Première étape des débats des candidats socialistes à l'investiture : LENS.
Serge Janquin, député PS du Pas de Calais a réussi à réunir les six ou sept présidentiables pressentis pour disputer la course qui va débuter le 3 octobre.
Akli présente ici les vidéos des discours de l'ensemble des candidats.
La presse s'est largement faite écho de cet évènement puisque 400 journalistes s'étaient rendus sur place, entourant 2 500 militants du Nord Pas de Calais.
Suivant l'opinion couramment relayée ici ou là, on note que les interventions de Fabius, Jospin, Royal et DSK ont rallié le plus de suffrages. On lit notamment ceci : "un sondage LH2 réalisé au soir de Lens a montré que Strauss-Kahn, Jospin et Fabius avaient gagné du terrain auprès des sympathisants de gauche, mais que Royal restait de loin la "meilleure candidate" socialiste à leurs yeux."
Jack Lang affecté par le deuil d'un ami proche, Hollande un peu trop bavard et Martine Aubry en régionale de l'étape inspirée, se sont montrés légèrement en retrait.Qu'apprend t-on de ce "débat" ?
En fait pas grand chose et beaucoup de choses tout à la fois. Explications.
1. Pas grand chose, car les couteaux n'étaient pas tirés et c'est tant mieux.
Tous les prétendants avaient à la bouche les mots unité et débat, avec un ennemi commun la droite personnifiée par Nicolas Sarkozy. Et avec un peu de surprise, tous se référaient au projet. En ce sens ce galop d'entraînement réussi du point de vue de la tenue des débats présente un avantage considérable : il permettra l'organisation de nouveaux débats dans des conditions similaires et c'est ce que nous demandions avec insistance. Laurent Fabius fort de ce qu'il estime une réussite personnelle réclame de nouveaux débats le plus vite possible devant les militants et les caméras.
L'entourage de Ségolène Royal s'est montré rassuré après ce débat, car celui ci lui a permis de montrer qu'elle tenait le choc et que l'unité se ferait à l'issue des votes de désignation. Il est vrai que le devoir de victoire s'impose à tous.
2. Beaucoup de choses, car les débats vont éclairer les qualités et idées de chacun.
Maintenant que les principes des débats sont acceptés, on peut espérer qu'aux discours de Congrès auxquels on a assisté, vont succéder d'autres formules avec moins de participants et plus d'échanges.
Résultat de cette première étape : il est à noter que les écarts se réduisent même s'ils restent très largement en faveur de Ségolène Royal. DSK notamment gagne 7 points. L'exercice est donc profitable aux concurrents de la présidente de Poitou Charentes sans lui nuire. Comment mieux dire qu'on peut sortir par le haut d'un tel exercice, au profit du PS et de la gauche.
Par ailleurs, le choix ne pourra pas se résumer à un débat entre les personnes mais ce sera l'occasion de faire un choix stratégique sur le message que nous voulons envoyer au pays.
- Soit ce sera la ligne Fabius, classique à gauche (si ce n'est pour lui), étatique, sociale et ouvriériste, interventionniste et anti-libérale.
- Soit ce sera la ligne Royal, faite de démocratie participative et d'opinion, blairiste et axée sur les valeurs familiales, à base d'ordre juste.
- Soit enfin ce sera la ligne DSK - Jospin - Lang, social-démocrate, réformiste, axée sur la croissance solidaire et la justice sociale, fondée sur l'émancipation, la production et la redistribution.
Il est important que les militants aient à évaluer ce choix en fonction de la ligne qui sera la plus susceptible de convaincre les électeurs en 2007. Et là ce ne sont plus les médias qui auront le rôle de décrypter ce qu'il nous faut penser et décider. Finalement quelque part, nous sommes dans une démarche de clarification qui aurait dû être menée depuis longtemps. Lens sera le marqueur d'un processus de rénovation du parti non seulement dans la désignation du candidat mais surtout dans l'adoption d'une ligne politique assumée clairement comme sociale-démocrate à l'avenir, je l'espère. C'était le message de DSK. C'est le plus fort signe de modernité et de renouveau qu'on pouvait attendre et souhaiter.


