurent Fabius a accueilli à guichets fermés Ségolène Royal dans son fief du Grand Quevilly. Plus de 8 000 personnes ont participé au meeting organisé pour célébrer l'unité retrouvée du PS et l'espoir incarné par notre candidate face aux menaces libérales de Nicolas Sarkozy et au radical socialisme frileux de François Bayrou. Ségolène Royal a démontré d'une belle façon sa maitrise de l'art politique.

Cette image est la première d'une série jusqu'à la grande photo de famille que nous attendons tous pour le prochain meeting de Villepinte le 18 mars prochain. 20 000 personnes étaient venues lors du premier meeting, je prends le pari que nous serons encore plus nombreux.

L'équipe du pacte présidentiel réunit 13 ténors du PS, dont Lionel Jospin, Laurent Fabius et bien sûr DSK.

Le rôle accordé à DSK est fondamental pour augmenter la percée dans l'électorat des classes moyennes, tenté par le vote Bayrou, inquiet des flottements dans les discours sur l'Europe, le nucléaire, et aussi l'économie et la fiscalité. Par ailleurs, DSK devrait par sa présence "blinder" le volet croissance et emploi si fondamental pour dégager les recettes nécessaires au financement des nouvelles dépenses.

A compter de mars, les interventions et les meetings vont se succéder et la courbe renaissante des sondages prendra une ampleur définitive, on le souhaite. On aura alors moins à subir le ronchonnement de certains cassandre qu'on entend se lamenter ici ou .

Les opérations sur le terrain menées par les militants socialistes de toutes tendances, tractages, collages, réunion publiques, ... montrent un réel engouement pour la nouvelle phase de la campagne. Les doutes et les atermoiments de janvier semblent bien loin. Il n'est que temps pour les socialistes d'unir leurs forces, développer les arguments contre la droite et rassembler la gauche toute entière.


Le must de la campagne et ses coulisses...

Intéressante semaine politique. Un résumé des faits par le journal 20 Minutes. Mon billet d'humeur suivra l'exposé des faits.

Dimanche 25 février, J-56

A en croire le «Journal du Dimanche», «la course à l'Elysée est relancée». Selon un sondage ifop sur les intentions de vote au premier tour, publié par le quotidien dominical, Nicolas Sarkozy perd quatre points, en une semaine, tandis que Ségolène Royal en gagne 2,5. Du coup les deux candidats se retrouvent à égalité, à 28%.

«Le phénomène Bayrou pompe sur Sarkozy ces derniers jours. Avant, il pompait à gauche», s'inquiète donc Claude Guéant, directeur de campagne du candidat UMP. Le parti a donc mis en en place un cellule d«'observation et d'analyse stratégique» sur François Bayrou, le candidat UDF.

De son côté, la candidate socialiste, Ségolène Royal, surfe sur la présentation de sa nouvelle équipe de campagne et assure, ce matin dans «Le Parisien» qu'elle a «la meilleur équipe».

Vendredi 23 février, J-58

Il a déjà été consulté sur le devoir de mémoire, la prévention de la délinquance des mineurs, la situation des parents sans-papiers d'enfants scolarisés ou encore le droit à l'hébergement. Arno Klarsfeld est à nouveau missionné par Nicolas Sarkozy sur «la manière de favoriser les déplacements non ou moins polluants et modernes dans nos centres-villes».

Deuxième salve d’attaques contre François Bayrou. Le député européen (PS) Benoît Hamon souligne que «toute voix de gauche pour le candidat UDF sera comptabilisée comme un soutien à droite» et que «derrière le vote Bayrou, il y a Nicolas Sarkozy. A l'heure des bilans, François Bayrou propose un solide CV de ministre et de député de droite».
Au sein même de l’UDF, Gilles de Robien a demandé au candidat UDF de «ne pas cultiver cette ambiguité aujourd'hui qui fait du centre un allié potentiel de la gauche ». Selon le ministre de l’Education, ce serait alors «la fin de l'UDF».

En décembre, Bernard Kouchner expliquait être «prêt» à rejoindre un gouvernement d’union nationale dirigé par Nicolas Sarkozy. S’il a rejoint jeudi l’équipe de campagne de Ségolène Royal, le French doctor persiste à penser que François Bayrou «a raison» de vouloir dépasser les clivages droite-gauche et souhaite que la candidate socialiste «entende la nécessité d'élargir». L'ancien ministre de la Santé confie qu'il se sent «parfois bien» dans la campagne de Ségolène Royal. «Parfois, je demande des explications, parfois je ne me sens pas bien. Il y a un certain nombre de sujets sur lesquels nous ne serons pas d'accord mais, je ne suis pas d'accord avec les autres».

Plutôt content. Le Conseil Représentatif des Associations Noires (Cran) estime plutôt «intéressantes» les réponses des candidats à son questionnaire. Bon point à Nicolas Sarkozy en raison de la «richesse des propositions et leur diversité» même si le Cran se montre plus réservé sur ses réponses à la politique d’immigration et au logement social. Bon point aussi à Ségolène Royal pour son «bilan de l’égalité dans les entreprises».

Connaissez-vous Jean-Marc Governatori? Alain Mourguy ? Jacques Daudon ? Yves Aubry ? Christian Garino ? Zakaria Ben Mlouka ? Daniel Lacroze-Marty? Non, c’est normal. Ces sept petits candidats ont décidé de se rassembler sous le nom de Jean-Marc Governatori qui aurait obtenu 255 promesses de signatures pour son parti «La France en action».

C’est d’ailleurs pour faciliter les candidatures que Brice Hortefeux, proche de Nicolas Sarkozy, propose qu' «un nombre significatif de signatures de citoyens» puisse valider une candidature à la présidentielle, comme en Autriche ou en Finlande.

Ségolène Royal parle d’excellence environnementale, Sarkozy d’excellence scientifique et Marie-George Buffet se met à l’excellence gastronomique. La candidate PCF a envoyé une lettre à Anne-Sophie Pic, nouvelle élue dans le cercle très privé des cuisiniers trois étoiles au guide Michelin.

Toujours plus. Un internaute français sur deux utilise le web pour se tenir au courant de l’actualité politique. D’après l’Observatoire 2006-2007 de la netcampagne présidentielle de l’Ifop, cette proportion a progressé de 7% depuis novembre. Autre tendance: plus l’internaute vieillit, plus il recherche des informations politiques. Et si les sympathisants socialistes et de l’UMP recourent souvent à Internet pour s’informer (59 et 64%), ceux des Verts semblent le bouder (27%).

Le Medef a son blog. Avec «Besoin d'air» (qui reprend le titre de son livre blanc présenté en janvier), le Medef veut être «un acteur du débat».

Jeudi 22 février, J-59

Qu’on se le dise, Jean-Marie Le Pen est «le seul candidat à la présidence française», ses autres principaux adversaires (comprenez Ségolène Royal, François Bayrou et Nicolas Sarkozy) sont «candidats à être gouverneur d’une province européenne». C’est ce qu’il a déclaré ce midi, devant l’association de la presse diplomatique française.

Virage à 180°. Nicolas Sarkozy envisage de réintroduire une police de proximité qu’il avait supprimé en 2002.

Tension entre les deux principaux candidats. Ségolène Royal a commenté les propositions de Sarkozy et cela n’a pas plu à Rachida Dati et Xavier Bertrand: «Ce n'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut mentir.»

«Au parlement européen, la présidentielle fait rire tout le monde. » Michel Rocard joue les humoristes dans une interview accordée à l’Express. «Le grotesque des réunions qui tournent mal, les programmes fous des candidats, comme on ne peut en voir qu'en France!»


Loïc Le Meur
affirme sur son blog qu'il est persona non grata dans l'émission «En aparté» sur Canal +. La chaîne craint en effet que ses interventions soient décomptées par le CSA dans le temps de parole réservé à Nicolas Sarkozy.

Le vendredi, c’est jour de sondage confidentiel pour Nicolas Sarkozy qui en reçoit un chaque semaine. Le 9 février, il aurait reçu une estimation le donnant vainqueur à 55% au second tour mais aurait demandé à son entourage de ne pas le dévoiler afin de ne pas démobiliser le camp UMP, selon «L’Express».

Sondage toujours, mais à la mode «Paris Match». Pour 37% des Français, le couple Cécilia-Nicolas Sarkozy «représente le mieux la France pour entrer à l’Elysée». Suit le couple Elisabeth-François Bayrou à 29%, puis Ségolène-Hollande à 26%. Jany-Jean-Marie Le Pen arrive bon dernier à 8%.

Le patron du «Point», Franz-Olivier Giesbert, lance son blog ici. Connaîtra-t-il le même succès que son livre sur Chirac?

Spartacus vote Bayrou. Un collectif de 30 hauts fonctionnaires de gauche qui a pris le nom du chef de la révolte des esclaves pour d'obscures raisons, annonce son soutien à Bayrou dans Libération.

Le président de l'UDF néologise à son tour. Ce matin sur France Inter, il a dit vouloir sortir son parti «d'une vocation strapontine»... Et de se reprendre dans un sourire: «Je vais en parler à l'Académie des lettres qui devrait accepter ce mot». Il pourrait peut-être le suggérer au Larousse, où il fait son entrée.

Sarkozy vous appelle à voter. Le ministre de l’Intérieur a fait paraître aujourd’hui le décret au Journal officiel. Il ne dit pas pour qui voter.

Les vidéos de Ségo cartonnent. Sur Dailymotion, elles sont plus regardées que celles de Sarko, et de meilleure tenue.

Mercredi 21 février, J-60

Au tour de Nicolas Sarkozy de vouloir dégraisser le mammouth. Le candidat UMP trouve qu’il y a trop de fonctionnaires et ne veut remplacer que 50% des fonctionnaires partant à la retraite pour parvenir «au niveau de 1992.»

Julien Dray
balance Sarko. D’après lui, Le candidat UMP connaissait les questions de l’émission «A vous de juger». Ségo aurait pu aussi, mais non, elle a préféré rester spontanée.

Dominique Voynet n’a vraiment pas fait un carton chez les chasseurs. La preuve par l’image.


Dominique Voynet sifflee
envoyé par travauxpublics

André Santini et Hervé Marseille boutés hors du parti. L'UDF a retiré la qualité de membre du parti aux deux élus qui ont préféré rejoindre «le seul candidat en mesure de l'emporter», selon le député-maire d'Issy-les-Moulineaux, à savoir Nicolas Sarkozy.

Sarkozy s’intéresse à la couleur politique des journalistes. Invité ce matin de RTL, il a critiqué en privé le retrait de Duhamel, et à l’antenne la supposée sensibilité de gauche de Jean-Michel Apathie, qui s’est empressé de le raconter sur son blog.

Besson avait raison : le chiffrage du tout récent retraité du parti socialiste était exact : le programme de Ségolène Royal coûtera bien 35 milliards d’euros.


A croire que certains incidents changent le cours de l'Histoire. «Incident», c'est le mot qu'a employé Jean-Marie Le Pen dans une interview à La Croix, pour qualifier les attentats du 11 septembre 2001.

Sarkozy trop confiant ? C'est Christophe Barbier qui le raconte dans son blog: «L’autre jour après les questions d’actualité, Nicolas Sarkozy s’est approché de Claude Bartolone, François Hollande et d’autres députés socialistes qui racontent la scène.» Et le candidat de l'UMP de leur lancer: «Je vous présente mes condoléances.»

La machine s’inverse selon un sondage CSA publié par «Le Parisien». Ségolène Royal, après son intervention sur TF1, gagne 2% alors que Nicolas Sarkozy perd 4%. Autre surprise : François Bayrou passe à 17%, un taux qu’il n’avait jamais atteint jusqu’alors. En réaction, le camp Sarkozy, réuni hier soir, aurait mis au point une «stratégie anti-Bayrou».

Eric Besson explique pourquoi il décide de quitter le Parti Socialiste. «Le combat politique n’autorise pas tout.»

Le PS annonce, par ailleurs, le coût net du Pacte présidentiel de sa candidate : 35 milliards d'euros.

Est-ce parce que Nicolas Sarkozy habite sur l’île de la Jatte à Neuilly qu’il a ouvert l’«île Sarkozy» sur Second Life? Un décor minimaliste qui fait dire à certains qu’il s’agit d’un lancement raté. Chryde a même vu une grosse b*** flotter au-dessus du QG.

Le CSA fait paraître son relevé des temps de parole des candidats à la radio du 1er décembre au 2 février. Encore trop de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy, selon l’autorité publique. Les chaînes LCI et BFM TV se sont engagées devant le CSA à prendre des mesures «significatives» pour corriger les déséquilibres de temps de parole. A titre d'exemple, LCI annonçait un temps de parole, du 1er au 29 décembre 2006, de 3 heures 29 minutes et 44 secondes pour Nicolas Sarkozy dans les journaux d'information, 4 heures 10 minutes et 21 secondes pour Ségolène Royal et 44 minutes et 38 secondes pour François Bayrou.

Daniel Cohn-Bendit a déclaré sur France Inter souhaiter un union gouvernementale qui associerait les Verts – auquel il appartient – les socialistes et les centristes de François Bayrou. Après être passé de rouge à vert, Danny se teinte de bleu…

Qui a dit qu’artistes et intellectuels votaient tous à droite? Sur le site du PS, un florilège vidéo des ralliements people à Ségolène Royal. Entre autres, Jean-Michel Ribes, Gérard Miller ou Philippe Torreton.

Pourquoi ont-ils cité Jaurès? François Fillon, sur son blog, revient sur les références au fondateur de la SFIO faites récemment par la droite. A côté d’une photo de l’homme de Carmaux, il publie un texte de Jaurès et entend démontrer qu’il était l’homme du patronat.


Mardi 20 février, J-61


Brice de Nice de la présidentielle, Francois Bayrou attend la vague. Elle «n'a pas encore pris toute son ampleur, mais elle est assez forte pour emporter les barrages.»

José Bové préfère le skate au surf et se pose en «anti-sarko» sur la dalle d'Argenteuil:«Même si moi j'habite à la campagne et même si eux sont ici dans les banlieues, on se reconnaît parce que les combats sont communs.»

Les candidats sont partout, ils peuvent se le permettre: le plafond des dépenses de campagne remboursées a été porté à 16,166 millions d'euros, soit une augmentation de 18% par rapport à 2002. mais pour cela, encore faut-il atteindre 5%.

André Santini constate «qu’alors que Nicolas Sarkozy pratique l’ouverture, François Bayrou pratique la fermeture éclair».

Après une Ségolène Royal maternelle, soeur Ségolène. Radio Nova propose un remix gospel de son discours de Villepinte.

Christophe Barbier raconte sur son blog l'embarras de Dominique Voynet, alors que la course aux parrainages s'accélère. Selon le patron de L'Express, «Dominique Voynet me dit avoir engrangé 420 signatures sur les 500 nécessaires pour être candidate à la présidentielle. Elle en avait 450, mais l'entrée en lice de José Bové a détourné quelques "parrains". Elle accuse François Hollande de faire pression sur les élus socialistes, mais aussi divers gauche, pour ne pas lui donner de parrainages. Elle l'a d'ailleurs appelé pour parler de cela».

Faire partie d’un gouvernement Sarkozy? «Certainement pas», a répondu Dominique de Villepin ce matin sur RTL. A la place, le Premier ministre se voit plutôt s'engager «au service de la paix, de la justice ou de la culture». Et d’expliquer: «Je crois qu'il ne faut pas revenir en arrière, il faut constamment avancer dans la vie. Il y a beaucoup d'autres façons de servir ses idéaux, sa famille politique.»

Après Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen, c’est Ségolène Royal qui a passé l’oral de TF1 devant un panel de cent Français. Le compte-rendu, les éditos et les réactions.

Et on n'en a pas fini avec les «grands O». La plupart des candidats, dont celui de l’UMP et du PS, s’expliquent mardi devant les chasseurs à la Maison de la chimie à Paris. «En tant que lobby, on entend peser fortement sur la place que les candidats veulent donner à la chasse», explique Thierry Coste, conseiller politique de la Fédération Nationale de la Chasse (FNC), saluant «une rencontre inédite».

Dans plusieurs émissions récemment, Jean-Marie Le Pen a invoqué le personnage fictif «Bitru», symbole du Français moyen qui, selon lui, se fait voler son logement par des étrangers. Selon l’émission «Parties de campagne», diffusée sur LCP, Bitru est le héros de plusieurs romans d’Albert Paraz (1899-1957), écrivain polémiste d’extrême droite, qui a préfacé un ouvrage du négationniste Paul Rassinier et défendu Louis-Ferdinand Céline contre les accusations d’antisémitisme.

Ségolène Royal n’est pas la seule à réorganiser son équipe de campagne. Nicolas Sarkozy aussi. Nadine Morano, notamment, est mise à l’écart après des sorties qui ont déplu à l’entourage du candidat UMP.

Lundi 19 février 2007, J-62

La ségosphère se mobilise. Et appelle par mail à se regrouper en masse pour regarder Ségolène Royal sur TF1. «De telles occasions ne se présenteront pas souvent au cours de la campagne. C'est la raison pour laquelle nous faisons appel à vous pour nous aider à en tirer tout le parti possible. Avec votre concours nous pouvons donner à cette émission une audience record! N'attendez pas pour agir, envoyez dès maintenant une invitation à vos proches, en privilégiant ceux dont vous savez qu’ils n’ont pas encore faite leur choix».

L'amitié entre Nicolas Sarkozy et Martin Bouygues «ne joue en rien sur l'information» à TF1, affirme le directeur de l'info de la chaîne, Robert Namias.

Nicolas Sarkozy joue la carte de la connivence avec les journalistes. Philippe Ridet, du Monde, raconte son expérience lors d'un voyage au Creusot. Une thématique repris il ya 8 jours dans «Arrêt sur images».

José Bové met en ligne son programme ici.

Le Financial Times met son grain de sel dans la campagne. Et s'en prend à Nicolas Sarkozy. Le grand quotidien britannique, pas franchement à gauche, titre son éditorial «Sarkozy must go» (Sarkozy doit partir). Estimant que le ministre-candidat «a saisi la présidentielle au collet», l'édito se conclut par ces mots: «Pour le bien de son pays, et de lui-même, il devrait se concentrer sur sa candidature et quitter son poste de suite».

Un appel du pied aux électeurs de gauche. Interrogé dimanche sur France Europe Express sur le profil de son Premier ministre s’il était élu, François Bayrou a indiqué que le locataire de Matignon pourrait être de gauche. Le candidat centriste a même précisé qu’il avait quelques noms en tête. Son Premier ministre pourrait-il être aussi de droite ? «Je n'en aperçois pas aujourd'hui, mais ça ne serait pas un obstacle si j'en avais à l'esprit», a-t-il répondu. Patrick Devedjian se montre perplexe.

Eric Besson, qui avait quitté le staff de Royal avec fracas la semaine dernière, avait fait parler de lui il y a quelques semaines en écrivant un document très à charge contre Nicolas Sarkozy. Il y qualifiait le ministre de l’Intérieur d’ «ultralibéral, communautariste, atlantiste et pro-Bush». Selon «Le Parisien», le député de la Drôme vient pourtant d’adresser une lettre personnelle et cordiale à Nicolas Sarkozy pour lui avouer qu’il avait beaucoup évolué au cours des dernières semaines.

Autre information incontournable révélée par le quotidien populaire, Jack Lang a assisté, après Dominique Strauss-Kahn, au show dénudé d’Arielle Dombasle au Crazy Horse. Le staff socialiste aurait-il des places après que le mari de la star, Bernard-Henri Lévy, a annoncé son soutien à Ségolène Royal ?

Nicolas Sarkozy s’envole dans les sondages. Il devance de sept points Ségolène Royal au premier tour de l'élection présidentielle et dix au second, selon le baromètre TNS-Sofres-Unilog réalisé les 14 et 15 février pour Le Figaro-RTL-LCI, auprès de mille personnes.

Le candidat UMP s’apprêterait à ouvrir une permanence dans Second Life. C’est Loïc Le Meur qui piloterait ce projet malgré ses réserves et son démenti.

Arnaud Montebourg, l'un des porte-parole de Ségolène Royal, affirme que «la France est en train de voir se berlusconiser son système médiatique». Et de dénoncer «un système médiatique concentré en faveur des intérêts de la droite» et les liens personnels de Nicolas Sarkozy avec Arnaud Lagardère et Martin Bouygues

http://www.20minutes.fr/articles/2007/02/19/20070219-politique-Sarkozy-en-baisse-Royal-a-la-meilleure-equipe.php


SAUVER LE DARFOUR - INVITATION MEETING 1 er MARS 2007

Cher(e)s ami(e)s,

Bientôt 4 ans de guerre et déjà plus de 300 000 morts, trois millions de déplaces et les ONG menacées sont contraintes au départ. Ban Ki Moon a succédé à Kofi Annan à la tête de l’ONU mais la paralysie onusienne et les négociations stériles avec Khartoum sont toujours préférées à l’action.

Le 24ème sommet France Afrique à Cannes aurait pu servir de lieu de mobilisation, de négociation, pour le Darfour, il s’est finalement achevé sans solution pour le Darfour (cf article ci-dessous).

Le mini sommet organisé (en parallèle) par la France sur le Darfour a accouché quant à lui d’un énième vœu pieu : selon lequel que le Tchad, le Soudan et la République centrafricaine s’engagent à respecter les souverainetés et à ne pas soutenir les mouvements armés.
Le conseiller du président soudanais, Ghazi Salaheddine, ne s’y est pas trompé : selon lui « Il ne s'agit pas d'un nouvel accord qui comporte de nouvelles obligations, étant donné qu'il reprend ce qui a déjà été convenu entre les trois pays ».
La diplomatie s’active pour protéger la souveraineté de ces Etats, l’armée française est capable d’intervenir pour protéger ses alliés et intérêts de la France, mais les populations civiles du Darfour massacrées ne méritent même pas une conférence internationale !
Logique : la priorité des diplomates est d’éviter la déstabilisation régionale, celle des peuples est l’arrêt du génocide et la solidarité avec les populations civiles.
C’est pourquoi Sauver Le Darfour a appelé la France à prendre l’initiative d’organiser une Conférence internationale sur le Darfour pour résoudre la crise. Cette conférence viserait à organiser un front uni de la communauté internationale au Soudan, à convaincre la Chine de cesser d’empêcher des sanctions vis-à-vis du régime de Khartoum et à exiger le retour à la Démocratie.

Les récentes déclarations du Président de la République, et des candidats Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy montrent que le Darfour devient un élément du débat public. Si la compassion et la condamnation des atrocités est unanime, les solutions proposées demeurent inopérantes.

Il est donc essentiel de poursuivre la mobilisation citoyenne en faveur du Darfour, de faire œuvre de pédagogie, d’interpeller l’ensemble des candidats à la présidentielle et les pouvoirs publics sur l’importance de cette crise et le rôle déterminant que la France pourrait jouer dans son règlement.
La pression diplomatique sur Khartoum doit contraindre le Soudan a accepté le déploiement d’une force internationale.

La rédaction d’articles, la parution d’affiches, la vente de bracelets et de badges en faveur du Darfour, l’organisation de conférences, de meetings et de manifestations demeurent essentielles pour convaincre nos décideurs d’agir !

Sauver Le Darfour vous invite à multiplier les initiatives dans vos localités et pour ceux qui le peuvent à vous rendre au MEETING DU 1ER MARS 2007 a 20h00 à l’Espace LANDOWSKI , l’Amphithéâtre, 28 avenue Andre Morizet, Métro Marcel Sembat. BOULOGNE BILLANCOURT 92. DE NOMBREUSES PERSONNALITES PROPOSERONT LEURS SOLUTIONS POUR LE DARFOUR !

Merci de diffuser l’invitation au meeting que vous trouverez sur le site WWW.SAUVERLEDARFOUR.ORG

Amicalement,

Mahor Chiche,
Président de Sauver Le Darfour SLD
06 16 01 73 40
contact@sauverledarfour.org


"Les précédents accords
sont restés lettre morte", Mahor Chiche, Président de Sauver Le Darfour
NOUVELOBS.COM | 16.02.2007 | 18:15

Que se passe-t-il exactement au Darfour ?

- L’Ouest du Soudan, le Darfour, s’est senti lésé par l’accord de paix qui a mis fin à la guerre entre le Nord et le Sud du pays, qui a duré 20 ans et fait 2 millions de morts. Persuadés que seules les armes permettent une répartition équitable des richesses du Soudan, une rébellion a éclaté en février 2006, qui a déclenché le véritable génocide se déroulant aujourd’hui. 300.000 personnes y ont trouvé la mort, et il y a trois millions de déplacés, soit la moitié de la population de la région. 500.000 personnes dépendent de l’aide humanitaire internationale.
Ce sont les janjawids, miliciens islamistes à cheval armés de Kalachnikovs, soutenues par les bombardements aériens de l’armée soudanaise, qui mènent des raids sur les populations agricoles noires, recourant notamment au viol systématique. Les conditions de vie sont inhumaines. Plusieurs résolutions ont été votées à l’ONU, le Soudan a signé plusieurs accords, mais aucun n’a jamais été respecté. Il devrait y avoir 17.000 casques bleus et 3.000 policiers au Darfour, mais le Soudan invoque la souveraineté nationale pour refuser leur intervention. Il y a certes 7.000 soldats de l’Union Africaine, mais l’ONU devait envoyer des experts militaires, seuls 30 sont sur place, ainsi qu’une mission du conseil des droits de l’Homme, dont les membres attendent toujours leurs visas.

Quels sont les enjeux de cette conférence en marge du sommet France-Afrique? Quelle peut être la portée de l'accord qui y a été signé ?

- L’Afrique, au moment de la décolonisation, a été découpée arbitrairement sans tenir compte de la répartition des peuples. De ce fait, les différentes ethnies de cette région sont à cheval sur le Tchad, la République centrafricaine et le Soudan, et chacun de ces pays soutient des milices rebelles chez les autres. L’enjeu de cette conférence n’était aucunement de régler la question du Darfour, mais simplement d’éviter la "contagion" aux pays voisins. Les régimes en place au Tchad ou en République centrafricaine ne doivent leur maintien qu’à l’intervention de l’armée française, lorsque les milices soutenues par le Soudan ont pénétré très loin dans leurs territoires. De plus, les centaines de milliers de déplacés se sont réfugiés dans ces pays frontaliers, poursuivis par les milices janjawids.
En d’autres termes, cette conférence n’avait pour but que de maintenir la stabilité dans la région, sans traiter le drame du Darfour en soi. L’accord qui a été signé n’aura pas plus de portée que les précédents, qui sont restés lettre morte. Les dirigeants des pays présents n’ont aucune confiance entre eux. Chaque régime va continuer à soutenir ses tribus localisées dans les pays voisins. Par exemple, le président du Tchad est Zaghawa, soit le même peuple qui se fait massacrer au Darfour. Comment penser qu’il va cesser de les soutenir?

On parle beaucoup de l'Irak, du Proche-Orient, mais très peu du Darfour. Pourquoi ?

- Jusqu’en 2005, c’était le silence total dans tous les médias. Depuis, la presse écrite semble un peu plus s’intéresser au Darfour, bien que les articles à ce sujet donnent plus dans le compassionnel que dans l’analyse, et on parle toujours trois fois plus du Liban ou du conflit israélo-palestinien. En ce qui concerne la télévision, c’est bien simple : depuis septembre 2006, France 2 a diffusé deux sujets reprenant les mêmes images datant de 2004, et pour TF1, Canal + et M6, c’est zéro. Pas une seule seconde.
A la décharge des journalistes, ce n’est pas un conflit facile à traiter : même les humanitaires, comme Médecins du Monde, sont contraints de quitter la région.
Ceci dit, en Irak, ils y arrivent.
Le problème, c’est que le Darfour n’est pas considéré comme vendeur (même si aux Etats-Unis, les audiences augmentent lorsqu’on en parle). Même la mobilisation en France sur la question du Darfour n’est pas traitée par les médias. Personne ne parle des meetings que nous organisons. Nous avons lancé une campagne d’affiches interpellant Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, mais aucun journaliste ne leur a posé de question à ce sujet. Lorsque le chef des rebelles au Darfour a lancé à Paris un vibrant appel à la communauté internationale, seule une trentaine de journalistes se trouvait à la conférence de presse.

Propos recueillis par Paul-Aimé Drouhin
(le vendredi 16 février 2007)


Impôt citoyen : une mise au point

Une polémique était née lors de la sortie du rapport de DSK sur l'impôt citoyen, ce nouvel impôt acquitté par certains expatriés.

Un des plus virulents contradicteurs était le journaliste Jean Quatremer, installé à Bruxelles au coeur de la ville capitale des institutions européennes.

Devant l'incompréhension suscitée par la mesure qualifiée "d'impôt Johnny", les auteurs du rapport se sont fendus d'une lettre d'explication publiée sur le blog de Jean Quatremer, qui met on l'espère un terme à cette polémique.

Son titre est évocateur : "Personne n'est obligé d'être républicain."

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/02/dominique_strau.html


Refusons le chacun pour soi : réhabilitons l'impôt.

Pour combattre l'individualisme qui ronge le lien social, je vous invite à signer la pétition d'Alternatives Economiques

Appel : « Pourquoi nous consentons à l’impôt »

Dans le rapport sur la fiscalité remis par DSK, Didier Migaud et François Marc, vendredi dernier à Ségolène Royal on pouvait lire notamment ceci :

Alors que le chômage officiel est à peine revenu au niveau de 2002, la précarité progresse, l’instabilité des contrats s’accroît, le temps partiel subi se développe et le nombre d’allocataires du RMI a augmenté de près de 20% pour atteindre 1,25 million de personnes. Le revenu des Français stagne : l’écart de niveau de vie entre la France et les Etats-Unis s’est élargi depuis 2002, et neuf de nos partenaires européens ont désormais un niveau de vie supérieur au nôtre. Alors que les rémunérations les plus élevées s’envolent, l’INSEE a chiffré à 57 euros par an et par salarié seulement la hausse de pouvoir d’achat enregistrée ces dernières années. C’est là le signe d’un creusement sans précédent des inégalités sociales.

Ceci se traduit par une relégation des plus démunis et un désarroi croissant des classes moyennes. Le blocage de la promotion sociale nuit au dynamisme de notre société. S’il devait se poursuivre, il signerait l’échec des ambitions de la Gauche. Loin de se présenter à nos concitoyens sous les couleurs du progrès, l’avenir leur apparaît sombre et inégalitaire. Les difficultés sociales et économiques qu’ils rencontrent les conduisent à douter de la qualité d’un système de réduction des inégalités qui ne parvient plus à réguler les excès du libéralisme.

Dans ce contexte, le consentement à l'impôt diminue. Cette évolution est préoccupante Si l’acceptation de l'impôt comme outil de financement des justes dépenses et comme instrument de redistribution doit être réhabilitée, c’est parce qu’elle est placée au fondement du lien social. Ce n’est possible que si les Français retrouvent le sentiment que les politiques publiques contribuent à réduire les inégalités. Ceci passe par un rééquilibrage de la lutte contre les inégalités qui ne peut plus se limiter pour corriger les inégalités a posteriori et doit, davantage que par le passé, les attaquer là où elles se forment.

Nous considérons que le risque est réel de voir les Français de plus en plus réticents face aux solutions collectives et de plus en plus attirés par un individualisme qui relève souvent du « chacun pour soi ».


Le discours de Ségolène Royal à Villepinte

Version écrite du discours

Je suis heureuse de voir toute la famille de la gauche rassemblée et vous tous et toutes aussi nombreux que je salue. C'est forte de cette unité que je peux m'adresser à tout le peuple français.
A cet instant, je veux m'adresser à tous les Français, c'est-à-dire à chacun de vous, qui attendez de savoir de quoi demain sera fait.
Je vais vous parler avec gravité.
L'élection présidentielle est le moment clef où se refonde le pacte républicain et où on va décider l'avenir d'au moins deux générations.
J'ai voulu prendre le temps de vous écouter.
J'ai entendu vos appels, vos craintes, vos détresses, vos révoltes mais aussi vos attentes, vos désirs, vos espérances.
Aujourd'hui, voici venu le jour de vous dire comment j'entends répondre à ces crises qui minent notre société et qui instillent dans ses veines le terrible poison du doute, de la résignation et, parfois, de la colère mais comment aussi permettre à la France de saisir toutes ses chances, et elles sont nombreuses, de libérer tous ses talents, toutes ses énergies.

Vous êtes venus très nombreux dans cette phase de démocratie participative.
Plus de 2 millions d'entre vous sont venus, d'une façon ou d'une autre, dire ce qu'ils avaient sur le cœur et que la société politique n'entendait plus.
Cette parole que vous avez prise, je vous demande de la garder.
A ceux qui ne l'ont pas prise, je demande de la prendre au plus vite. J'ai besoin de vous, de vos intelligences, de vos exigences, de vos générosités pour construire une France qui se ressemble et se rassemble.

Avec moi, plus jamais la politique ne se fera sans vous.
C'est forte de cette phase d'écoute et soucieuse de respecter votre effort pour prendre la patole que je me sens en mesure, aujourd'hui, de vous proposer plus qu'un programme : un pacte d'honneur, un contrat présidentiel, que je propose à tous et à toutes, les plus vulnérables comme les plus forts, ceux qui sont nos partisans depuis toujours et ceux qui ne le sont pas ; car la France a besoin de tous les siens ; elle a besoin de ceux qui vont bien comme de ceux qui décrochent ou qui ont peur de décrocher. Je veux, aujourd'hui, redonner courage et espoir aux plus faibles. Je veux, à tous, dire que le temps de l'imagination et de l'audace est venu. Je n'oublierai personne car, pour que la France se relève, elle a besoin de chacun et de chacune.

J'ai bien dit un pacte d'honneur et de confiance. Car j'ai aussi compris (et je m'en réjouis !) que vous ne croyez plus à la magie des promesses qui n'engagent que ceux qui les reçoivent. Vous ne croyez plus aux engagements d'un jour et à la démagogie. Et c'est pourquoi je veux vous dire la vérité, la difficulté de la tâche qui nous attend, en même temps que ma détermination à l'accomplir avec vous.
Nous allons agir ensemble.
Nous allons, ensemble, faire que la France se retrouve et que chacun l'aime et se retrouve en elle et accomplisse le changement profond, une autre façon de voir les choses.

Le temps n'est plus aux colmatages ou aux accommodements avec des systèmes qui ne fonctionnent plus.
Il faut tout revoir, tout repenser – et ne craindre ni d'imaginer ni d'inventer.
Il faut entendre et lire, dans les cahiers d'Espérances issus de nos débats participatifs, le cas d'Odile, cette mère célibataire, admirable de courage et de dignité, qui attend un logement depuis 4 ans et raconte sa honte de vivre, avec ses deux filles, dans une chambre de 12 m².
Il faut entendre Martine me dire, les yeux secs, le regard fier, mais les larmes dans la voix : « quand les enfants sont invités à un goûter d'anniversaire, j'invente une excuse pour qu'ils n'y aillent pas parce que je ne peux pas rendre l'invitation ».
Je faut entendre ce père de famille alsacien que je n'oublierai, moi, jamais : « je vis le RMI comme une maladie honteuse ; je ne veux pas être un assisté malgré moi ; je ne veux pas que les enfants me voient comme ça».
Ou encore, à Roubaix, l'histoire d'Adeline, terrorisée à l'idée de retrouver, après notre débat, un mari violent et dont elle ne sait pas qu'il sera capable, un jour, de la battre à mort, comme le subisse trois femmes par semaine.
Ces cris de détresse silencieuse, ces pauvres vies brisées, ces familles humiliées, ravagées par la misère et l'iniquité, ces destins marqués au sceau d'une malédiction qui ne dit pas son nom – c'est tout cela que j'ai à l'esprit, là, à l'instant de m'adresser à vous et c'est cela qui me donne le désir de me battre, de vaincre et de proposer cette politique d'alternance qui, seule, sera capable de surmonter les crises.

Crise des banlieues : dans les quartiers, le feu couve sous la cendre.
Crise économique, avec les emplois qui se détruisent.
Crise sociale.
Crise éducative.
Crise morale.
Crise écologique.
Crise internationale enfin, sur fond de prolifération nucléaire, de montée des fanatismes et hystéries guerrières.
Pour surmonter ces crises, il faut une nouvelle politique.
Pour surmonter ces crises, il faut une France Neuve.
Voilà ce que vous m'avez dit.
Et voilà ce que j'entends mettre en œuvre.

Comment augmenter les bas salaires si les entreprises ferment ?
Comment augmenter les petites retraites si les déficits se creusent ?
Comment augmenter l'effort pour l'éducation et la santé lorsque la dette explose ?
Telles sont les questions que vous m'avez posées. Mais vous m'avez dit aussi que chaque nouveau droit devait aller de pair avec des devoirs.
Et vous l'avez fait avec une franchise, une lucidité, une volonté de refuser les solutions toutes faites et les fausses promesses des marchands d'illusion, vous l'avez fait avec une rigueur dont je dois vous dire qu'elles m'obligent. Et c'est pourquoi j'ai décidé de vous parler en premier de notre situation économique et, en particulier, du problème de la dette.
La dette publique est devenue insoutenable. Elle représente 64% du PIB et 18 000 euros par Français.
Les intérêts qu'elle génère sont devenus à eux seuls la 2ème dépense du budget de la Nation.
Le déficit des comptes sociaux a triplé.
La sécurité sociale est grevée par plus de 80 milliards de déficit cumulé.
Notre appareil productif est affaibli.
Notre commerce extérieur affiche un déficit de 30 milliards d'euros.
La production industrielle stagne et l'investissement productif des entreprises ne décolle pas.
Voilà la France qu'ils nous laissent.
Voilà l'état des lieux au sortir de la période qui s'achève.
Et c'est à vous, c'est à moi, c'est à tous les Français qui, à partir d'aujourd'hui nous rejoindront, qu'il appartient de relever le pays.

Je suis convaincue, par exemple, qu'il faut changer, de toute urgence, notre façon même de concevoir la création de valeurs et de richesses.
Je suis convaincue qu'un développement durable repose aujourd'hui sur trois piliers (économique, social, environnemental) et que la défaillance d'un seul peut faire crouler le tout.
Nous sommes la 5e puissance économique mondiale. Mais nous devons ce rang au travail des Français qui conquièrent des marchés, innovent, prennent des risques et travaillent dur. Et je suis convaincue que nous ne tiendrons durablement ce rang que si nous recréons notre capacité à mobiliser les compétences, à motiver les salariés et à créer, en fait, ce vrai dialogue social qui reste, en France, si terriblement archaïque.

L'inventivité des entrepreneurs doit être, reconnue. Mais la dignité du travail doit être respectée et même remise à l'honneur. Avec cette reconnaissance et ce respect, nous réussirons comme l'ont fait ….. Voilà pourquoi je m'engage à tout faire pour que, si je suis élue, un nouvel essor soit donné à la démocratie sociale et au dialogue social constructif qui va avec. Et voilà pourquoi je m'engage, en même temps, à soutenir l'effort des entreprises innovantes et créatrices d'emplois. C'est ce que j'appelle les cercles vertueux.
Je le crois de toute mon âme : nous avons les moyens de relancer la croissance et la machine économique. Je veux réconcilier les Français avec l'entreprise pour sortir la France des déficits et accomplir des progrès sociaux dont nous avons besoin.
J'en ai pris une claire conscience tout au long de ces semaines passées à écouter et observer : nous sommes un pays d'excellence technologique où pas un jour ne passe sans que des hommes et des femmes se lancent pour donner corps à un projet créateur d'activité, de valeur et d'emploi.
Eh bien je suis reconnaissante à ces entrepreneurs du risque qu'ils prennent et qui permet de créer, chaque année, les emplois que la mondialisation financière déplace.
Je sais gré à ces PME de moins de 250 salariés qui sont plus de 2 millions en France et qui sont nos premières créatrices d'emplois.
Et je m'engage aujourd'hui, devant vous, à tout faire pour soutenir leur effort et pour créer l'environnement dont elles ont besoin et qu'elles méritent.

Je m'engage aussi à faire de la recherche et de l'innovation une des priorités majeures de mon mandat.
Je m'engage à augmenter le budget national de recherche-développement de 10 % par an.
Sur les 65 milliards d'aide aux entreprises, seuls 5 % sont orientés vers la Recherche et l'innovation, je m'engage à porter cette part à 15%.
Par des mesures fiscales, je m'engage à encourager les entreprises à innover et à faciliter, pour cela, leur accès aux financements bancaires.
L'Etat soutiendra les pôles de compétitivité qui associent laboratoires et entreprises dans des réseaux d'excellence.
Trop de régions attendent aujourd'hui une aide de l'Etat qui ne vient pas ! Eh bien l'Etat, si je suis élue, soutiendra les porteurs de projets, partout où ils se trouveront, en généralisant les Ateliers de la Création.
Je m'engage à ce que les entrepreneurs qui garantissent les emprunts de leur entreprise sur leur patrimoine propre soient sécurisés par un mécanisme de caution mutuelle.

Je veux aussi que l'école et l'entreprise se rapprochent.
Je veux que l'entreprise devienne un lieu familier aux jeunes dès l'enseignement secondaire et jusqu'à l'université.
Je le veux parce que vous le voulez.
Et vous le voulez parce que l'insertion professionnelle de nos enfants et, donc, leur choix de métier et d'avenir en seront facilités.

Les Français, je l'ai également compris, aspirent à voir l'Etat réformer profondément sa gestion pour dégager des économies et donc des marges d'action.
Sans doute cette réforme sera-t-elle, chez nous, plus difficile à mener qu'ailleurs.
Car la France, n'est-ce pas, s'est constituée autour de son Etat central !
Car il fut, cet Etat, partie prenante à sa construction, sa puissance, sa grandeur !
Mais nous devons agir.
Nous avons un Etat qui est devenu beaucoup trop lourd.
Nous avons trop ministères.
Nous avons des ministères qui ont, en dix ans, changé huit fois de périmètres et donc de dénominations avec toutes les dépenses inutiles, toutes les pertes d'efficacité, que cela suppose.
Il faut réformer tout cela.
Il faut alléger le poids de nos administrations.
Il faut les mettre au service des citoyens alors que, trop souvent, les citoyens ont le sentiment d'être le jouet des administrations.
Il faut soulager des administrations centrales qui s'épuisent à gérer des personnels répartis sur le territoire et des crédits de toutes sortes.
Il faut en finir avec cette lourdeur de l'Etat central qui engendre toujours plus de textes législatifs ou réglementaires – et des textes qui, bien souvent, sont à la fois illisibles et inutiles.
Les fonctionnaires en sont les premières victimes lorsqu'ils s'épuisent en réunions stériles au lieu de donner l'impulsion et la créativité dont ils sont porteurs et qui sont leur vraie vocation.
Face à cette situation, face à ce gaspillage d'énergie et de substance, je propose :
- de limiter le nombre de ministères,
- d'en finir avec l'inflation réglementaire qui nous caractérise trop souvent
- d'expérimenter à chaque fois pour réformer vraiment
- d'engager une nouvelle étape de la régionalisation, mettant fin à la ruineuse superposition des compétences.
Ce sont les régions qui, par exemple, mettront à niveau les bâtiments et résidences universitaires.
C'est aux régions qu'incombera la tâche de sortir les prisons françaises de l'état honteux où elles se trouvent.
Ce sont les régions qui piloteront le service des aides économiques et de la formation professionnelle.
L'Etat, certes, garantira par un fond de « péréquation » l'égalité entre les régions qui bénéficieront donc, pour remplir ces nouvelles missions, d'un transfert de ressources. Mais nouvelles missions pour les régions, il y aura. Nouvelles intelligences territoriales, on verra naître.
Et tant pis pour ce vieux jacobinisme qui est l'un des démons les plus malins de ce pays !
J'ai la passion du service public.
Je sais que les Français sont habités par la même passion.
Et, aussi, les fonctionnaires qui ont une conception exigeante de leur mission.
Ensemble, nous allons donner un coup de jeune à cet Etat colbertiste, jacobin, centralisé à l'excès, croulant sous le poids des ans, des bureaucraties inutiles et des réglementations trop complexes.
Ensemble, nous allons mettre l'Etat à l'heure de ce désir d'autonomie, de responsabilité civique et de liberté que j'ai senti monter d'un bout à l'autre de la France.



Je veux construire un ordre social et économique juste
Le règne sans frein du profit financier est intolérable aux pour l'intérêt général.
Il est insupportable à ceux qui vivent de leur travail et il est dramatique pour ceux qui n'arrivent pas à en vivre.
C'est ce cri de colère que j'entends monter de la France qui travaille et de celle qui aimerait travailler. Colère contre les délocalisations qui dévorent l'emploi.
Colère contre le fait que 23% des jeunes sont sans emploi, que l'âge du premier emploi n'en finit pas de reculer et que la précarité des contrats se généralise.
Colère quand priorité est donnée à la rente et au capital financier et que cela conduit à l'augmentation constante des loyers et du foncier.
Colère quand la moitié des salariés du privé touche moins de 1400 euros par mois, que 4 millions de salariés sont payés au Smic au bout de 20 à 30 ans de travail.
Colère encore quand on sait qu'il y a 7 millions de pauvres en France qui vivent avec moins de 700 euros par mois, que 2 millions d'enfants sont condamnés à vivre dans la pauvreté et qu'il y a là comme une forme moderne de malédiction et de destin.
Les Français, oui, sont en colère face à cela.
Et moi, Ségolène Royal, je dis que ce n'est pas juste, c'est le pacte social qui est rompu et que c'est dangereux.
Nous devons refuser cette situation.
Nous devons stopper le descenseur social.
Comme le criait le père Wreznisky, le fondateur d'ATD Quart Monde, « c'est l'homme qui crée la misère, c'est l'homme qui peut détruire la misère ».
Quand, dans un pays comme la France, deux millions de personnes ont recours à l'aide alimentaire, quand on sait qu'il y a, chaque jour, en France, 2000 accidents graves du travail, quand on sait qu'à 35 ans un ouvrier ou un employé a sept ans de moins d'espérance de vie qu'un cadre, quand on sait que 27% des salariés travaillent debout en permanence, que 37% sont exposés à l'inhalation de produits chimiques sur leur lieu de travail, quand on sait que les victimes de l'amiante ne sont toujours pas indemnisées ou qu'un million et demi de personnes se trouvent en situation de surendettement, quand on sait, enfin, que les femmes sont les premières victimes des bas salaires et des petites pensions, que l'écart de salaire avec les hommes est encore de 25%, quand on sait tout cela, on est bien obligé de se dire, et de crier, que, oui, le lien social se délite ; on est bien obligé de se dire et de crier que tout cela est comme une cicatrice sur le corps d'un pays qui a inventé la plus belle devise du monde : « liberté, égalité, fraternité » ; et moi, Ségolène Royal, je ne peux pas ne pas m'associer à ce cri, le relayer, lui prêter ma voix et ma volonté

Vous m'avez dit des choses simples et vraies.
Vous m'avez dit vouloir des écarts de revenus moins injustes, une réforme de la fiscalité qui taxe davantage le capital que le travail.
Vous m'avez dit vouloir que le travail soit payé à son juste prix.
Vous m'avez dit, enfin, vouloir que des solutions à la crise du logement soient trouvées au-delà des éternels discours.
Est-il normal, m'avez-vous dit, que des jeunes travailleurs habitent en caravane et que de petits retraités soient chassés de leur logement faute de pouvoir payer leur loyer ? .
Eh bien je vous ai entendus.
Et je n'aurai de cesse, si je suis élue, que de répondre à votre juste colère.

Je propose un pacte présidentiel pour le pouvoir d'achat garanti et la sécurité du logement tout au long de la vie.
Je propose (parce que vous avez été nombreux à me dire que les chiffres officiels de la hausse des prix sont inférieurs à la réalité) une réforme de l'indice des prix. Nous utiliserons des indices de prix différents, tenant compte de la réalité des dépenses des ménages pour revaloriser les retraites, le SMIC et les minima sociaux.
Je m'engage à une hausse du SMIC à 1500 € par mois et à une hausse des bas salaires, au dessus du SMIC, qui sera fixée par les partenaires sociaux dès juin 2007 dans le cadre de la conférence sur les salaires.
Pour que cette augmentation puisse se faire rapidement, et sans pénaliser les petites entreprises, je m'engage à mettre en place un plan massif de formation professionnelle débouchant sur un système gagnant – gagnant : le salarié sera mieux payé, mieux qualifié et l'entreprise plus performante.
Je m'engage, pour les jeunes sans ressources et qui vivent, de plus en plus nombreux, dans la précarité, je m'engage à créer une allocation d'autonomie et d'entrée dans la vie active ; laquelle allocation leur sera versée en contrepartie d'une obligation de formation sérieuse, d'une recherche active d'emploi et, pour les étudiants, d'heures de soutien scolaire auprès d'élèves en difficulté.
Je mettrai en place un plan de rattrapage pour les petites retraites, avec une hausse immédiate de 5 % intervenant dès 2007. Le minimum vieillesse sera versé mensuellement et les retraites de la Sécurité Sociale seront payées au 1er de chaque mois, pour éviter les découverts. Nous procéderons aussi, dès 2007, à une augmentation de 5 % de l'allocation adulte handicapé.
Je rétablirai également le programme Handiscol qui a été démantelé pour permettre d'accueillir tous les enfants handicapés dans le sein de l'école.

J'insiste sur la question du logement.
Je l'ai souvent dit, vous le savez : tout commence par les familles car, si les familles fonctionnent bien et assument leur devoir d'affection, d'éducation et de surveillance, alors les enfants démarrent dans la vie dans de bonnes conditions.
Eh bien le logement est la condition première d'une vie de famille sécurisée.
Et les inégalités criantes dans ce domaine doivent se réduire si l'on veut aider les familles à être ces lieux d'éducation et d'épanouissement des enfants qu'elles doivent être.
Il y a les Sans-Domicile-Fixe, naturellement, pour lesquels des solutions d'urgence doivent être trouvées : je propose, à cet égard, de faire obligation à chaque ville de créer une place d'hébergement d'urgence pour 1000 habitants ; je propose une politique d'accompagnement humain permettant à ceux qui ont basculé, travailleurs pauvres, femmes seules, jeunes à la dérive, de se raccrocher à une utilité sociale ; et je rends hommage au travail des associations qui jouent un si grand rôle pour réinsérer ces gens dans l'activité et dans l'emploi.
Mais l'urgence ne doit pas faire oublier les autres problèmes de fond.
Les scandales les plus criants ne doivent pas occulter le fait que la crise du logement frappe aussi celles et ceux qui travaillent et qui font des efforts pour payer leur loyer.
Je propose, là-dessus, quatre mesures concrètes, bien connues de ceux qui se battent sur ce problème et que j'ai également rencontrés dans le cadre de ces débats participatifs :
1. La construction des 120.000 logements sociaux dont on a besoin et qui, faute d'obéissance à la loi SRU par certaines communes, ne sont pas construits. L'Etat se substituera à la carence de ceux qui s'enferment dans l'égoïsme territorial en lançant lui-même les programmes de logement nécessaires. Il faut cela pour que le droit opposable au logement ne soit pas une promesse électorale ou un vain mot. Il faut cela pour que l'amélioration de la situation des plus démunis ne produise pas l'aggravation de la situation de ceux qui paient leur loyer.

2. La création d'un service public de la caution permettant d'assurer les impayés de loyer et d'éviter les expulsions.

3. La mise en location des nombreux logements vacants spéculatifs. Pour cela seront surtaxés les logements inoccupés depuis plus de deux ans et la possibilité existera pour les communes de procéder à des acquisitions-réquisitions.

4. L'accès à la propriété sera favorisé et encouragé par l'extension des prêts gratuits. Aujourd'hui, les Français aspirent à la propriété de leur logement. Je veux que ce soit possible et que ceux, notamment, qui ont fait l'effort, dans le logement social, de payer leur loyer pendant quinze ans puissent accéder à la propriété.

5. Enfin, avec les Régions, l'Etat aidera à la mise en place d'un programme de logement pour les étudiants et les jeunes travailleurs.


Je serai, aussi, la Présidente du travail pour tous et du métier pour chacun.
Je réhabiliterai la valeur travail.
Dans le pacte présidentiel que je vous propose.
Et d'abord, à la base, j'engagerai une lutte sans merci contre le chômage des jeunes, un des plus élevés d'Europe et l'une des sources du découragement, de la révolte contre l'absence de futur et, à la fin, de la délinquance.
Tout jeune doit pouvoir sortir du système scolaire et universitaire avec un diplôme : c'est le contrat qu'il faut passer entre la Nation et son école.
Pour les 190 000 jeunes qui sortent de l'école ou de l'université sans aucune qualification, je reprends la proposition de Jacques Delors d'ouvrir un chantier d'intérêt national.
Aucun jeune, diplômé ou qualifié, ne doit rester au chômage plus de six mois, sans qu'une formation ou un contrat ne lui soit proposé - c'est un droit pour lui et un devoir pour nous.
Tout jeune doit pouvoir bénéficier d'une possibilité d'insertion et je propose, à cet effet, de généraliser les bourses et les emplois-tremplins que les Régions ont mis en place, avec un objectif de 500 000 emplois tremplin.
L'Etat ouvrira, enfin, un nouveau droit : chaque jeune, à sa majorité, disposera d'un prêt gratuit de 10.000 euros, pour lui permettre de construire son premier projet de vie. Je le dis solennellement à toutes celles et tous ceux qui doutent, qui rencontrent plus de portes fermées que de mains tendues : la France a besoin de vos talents et de votre énergie ; les entreprises et les services publics ont un devoir à remplir à l'égard d'une génération qui représente aussi leur avenir.
Je leur dis aussi qu'à leur âge, on a le droit à l'erreur, que la peur de l'échec ne doit pas paralyser, qu'on apprend et qu'on se renforce aussi dans les difficultés que l'on rencontre : vous devez croire en vous car la France aime ses enfants, tous ses enfants et n'est elle-même que lorsqu'elle lutte contre toutes les formes de discrimination.

Dans l'intérêt des entreprises comme des salariés, dans l'intérêt de la France, je créerai la Sécurité Sociale professionnelle qui garantira, contre une formation et une recherche active d'emploi, une rémunération égale à 90% du dernier salaire perçu afin de permettre, sans drame, la mutation des emplois.
Et pour encourager, enfin, le passage du RMI au travail, je donnerai raison à ceux qui, comme l'association Emmaüs, demandent depuis longtemps la création d'un Revenu de Solidarité Active qui garantira les prestations en un mécanisme unique, durable, et garantissant que quelqu'un qui retrouve un travail ne puisse plus voir ses revenus baisser.

Et puis, n'est-ce pas, tout se tient : emploi, famille, école ?
Quand un maillon vient à casser, c'est la chaîne qui se voit fragilisée.

Et c'est l'éducation qui tient tout l'édifice.

C'est pourquoi, avec moi, l'Education, encore l'Education, toujours l'Education, elle sera au cœur de tout et en avant de tout !
L'Ecole est le cœur battant de la République.
L'Ecole est le lieu où se transmettent les savoirs et les valeurs républicaines.
L'école est le creuset où se forment les futurs citoyens.
Et l'école, vous me l'avez également dit, traverse une crise profonde.
J'ai entendu le signal d'alarme que lancent beaucoup de parents : l'Ecole tiendra-t-elle demain sa promesse d'égalité des chances ?
J'ai entendu le message des enseignants, en première ligne dans ce combat pour l'égalité et, donc, la citoyenneté : face aux difficultés qui s'accumulent, aux violences, aux incivilités qui angoissent, face aux coupes sombres dans les budgets et les emplois, face à un pouvoir d'achat qui semble baisser dans la mesure exacte où croissent les difficultés du métier, comment ne pas être tenté, parfois, de baisser les bras ?
A ces enseignants qui se battent en première ligne sur le front de la citoyenneté de demain, je veux dire ceci.
Vous serez soutenus, encouragés par la République dans votre mission.
Votre place sera mieux reconnue, vos filières de formation encore améliorées si vous en sentez le besoin.
Votre droit à l'innovation et à l'expérimentation du travail en équipe sera pleinement reconnu sans que vous ayiez à craindre les inspections un peu trop rigides.
Nous créerons un service public d'accueil de la petite enfance.
L'obligation scolaire sera fixée à 3 ans et les chances scolaires des enfants en seront accrues.
Collège et école devant assurer en son sein, ou dans les quartiers, le soutien scolaire gratuit, nous confierons cette nouvelle mission, comme vous l'avez proposé dans plusieurs débats participatifs, à un corps nouveau de répétiteurs dont la mise en place sera discutée avec l'équipe pédagogique, les associations de parents d'élèves et les élus.


La carte scolaire favorisera la mixité sociale, au lieu de consolider les ghettos.
Elle sera redécoupée pour que les secteurs soient plus hétérogènes et que chaque famille ait le choix entre plusieurs établissements. Les gros collèges seront divisés pour ne pas dépasser 600 élèves et ayant eu à nouveau confirmation des brutalités et violences subies par les élèves et les enseignants, un nouveau métier sera créé pour renforcer la discipline et développer massivement le sport et la culture qui sont les meilleurs remparts contre l'agressivité.
L'échec scolaire étant aggravé par la détresse financière et sociale et éducative des familles, je créerai des emplois-parents dans les quartiers comme l'a proposé l'association AC Le Feu et je généraliserai les écoles de parents.
L'allocation de rentrée scolaire sera doublée dès 2007 afin que soit pleinement garantie la gratuité scolaire.
La société de la connaissance exigeant un investissement massif dans l'Université et la recherche, je veillerai à renforcer l'autonomie des universités dans le cadre national et je les encouragerai à se regrouper entre régions pour atteindre une taille comparable à celle des grandes universités du monde.
Je détaillerai, jeudi prochain à Dunkerque et vendredi prochain à Strasbourg, un plan de réformes global concernant l'Education, la Recherche et la Culture.


Vous avez aussi, au cours des débats, beaucoup parlé des insécurités, des désordres et de la violence dans nos villes et à leurs périphéries..
Et de fait, depuis cinq ans, la violence à l'encontre des personnes n'a cessé d'augmenter.
4 millions de personnes ont été agressées verbalement ou physiquement dans la seule année 2005.
Le nombre de mineurs mis en cause pour des actes d'atteintes aux personnes a augmenté de 32% depuis 2002, et de 83 % en huit ans.
Plus rien ne semble être épargné par cette épidémie de violence : ni l'école, ni les familles, ni les jeunes.

J'ai parlé, déjà, des violences qui frappent les femmes. Permettez-moi d'y revenir. Car ce thème est revenu, dans nos débats, avec une terrible insistance. Et je dois avouer que j'y suis moi-même, en tant que femme, particulièrement sensible. Une femme sur dix est victime de violences conjugales. En 2004, chaque semaine, trois femmes ont été tuées par leur conjoint. Les violences, abandons, mauvais traitements d'enfants ont augmenté de 34% depuis 2002. Je veux vous le dire aujourd'hui : la première loi votée par le prochain parlement sera, je l'espère, une loi efficace contre les violences faites aux femmes.

J'ai parlé aussi de cette autre forme de violence, de cette violence douce et à peine visible, qu'est l'inégalité devant l'accès aux soins. Permettez-moi d'y insister aussi. Car enfin est-il normal que des quartiers entiers, des zones rurales, n'aient plus de médecin généraliste ? Est-il normal que trouver une prise en charge pour une personne âgée dépendante relève souvent, aujourd'hui, de l'exploit ? Est-il normal, est-il acceptable, qu'il n'y ait pratiquement plus, en France, de structures de santé de proximité ? Non, cela n'est pas normal. Non, cela n'est pas acceptable. Oui, vous êtes nombreux, très nombreux, à vivre cet état de fait comme une violence faite aux plus faibles, une brutalité terrible à l'endroit des plus modestes. Et c'est pourquoi, après vous avoir écouté, je souhaite mettre en oeuvre une politique de santé publique notamment axée sur la création d'une nouvelle génération de dispensaires en milieu rural et dans les quartiers urbains sensibles.

Et puis, il y a la violence dans les quartiers…
Où en sont-ils, les quartiers, un an après les émeutes ?
Est-ce parce qu'on les entend moins, est-ce parce que la machine à images a cessé de s'intéresser à eux et de concentrer sur eux son faisceau de lumière, que le problème est résolu ?
Et quelles réponses ont-elles été données aux appels à la justice, à l'égalité des chances, à la sécurité, qui se sont exprimés, aussi, avec une telle exaspération ?
A-t-on porté remède au précariat ? à l'insécurité sociale ? aux discriminations ? à la désertion des services publics ? au chômage des jeunes ?
Non, hélas.
Rien, ou presque rien, n'a été fait.
Or chacun sait que, si rien n'est fait, les mêmes causes produiront les mêmes effets et ce que la France a connu hier ne sera rien en comparaison de ce qu'elle connaîtra demain.
Il y aura des émeutes d'une violence extrême, et qui ne seront plus limitées aux seuls quartiers dits sensibles.
Il y aura des gestes de désespoir radical, des actes de nihilisme sans pareil, qui laisseront les pouvoirs publics sans ressource et sans voix.
La France entrera en crise.
Et c'est tout le lien social qui, de proche en proche, menacera de craquer. Il y a urgence. J'ai la ferme volonté d'empoigner ce problème à bras le corps. Ecoutons là encore, les propositions et les attentes de ceux qui agissent tous les jours sur le terrain.
Mettre les parents devant leur responsabilité pour assumer leur rôle, tout leur rôle.
Aider les mamans seules, débordées par les pré-adolescents, à se regrouper pour encadrer leurs enfants et bénéficier pour cela d'emplois parents.
La bataille pour l'emploi des jeunes de quartier doit se gagner.
Renforcer les procédures de l'encadrement scolaire et créer partout des mini-internats urbains, pour les jeunes qui ont décroché de l'école, imaginer une école de la deuxième chance avec de la culture, du sport, des voyages éducatifs, du travail solidaire.
Soutenir les associations, les élus de terrain, les travailleurs sociaux qui savent mieux que personne, pour les vivre, où sont les bonnes solutions.

A la première incartade, répondre par une sanction ferme, rapide et proportionnée, je dis bien proportionnée, alors que, trop souvent, le premier délit n'est pas sanctionné par une justice débordée qui manque de moyens ; ou alors, à l'inverse, on frappe trop lourdement des mineurs qui, en dehors des cas d'atteintes graves aux personnes, n'ont pas leur place en prison et en ressortent à 70% récidivistes et développer toutes les formes d'encadrement y compris militaire dans des chantiers humanitaires.
Créer des polices de quartier pour remplacer cette proximité hélas supprimée et renforcer les moyens de la justice des mineurs.
Mais il faut aussi : entendre le malaise que cette violence exprime, y remédier sur la longue durée, ne pas traiter les délinquants comme des sauvages ou des barbares.
Je ne veux pas de cette société toujours plus violente où, comme me l'a dit l'un d'entre vous lors d'un débat, « une bonne partie des violences est engendrée par le manque de considération envers certains jeunes. Ils ne se sentent pas utiles à la Nation et ont, de ce fait, l'impression que la Nation ne fait rien pour eux, et donc, qu'ils ne lui doivent rien ».
Je ne veux pas de cette société du « tous contre tous », cette société du « chacun pour soi ».
Je veux que la France aime sa jeunesse et exerce sur elle une juste autorité pour lui permettre de grandir.

Je ne veux pas, moi, d'un projet où la jeunesse est infantilisée, considérée comme une charge, voire une menace ou un danger.
Car une société qui a peur de sa jeunesse est une société qui n'a plus confiance en elle et qui manque à son devoir d'hospitalité à l'égard de la génération suivante.
Je veux une société qui fait confiance aux jeunes. Je pense qu'un ordre n'est pas juste, qui considère les enfants de la République inégaux en droits tout en leur imposant les mêmes devoirs.
Je crois qu'un pays est malade quand, ressuscitant le fantasme du XIXème siècle des fameuses « classes dangereuses », il devient sourd au cri de souffrance qui monte, qu'on le veuille ou non, des quartiers difficiles ou sensibles.
Et je ne peux pas me résoudre à cette souffrance.
Et je ne peux pas imaginer qu'il suffise d'envoyer des bataillons de police ou de gendarmerie.
Et je ne peux pas me faire à l'idée qu'il y ait deux jeunesses : l'une qui serait vouée à la réussite et l'autre condamnée à l'échec ou, pire, à la violence brute parce qu'au départ il n'y a pas les mêmes chances et qu'on n'a pas su encadrer à temps les enfants et les faire réussir à l'école comme le dit très bien Kerry James.
J'aurai prochainement l'occasion de dire avec plus de précisions en appui sur les associations, AC Le Feu, Parlement des Banlieues, dans les Banlieues ce que demain l'Etat fera.
Je sais que je réussirai à trouver des solutions et à empêcher de nouvelles explosions. Parce qu'au plus profond de moi, si je suis présidente de la République, je veux réaliser pour chaque enfant né ici ce que j'ai voulu pour mes propres enfants.
Je veux une nouvelle donne avec tous les jeunes de France.
Mais quand j'entends Karim, de Toulon, m'expliquer qu'il ne comprend pas pourquoi il doit subir, plusieurs fois par jour, les contrôles d'identité, je me dis qu'il n'exprime pas si mal que cela cette part du mal français qui le touche et qu'il m'incombera, avec vous tous, de traiter ! .

Je veux lutter farouchement contre les discriminations et les humiliations.
Je veux une France qui s'accepte telle qu'elle est devenue et qui considère même que c'est une chance d'être désormais ainsi : riche d'histoires diverses, colorée, métissée.
Je veux une France qui reconnaisse comme ses enfants légitimes tous ceux dont les familles sont venues d'ailleurs et qui sont aujourd'hui des Français à part entière et dont les parents et les grands parents ont donné leur vie pour nos libertés.
Du fond du cœur, je vous le redis : la France a besoin de vous ; vous êtes la chance de la France ; je veux une France qui vous écoute, une France qui vous comprenne et une France qui, en même temps, soit exigeante envers vous.
Je veux une France qui entende ce que lui dit Diam's dans « Ma France à moi » : « Il ne faut pas croire qu'on la déteste, mais elle nous ment (…). Ma France à moi leur tiendra tête jusqu'à ce qu'ils nous respectent ».
Je ne veux plus entendre parler de deuxième, troisième ou quatrième génération pour certains enfants d'immigrés alors qu'on ne le fait jamais pour ceux dont les familles sont originaires d'Europe.


J'ai entendu aussi les graves problèmes de santé des jeunes. Et ce désarroi me paraît totalement inconcevable dans un pays comme le nôtre.
Je propose la gratuité totale des soins pour les moins de 16 ans. Je propose la mise en œuvre d'une carte santé jeune 16/25 ans. Je souhaite que la contraception soit gratuite pour les jeunes femmes de moins de 25 ans afin de lutter contre les grossesses précoces. Je propose de renforcer les moyens de la médecine scolaire et universitaire. Toutes ces actions entraîneront des économies dans les dépenses de santé car la prévention dès le plus jeune âge est très efficace.

C'est sur les jeunes aussi que je compte pour protéger la planète car c'est pour vous et la génération qui vient que nous devons agir.

Je veux faire de la France le pays de l'excellence environnementale. C'est pour moi une conviction profonde et ancienne qui remonte à mon enfance rurale et consolidée dans mon action de Ministre de l'environnement.

Vous ne voulez plus, et moi non plus, de cette irresponsabilité qui détruit la planète, qui laisse la biodiversité s'épuiser, qui ne prépare pas l'après-pétrole. Vous m'avez fait part de vos alarmes. Vous avez raison. Le réchauffement planétaire est une menace sur le monde et sur la paix : déplacement massif de populations, accès à l'eau potable. Je ferai de cette cause une grande cause nationale pour la France.
J'engagerai la France dans la voie de l'excellence environnementale comme cela n'a jamais été fait. 100 000 emplois, non délocalisables peuvent être créés. Un investissement massif dans l'environnement conduira à développer de nouveaux métiers, de nouvelles compétences, Dans le domaine du bâtiment, des transports, de l'agriculture, l'essor des écoproduits et des écoprocédés sera un moteur de l'activité et de la croissance durable. Tout comme les bio-carburants pouvant créer de nouveaux emplois.

Le défi environnemental doit être vu comme une chance. A condition d'anticiper plutôt que subir les mutations. Là aussi, il y a deux logiques : celle du laissez-faire, du libéralisme, qui vise le profit immédiat et nous prépare au pire. Ou celle de la volonté, qui relève les défis, pour laisser à nos enfants une planète vivable et qui applique le principe pollueur-payeur, empêche la destruction de biens collectifs publics.

Je vous propose :
- un plan de développement massif des énergies renouvelables pour qu'elles représentent 20 % de la consommation d'énergie en 2020, ce qui permettra de réduire la part du nucléaire ; ce plan de développement national s'appuiera sur une politique commune européenne de l'énergie ;
- une fiscalité écologique qui encourage les bonnes pratiques ;
- de favoriser les économies d'énergie dans le logement. Tout permis de construire devra intégrer les énergies renouvelables.
J'ai développé tous ces sujets à Montluçon avec un plan d'action très précis.



Une agriculture assurant une alimentation de qualité et respectant l'environnement est aussi à notre portée.

Nous pouvons surmonter la crise de confiance entre nos concitoyens et leur agriculture, née des crises alimentaires et des abus d'engrais et de pesticides. Je veux redonner aux agriculteurs la fierté de leur métier Il faut aujourd'hui produire autrement : la qualité doit primer sur la quantité ; l'environnement doit respecté et les paysages préservés et ceux qui font ces efforts doivent recevoir davantage d'aide car ils agissent pour l'intérêt général.

Je proposerai à nos partenaires une refondation de la politique agricole commune pour réorienter les aides vers le développement rural, en modulant les primes et en assurant leur transparence.

Cette réorientation de la PAC doit permettre à l'Europe de se nourrir par elle-même et aux paysans de vivre dignement de leur travail tout en maintenant nos identités rurales vivantes. De nouveaux emplois et une nouvelle fierté rurale sera développée grâce aux biocarburants et à la valorisation de la biomasse, au développement de la filière bois et de la bio construction.


Pour mettre en œuvre toutes ces réformes, nous avions besoin d'institutions impartiales, qui fonctionnement et qui répondent aux besoins de notre temps. C'est pourquoi je vous propose une République Nouvelle.

Des réformes profondes doivent être faites pour moderniser les institutions.

Du côté du parlement et de la démocratie représentative, le mandat unique sera instauré, le Sénat réformé, le pouvoir de contrôle du Parlement sera renforcé et le 49.3 supprimé.

Je veux aussi que l'opposition soit respectée même si cela n'a guère été le cas au cours de ces cinq dernières années.

Pour rééquilibrer le rôle de la majorité et de l'opposition, et pour permettre un dialogue constructif au sein du pays, la présidence de la commission des finances de l'Assemblée Nationale sera confié à un député de l'opposition.

Démocratie participative : les citoyens pourront faire examiner par le Parlement une proposition de loi qui aura recueilli 1 million de signatures. Le développement des jurys de citoyens et des budgets participatifs sera encouragé et le référendum d'initiative populaire instauré.

Démocratie sociale : pour faciliter le développement d'un syndicalisme beaucoup plus représentatif, un crédit d'impôt sera accordé pour les cotisations syndicales. La représentativité sera fondée sur l'élection et le principe majoritaire mis en œuvre pour les accords sociaux.
Je veux que la France se modernise dans la qualité de ses relations sociales. Tout le monde doit y gagner, entreprises, salariés et avec le pays tout entier dans une logique de cercle vertueux qui met fin aux logiques d'affrontement et qui permet des compromis sociaux qui nous permettront d'être plus forts.

Dans les 6 mois qui suivront l'élection présidentielle, je consulterai le peuple français sur ces propositions de réformes démocratiques de nos institutions.


Outre-mers

Je me suis rendue à La Réunion, en Martinique, en Guadeloupe et je n'oublie pas les autres outre-mer dont la culture, me le rappelait Aimé Césaire, est aussi la nôtre.
Je veux une République, de la reconnaissance et de la responsabilité. Et des politiques publiques qui tiennent compte de leur identité, de leur diversité et des problèmes de la continuité territoriale.

L'histoire des outre-mers n'est pas périphérique : c'est notre histoire commune. L'esclavage et la colonisation en font partie et doivent trouver toute leur place dans nos programmes scolaires ainsi que les grandes œuvres littéraires et historiques, Louis Delgresse, Frantz Fanon, La Mulâtresse Solitude, Aimé Césaire.

Je veux que la France revienne à la table de l'Europe et je ferai tout pour cela.

L'Europe doit rester la grande ambition et la grande réalisation du XXIème siècle. Je sais que vous le voulez comme moi. Mais, je sais aussi que, comme moi, vous ne voulez pas n'importe quelle Europe, vous me l'avez dit dans les débats. Je ne veux pas d'une Europe qui ne serait qu'une zone de libre échange adossée à l'OTAN. Je veux encore moins d'une Europe de tous contre tous où le dumping fiscal et social remplace la solidarité, et dans laquelle la concurrence sert de projet de société. L'Europe que je veux doit élever le niveau de tous les pays et de chaque individu, et non les abaisser.

L'Europe doit se fixer comme objectif une croissance dynamique et créatrice d'emplois

Je veux relancer des politiques communes sur les enjeux majeurs que nous affrontons. En Europe, comme en France, la croissance naîtra de l'investissement dans la recherche, dans l'innovation, dans les énergies renouvelables, dans les transports.

L'Europe doit se battre aussi pour une politique industrielle, à l'instar de ce que font les Etats-Unis et les grands pays émergents. L'Europe ne doit plus s'abandonner au seul dogme de la concurrence. Airbus n'aurait pu être lancé si la doctrine actuelle de l'Europe avait été applicable en 1970…

Pour réussir cela, les outils actuels ne sont pas adaptés. La croissance et l'emploi doivent être inscrits dans les statuts de la Banque centrale européenne . Il faut mettre en place un gouvernement économique de la zone euro » pour une politique de croissance coordonnée

Le Pacte de stabilité ne doit pas servir à freiner la croissance mais à la stimuler. Je propose de sortir du chiffrage du déficit les dépenses consacrées à la recherche et à l'innovation.
Nous accumulons un retard très inquiétant qui risque d'être ravageur, face à l'Inde et à la Chine. Il est temps, j'allais dire, de passer aux choses sérieuses.

Je veux une Europe qui protège ses citoyens et les aide à tirer profit de la mondialisation
Il n'est pas supportable de voir des entreprises faisant des bénéfices délocaliser leur production. L'Europe doit se protéger et nous protéger. Avec moi elle fera reconnaître le respect des normes sociales et environnementales dans toutes les négociations de l'OMC.

La concurrence déloyale est encore moins supportable à l'intérieur de l'Europe. Je proposerai l'instauration de taux planchers en matière d'impôt sur les sociétés pour freiner les délocalisations fiscales.

De même, je proposerai à nos partenaires la négociation d'un protocole social pour renforcer les droits des travailleurs.

L'Europe devra s'atteler au dialogue avec la Méditerranée et mettre enfin en place des politiques de co-développement.

C'est la meilleure façon d'endiguer l'immigration illégale et lutter contre les mafias qui l'organisent. Décourager les migrations de la misère, c'est soutenir le développement des pays pauvres, en réduisant les écarts entre Nord et Sud. C'est notre devoir.

Le co-développement sera donc mon objectif. L'aide publique sera radicalement réformée et réorientée vers les circuits courts, la santé, l'éducation, l'énergie solaire, les associations de femmes, le micro crédit, comme je l'ai vu au Sénégal, et cessera d'alimenter les gouvernements corrompus.

Cela me conduit à vous dire comment je conçois le rôle de la France dans le monde et la façon dont j'entends lui faire tenir son rang.


La France c'est un paysage que nous aimons, c'est aussi une grande Histoire, certes pas uniforme, mais avec des moments sublimes, quelquefois des abîmes et, en arrière-plan, la grande lumière jamais éteinte de la Révolution française.
C'est également une langue dont Fernand Braudel nous a enseigné la part qui est la sienne dans la construction de notre identité. N'oublions jamais la dimension de la francophonie. Il y aura, en 2050, trois cents millions d'hommes et de femmes qui parleront français ! Je souhaite qu'il y en ait davantage. Bien davantage. Je souhaite une France qui parle, dans sa langue, sa propre langue, au monde.

Car la France c'est plus que la France. La France c'est ce drôle de pays qui, comme disait André Malraux, n'est jamais aussi grand que lorsqu'il l'est pour tous les hommes. La France ce sont des valeurs exigeantes et belles proclamées par la Révolution française. La France ce sont des valeurs universelles qui nous obligent et que nous devons porter haut pour ne pas décevoir ceux qui ont foi en nous. L'Histoire de France est une Histoire vivante. C'est une histoire qui, parce qu'elle est vivante, doit continuer de parler au monde.

Le monde… Nous savons tous ce qu'il en est : la mondialisation, les échanges, les influences croisées et fertilisantes, mais aussi le tohu-bohu, l'iniquité, le malheur, les crimes de masse, les guerres. Je ne veux pas d'une France qui aurait la tentation de s'éloigner de la scène, de renoncer, de laisser faire. Je ne veux pas d'une France qui laisserait ce monde se casser, éclater en morceaux, en blocs de vie et de pensée hostiles les uns aux autres. Je ne veux pas d'une France qui se résignerait à sortir de l'Histoire.
Allons-nous rester là, spectateurs muets, apeurés, bientôt victimes ? Avons-nous quelque chose à dire, encore, au monde ? Avons-nous quelque chose, encore, à lui apporter ? Les Français le croient. Les Français le veulent. Je le crois et le veux avec eux.
Les fins de la politique de la France, si je suis élue, seront simples et fidèles à notre vocation la plus haute : la paix, bien sûr ; la sécurité pour les Etats ; mais aussi la justice pour les peuples et le développement pour tous.
La paix ? Elle n'est possible que fondée sur l'équilibre d'un monde multipolaire. C'est pourquoi tous les efforts visant à faire redémarrer l'Europe et à en faire une puissance également politique seront poursuivis avec une ardeur particulière. C'est pourquoi tout sera fait pour remédier au déséquilibre des puissances qui est la règle d'aujourd'hui dans nos rapports avec nos partenaires et alliés. Et c'est pourquoi, aussi, la France, si je suis élue, pèsera de tout son poids pour que soit respecté le droit international. Celui-ci existe. Il n'est que de l'appliquer. Nous réclamerons de nos meilleurs amis que les résolutions du Conseil de Sécurité soient mises en œuvre, que les grands traités du désarmement, de l'environnement, soient respectés. La France et le Royaume-Uni ont la lourde responsabilité d'être membres permanents du Conseil de Sécurité. Nous y jouerons tout notre rôle, à l'écoute certes de nos partenaires européens mais aussi de tous les pays prêts à travailler avec nous. Le multilatéralisme, c'est la mobilité de l'action au service des principes que les Nations Unies ont fixés.

Veiller à la sécurité de tous, c'est aussi donner l'exemple. Et c'est pourquoi nous continuerons à déployer des forces au service du droit, s'il le faut, en Afrique comme au Proche-Orient.
La Justice pour les peuples exige que nous parlions fermement, en toutes circonstances, devant nos alliés, nos amis et en agissant dans toutes les instances où se bâtit aujourd'hui la justice internationale.
Le développement implique que la France, qui fut l'une des premières à plaider pour l'aide publique, ne se paie pas de mots. Nous sommes tous terriblement en retard sur nos engagements à l'égard des pays défavorisés. Il faudra redoubler d'efforts. Il faudra que la France indique le chemin à tous ceux qui s'accommodent à bon compte des promesses non tenues et des inégalités criantes.

Le réalisme, c'est aussi choisir des priorités. Nous regarderons d'abord devant notre porte, et je vais vous surprendre : notre porte, c'est l'Afrique :
L'Afrique est notre voisine. Elle est là, cette Afrique à laquelle m'attachent tant de liens. Elle est là, vivante, dynamique, mais accablée de maux et de tensions. Chaque Africain qui parvient à nous rejoindre en témoigne. Et il ne comprend pas qu'après tous nos beaux discours, nous tournions la tête et nous barricadions. Il ne comprend pas, parce que l'avenir, qui appartient aujourd'hui aux Chinois et aux Indiens encore oubliés, écartés, voici moins de vingt ans, appartiendra peut-être demain à son frère, à son fils, un Africain.
De quoi souffre l'Afrique ? D'une économie mondiale absolument débridée qui ne laisse aucune chance à des productions agricoles fragiles et incapables de rivaliser avec les politiques de pays bardés d'atouts financiers et technologiques. Un peu de bon sens, un peu de justice, recommanderaient que l'on remette un peu d'ordre sur les marchés, que des avantages soient laissés aux pays les plus pauvres, que des préférences – il faut le dire – soient accordées par l'Europe à l'Afrique, quitte pour celle-ci, en échange, à savoir orienter ses achats vers l'Europe. Organisons, d'Europe vers l'Afrique et de l'Afrique vers l'Europe, des relations favorisées et équitables.

De quoi souffre la démocratie africaine ? D'un jeu trop brutal des alternances. Du poids des oligarchies. De la corruption de certaines élites. Et je n'oublie pas cette honte que fut, à la toute fin du XX° siècle, le génocide des Tutsis au Rwanda : un crime contre l'humanité ; une insulte à l'humanité de l'homme ; un deuil pour le monde. Ni enfin, aujourd'hui, la tragédie du Darfour que la communauté internationale a sans doute le moyen de stopper : pourquoi ne le fait-elle pas ? pourquoi la France, la grande France, celle des internationalistes qui ont fondé notre parti, celle des Républicains qui croient que nous avons, sur la scène du monde, un rôle particulier, ne fait-elle pas pression pour que s'arrête le massacre ?
L'Afrique est à la portée de la France et de l'Europe. Elle est à notre heure. Je veillerai à ce que celle-ci soit saisie et gardée. Il ne s'agira pas de manifestations éphémères, de cérémonies d'un jour, de tournées à bride abattue mais d'un effort opiniâtre sur pied égal avec les Africains, dirigeants ou non.

Notre voisin, c'est aussi, bien sûr, le Proche et Moyen-Orient. On plaidera pour des conférences. Je dis oui, naturellement. Mais je plaiderai surtout pour le réalisme et l'ambition. La paix au Proche-Orient suppose deux aspirations indissociables et également impérieuses : celle de la justice, celle de la sécurité. Il faut rendre justice aux Palestiniens. Mais il faut garantir la sécurité d'Israël et la vie de tous ses citoyens. L'objectif n'est pas inaccessible. Les Palestiniens modérés, démocrates, partisans du compromis, existent et refusent de se taire. Les Israéliens favorables au partage de la terre sont une majorité ; ils ont des familles, des enfants, dont le destin passe par une paix durable et garantie. L'Europe peut peser en faveur de cette paix. La France, au sein de l'Europe, a l'autorité nécessaire pour rappeler les principes. Voyez, au Liban, notre participation à l'effort de la FINUL. Persévérons. Et, avec les autres, renouons le dialogue avant qu'il ne soit trop tard. Je pense à la Syrie et même à l'Iran Je me suis prononcée, vous le savez, pour la plus grande fermeté vis-à-vis du régime iranien en place et de ses provocations répétées ; mais cela ne me dissuadera jamais de maintenir le dialogue avec une population qui espère et croit en nous,

Nos partenaires ce sont bien sûr les autres membres permanents du Conseil de Sécurité : Chine, Russie, Etats-Unis. A nous de savoir comment travailler au mieux avec eux. La Chine est autre chose qu'un géant économique. Ce sera bientôt un géant politique. Je voudrais que la France fût l'une des premières à percevoir cette montée en puissance de la Chine, et en tire toutes les conséquences. Mais je voudrais aussi qu'elle soit à la pointe de la vigilance sur le non respect des droits humains en Chine. La démocratie est un bien commun. La démocratie, ce ne sont pas des valeurs réservées aux uns et interdites aux autres. Voilà ce que j'aurai à cœur, si je suis élue, de rappeler à mes partenaires chinois comme je l'ai déjà fait. Une France attentive, mobile, doit guetter chaque signe de mouvement et tenter de l'infléchir. La France que j'aime et à laquelle je crois doit se montrer intraitable dans la défense des valeurs liées à sa tradition d'humanisme et de Lumières.

Autre réalité : la Russie. Des liens séculaires, et très forts, nous unissent à la Russie. Nos peuples, nos deux peuples, ne se connaissent pas toujours assez mais se respectent. Et la Russie, d'ailleurs, appartient de plein droit, j'en suis intimement convaincue, à l'espace de la civilisation européenne. Raison de plus pour lui tenir, elle aussi, le langage de la vérité. Raison de plus, comme l'Allemagne nous en donne l'exemple, pour trouver le ton juste, lui dire ce qui ne va pas, lui manifester, sans chipotages, notre conviction qu'elle est européenne mais que, parce qu'elle est européenne, un certain nombre de valeurs s'imposent à elles. L'Europe a besoin de la Russie et la Russie de l'Europe. Je serai la Présidente de ce lien renforcé. Et je serai, aussi, une Présidente intraitable quand il s'agira de dénoncer les abus de droit, les entorses aux droits de l'homme, voire les crimes de guerre en Tchétchénie ou l'assassinat, en plein Moscou, de cette femme d'exception, honneur de sa profession, que fut la journaliste Anna Politkovskaïa.

Partout où nous agirons, les Etats-Unis, bien sûr, ne seront pas loin. Ils sont là, puissants, amicaux, généreux et aussi, comme l'histoire récente l'a montré, emportés parfois jusqu'à l'erreur par le poids même de leur puissance. Nous vivrons avec eux, en partenaire solide, fiable, mais sans complexes non plus. La taille n'a rien à faire avec les principes. Le déséquilibre des puissances n'est jamais une raison de se taire – et on l'a bien vu, n'est-ce pas, à propos de l'Irak. La voix de la France, en l'espèce, ne fut, hélas, pas entendue. Mais elle n'en sonna pas moins juste. Et je voudrais, à l'avenir, qu'elle continue de sonner juste. Je voudrais qu'en parlant plus haut, et plus vrai, notre voix porte plus loin.

Ce respect des avis d'autrui qui manqua si tristement dans la guerre du Moyen-Orient, cette écoute de l'autre, j'en ferai la règle de notre conduite. Je veillerai à tenir compte de ce que pensent, non seulement les membres permanents du Conseil de Sécurité, mais les pays émergents, ces nouvelles puissances qui ont les moyens de leurs ambitions et qui, tôt ou tard, sauront se faire entendre. Nous savons la force de l'Inde, du Brésil, de l'Afrique du Sud qui rejoignent ces autres piliers de la scène internationale que sont le Japon ou le Canada… Tous aspirent à modeler l'avenir, à ne pas laisser le monde entraîné par le seul mouvement de l'économie. Ils sont nos meilleurs alliés. Ils seront nos vertueux complices dans la volonté de réinventer les règles du jeu valant dans le concert des nations.
On nous dit que les Etats s'affaiblissent, que les nations s'évanouissent, que triomphent les grandes compagnies, que le Marché est le seul roi. C'est tout le contraire que montre la scène du monde. Et la France, en tout cas, ne craindra pas, je vous l'annonce, de tenir le rang qu'elle doit à son histoire. Elle agira sans humilité et sans arrogance. Mais elle tiendra son cap. Et elle affirmera ses principes.

Une chose que j'ai comprise, pendant ce temps où je me suis mise à l'écoute des Françaises et des Français c'est qu'ils aiment la France.
Et, comme ils l'aiment vraiment, ils l'aiment grande, ouverte, accueillante aux opprimés, soucieuse de la misère du monde.
C'est ce souci, aussi, que je veux porter.
C'est à ce message que je veux être fidèle.
On dit les Français égoïstes, repliés sur eux-mêmes, leurs petits soucis. Tout dépend de ce qui leur est proposé.
Car notre peuple est, aussi, un peuple généreux.
C'est le peuple qui a inventé les Médecins sans frontières et les Médecins du Monde.
C'est l'un des peuples où le mouvement associatif est le plus vivant.
Je serai la Présidente de cette République-là, celle où l'on sera sans indulgence pour les dictateurs, quelle que soit leur couleur politique.

Cette République là où l'on sera implacable avec les purifications ethniques, les génocides, cette honte pour le genre humain. Je rêve d'une France qui, encore une fois, retrouvera sa vocation qui est de parler à tous et de le faire au nom de l'Universel et de ses valeurs.
Cette France, nous allons la faire, celle qui, sur la scène du monde aussi, travaillera à instaurer un ordre juste.

Vivre la République !
Vive la France !