Le capital est mobile, le travail beaucoup moins, les territoires pas du tout.
Comment faire en sorte de maintenir le capital chez nous quand la rémunération du capital est meilleure ailleurs ?
En prenant partiellement ou totalement le contrôle de ce capital. C'est ça la nationalisation temporaire. L'Etat l'a fait récemment pour Alstom sous couvert d'une présence temporaire pour ne pas déroger aux règles de l'Union. C'est donc tout à fait possible. Sans compter le mécanisme des subventions publiques qui font débat que ce soit pour la PAC face aux pays du Sud ou Airbus face à Boeing.
Dans le cas d'Alstom ce fut fait pour cause de mauvaise gestion d'un entrepreneur privé, pas pour concurrence déloyale. Le prestige du TGV, les grands travaux d'infrastructures, l'intérêt stratégique ont été mis en avant mais finalement on est allé au secours d'un canard boiteux mal géré.
Pour moi, l'efficacité n'est pas une question public-privé. On peut être mauvais partout. La seule différence c'est que dans le privé on fait faillite.
Donc d'accord pour une agence nationale de ré industrialisation et les nationalisations temporaires. Le Japon s'est sorti de 10 ans de déflation par une intervention massive de l'Etat en plusieurs plans successifs de soutien aux entreprises et aux banques. Ce qui a fait dire que le Japon était la dernière économie socialiste du monde, les banques étant de fait nationalisées. On en est loin en France, le capital va ou il veut, finance qui il veut.
C'est du volontarisme politique. L'Etat ne peut pas tout, mais l'Etat peut beaucoup. Il faut juste se dire que ça prend du temps et demande du courage.
