La question à se poser est : un crime a t-il été commis ? Y a t-il atteinte à l'ordre public ?
Raisonnons en se portant du point de vue des musulmans pour en arriver au nôtre du strict point de vue du droit :
- Les pays musulmans demandent réparation et excuses pour crime de manque de respect à leur religion.
- Est ce qu'on demande aux pays musulmans de s'excuser pour les crimes horribles commis au nom de l'Islam ? Non, car on ne confond pas les terroristes et les musulmans. Les gouvernements Européens n'ont donc pas à s'excuser.
- Est ce qu'on demande aux pays musulmans de punir ceux qui commettent ces crimes s'ils sont commis dans leur pays ? Oui, c'est un acte de justice. Les européens doivent donc se demander si un crime a été commis.
- Est ce que c'est un crime de produire et publier ces caricatures ? Non en Europe dans la mesure où il n'y a pas de trouble de l'ordre public.
- Mais d'abord qu'est ce que l'ordre public ? L'ordre public n'est explicitement mentionné qu'une fois dans nos textes constitutionnels. C'est l'article 11 de la Déclaration de 1789 : «Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi».
- Le « coeur » de cet ordre public (au sens strict du terme) semble être le principe de la « sûreté » garantie par la Déclaration de 1789 : il n'est pas de liberté possible dans une société où les individus craignent pour la sécurité de leur personne.
- Qui peut craindre pour la sécurité de sa personne : personne en dehors du caricaturiste menacé par les islamistes ou du musulman assimilé à un terroriste.
De la réponse à cette dernière question, on déduira si un crime a été commis et qui en est la victime.
Conclusion : si quelqu'un s'estime menacé, qu'il s'adresse à la justice. Celui qui profère des menaces ne semble pas fondé à le faire, par contre celui qui se sent victime d'une discrimination ou d'un préjudice a toute latitude pour faire entendre sa voix.
