Extrait d'un article du Monde de ce jour :
Interrogé sur les primaires destinées à départager d'éventuels candidats à l'investiture, le président de l'UMP a expliqué qu'il essayait de "concilier tout le monde". Il n'a pas exclu d'"élargir ce système des primaires". "Plus il y aura de monde qui participera à la désignation de celui qui nous représentera, plus la dynamique créée permettra d'engranger des points d'avance", a-t-il dit.
Cela présage t-il l'ouverture des primaires à droite pour les sympathisants ? Décidément, toutes les idées de gauche sont reprises et examinées sans état d'âme. La droite est culturellement pragmatique et dépourvue d'idéologie politique contrairement à son credo économique libre-échangiste fortement ancré. Pas mal pour une gauche soi-disant en panne d'idées, qui tente difficilement cependant d'importer le modèle des primaires à l'italienne initié l'an dernier. Sans vouloir parler des primaires à l'américaine depuis longtemps dans les moeurs politiques outre-atlantique mais dont on ne saurait faire une référence politique tant le système de production ultra-libéral associé aux Etats Unis est honni ici. Cette machine si elle se met en place va amplifier un système bi-partisan : UMP-PS, pas étonnant que les petits partis les récusent quels qu'en soient les avantages par ailleurs, leur survie en dépendant. Ils ne veulent pas devenir un sous-courant ou une nième chapelle des deux partis dominants.
Pourtant les tentatives d'unification ne sont pas vraiment couronnées de succès. Il faut dire que lorsque Jacques Chirac a voulu créer le parti unique à droite, il n'a pas réussi son opération. Aujourd'hui l'UDF fait mieux que survivre, le FN prospère et les résultats électoraux de l'UMP ne sont pas à la hauteur des espérances.
L'union à droite n'a pas créé de dynamique car il n'y a pas eu vraiment union. Seul le scrutin majoritaire à deux tours a permis d'envoyer à l'Assemblée des bataillons de députés monocolores mais du coup non représentatifs du pays. Plus grave, ce manque de légitimité est un inhibiteur. Il enlève tout courage et toute volonté de réformes drastiques de la part de députés ne se sentant soutenus que par une minorité de l'opinion. C'est cette combinaison de désunion, de freins et d'absence de contre-pouvoirs institutionnels qui conduit à l'immobilisme et au conservatisme. Le système actuel survit par défaut.
La citation d'Henri Queuille est toujours d'actualité :
« Il n'est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout. »
