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janvier 2007

Protéger Ségolène du traquenard de trop

Royalmartinique1169915800Royal prend acte de l'exclusion de Georges Frêche et continue son périple dans les Antilles.

Voilà la décision est tombée. La seule qui restait possible en ces temps de campagne rythmée par les coups de poignards de la droite contre notre candidate. Il fallait démontrer une certaine hiérarchie des sanctions : un carton jaune contre Montebourg entraînait le carton rouge contre Frêche.

Pas sûr que celà calme les équipes de tueurs aux basques de Royal, bien au contraire. Il semble que la garde rapprochée de l'équipe Royal a laissé passer des intrus et en tout cas au moins un imposteur de trop en la personne de cet imitateur à la solde de l'UMP. C'est cette absence de protection qui me surprend le plus. Elle démontre une fragilité et une exposition trop fortes. Royal supporte nombre de coups bas sans perdre le sourire. Inconscience, force de caractère, zenitude ? J'espère que quelqu'un s'occupe de l'état de forme psychologique et mental de la candidate en haut lieu. Il ne faudrait pas qu'elle termine en charpie cette pré-campagne. Vraiment c'est inquiètant : que fait l'équipe de campagne pour la protéger ?

Pourquoi n'y a t-il personne pour prendre les coups à sa place ou les détourner alors qu'on a l'impression que rien ne touche Nicolas Sarkozy protégé par une phalange de grosses pointures et de médias complaisants ? Pourquoi les éléphants ne sont-ils pas davantage mis en première ligne. A part Hollande et Lang, que font les autres ? DSK, Fabius, Jospin, ... semblent en réserve ou laissés sur la réserve. C'est étrange. On croirait une histoire à suspense comme celle des vieux films américains, où on laisse l'ennemi progresser, gagner les premières batailles et où à la fin le happy end survient avec l'arrivée de la cavalerie et la victoire des "gentils". Ceci dit il ne faudrait pas que la cavalerie arrive après la bataille, après le prochain traquenard. Celui de trop.Je ne suis vraiment pas certain que tout ceci soit voulu et prévu, à moins de compter sur une forme de dégout des français pour le niveau de la campagne de la droite.Ceci serait avéré si les français avaient l'impression qu'on commet une injustice et une forme d'acharnement contre Ségolène Royal comme elle avait réussi à le faire penser lors de la campagne interne. Ca devrait permettre de mobiliser la gauche or les sondages ne le démontrent pas. La mobilisation à gauche voilà la clé que Ségolène ne veut pas activer car elle est dans une logique de deuxième tour. Logiquement ce serait aux éléphants de le faire, mais c'est là que le bât blesse. Avoir contourné le parti et demander aux anciens adversaires de battre le rappel des troupes, c'est une équation difficile. Hollande s'y colle mais soupconné de partialité il n'a plus la légitimité suffisante.

Voilà pourquoi la campagne patine et prête le flanc aux francs-tireurs de droite. Ségolène devrait faire appel à ses réserves (DSK, Fabius), surveiller son arrière-garde (Menucci, Rebsamen) et ne pas négliger la vieille garde (Jospin).

Assassine 


Ségolène Royal souhaite l'exclusion de Frêche

Enfin !

Ségolène Royal prend la bonne décision concernant Georges Frêche : elle se prononce pour son exclusion.

Mieux vaut tard que jamais. J'avais été déçu de l'entendre dire sur RTL la semaine dernière que probablement la mise en retrait du parti par l'intéressé lui même "suffisait". Manifestement, il est temps de clarifier les positions et d'appliquer correctement la notion d'ordre juste. Quand elle met un carton jaune à Arnaud Montebourg pour une boutade, elle doit logiquement aller plus loin pour le trublion de Montpellier. C'est fait.Tant mieux. Le flou et l'indécision ne mènent nulle part.

Après le ralliement de Martine Aubry, on attend qu'une phase de discours plus "politiques" - selon le mot d'Alain Bergounioux - succède aux difficultés de début d'année. Les témoignages qui remontent de certains débats participatifs sont criants de vérité et expriment ce que l'on attend de Ségolène Royal : la prise en compte des aspirations populaires. Ségolène : arrête de te disperser, reste proche des gens.


La semaine politique de l'UMP et du PS

Depuis le congrès d'investiture de Nicolas Sarkozy le week end dernier, la campagne est lancée. Les acteurs majeurs sont en place, n'en déplaisent aux "petits" candidats. Les quêtes de parrainages occupent beaucoup Olivier Besancenot, Philippe de Villiers, bien sûr Jean-Marie Le Pen et sans doute José Bové s'il se décide. Il reste encore l'hypothèse - j'ai failli écrire l'hypothèque - d'un autre Nicolas, Nicolas Hulot, qui fait frémir non seulement les écologistes "officiels" mais aussi les grands partis qui ignorent la part de leur électorat qui risquerait de se disperser.

Mais peu importe, nous serons fixés somme toute rapidement, et le décor principal est planté. Alors que tirer comme enseignement de cette semaine politique qui a suivi le "triomphe" de Nicolas Sarkozy ?

D'abord des enseignements sur le plan de l'opinion : les sondages se sont retournés en sa faveur. Les commentateurs politiques parlent d'une semaine de grâce logique en la circonstance. Peut-être mais la baisse de Ségolène Royal ne s'explique pas seulement par l'ascension du président de l'UMP. Quelques gaffes et maladresses ont ponctué cette semaine, ainsi que quelques piques balancées par la droite.

Il y a bien sûr ce vocabulaire et ces lapsus surprenants qui font que le ridicule n'est pas loin à force de bravitude, d'espace respirant, et plus récemment de 11 février qui se transforme en 11 septembre, ...

Il y a aussi ces cafouillages fiscaux entre Hollande et Royal qui ont suscité l'appel à DSK. Certains y voient un partage des rôles machiavéliquement concocté par le couple mais je n'y vois moi que la confusion et le brouillage de l'image du PS et de sa candidate.

Il y a enfin ces coups bas, qu'ils viennent de son propre camp comme ce téléphone portable laissé volontairement ouvert pour les journalistes du Monde lors des discussions du dernier BN, comme cette bourde montebourgeoise qui lui vaut une suspension royale d'un mois, ou qu'ils viennent de la droite qui relaie des informations fausses sur l'ISF du couple Hollande-Royal.

Difficile situation pour la gauche, et chacun de spéculer sur la suite avec une hantise : le décrochage de Ségolène Royal dans les semaines à venir qui sont comme chacun sait décisives. Autre hiatus, les soutiens sont moins forts à gauche qu'à droite, si on en juge par la capacité de rassemblement de leur propre camp des deux principaux candidats : 86% pour Sarkozy, 75% pour Royal. La campagne interne a laissé des traces et la gauche de la gauche ne voterait pas "comme un seul homme" pour Royal. Et bizarrement, une majorité de femmes voterait Sarkozy.

Dans cette phase, je ne crois pas un instant que DSK serait un recours efficace en cas de plongée de Ségolène Royal. En ce cas, c'est simple la présidentielle est perdue. Je ne suis même pas sûr que les écueils rencontrés par Royal auraient été évités par DSK : la critique sur l'ISF serait venue, la critique des camarades comme Montebourg ou d'autres seconds couteaux anonymes n'aurait pas manqué. La seule chose qu'aurait évité DSK de mon point de vue, c'est de négliger ses adversaires battus, et d'oublier de faire campagne. DSK n'aurait pas eu besoin de se donner une stature internationale par quelques voyages à l'étranger. Mais on ne refait pas l'histoire et au final, on dira que c'était la bonne stratégie si elle l'emporte.

Aujourd'hui une seule solution : soutenir Ségolène Royal dans sa démarche participative jusqu'au bout. Dernière nouvelle : elle veut que les éléphants s'impliquent davantage. Tiens donc et si elle le leur avait demandé un peu plut tôt, ce n'aurait pas été une bonne idée ça ? 


Résister au socialisme fiscal

La gauche veut réhabiliter l'impôt comme instrument de régulation économique et de redistribution sociale. Si l'Etat peut encore quelque chose en ces temps de mondialisation effreinée, c'est bien au travers de ses politiques budgétaire et fiscale. Or on voit bien que l'Etat français désargenté après tant et tant d'années de laxisme court plus après les recettes qu'après l'électeur. Le mauvais exemple avait été donné par Jacques Chirac qui en son temps en avait fait un axe de sa campagne en promettant une baisse d'impôts sur les personnes de 30% en cinq ans. Il aura tenu sa promesse au 2/3, mais les prélèvements globaux sur la nation n'auront pas baissé pour autant, restant autour de 45% de la richesse nationale. Pourquoi ? Pour l'essentiel par l'effet de la décentralisation qui a vu l'Etat se décharger de nombreux boulets financiers au "profit" des régions et des collectivités locales. Celles ci n'ont eu d'autre ressource que d'augmenter la fiscalité locale pour assumer entre autres le coût croissant du RMI ou la rénovation des infrastructures locales (éducation, transports).

Se redonner des marges de manoeuvre budgétaires sans casser la croissance : tel est le message que le Parti Socialiste a voulu envoyer dans son programme. Pour autant, augmenter les impôts n'est pas en soi un thème lumineux pour attirer le vote massif des classes moyennes. Ces classes moyennes qui constituent pourtant le gros des bataillons des électeurs socialistes. Ségolène Royal a décidé de reconquérir les classes populaires mais ce faisant elle prend le risque de déshabiller Pierre pour habiller Paul. En outre François Hollande, émoustillé par la perspective d'un maroquin jamais obtenu du temps de Mitterrand et Jospin, fait du zèle dans le socialisme fiscal. Non content de "ne pas aimer les riches", voilà qu'il estime que les français gagnant plus de 4 000 euros nets par mois, ne contribuent pas assez à la solidarité nationale. Pourquoi pas mais ce seuil sorti d'on ne sait où me laisse perplexe. Cette volonté affichée de discriminer les "riches" et les "pauvres" ... Est-on pauvre à 3 999 euros nets par mois et riche au delà ? Bref tout ceci mérite clarification et on n'est donc pas étonné que la candidate du PS et son entourage immédiat (sic) trouvent les déclarations hollandaises risquées et contradictoires avec la volonté de réconcilier les français et la politique.

Voilà pourquoi dans un geste fédérateur et anesthésiant, notre fine candidate a trouvé une parade : confier à DSK ainsi qu'au Fabiusien Didier Migaud et deux autres parlementaires socialistes, une mission d'étude sur la fiscalité. Voilà qui devrait permettre à la candidate de donner à ses propositions une autre couleur que le rouge flamboyant que badigeonne François Hollande quasiment tout seul dans son coin, sur tout le volet économique du projet présidentiel. Donner des gages à la gauche de la gauche fait peut-être partie de la tactique hollandaise mais Ségolène Royal s'est engagée à ne pas promettre ce qu'elle ne ferait pas. Voilà pourquoi le recours aux avis jugés réalistes et responsables de DSK et Didier Migaud est habile de la part de Ségolène Royal. Elle fait aussi le pari que Dominique, invité ce dimanche du grand jury RTL, réconforté par la place qu'elle lui donne enfin, confirmera son alliance loyale et son appui dans la campagne qui s'ouvrira définitivement avec l'investiture de Nicolas Sarkozy ce dimanche. Qui dit alliance, ne dit pas ralliement, mais il est nécessaire que les divisions socialistes aillent épaule contre épaule au combat qui se profile. Voilà pourquoi une place devrait aussi être réservée à Laurent Fabius dans cette campagne. Le plus tôt sera le mieux, même si l'ancien premier ministre n'est sûrement pas prêt à rompre avec le socialisme fiscal. L'habileté de Royal serait de lui trouver un terrain de mission par exemple sur les moyens de relancer l'Europe, là où on aurait davantage attendu un DSK. Voilà qui serait une belle opération tactique pour rallier encore plus les très nombreux nonistes de gauche.


Dernier tempo pour Chirac

Quelque chose d'inhabituel est en train de se produire dans la course à la présidentielle.

Quand on observe la politique des 20 dernières années, on ne peut qu'être frappé par l'espèce d'inertie et d'atonie gouvernementale qui avait précédé la grande compétition. Tout au plus avait-on assisté à la distribution de quelques cadeaux électoraux à certaines catégories particulières comme les chauffeurs de taxis, les infirmières, les restaurateurs ... toutes catégories en contact direct avec la population et donc influenceurs d'opinion. La période récente n'a pas échappé à la règle avec les gérants de bar-tabac éprouvés par la réglementation anti-tabac et qui ont obtenu quelques compensations.

Ce qui est inhabituel c'est que l'exécutif en place soit contraint de passer la main. Et donc force est de constater que la droite veut que le bilan de l'exécutif soit le plus attractif possible. Pas une journée sans que le gouvernement ne se flatte de ses performances. Il y a les chiffres du chômage en baisse, les déficits publics plus faibles que prévus, le plan de cohésion sociale de Borloo qui fonctionnerait à plein régime, les baisses d'impôts sur les classes moyennes avec un effet maximal - heureuse coincidence - début 2007, ...

A la manoeuvre, il y a Jacques Chirac qui veut terminer en beauté son mandat à défaut de pouvoir concourir lui même. Il épuise un par un tous les ressorts de la future campagne présidentielle en sommant le gouvernement de lancer des chantiers qui devraient pourtant être conduits à leur terme sous la prochaine mandature. Les voeux présidentiels sont l'occasion répétée de demander aux ministres de travailler jusqu'à l'extrême limite. En résumé, Chirac prépare sa sortie et sa comparution future devant ... les livres d'histoire.

Bien dans les habitudes chiraquiennes, on retrouve des mesures qui figurent dans l'un ou l'autre des programmes de l'UMP et du PS, voire dans les deux. Il y a bien sûr cette affaire du droit opposable au logement qui a fait un grand bruit médiatique grâce à une obscure association sortie de nulle part : l'association des Enfants de Don Quichotte.

Villepin s'y colle donc avec la joie mauvaise de couper l'herbe sous le pied de Nicolas Sarkozy.

Mais au delà Chirac insiste encore en demandant une baisse d'impôts sur les sociétés ramenés de 33% à 20% en 5 ans, et la mise en place d'une sécurité sociale professionnelle, en fusionnant UNEDIC et ANPE, ...

Chirac propose de baisser le taux de l'impôt sur les sociétés à 20%
Le Figaro - Il y a 29 minutes
Jacques Chirac a proposé aujourd'hui,lors de la présentation de ses voeux aux Forces vives, de ramener le taux d'impôt sur les bénéfices des sociétés de 33 ...

Jacques Chirac propose la fusion entre ANPE et Unedic
La Tribune.fr - Il y a 33 minutes
PARIS (Reuters) - Jacques Chirac a proposé jeudi la création d'une sécurité sociale professionnelle et d'un nouvel instrument pour l'emploi qui résulterait ...

Sarkozy s'est lancé en campagne sans étonner quiconque, ayant définitivement fait le vide autour de lui à droite. Pour faire semblant, il a lancé quelques pseudos débats internes très peu relayés par les médias. En fait il cherche visiblement le défaut de la cuirasse de l'adversaire, surpris par le tempo rapide de la candidate socialiste. On saura bientôt s'il a trouvé quelque chose de neuf pour dérégler la mécanique, car il est certain que ce qu'ont tenté en vain les opposants de S. Royal au sein du PS, sera tout aussi inopérant à droite.

Et la gauche pendant ce temps ? Eh bien, la gauche présente ses voeux, ne dit rien ou presque hormis des banalités, sous l'influence d'une Ségolène Royal en pleine communion participative avec les français. Elle demande d'ailleurs à ses partisans d'aller au contact de la population pour écouter et discuter. Mais pour en dire le minimum, car il est clair qu'aujourd'hui nous sommes en peine de développer un contenu précis. Heureusement il nous reste le projet PS comme viatique. Mais pour l'instant pas de panique, ça fonctionne si on en croit les derniers sondages. Les français aiment qu'on leur dise qu'on les écoute.

Sondage : Royal devant Sarkozy au 2nd tour
nouvelobs.com - Il y a 5 heures
Selon un sondage CSA pour ITélé, Le Parisien et Aujourd'hui en France, daté de jeudi 4 janvier, la candidate socialiste, Ségolène Royal l'emporterait sur ...

Le casting se présente ainsi : Chirac pugnace s'active pour sortir par le haut ; Sarkozy nerveusement s'interroge sur sa stratégie, pendant que Royal jeune mère de la nation soigne en son girond les petites douleurs et les grandes peines.

Tout se passe comme si les deux favoris laissaient le vieux roi danser un dernier tango avec la République le temps que les choses sérieuses commencent. La trêve sera courte. Une chose ne changera pas : ce n'est pas le bilan de Chirac (ou du parti au pouvoir) que les français jugeront, c'est le moyen d'atteindre une vie meilleure.

Le moyen - et donc le choix - tient en deux mots : énergie ou harmonie. Sarkozy c'est le choix de l'énergie créatrice et destructrice avec ses remous inévitables ; Royal, au contraire c'est le choix de l'harmonie retrouvée, puisant sa force dans le respect des valeurs, et du temps éternel. Les français semblent pour l'heure davantage rechercher une nouvelle harmonie à ce monde, un nouvel équilibre ce que Royal appelle l'ordre juste. J'espère que les cartésiens socio-démocrates seront partie prenante au delà des symboles car aujourd'hui nous sommes en plein dans le discours éthéré dépourvu de sens pratique. Voilà pourquoi cette campagne ne ressemble à aucune autre.


Bonne année 2007

Malgré une fin d'année gâchée par un refroidissement de mon organisme suivi d'expectorations, d'élévations de température, et de céphalées indésirables malheureusement non provoquées par l'abus d'alcool, j'émerge de mon engourdissement sylvestre pour souhaiter à tous et à toutes une excellente année 2007.

Que 2007 soit l'occasion pour chacun et chacune d'entre vous de trouver ou de garder précieusement la paix, la santé, la prospérité et l'amour de vos proches.

Modestement, je ferai de mon mieux pour actualiser mon blog plus fréquemment, voilà une de mes résolutions pour cette nouvelle année.

Bonneannee