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juillet 2006

L'horreur au Liban

L'armée israëlienne a commis hier un massacre complètement ignoble et inexcusable en tuant plus de 50 civils et 30 enfants à Cana.

Riposter à l'agression du Hezbollah est une chose, frapper des innocents en prétextant qu'au milieu d'eux se cachent des terroristes en est une autre. Dire comme les Israëliens que les civils avaient été prévenus n'excuse pas grand chose, quand on sait que ce sont les plus faibles et les plus démunis des libanais qui sont restés sur place. La plupart n'ont ni les moyens de partir, ni d'endroit ou aller. En outre les voies de communication du Sud Liban sont régulièrement pilonnées par l'armée. Le gouvernement israëlien semble complètement désemparé face à une stratégie de "coup de poing" qui n'atteint ni ses objectifs politiques (désolidariser le peuple libanais du Hezbollah, liguer l'Occident dans une croisade anti-islamiste) ni ses objectifs militaires (démanteler la force de frappe et de nuisance du "Parti de Dieu").

A un moment donné, trop c'est trop. Cette horreur soulève l'indignation du monde entier. La trêve de 48 heures extorquée par une administration américaine aux généraux israëliens n'enlève pas de la bouche le sentiment de dégoût qu'on ressent en face d'une sale guerre de trop. Les Etats-Unis déjà empêtrés dans la guerre en Irak donnent l’impression de chercher à gagner du temps, espérant sans doute que le brasier s’éteigne de lui même "faute de combattants".

Une fois de plus, ce sont les terroristes de tout bord qui vont prospérer sur ce monceau de ruines et de cadavres. Au jeu du "qui perd gagne", les islamistes du Hezbollah sont en passe de l'emporter face à l'inexpérience du gouvernement Olmert.

Il est une autre observation à formuler sur cette guerre : elle n'a pas réveillé à ce jour de manifestations anti-sémites d'envergure dans notre pays. Torpeur estivale ou réel sentiment d'incertitude sur les responsabilités des uns et des autres : le fait est que l'opinion garde une certaine distance en face de ces évènements tragiques

L'Europe politique et militaire qui pourrait et devrait faire contrepoids dans cette tragédie n'existe pas. Ce ne sont pas les contorsions des diplomates européens en rang dispersés qui font illusion. Il faut avoir un esprit cocardier mal placé pour dire comme certains que la France "tire son épingle du jeu" dans cette affaire. Est ce bien la question et l'enjeu ? Face aux déclarations sans éclat et à l'indignation purement verbale qui semble animer la classe politique, y aurait-il une volonté de Jacques Chirac de nous refaire le coup de la guerre en Irak en s'opposant aux Etats-Unis ? Sur le plan intérieur, on verra peut-être la côte du chef de l'Etat remonter de ce fait.

Dernier angle de vue : avec le recul on peut être sûr qu'un Oui à la Constitution n'aurait pas permis à court terme d'aller bien au delà de ce qui se passe aujourd'hui, mais il est clair qu'une Europe en panne n'amène pas plus de solutions.

En attendant, le Liban brûle sous la canicule des passions déchaînées, déversant une pluie de bombes et de sang humain.

PS : sur ce sujet lire l'interview de DSK ce jour sur RTL.


"Comment éliminer Ségolène ?"

Tel était le titre provocateur de l'émission de ce jour de C dans l'air sur France 5.

Fort intéressante cette émission de politique sans politiques. Les intervenants étaient des journalistes réputés tels Eric Dupin, Roland Cayrol et Christophe Barbier, l'animation des débats étant réalisée non pas par l'excellent Yves Calvi (qui doit être en vacances), mais par l'efficace et agréable Thierry Guerrier, transfuge de LCI.

La position d'Eric Dupin était la plus tranchée : pour lui aucun doute, Royal va être désignée par les militants, pourtant elle n'a aucun contenu et aucune densité programmatique. Jospin n'a aucune chance, DSK peut au mieux jouer un ticket de premier ministre, Lang et Fabius sont réduits à jouer les utilités. La droite en la personne de Sarkozy devrait l'emporter facilement face à la diva si elle continue à ne rien dire et fuir le débat ... Ouf ... on est servi

Barbier a été plus mesuré dans l'analyse pour évoquer le cas Jospin, disant qu'il pouvait peut être jouer la carte du recours, mais que le scénario TSS (tout sauf Ségo) n'avait que peu de chances d'aboutir. Par contre il a dit que si Jospin par miracle était désigné par les militants, ce serait un excellent candidat face à Sarkozy qui le craindrait comme la peste. C'est justement ce que Camba m'avait dit lors de sa venue. En revanche Barbier pense que la gauche a des chances de l'emporter à cause de l'alternance qui est devenue la règle. Certes mais les règles comprennent des exceptions.

Cayrol enfin a décrit un paysage politique où les anciens n'ont plus leur place, ce qui recouvre Jospin et ceux qui l'ont accompagné, Chirac y compris. Il a été aussi très sévère sur Royal en affirmant que Jospin ne pouvait pas la voir en peinture, ne la trouvant pas à niveau et très floue sur ses options politiques. Elle gagnerait pourtant le week end prochain s'il y avait élections mais serait une mauvaise présidente si elle ne savait pas donner du contenu à sa candidature.

La démocratie d'opinion en a pris pour son grade dans cette émission, et surtout cette démocratie participative de Royal à coup de post-it sur son blog qui joue sur des valeurs et non des idées fortes et nouvelles. Le reproche fait à DSK est d'avoir principalement laissé le champ libre à Ségolène "à droite du PS" et d'avoir manqué de courage pensant qu'il fallait prendre le parti à gauche (Analyse d'E. Dupin). Moscovici aurait clairement laissé entendre qu'un ticket serait une solution possible. Un autre reproche est qu'il ferait une campagne trop technique, trop loin des valeurs ... Peut-être. Pas évident. On est quand même sur un débat de fond.

La stratégie de DSK consistant à jouer un deuxième tour des primaires sur le thème TSS serait selon ces messieurs mal vue par l'opinion, car Royal aurait été éliminée par des manoeuvres d'appareil et le ferait payer au vainqueur. D'où l'idée plus intéressante évoquée par Cayrol selon laquelle Fabius, Lang et DSK pourraient jouer la politique du pire en la laissant désigner mais ensuite s'effondrer dans la campagne, l'un ou l'autre récupérant les morceaux en 2012. Plutôt spéculatif mais comme chacun le disait, tout est possible.

Le cas de Hollande a été tranché en quelques mots, car pour lui la situation est ingérable : s'il dit à sa compagne de se retirer car "elle ne représente pas les valeurs du PS", il passe pour un macho. S'il favorise quelqu'un d'autre Jospin, DSK...il donne l'impression de la trahir. Il est quasi condamné à rester un arbitre qui ne jouera pas la partie, mais peut devenir ministre.

Bref une série d'échanges animés dont je retiens une chose qui m'a un peu surpris : les journalistes présents ne sont absolument pas convaincus des qualités de présidente de Mme Royal. Elle baissera dans les sondages dès qu'elle consentira à parler longuement en public et qu'elle sera obligée de sortir du bois. L'épisode récent en Corse où elle n'a rien voulu dire qui fâche les a particulièrement horripilé. Son positionnement sur les affaires internationales est aussi jugé très léger. Par exemple Dupin a raconté sur un ton consterné comment elle avait proposé de développer l'énergie solaire en Afrique pour sortir le continent de la misère. Pour autant les médias sont lâches selon Dupin, car aucun n'en a fait état. Les deux autres approuvaient mollement, parlant plus de suivisme que de lâcheté.

J'en suis persuadé de plus en plus : Ségolène Royal n'est absolument pas prête pour affronter Sarkozy. Pour le cacher elle se taira ou en dira le moins possible le plus longtemps possible. Au final, elle peut gagner les primaires et nous faire perdre en 2007. J'espère que les militants vont en prendre conscience dans les mois à venir.


Montebourg soutient Royal !

La belle blague que vient de jouer Arnaud Montebourg à tous ses soutiens !

Si on en croit le Nouvel Obs, le jeune homme vient de rallier le camp de Ségolène Royal. Non content de s'être fait chiper son courant le NPS par Peillon et Emmanuelli, ne voilà t-il pas qu'il dépose aux pieds de la belle son nouveau courant intitulé Rénover Maintenant.

La pilule a beaucoup de mal à passer auprès des sympathisants et militants si on lit le blog de Rénover Maintenant.

J'attends avec un brin d'ironie de connaître l'opinion de mes camarades de section dont un certain nombre sont favorables à Arnaud Montebourg et à la position qu'il a défendue au Congrès du Mans du non à la synthèse. Vont-ils trouver maintenant des qualités à Ségolène Royal, des qualités qu'ils ne lui avaient pas trouvé jusqu'alors ou vont-ils conserver leur scepticisme d'origine, arguant néanmoins qu'il faut bien gagner les élections. Quand je pense qu'ils n'arrêtaient pas de me dire que la candidature de Royal, DSK et des autres n'étaient que de l'ambition personnelle dénuée de toute différence idéologique. Tous de la motion 1, tu comprends ... Ok elles sont ou sont les convictions d'Arnaud ? La politique est belle et bien une affaire d'idées mais aussi d'egos et de places.

Amusant tout ça. Quand on voit la perspicacité politique d'un Montebourg concernant ses propres alliés, et ses contorsions actuelles, je me dis qu'il était de toute manière trop tendre pour être candidat en 2007.

Ceci dit, ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle pour DSK. La candidature Jospin a fait flop. Montebourg s'efface, Emmanuelli en appellerait à ce qu'Hollande se déclare candidat. Nous vivons une séquence intéressante. Compliquée mais intéressante.


Les yeux dans les bleus

Le parcours et hier la qualification de la France pour la finale de la Coupe du Monde donnent des ailes à tous les hommes politiques qui y voient le symbole d'un résultat jamais acquis avant le coup de sifflet final. L'équipe de France est présentée partout comme l'exemple d'un pays qui doute de lui, se rattache à son passé et la nostalgie de ses heures glorieuses, puis se met soudain à espèrer en un avenir meilleur. On nous ressert avec entrain le refrain de la France multi-raciale et multi-culturelle qui gagne. Quel peuple versatile nous sommes quand on se souvient du réflexe sécuritaire de l'opinion lors de la crise des banlieues de novembre dernier. Allons, ne boudons pas notre plaisir : l'histoire est un perpétuel recommencement dit-on.

Surtout l'occasion est trop belle pour tous les largués des sondages et des médias de se refaire une santé sur le compte des exploits de Zidane et ses co-équipiers. Pour ne pas être en reste, les finalistes du duel annoncé Royal - Sarkozy font mine d'observer ces évènements comme une simple fête populaire, dénuée de tout sens profond pour la société française.

Faisons le point.

D'abord à gauche, Lionel Jospin - dans son style inimitable fait de multiples conditionnels et de questionnements indécis - attend qu'on réclame le retour de Lionel Zidane en politique pour se déclarer. Sa "non rencontre avec le peuple" en 2002 lui a laissé un goût amer, on le comprend. Pour autant la France a suffisamment de difficultés et n'a pas attendu pour vouloir s'arrêter sur la psychologie compliquée du pré-retraité de l'île de Ré.  Disons le en termes simples pour qu'il comprenne le camarade Lionel : c'est trop tard.

Encore à gauche, Arlette. Ah Arlette ! Elle était déjà là dans les années 70 avec son discours mécanique et bien huilé sur les "travailleurs - travailleuses" qui ont fait sa gloire. Elle n'espère rien Arlette, elle est sympa Arlette, et c'est dommage elle ne sourit que rarement quand elle parle politique. Médiatiquement, une vraie damnée de la terre, qui ne trouve son plaisir sacrificiel que dans le combat et les luttes. Sans résultat probant. Elle va céder la place mais sans avoir jamais rien obtenu de concret pour les "travailleurs - travailleuses" qu'elle a tellement défendu. Sniff.

Ensuite, Jacques Chirac, qui vit loin des Français, habite les palais de la République depuis tant et tant d'années, aimerait laisser une trace qui ne soit pas celle de plus médiocre président de la Vème république. Mais voilà celui que Jospin avait trouvé "usé et fatigué" a fini par le devenir. Ce n'était qu'une question de temps pour qu'il ait raison Lionel, mais comme au foot, le timing est très important en politique. Tout ce qu'on attend du vieux Président, c'est qu'il cède la place avec discrétion et qu'il arrête de nous abreuver de sa compassion. Ici la victoire des bleus ne constitue en rien un espoir de rémission, tout au plus une éclaircie dans la trève estivale.

Enfin Jean-Marie Le Pen. Lui sera en lice en 2007. Inoxydable. Enfin non, pas totalement, il commence à faiblir, l'ancêtre. Il avait adopté récemment une nouvelle coupe de cheveux en brosse tout à fait ridicule, mais surtout c'est sa fille Marine, qui lui fait de l'ombre aujourd'hui. Beaucoup de cadres FN auraient vu d'un bon oeil, un "switch" du candidat. On aurait juste changé le prénom - et la photo - sur les affiches, et hop résultat survitaminé attendu. Heureusement pour le vieux tribun fatigué et donc très silencieux, l'actualité sur les affaires et les thème sécuritaires sont là pour doper son score mieux qu'une piqûre d'EPO pour un coureur du Tour de France. On dit le FN autour de 15% d'ores et déjà dans les sondages, qu'en sera t-il en avril prochain ? Les questions de sécurité et d'immigration vont-elles de nouveau envahir nos écrans ? Inquiétant.

En réalité, l'actualité sportive ne change pas foncièrement la donne politique de notre pays. On parle à juste titre de people-isation excessive de la politique, mais est ce bien le problème ? Au final que peut-on retenir de ce rapide examen de la bande des quatre ? Seuls les extrêmes qui sont finalement des "conservateurs" vont encore jouer leur partition en 2007, égaux à eux-mêmes, prévisibles dans leurs programmes et leurs dénonciations. Besancenot fait figure d'exception mais a le tort de développer un discours de "petit vieux", surtout quand il refuse toute collaboration, toute contamination avec le pouvoir. L'homme est jeune, mais malheureusement la rhétorique est vieille.

C'est pourquoi on attend, on espère un renouvellement et surtout un vrai débat de société. Place donc aux quinquas de la Vème république, place à ceux qui portent ou qui incarnent un changement. Il y en a pour tous les goûts de DSK à Bayrou en passant par Alliot-Marie, Dupont-Aignan, Villiers et bien sûr les deux vedettes médiatiques actuelles. Même si là c'est le trop plein à gauche, et le trop vide à droite, les générations montantes sont assurément plus à même de créer le débat, d'imaginer de nouvelles solutions, de s'inspirer véritablement des bleus. Ce n'est pas une question d'âge ou d'ambitions, c'est une question de projet collectif et de complémentarité. Même dans l'expression dream team, il y a le mot "team".En effet quelle est la leçon principale que nous donnent les footballeurs français ? Elle est très simple : pour gagner il faut jouer en équipe. La droite et la gauche - surtout la gauche - devraient toujours se souvenir d'avril 2002 et de mai 2005, où à force de ne pas s'accepter tels que nous sommes, de ne pas se regarder dans les yeux, la France a perdu.

Ayons le courage de nous regarder dans les yeux. Les yeux dans les bleus ... ça vous rappelle quelque chose ?


Le retour de Lionel ne fait pas rêver

Expression Publique a réalisé un sondage en ligne sur l'actualité de la semaine dernière où Lionel Jospin annonçait son éventuelle candidature à la candidature PS pour la présidentielle. Le moins qu'on puisse dire, c'est que cette perspective ne séduit pas les internautes.

En résumé :

  • 52% des sondés n'ont pas apprécié l'annonce.
  • 68% ne souhaitent pas qu'il soit désigné comme candidat des socialistes
  • 55% pensent qu'il n'a aucun atout pour se présenter, mais 26% pensent qu'il a l'expérience nécessaire
  • 59% pensent que le fait qu'il ait promis de se retirer de la politique constitue un handicap
  • 71% pensent que sa candidature constituerait un reniement de sa déclaration du 21 avril
  • 54% pensent que sa candidature serait un facteur de division

Sans autres commentaires.

Plus intéressante encore, à la question : devant une candidature de Lionel Jospin à l'investiture au sein du Parti socialiste, souhaitez-vous que les personnalités suivantes renoncent à leur propre candidature ou la maintiennent jusqu'au vote des militants ?

La réponse est :

  • Laurent Fabius (43%) et Jack Lang (48%) doivent renoncer.
  • Ségolène Royal (68%) et DSK (48%) doivent se maintenir.

Si on en croit cette dernière question d'après les internautes, le choix final devrait s'opérer entre DSK et Royal.


Le 1er meet up de DSK

J'ai assisté hier soir au premier meet up politique organisé par DSK et son équipe au théâtre Dejazet.

Premières impressions sur le cadre et l'ambiance : arrivés juste à temps pour l'arrivée de DSK légèrement en retard, nous croisons à l'entrée Philippe Alexandre l'auteur du livre qui a tant déplu à Martine Aubry : la Dame des 35 heures. Le théâtre Dejazet est un théâtre à l'ancienne tendu de velours rouge, aux fauteuils un peu fatigués et à la climatisation ... absente. Il faisait donc très chaud. Beaucoup de monde, environ 250 à 300 personnes qui s'observaient et tentaient de deviner qui était qui dans notre communauté virtuelle.

Au centre de la scène un canapé au design improbable des années 30 ou 60. Et assis à gauche un blogueur célèbre : Christophe Grébert, Monsieur monputeaux.com himself. Plus sympa et tolérant que mon premier contact avec lui ne me l'avait fait penser. Il s'est fort bien débrouillé de son rôle improvisé de monsieur Loyal.

Bon sur le fond, j'ai pris peu de notes cette fois ci, donc je résume ici plus quelques idées fortes que je ne donne un compte-rendu exhaustif.

Déjà un étonnement : ce qui devait être un rendez-vous de blogueurs s'est avéré être en fait pour l'essentiel une réunion publique avec beaucoup de non blogueurs dont la plupart disaient qu'ils allaient s'y mettre. Amusant mais un peu frustrant car je n'ai pas réussi à poser une seule question face à cette horde de curieux, pas plus qu'un seul blogueur régulier du blog de DSK si par hasard ils étaient présents.

DSK en introduction a salué les blogueurs de son site "aux pseudos flamboyants" et il a cité un dénommé Chacha (?) pseudo que Libé a repris mais dont je pense qu'il s'agissait plutôt de Sasha ... Puis est montée sur la scène l'équipe DSK. On a pu enfin mettre un visage sur les noms de Benjamin, Thomas et autres ... Quelques nouveaux arrivent semble-t-il.

Les sujets évoqués ont été très diversifiés allant d'Israël à Mittal Arcelor en passant par la TVA, la sécurité et l'intégration ... Toujours à l'aise, DSK a répondu à tout sur tout sans jamais négliger - parfois trop longuement - son rôle habituel de pédagogue hors pair. Toujours l'exemple et la formule adhoc pour éclairer l'opinion. Impeccable de ce point de vue.

Pour les timides et les absents, Grébert a lu des questions issues du blog (Munduruku et Paysan bio) et d'autres qui lui parvenaient en direct par SMS, ce qui lui permettait quelques touches d'humour avec des questions sur les vacances de DSK ou son pronostic sur la France au Mondial de foot.

La surprise pour beaucoup en tout cas pour moi fut d'apprendre qu'on voulait aussi notre avis sur les moyens de mener une e-campagne, sachant que n'y ayant pas réfléchi, il était difficile de formuler un avis intelligent. Benoit Marquaille s'y est essayé ainsi que quelques autres (Abadinte parla du besoin de modérer le blog), mais je n'ai rien appris de notable.

Une idée que j'ai retenue de cette soirée, c'est le positionnement très clair de DSK en faveur d'une politique et d'un projet responsable sur le plan économique et financier. Il a prononcé une parole très juste et peu courante sur la gestion des comptes publics. La dette est l'ennemie de la gauche a t-il affirmé avec force. Toutes les ressources consacrées au remboursement de l'intérêt de la dette sont autant en moins pour les dépenses utiles. Un grand démenti à ceux qui veulent croire que DSK a cédé aux sirènes de la gauche dépensière et spoliatrice via l'impôt. Oui DSK est un social démocrate moderne et responsable. Son leitmotiv sur le besoin de durer et de gagner les élections est aussi un signe de son souci de construire une nouvelle société qui dépasse le seul enjeu à court terme de 2007.

En conclusion il a incité tous les participants à se mobiliser plus fortement que jamais tant l'échéance de 2007 est décisive pour le modèle de société que nous voulons pour notre pays. Ce que représente Nicolas Sarkozy est contraire à ce dont la France a besoin, et serait le précurseur à de nouveaux dérèglements propices aux extrêmes. Le message est passé. DSK a été longuement applaudi en cette chaude fin de soirée. De nouveaux meet up sont prévus ailleurs en région. La prochaine fois j'essayerais d'arriver plus tôt pour me mettre dans les premiers rangs et réussir enfin à poser mes questions !


Jospin ? Trop tard.

Jospin : « S'il apparaissait que je suis le mieux placé pour rassembler les socialistes, pour rassembler la gauche, pour rassembler le pays, pour assumer la charge de l'Etat, exercer la fonction présidentielle dans la situation difficile de la France d'aujourd'hui, et pour proposer aux Français des orientations pour sortir de la crise dans laquelle nous sommes, alors je me poserais la question. »

Qu'en termes compliqués ces choses là sont dites. Par contre le diagnostic est étonnamment simple.

Il ne s'agirait donc que de rassembler les français pour résoudre la crise. La question est celle du recours à l'homme providentiel seul à connaître les orientations à prendre.

On savait Jospin orgueilleux. On le voit aujourd'hui s'investir tout seul d'une mission, auto-persuadé qu'aucun candidat socialiste ne fait le poids pour le job. C'est pourtant cette incapacité à accepter le leadership d'un autre quel qu'il soit qui a bloqué l'avènement d'un vrai leader toutes ces dernières années. Le manque d'autorité naturelle de François Hollande qui l'a supplanté dans le poste y a aussi contribué.

Tels ces PDG qui organisent l'échec de leurs dauphins pour rester sur le devant de la scène, Jospin n'a rien fait pour leur succès peut-être par le sentiment d'une injustice ou d'une ingratitude trop forte à digérer. Il est resté dans l'ombre, n'est jamais vraiment parti, n'a jamais désigné d'héritier. Tel Chirac, il ne lui reste aujourd'hui qu'un seul pouvoir mais un pouvoir considérable : la capacité de nuisance. Pourtant qu'est ce qui l'autorise à penser que sa suite d'échecs en feront un jour prochain "le mieux placé" ? Le remords des Français ?

Et si tel n'est pas le cas, doit-il vraiment s'en prendre à son propre parti pour régler ses comptes avec ceux qui ne l'ont pas compris ? La fable du désintéressement et de la mission douloureuse qu'il accepte de remplir n'a que peu de sens : le Parti Socialiste ne manque pas de talents à ce point. C'est trop tard.

Combien de temps pour que l'inanité de la démarche n'éclate ? Peu de temps assurément.