Le vote des militants PS pour désigner le(la) candidat(e) à la présidentielle est prévu vers la mi-novembre. D'ores et déjà la tentation est grande chez certains de nos dirigeants de préempter le débat sans tenir compte de la tradition du PS.
La position actuelle de la Direction de n'organiser qu'un ersatz de débat contradictoire dans un calendrier hyper-serré nous mène droit dans l'impasse.
On entend bien (trop bien même) François Rebsamen nous expliquer qui sont les candidats "légitimes" et les "autres".
Au moment où les militants sont appelés à désigner leurs candidats aux législatives, à amender et voter le projet socialiste, il y aurait donc une sélection naturelle qui se serait produite par on ne sait quelle alchimie (François Hollande parle de "décantation"). Eh bien non, ce n'est pas la culture du PS que de désigner par acclamations ses leaders et ses porte-paroles. L'une des forces du PS est justement la grande implication politique des militants, la qualité collective de leur réflexion et leur engagement pour les valeurs démocratiques. Il faudra tenir compte de leur goût - parfois poussé à l'extrême - pour le débat d'idées, car ce sont avant tout des hommes et des femmes libres.
Toute tentative à caractère monarchique pour escamoter ou priver les militants d'un vrai débat serait sévèrement jugé par eux et au delà par tous les français.
Sur le même sujet, je vous suggère de lire les intéressantes contributions de Fred et d'Alice.
