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mars 2006

Demain "démission" du conseil constitutionnel

Après les manifestations monstres d'hier anti-CPE, nous avons eu droit ce jour à une séance de questions au gouvernement où le Premier Ministre a commis un énorme lapsus en répondant à François Hollande. Il a dit attendre "la démission" du Conseil Constitutionnel au lieu de "la décision". Symptôme d'un trouble profond, d'une fatigue nerveuse compréhensible, on ne sait.

L'exaltation semble envahir le Premier Ministre qui se sent animé de pulsions sacrificielles jusqu'à entraîner son camp dans le suicide collectif que redoute l'UMP Pierre Lellouche.

Alors parlons en de la décision attendue du Conseil Constitutionnel : peu de juristes parient sur une décision qui retoquerait le CPE quelque soit l'angle d'attaque introduit par les socialistes.

Ce serait pourtant une porte de sortie qui arrangerait pratiquement tout le monde dans l'attente de l'intervention de Jacques Chirac. Tous les partis, syndicats et mouvements de jeunes appellent son arbitrage de leurs voeux, notamment en demandant une deuxième lecture de la loi.

Pour éclairer sa décision, je me demande si le Président ne devrait pas lire cet article d'Eric Mandonnet de l'Express qui évoque sa manipulation par Villepin. Ca devrait ouvrir les yeux au Premier Magistrat de France, sauf si le journaliste a raison dans son explication qu'on peut résumer ainsi : Villepin tient Chirac par les ... parties intimes, auquel cas Conseil Constitutionnel ou pas, la stratégie de pourrissement que prédit Jean-Michel Aphatie est inscrite dans le marbre. Chirac est coincé comme Villepin est acculé. "Je te tiens, tu me tiens, ..."

Tout ceci nous entraîne bien loin du combat contre le chômage des jeunes. Ce combat fait l'objet de propositions répétées de la gauche, notamment celles de DSK. Unie dans l'opposition, la gauche fait feu de tout bois contre le CPE tout en avancant des propositions sociales. On entend plus l'opposition que la proposition mais dans le désordre actuel, comment pourrait-il en être autrement ?

Alors qui fait preuve de responsabilité dans cette affaire : l'opposition ou le gouvernement ? Au delà on devine l'ambiance irrespirable qui régne entre l'Elysée, Matignon et la place Beauvau. Politiquement, quand le rideau de ce théatre d'ombres s'abaissera, on peut s'attendre à quelques vengeances post mortem en 2007. Connaissant désormais les personnages, Villepin ne pardonnera jamais à Sarkozy le lâchage qui s'organise, et Sarkozy en voudra à Villepin de lui avoir autant compliqué la voie "royale" ...


Le CPE une hérésie juridique

Pour ceux que le CPE intéresse du point de vue du droit, un débat passionnant a eu lieu à l'Université d''Evry sur les conséquences juridiques du CPE sur le droit du travail.

Le blog de Dimitri Houtcieff en fait un compte rendu intégral.

Tout démontre qu'avec le CPE on opère un retour en arrière de 33 ans au minimum, c'est à dire en 1973 lorsque l'employeur pouvait rompre le contrat unilatéralement sans motif légitime et sérieux, voire au XIX ème siècle pour les aspects les plus rétrogrades.

L'absence de motif : comme le disent avec un certain humour noir certains salariés, voilà une clause qui permet de dire bonjour à un jeune à l'embauche sans lui dire au revoir à la sortie. Impoli le CPE ?


Premier bilan du CNE

L'Insee produit un premier bilan du CNE qui peut faire grincer des dens au gouvernement.

Alors que le gouvernement revendique la création de 350 000 contrats nouvelle embauche, l'Insee estime que ce nouveau type de contrat n'a permis de créer que "10 000 à 20 000" emplois supplémentaires.

Il y a un bémol à cette étude : l'Insee ne prend en compte que les entreprises de plus de 10 salariés, or le CNE s'adresse aux entreprises de moins de 20. L'Insee met actuellement en place des outils complémentaires pour mesurer pleinement les effets de ces mesures. De même l'Unedic devrait mener une enquête en juin dans le même esprit.

Sur le plan politique, DSK s'était attaché à démontrer l'inanité du CNE à créer des emplois. L'opposition frontale continue. Aujourd'hui Villepin réunit les syndicats "sans a priori", mais le front syndical reste ferme sur le préalable du retrait du CPE.

On taxe souvent les jeunes d'inculture économique, de méconnaissance de l'entreprise. Pour ceux qui comme moi, travaillent en entreprise, nous le savons : la lutte y est inégale, les jeunes ont bien raison de se battre.

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Le pari perdu de Villepin.

La réussite des dernières manifestations syndicales, lycéennes et étudiantes le prouve. Le gouvernement est de plus en plus enfermé sur lui même en raison du CPE. Conclusion : le joueur de poker Villepin a perdu son pari. Néron est trés fatigué.

Aveuglé par la réussite de l’opération CNE sur le plan politique comme sur le plan statistique, le Premier Ministre s’est autorisé une nouvelle relance sans que le gain espéré justifie le risque encouru. On s’étonne que Chirac pourtant si prompt à coller à l’opinion n’ait pas vu venir l’obstacle. Etonnante absence de flair du vieux lutteur, déjà floué en d’autres temps par le même Villepin coupable de dissolution intempestive en 1997. Déjà à cette époque paraît-il, c’était « le moment de shooter ».

Réussite du CNE ? Le CNE créé par ordonnances l’été dernier a été utilisé par les entreprises de moins de 20 salariés pour signer selon les statistiques environ 360 000 contrats de travail. Ce chiffre impressionnant en apparence, recouvre aussi bien de vraies créations d’emplois que bien plus souvent des emplois qui auraient été créés de toute façon soit en CDD soit en CDI. Beaucoup de petits patrons s’y sont engouffrés par pur effet d’aubaine. Pour autant le solde net de créations d’emplois marchand pour toute l’année 2005 se situe autour de 95 000. Le résultat global de la politique du gouvernement peine donc à se comparer aux 2 millions d’emplois nets créés entre 1997 et 2002 par la gauche au pouvoir, soit 400 000 par an en moyenne.

De toute façon quelque soit l'objectif initial : calcul politique, réduction du chômage ou combinaison des deux buts, c'est raté.

Calcul politique : on a bien compris que Villepin souhaitait damer le pion à Sarkozy sur le thème de la rupture, futur slogan de campagne. La rupture dans le programme de Sarkozy se traduisait par la refonte du code du travail et notamment par l’instauration d’un nouveau CDI unique intermédiaire entre l’actuel CDI et le CDD, avec augmentation progressive des droits avec l’ancienneté. Une proposition que la gauche progressiste envisage elle même mais en l’accompagnant de la sécurisation des parcours professionnels et de la formation tout au long de la vie.  Au delà des mots que la droite emprunte à la gauche, on sait maintenant ce que « rupture » avec le modèle social français signifie pour le couple Villepin Sarkozy : une précarisation sans contrepartie pour les travailleurs.

Réduction du chômage : le Premier Ministre a joué sa popularité sur cet enjeu primordial aux yeux des français. Chance ou non, il a bénéficié de neuf mois consécutifs de baisse du chômage sans qu’il en soit responsable. On juge en général normal un délai de six mois avant d’observer les premiers effets directs d’une politique. Premiers effets des emplois aidés, les emplois Borloo, associés au nettoyage des fichiers de l’Anpe, ainsi que des premiers départs en retraite des générations du baby boom, tout ceci Villepin n’y est pas pour grand chose. Mais surfer sur ces résultats pour en attribuer les mérites au CNE, voilà qui paraissait jouable pour le Premier Ministre. Se positionner sur le créneau du chômage des jeunes après la crise des banlieues, c’était aussi jouer sur une corde sociale. Le gouvernement non seulement avait rétabli l’ordre mais cherchait des pistes pour l’emploi des jeunes. Et surtout des résultats rapides. Tel le joueur qui ne sait pas s’arrêter, le premier ministre a cru emporter un banco magistral en mariant audace et rapidité, un vrai blitzkrieg.

Combinaisons : tout en créditant Villepin d’un sens tactique éprouvé au service d’un objectif louable, on ne peut oublier la réaction de nombre de ses ministres « techniques » fort surpris de l’entendre spéculer sur les effets politiques des mesures proposées, sans s’intéresser un instant au fond. On lui parlait projet, lui se projetait dans les calculs. Sous Bonaparte, il y avait donc surtout Fouché, le manipulateur, l’admirateur des « combinazionne », le fourbe patenté. Petites manœuvres au service d’une ambition dévorante. Plus vite aura été l’ascension, plus dure sera la chute et le fiasco avéré.

L’homme Villepin est vilipendé de toutes parts désormais, lâché y compris par les siens, par les "fidèles" Sarkozystes, par l’UMP, par le MEDEF. Mais il s’entête, laisse filer des petites phrases pour dire que le mouvement social va finir par s’essouffler, que le haut de la vague sociale est atteint, qu’il suffit d’attendre et résister. Certes.

Même s’il a raison, d’ores et déjà les dégâts sont immenses pour la droite et peut-être irrémédiables pour 2007. La victoire à la Pyrrhus représentée par une application du CPE ne serait guère plus productive que le retrait immédiat du CPE, synonyme de démission. A peine peut-on estimer que la piste du désaveu par le Conseil Constitutionnel pourrait amoindrir le discrédit personnel. Les Sarkozystes minent même cette porte de sortie en affirmant qu’un gouvernement sait ce qu’il fait et qu’il ne saurait donc en être question. Ils ont la mémoire courte quand on se rappelle l’issue récente trouvée au sujet de l’abrogation de l’article 4 sur la décolonisation.

Tout concourt à l’idée que le joueur Villepin a perdu la partie quelque soit le terrain où l’on se place. Et l’on se rappelle que Chirac avait finalement de bonnes raisons pour avoir hésité entre Villepin le non élu, la fidèle Michèle Alliot Marie et le brouillon Jean-Louis Borloo pour le poste. Il a choisi le joueur pour contrer Sarkozy. Comment a t-il choisi ? On peut l'imaginer prononcer la phrase rituelle au casino : « Faites vos jeux, rien ne va plus ». Non, rien ne va plus Monsieur le Président, plus du tout.


Société précaire : enjeu des présidentielles

Pas une émission politique télévisée ou à la radio où le CPE ne fasse pas l'actualité. Et que dire de la presse quotidienne ou hebdomadaire. On ne parle plus que de droit du travail. Une émission sur France 2 fort bien faite ce soir a fort bien éclairé les points de vue de chacun. Qui dit que les français ne s'intéressent pas à la politique ?

On devrait finalement remercier Villepin de nous offrir un débat pré-présidentiel sur le modèle de société que nous voulons. Un débat qui ressemble pour une part à celui de la constitution européenne, avec une proportion de Nonistes (au CPE) qui atteint 68% suivant un dernier sondage.

En voulant griller la politesse à Sarkozy sur le thème de la rupture, Villepin a clairement démontré la limite de sa méthode. En même temps le problème du chômage des jeunes est un vrai enjeu de société. Il mérite le débat qui s'organise maintenant. Un peu tard et à chaud, mais voilà un thème et un enjeu qui place les présidentielles sur un terrain favorable à la gauche.

Donc disons le avec conviction : Merci encore Monsieur le Premier Ministre !


Le front pro-CPE se lézarde.

Le gouvernement n'a plus un soutien franc et massif pour la mise en place du CPE. La droite vacille sous l'impact du succès de la mobilisation du 8 mars. L'opinion s'est retournée, elle soutient à 65% les mouvements anti-CPE, et 55% se prononcent pour le retrait pur et simple du projet. Certains commentateurs qui avaient cru un instant que le CPE était passé sans encombre, et "que la méthode Villepin était validée", doivent se frotter les yeux.

Certains députés de l'UMP, comme H. de Charrette et Yves Jego, sarkozystes notoires expriment ouvertement leurs doutes sur le projet ou sur la méthode.

Les syndicats remontés commencent à penser que ce n'est qu'une question de temps pour que le CPE soit "suspendu" comme l'avait été en son temps le CIP d'Edouard Balladur, formule destinée à sauver la face du gouvernement, mais qui consacrerait un enterrement de première classe.

Un autre indice encore plus substantiel de la déliquescence du projet est ce qu'on entend dans les médias favorables aux thèses libérales comme Les Echos ou Le Figaro. Les éditorialistes avancent les arguments de l'opposition sur le manque de concertation, le passage en force et la complexification du code du travail représentée par ce n-ième dispositif.

Quand les partisans d'un projet commencent à douter ou reprennent les objections des opposants, on n'est pas loin de la fin.

Pour autant, le combat n'est pas gagné. Le président Chirac continue à soutenir le Premier Ministre. Sarkozy reste mesuré dans la distance à prendre vis à vis du CPE, ne souhaitant pas voir trop tôt s'effondrer un adversaire à droite qui lui permet de se différencier du bilan du gouvernement. En guise de riposte, Villepin réfléchit à des aménagements et sonne le tocsin.

On attendra donc encore quelque temps et notamment la semaine prochaine l'impact des nouvelles manifestations prévues avant de crier victoire. Jusque là, restons mobilisés.


Chantons sous la pluie. Villepin a la grosse tête.

Retour de manif anti CPE hier à Paris, de République à la Bastille.

La Fédération PS des Yvelines avait cassé sa tirelire pour s'offrir une banderole toute neuve, triportée -c'est à dire avec trois fiers porteurs -  et luisante de pluie. A côté de nous les socialistes des Hauts de Seine avaient moins fière allure avec une banderole fabriquée maison mais bi-porteur seulement !

Bon c'est vrai on n'avait pas le ballon mini-montgolfière aux armes du PS de l'Essonne ou des MJS. "Le nec plus ultra" comme me le soufflait Catherine Tasca sous la banderole, "c'est le camion avec la sono". Il y en avait un mais je n'ai pas sû qui l'avait amené là. Le National peut-être. Ca c'est la reconnaissance ultime. Et c'est vrai qu'ayant poireauté deux heures et demie avant de quitter enfin la Place de la République, le mieux que nous ayons eu à faire c'est de chanter et danser au son des tubes hurlés par les jeunes des MJS qui faisaient plus de bruit que tous les syndiqués présents devant nous, (la CFTC et l'UNSA je crois).

Faudra qu'on m'explique pourquoi le PS est toujours relégué à la fin des cortèges de manif, ce qui fait qu'on s'enquiquine un max à attendre et qu'on n'a aucune chance de passer à la télé ! ;-)

Ca ne fait rien, on était nombreux, motivés, les jeunes et les vieux, tous contre ce fichu CPE, qu'il faudra continuer à combattre. Et puis on a passé le temps en saluant Hollande, Huchon, Peillon, Guigou, qui ont fait acte de présence avant de filer au Parlement où il y avait séance de questions au Gouvernement. J'ai appris le soir que DSK avait proposé un duel radiophonique ou télévisé au premier ministre sur le sujet du CPE, et que sa réponse aurait été : "c'est pas possible" ou "quel prétentieux". On rêve : Villepin qui juge indigne d'affronter un présidentiable socialiste en ces termes. C'est à lui qu'on a envie de demander : "revenez parmi nous, Monsieur Galouzeau de Villepin". Lui visiblement n'a pas besoin de ballon montgolfière pour ne pas toucher terre.Ballon_1


L'ingénieur et la matriarche

DSK retrace ses derniers voyages en Afrique du Sud et en Italie et il m'est venu à l'idée une comparaison avec la situation politique actuelle en France aussi bien à droite qu'à gauche.

Le discours de Pretoria est un bel exercice sur l'aide aux pays en voie de développement. De belles idées généreuses et des propositions à creuser même si tout ceci fleure quelque peu l'exercice de tribune présidentielle qui passe au dessus du commun des mortels. DSK a une vision élevée des rapports Nord Sud et de ce qu'il faudrait y faire. On le relira plus tard mais ce n'est pas le plus marquant du moment. Les français sommés de se plier à tous les aléas de la mondialisation sont toujours repliés sur eux mêmes et n'ont guère envie de penser à plus pauvres et plus malheureux qu'eux.

Par contre j'ai trouvé très significatif le discours en Italie pour soutenir Romano Prodi, simple et direct, chaleureux et humain à l'image du peuple italien que j'aime beaucoup. Mais c'est normal vu mes origines.

Incidemment je trouve très parlant le parallèle qu'on peut faire avec la situation politique en France.

- un pouvoir en fin de parcours
- un gouvernement d'amateurs au double langage
- des résultats économiques calamiteux
- une politique clientéliste
- la dérive populiste et communautariste d'une partie de la majorité en place.

Berlusconi - Villepin/Sarkozy même combat. Tout ceci concourt à l'alternance, nous serons dès lors très attentifs aux résultats italiens. Mais en France, nous n'avons pas encore franchi le cap de la désignation du candidat.

DSK parle de la mise en place d'une équipe de professionnels responsables pour changer le cours des choses et là on sent qu'on touche du concret. Un vrai thème de campagne et une stratégie à évaluer.

Il y a d'un côté ceux (et surtout celles) qui mettent en avant les citoyens experts, les forums participatifs ou citoyens, les états généraux pour mieux coller au peuple et fonctionner sur le mode revendicatif. C'est le positionnement de Ségolène Royal (se souvenir de l'épisode avec le président de la FNSEA) ou Marie Georges Buffet et Olivier Besancenot.

De l'autre, il y a ceux qui réfléchissent avec des cercles d'experts, qui cherchent et proposent des solutions en ne s'interdisant aucun espace de dialogue - y compris à gauche de la gauche. C'est le positionnement de DSK.

Alors qui a raison ? Celui qui se nomme l'ingénieur d'une offre politique pensée avec les responsables de toute obédience militante, professionnelle ou syndicale qui dit en gros "vous pouvez nous faire confiance" ou celle qui est la matriarche des désirs des uns et des autres avec un "dis moi ou tu as mal" qui est celui de la mère pour ses enfants.

Entre l'ingénieur et la matriarche, on ne joue pas dans le même registre : responsable et construit d'un côté, émotionnel et compassionnel de l'autre. On ne s'adresse pas aux mêmes zones du cerveau, et loin de moi l'idée qu'il faille en privilégier l'une ou l'autre. Tout est affaire d'harmonie avec les ressorts de l'opinion, chacun jouant sur ses points forts.

En phase de dépression nerveuse, les français de gauche ont décidé pour l'heure qu'ils avaient plutôt besoin d'une mère protectrice pour les écouter et se contentent d'un halo général autour des idées. Ils ne se sentent pas touchés par la vision et la dimension d'homme d'Etat dont ils respectent la compétence mais ne sentent pas suffisamment la proximité. A moins qu'ils n'aient perçu avant tout le monde la force de conviction et cette espèce de rage qui habite celle qui veut défendre les petits. L'idéal pour la gauche serait de réunir cette rage au service de la vision.