PS : forte tension entre Strauss-Kahn et Hollande [ 13/01/06 ]
La percée de Ségolène Royal dans les sondages et les conditions dans lesquelles s'est décidé son voyage au Chili continuent de semer le trouble au PS. Alors que Jack Lang a protesté la semaine dernière, Dominique Strauss-Kahn a, plus discrètement, mais fermement, averti François Hollande : « Il n'y a pas de privatisation du parti. » L'ancien patron de Bercy reprochait au premier secrétaire du PS d'avoir autorisé le voyage de sa compagne sans véritable concertation avec le responsable des relations internationales, Pierre Moscovici (proche de DSK). Sa mauvaise humeur n'est pas retombée, et un nouvel accrochage a eu lieu mercredi en pleine réunion du secrétariat national du PS. Alors que la direction du parti examinait la préparation d'une mobilisation des élus socialistes contre le gouvernement (prévue pour mars), François Hollande a donné la parole à plusieurs dirigeants avant de se tourner vers DSK... officiellement chargé des élus. L'intéressé a, du coup, fait cette remarque cinglante : « La prochaine fois que tu touches au domaine d'un secrétaire national, tu commences par lui donner la parole. » Et d'insister : « C'est valable sur cette question comme sur le reste. » Derrière « l'absence de clarté dans le fonctionnement de la direction » qu'ils dénoncent, les proches de DSK s'inquiètent surtout de la tournure que prend la campagne pour l'investiture présidentielle. Le PS « ne va pas tenir dix mois si tous les jours il y a des croche-pieds », a déclaré Pierre Moscovici hier sur Canal+. Il n'a pas été jusqu'à demander, comme l'a fait Laurent Fabius, une anticipation de la désignation (prévue pour novembre), mais il a estimé qu'il fallait « donner de l'ordre à ce processus ». En clair, DSK et ses amis veulent que François Hollande organise une sélection parmi les candidats de la majorité du PS (Royal, Lang, DSK, Hollande...) avant que le champion désigné n'aille affronter Laurent Fabius devant le vote des militants. Ce serait une autre façon d'accélérer le calendrier en laissant moins de temps à Ségolène Royal de se constituer un réseau, à François Hollande de se refaire une santé (après le « non » au référendum) ou à Lionel Jospin de se poser en recours.
Ainsi s'expliquerait l'apparté tendu lui aussi entre François Hollande et Ségolène Royal que de nombreux élus ont entendu à l'Assemblée Nationale avant le départ de Ségo au Chili : "Il faut qu'on en parle, tu me mets dans une situation impossible" ...
Ce qui a permis à DSK de confirmer sa candidature lors de son meeting de l'Hay les Roses, où il a notamment affirmé "j'agirai en homme libre".
Il a aussi présenté sa stratégie d'union de la gauche et l'ébauche d'une ligne "audacieuse et réaliste".
Un tryptique - trés à la mode le tryptique, Fabius a le sien - Solution, Imagination, Résolution. Yes Sir !
Pour rassembler une idée simple mais étonnante : un programme commun de critiques contre la droite et plus classiquement une liste de 10 urgences à traiter dans les cinq ans. La machine semble se mettre en route, il est temps.
