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Alain Geismar soutient DSK

Je voterai sans hésitation Dominique Strauss-Kahn

LE MONDE | 31.10.06 |
Aux côtés de Daniel Cohn-Bendit et de Jacques Sauvageot, j'ai été un des porte-parole de Mai 68, puis j'ai rejoint les maoïstes, croyant sincèrement aller ainsi au bout de l'espoir soulevé par Mai. J'ai vécu, j'ai vu passer les années et les hommes, Charles de Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand, dont l'élection m'a libéré de mon inscription gauchiste.

En 1986, le PS a perdu les élections et je l'ai rejoint, j'ai rencontré alors Lionel Jospin, qui incarnait ce parti. Je n'ai jamais depuis regretté ce choix de 1986, puis mon choix de Lionel Jospin, dans les bons et les mauvais jours. Auprès de lui, j'ai reconnu cette valeur suprême pour un homme, au-delà des allégeances et des fidélités, d'être libre et responsable de ses choix.

En politique, il existe trois fondamentaux à mes yeux : les orientations de base, leur gestion une fois élu, et les comportements personnels de ceux qui les incarnent. C'est ce triptyque qui fonde nos valeurs.

LE PLUS DÉCISIF

C'est ce dernier point, le comportement humain et politique des hommes et des femmes candidats, qui est le plus décisif à mes yeux, et qui l'est encore plus quand il s'agit justement de choisir, non le projet que nous avons déjà élaboré ensemble, mais la personne qui nous propose de l'incarner

Des trois candidats en lice, Dominique Strauss-Kahn, que j'ai côtoyé depuis vingt ans, est de très loin et sans aucune hésitation celui que je respecte le plus.

D'autres camarades, parfois très proches, font d'autres choix. J'espère de tout coeur les retrouver tôt ou tard, d'autant qu'il ne s'agit en aucune façon pour moi d'une allégeance à un courant, mais bien d'une réponse à la question posée du choix du meilleur candidat pour cette élection majeure. Personne ne peut s'y tromper.

Si j'avais voulu persévérer dans le rejet de la démocratie représentative, de la démocratie bourgeoise, je n'aurais sûrement pas choisi le Parti socialiste, qui fait du suffrage universel l'alpha et l'oméga de son attachement à la démocratie. Je ne souhaite pas me rapprocher du peuple en le flattant, mais en le respectant.

D'autres amis, extrêmement proches aussi, ne se prononcent pas. Je les comprends bien. Mais je me dis que j'ai trop vu de gens pleurer de n'avoir pas fait le choix de la raison, quand il en était temps en avril 2002, pour pouvoir les suivre. Je sais que, cette fois, tous les candidats sont socialistes, mais ils m'apparaissent si différemment socialistes que je ne peux m'empêcher ce rapprochement, même choquant. Je voterai Dominique Strauss-Kahn parce que je peux partager avec lui l'essentiel de ce qui fonde mon engagement au Parti socialiste. ,


Alain Geismar, universitaire membre du Parti socialiste.

Article paru dans l'édition du 01.11.06

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