Une provocation pour les uns, une bévue pour les autres. L'hommage rendu par Ségolène Royal à la politique de la figure européenne la plus contestée à gauche dans le Financial Times du 2 février, sur les services publics et le traitement du chômage des jeunes, entre flexibilité et sécurité, a pris les socialistes de court au moment où, précisément, ils affrontent le gouvernement sur le sujet.
Et pourtant selon un sondage CSA pour l'hebdomadaire Marianne, Ségolène Royal battrait Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle, par 51% des voix contre 49%. Un autre sondage publié par BVA pour le Figaro affirme exactement l'inverse.
Intéressant de voir comment l'opinion va réagir à cette prise de position affirmée pro-Blair. En fait ce n'est pas une nouveauté pour ceux qui suivent la politique, Elle déclarait exactement la même chose aux lecteurs du Monde en avril 2004. La réaction pourrait être la suivante : si c'est pour être social-libéral, on n'a pas besoin de Ségolène on a déjà DSK. Sauf que DSK n'est pas assez populaire selon les sondages. En tout cas, elle commence enfin à sortir du bois et la droite la craint manifestement. Une autre information intéressante, c'est qu'ils décideront "en couple" avec François Hollande, qui sera entre eux deux le candidat à la candidature. Hollande est piégé avec cette annonce, me semble t-il. Il ne pourrait que passer pour le compagnon macho - qu'il n'est pas - s'il est candidat contre l'opinion.
Et Jospin ? Il trouve que personne ne s'est imposé, ce qui laisserait intactes ses chances de retour. Quel aveu d'échec ce serait pour le PS.
