Depuis le congrès d'investiture de Nicolas Sarkozy le week end dernier, la campagne est lancée. Les acteurs majeurs sont en place, n'en déplaisent aux "petits" candidats. Les quêtes de parrainages occupent beaucoup Olivier Besancenot, Philippe de Villiers, bien sûr Jean-Marie Le Pen et sans doute José Bové s'il se décide. Il reste encore l'hypothèse - j'ai failli écrire l'hypothèque - d'un autre Nicolas, Nicolas Hulot, qui fait frémir non seulement les écologistes "officiels" mais aussi les grands partis qui ignorent la part de leur électorat qui risquerait de se disperser.
Mais peu importe, nous serons fixés somme toute rapidement, et le décor principal est planté. Alors que tirer comme enseignement de cette semaine politique qui a suivi le "triomphe" de Nicolas Sarkozy ?
D'abord des enseignements sur le plan de l'opinion : les sondages se sont retournés en sa faveur. Les commentateurs politiques parlent d'une semaine de grâce logique en la circonstance. Peut-être mais la baisse de Ségolène Royal ne s'explique pas seulement par l'ascension du président de l'UMP. Quelques gaffes et maladresses ont ponctué cette semaine, ainsi que quelques piques balancées par la droite.
Il y a bien sûr ce vocabulaire et ces lapsus surprenants qui font que le ridicule n'est pas loin à force de bravitude, d'espace respirant, et plus récemment de 11 février qui se transforme en 11 septembre, ...
Il y a aussi ces cafouillages fiscaux entre Hollande et Royal qui ont suscité l'appel à DSK. Certains y voient un partage des rôles machiavéliquement concocté par le couple mais je n'y vois moi que la confusion et le brouillage de l'image du PS et de sa candidate.
Il y a enfin ces coups bas, qu'ils viennent de son propre camp comme ce téléphone portable laissé volontairement ouvert pour les journalistes du Monde lors des discussions du dernier BN, comme cette bourde montebourgeoise qui lui vaut une suspension royale d'un mois, ou qu'ils viennent de la droite qui relaie des informations fausses sur l'ISF du couple Hollande-Royal.
Difficile situation pour la gauche, et chacun de spéculer sur la suite avec une hantise : le décrochage de Ségolène Royal dans les semaines à venir qui sont comme chacun sait décisives. Autre hiatus, les soutiens sont moins forts à gauche qu'à droite, si on en juge par la capacité de rassemblement de leur propre camp des deux principaux candidats : 86% pour Sarkozy, 75% pour Royal. La campagne interne a laissé des traces et la gauche de la gauche ne voterait pas "comme un seul homme" pour Royal. Et bizarrement, une majorité de femmes voterait Sarkozy.
Dans cette phase, je ne crois pas un instant que DSK serait un recours efficace en cas de plongée de Ségolène Royal. En ce cas, c'est simple la présidentielle est perdue. Je ne suis même pas sûr que les écueils rencontrés par Royal auraient été évités par DSK : la critique sur l'ISF serait venue, la critique des camarades comme Montebourg ou d'autres seconds couteaux anonymes n'aurait pas manqué. La seule chose qu'aurait évité DSK de mon point de vue, c'est de négliger ses adversaires battus, et d'oublier de faire campagne. DSK n'aurait pas eu besoin de se donner une stature internationale par quelques voyages à l'étranger. Mais on ne refait pas l'histoire et au final, on dira que c'était la bonne stratégie si elle l'emporte.
Aujourd'hui une seule solution : soutenir Ségolène Royal dans sa démarche participative jusqu'au bout. Dernière nouvelle : elle veut que les éléphants s'impliquent davantage. Tiens donc et si elle le leur avait demandé un peu plut tôt, ce n'aurait pas été une bonne idée ça ?
