Royal prend acte de l'exclusion de Georges Frêche et continue son périple dans les Antilles.
Voilà la décision est tombée. La seule qui restait possible en ces temps de campagne rythmée par les coups de poignards de la droite contre notre candidate. Il fallait démontrer une certaine hiérarchie des sanctions : un carton jaune contre Montebourg entraînait le carton rouge contre Frêche.
Pas sûr que celà calme les équipes de tueurs aux basques de Royal, bien au contraire. Il semble que la garde rapprochée de l'équipe Royal a laissé passer des intrus et en tout cas au moins un imposteur de trop en la personne de cet imitateur à la solde de l'UMP. C'est cette absence de protection qui me surprend le plus. Elle démontre une fragilité et une exposition trop fortes. Royal supporte nombre de coups bas sans perdre le sourire. Inconscience, force de caractère, zenitude ? J'espère que quelqu'un s'occupe de l'état de forme psychologique et mental de la candidate en haut lieu. Il ne faudrait pas qu'elle termine en charpie cette pré-campagne. Vraiment c'est inquiètant : que fait l'équipe de campagne pour la protéger ?
Pourquoi n'y a t-il personne pour prendre les coups à sa place ou les détourner alors qu'on a l'impression que rien ne touche Nicolas Sarkozy protégé par une phalange de grosses pointures et de médias complaisants ? Pourquoi les éléphants ne sont-ils pas davantage mis en première ligne. A part Hollande et Lang, que font les autres ? DSK, Fabius, Jospin, ... semblent en réserve ou laissés sur la réserve. C'est étrange. On croirait une histoire à suspense comme celle des vieux films américains, où on laisse l'ennemi progresser, gagner les premières batailles et où à la fin le happy end survient avec l'arrivée de la cavalerie et la victoire des "gentils". Ceci dit il ne faudrait pas que la cavalerie arrive après la bataille, après le prochain traquenard. Celui de trop.Je ne suis vraiment pas certain que tout ceci soit voulu et prévu, à moins de compter sur une forme de dégout des français pour le niveau de la campagne de la droite.Ceci serait avéré si les français avaient l'impression qu'on commet une injustice et une forme d'acharnement contre Ségolène Royal comme elle avait réussi à le faire penser lors de la campagne interne. Ca devrait permettre de mobiliser la gauche or les sondages ne le démontrent pas. La mobilisation à gauche voilà la clé que Ségolène ne veut pas activer car elle est dans une logique de deuxième tour. Logiquement ce serait aux éléphants de le faire, mais c'est là que le bât blesse. Avoir contourné le parti et demander aux anciens adversaires de battre le rappel des troupes, c'est une équation difficile. Hollande s'y colle mais soupconné de partialité il n'a plus la légitimité suffisante.
Voilà pourquoi la campagne patine et prête le flanc aux francs-tireurs de droite. Ségolène devrait faire appel à ses réserves (DSK, Fabius), surveiller son arrière-garde (Menucci, Rebsamen) et ne pas négliger la vieille garde (Jospin).

